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ANNALES
DE L’ACADÉMIE D’ARCHÉOLOGIE DE BELGIQUE.
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PROTECTEUR
SA MAJESTÉ
LE ROI.
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A.NNALES
DE
DE
BELGIQUE.
XXXIX.
3» SÉRIE, TOME IX.
ON S’ABONNE AUX ANNALES DE L’ACADÉMIE :
à Anvers :
Secrétariat général, 23, Rue Gounod,
à Londres :
chez WILLIAMS & NORGATB ,
14, Heorietta-Street, Covenl-Garden.
à Bruxelles :
chez G. IUQUARDT, Rue de la Régence,
et chez G. A. VAN TRIGT, Rue St. Jean.
à Édimbourg :
Même maison, 20, South Frederick-Street.
ANVERS,
IMPRIMERIE J. PLASKY, PLACE ST.-PAUL, 29.
1883.
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DH&c/
As"
v. 3S-&C
ORIGINE D’ANVERS
PAR
M. le Colonel H. WAUWERMANS
Président annuel de l'Académie.
MM.
Lorsqu’il y a trois ans, vous m’avez appelé pour la
première fois, à l’honneur d’occuper le fauteuil présidentiel,
j’ai cherché à soulever un coin du voile qui couvre le passé
de l’histoire d’Anvers, en m’efforçant d’interprêter nos
vieilles légendes.
Je vous rappelais alors une coutume bizarre fréquem¬
ment pratiquée par les historiens du moyen-âge, à l’imitation
des Grandes Chroniques de St. Denis, lorsque les traditions
ne leur fournissaient sur quelque point d’histoire, que des
renseignements trop obscurs pour en faire un récit positif :
sans renoncer à relater le fait, et comme pour sauver leur
pédantisme de la nécessité de faire aveu d’ignorance, ils
enveloppaient leur récit d’un réseau fabuleux, au risque de
faire disparaître la donnée principale sous les agréments litté¬
raires, fruits de leur imagination. La tendance au merveil¬
leux semble un sentiment inné chez l’homme et beaucoup
de ces récits fantaisistes ont traversé les siècles. La critique
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M752809
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moderne a déjà réussi à pénétrer quelques-uns d’entre eux,
pour y retrouver le fait vrai. C’est ainsi, par exemple, que
la fameuse lettre de l’empereur Alexis Commène à Robert
comte de Flandre, et celle non moins célèbre du patriarche
Siméon au pape Urbain II rapportée, disait-on, par
Pierre l’Ermite, déroutaient tous les historiens des Croisades,
à cause des anachronismes qu’elles renfermaient. Grâce
aux travaux du comte Riant, on sait aujourd’hui que ces
documents sont des récits d’attribution fictive, rédigés
ultérieurement, pour exciter le zèle des fidèles au saint
pélérinage, et qu’il faut les classer dans la catégorie des
documents qu’on désigne sous le nom de Excitatoria ,
véritable collection de fraudes pieuses, très considérable
parmi les écrits qui concernent l’histoire des Croisades.
Un proverbe, sagesse des nalions assure-t-on, dit : « Il
n’y a pas de fumée sans feu. » Je crois sincèrement que
dans la plupart des récits légendaires il y a toujours un
fond de vérité. La difficulté seulement est d’v séparer le
bon grain de l’ivraie.
Jecrainsfort, MM., de n’avoir produit dans cette première
étude qu’un très-faible pastiche de l'œuvre du célèbre
Jean Van Gorp (Goropius Becanus), qui démontra victo¬
rieusement une foule de faits curieux de l’histoire des
origines d’Anvers, par exemple celui-ci : « La langue fla-
» mande est la langue la plus ancienne et la mère de toutes
p les autres. » Vingt-cinq ans après sa mort, Juste Lipse
riait de bien bon cœur, en lisant ces écrits, tandis que des
savants célèbres tels que : Scaliger, Camden, Lieven van
der Beeke, le P. Benier, se disputaient avec acharnement
au sujet des arguments produits par le savant et spirituel
médecin. Je n'ai pas la prétention d'égaler Becanus, bra¬
bançon égaré comme moi par le hasard des événements.
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aux bords de l’Escaut, mais, au risque de goropiser suivant
l’expression de Leibnitz, je vous rappellerai que j’ai essayé
de montrer dans l’hisloire du vénérable géant Antigon,
comme une réminiscence vague du nord, un lointain sou¬
venir Scandinave conservé par les Anversois.
Je voudrais aujourd’hui, MM., reprendre cette thèse sous
une forme nouvelle, et un peu plus positive.
11 y a trois ans, lorsque je vous parlais des légendes
d’Anvers, j’espérais, comme la plupart d’entre vous, que
les grands travaux qu’on allait exécuter dans notre cité,
nous fourniraient des renseignements importants sur les¬
quels nous pourrions étayer solidement l’histoire de son
origine problématique. Notre attente a été trompée, il faut
le reconnaître, et les fouilles faites au lieu qu’on est d’accord
pour désigner comme le berceau de la ville, n’ont mis à
découvert qu'un fouillis inextricable de substructions, de
maçonneries, de pilotis, où il est impossible de découvrir
aucun fait de véritable importance. C’est vainement que
nous avons cherché des débris romains, des traces du
monde gaulois, germain ou préhistorique.
Je crois que nous devons renoncer absolument à l’idée,
si chère à nos pères, d’assigner à Anvers une origine
romaine. 11 est vrai que l’on continuera à m’opposer les
fameuses découvertes, faites au Kiel en 1608. Je ne veux
pas nier l’authenticité des objets acquis par Messire Philippe
van Valckenisse quoique nous ne puissions plus la contrôler,
mais je me méfie toujours un peu de pareils vestiges, pro¬
duits dans de semblables conditions. Au XVII e comme au
XIX e siècle, la vente d’antiquités a toujours été un commerce
lucratif, où les plus habiles peuvent être trompés. N’en
déplaise à Papebrochius et à Van Caukerken, il m’est
impossible d’admettre l’existence d’une ville ou d’un hameau
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romain au Kiel, car cette ville, loin de toute voie de com¬
munication, me paraîtrait un phénomène absolument inex¬
plicable. Pour ne pas contrarier ceux d’entre vous que cette
hypothèse continue à séduire, j’admettrais tout au plus une
villa isolée .. Au temps des Romains il a existé, comme de
nos jours , des misanthropes cherchant le repos loin de
leurs semblables.
Si les fouilles d’Anvers n'ont pas produit tout ce qu’on
pouvait espérer, elles n’ont cependant pas été complète¬
ment improductives. Elles ont confirmé d’une manière
indubitable un fait capital pour l’histoire des origines
d’Anvers : le caractère insulaire du Burg. La tranchée
exécutée pour fonder le mur de quai, parallèle au cours
du fleuve, a montré sous les alluvions de tous genres qui
s’accumulent nécessairement dans une ville, une terre vierge
émergeant au-dessus des flots, à la manière d’une ile,
dont le point culminant se trouve place St. Walburge, au
centre du Burg. La coupe du terrain prouve que l’ile était
séparée de la terre ferme au Sud par une vallée marécageuse ;
au Nord au contraire la pente du terrain s’étendait dans des
marais à peu près indéfinis. L’ile fesait saillie dans le
fleuve, si l’on admet que son cours en ce point ne s’est
plus déplacé ; elle s’étendait probablement à l’Est vers la
Grand’Place. Du côté du fleuve on a mis à découvert de
nombreux dispositifs de pilotis, dont les tracés irréguliers
me paraissent difficiles à expliquer, mais qui prouvent au
moins que l’ile a été très anciennement habitée, soit qu’on
admette que ces pilots aient été battus pour protéger l’ile
contre les érosions du fleuve, soit qu’on suppose qu’ils aient
servi à créer des quais d’embarquement, un Werf, sui¬
vant une expression consacrée du vieux flamand.
Cette forme insulaire saillante dans le fleuve justifie une
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étymologie ingénieuse donnée au mot Antwerpen , que Ton
fait dériver du nom celtique de l'Escaut. Celui-ci aurait eu
pour origine le vocable gothique Huant , Hvant , signifiant
eau , qui se retrouve dans le danois moderne vand (eau),
et dans le nom Hont de l’embouchure actuelle du fleuve ;
si Ton rapproche cette expression de tuharp, wcrf y jetée
et de haim , heim , hem , lieu habité, on décompose le nom
d’Anvers ou Huant-wharp-haim, (Endroit sur la jetée de
fEscaut), d’où par corruption Anl-werp~en L Je laisse à
de plus compétents que moi en linguistique, le soin de
décider ce que cette explication peut avoir de fondé.
J’ai dit, MM., que la démonstration du caractère insulaire
du Burg d’Anvers, constitue un fait capital, car il nous
permet désormais d’apprécier avec beaucoup de chances
d’exactitude, l’aspect que devait offrir la contrée avant l'édi¬
fication de la ville.
Si, prenant Anvers pour sommet, nous traçons sur la
carte un angle dont l’un des côlés se dirige vers. l’Écluse
en Flandre, l’aulre vers Berg-op-Zoom, nous aurons dessiné
les limites d’un vaste golfe (les courbes de niveau le dé¬
montrent) formé de terres paludéennes, primitivement
couvertes d'eau à mer haute, mais marécageuses et presque
sans eau à mer basse. Les traces de ce golfe ont persisté
dans les temps historiques jusqu’au moment où l’homme
est parvenu à soustraire à la mer ces terres fertilisées par
les alluvions.
L'Escaut pénétrait dans ce golfe par le sommet de l’angle
et poursuivait son cours au Nord dans la plaine liquide. Il
formait latéralement à son courant, dans les points morts
1 llullelin de la société brlye de yéoyeaftfiie, T. I, p. 244. —J.’auteui fait
dériver le nom romain de l'tscaut, Scaldis de foca-lelh , (la livière grande.)
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de celui-ci, comme on l’observe- encore dans les fleuves
vierges de l’Afrique, par exemple dans le Haut Nil à
Gondokoro, des dépôts d’alluvions, traçant de véritables
digues naturelles que l’active végétation marine consoli¬
dait rapidement. L’homme n’a eu qu’à imiter l’œuvre de
la nature lorsqu’il a voulu enserrer les fleuves dans leurs
lits par des travaux d’art. Ces digues naturelles peu solides,
battues par le vent et la tempête qui créaient des courants
accidentels, étaient très exposées à la rupture, et dès lors
le fleuve se lançait dans un cours nouveau, traçant succes¬
sivement dans la plaine des méandres capricieux, et créant
de nouvelles digues. Cette tendance du fleuve à se dépla¬
cer s’observe encore de nos jours, car l’on remarque que
l’eau creuse les coudes concaves, déposant ses atterrisse¬
ments aux coudes convexes, de manière à former et accen¬
tuer une succession non interrompue de coudes concaves et
convexes alternant, qui semble être la forme définitive
assignée au fleuve par la nature.
Par suite de ces déplacements du cours du fleuve et de ces
ruptures de digues, il se formait des enclos qui favorisaient
les dépôts d’alluvions, les schorres, il se créait tantôt des
tourbières, tantôt de véritables îles, des prés-salins, où
paissaient, au temps des Romains, des troupeaux qui
fournissaient une chair très-appréciée des gourmets de
Rome * et où l’on rencontrait aussi de nombreuses salines
dont les Romains tiraient d’abondants produits *.
Au milieu de ces variations il est difficile de fixer le cours
primitif de l’Escaut. Tout ce que l’on peut croire c’est que
1 Schayes , La Belgique avant et pendant la domination Romaine , l. 11,
p. 158. — Ant. Belpaire, Mémoire sur les changements de la côte d'Anvers à
Boulogne, p. 81.
* Dewez , Histoire de Belgique, 1 . 1, p. 123.
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11
depuis le temps des Romains les coudes d’Austruweel et
de Ste. Marie se sont fortement accentués, et que primitive¬
ment l’Eseaut coulait plus directement au Nord, pour rejoin¬
dre la Meuse (vers Berg-op-Zoom comme il le fesait encore
il y a peu d'années), en même temps qu’ils se déversait à
l'Ouest) vers la mer par diverses embouchures, telles que : le
Zwyn, le Hondt , le Krammer , etc. Il est même probable
qu'avec les légers bateaux dont disposaient les anciens
Belges, la navigation intérieure était de beaucoup la plus
active, et l’affirmation de César, en parlant de VEscaut qui
se jette à la Meuse 4 , est donc loin d’être dénuée de vérité,
puisque c’était la direction principale de la navigation de
ces temps anciens.
Sur la rive droite du golfe , qui doit nous occuper plus
particulièrement, le sol sablonneux offrait plus de fermeté.
Nous pouvons encore y constater l'existence de deux
crêtes de partage des eaux pluviales : — L’une, qui divise
les eaux de la Meuse et de l’Escaut 1 2 , part de Calmpthout
et court au Sud de Wuestwezel et de Brecht, vers West-
rnalle, puis passe au nord de Oostmalle, de Beerse, de
Turnhout , pour se diriger vers Maestricht. La terminaison
liout (bois), que l’on retrouve dans un grand nombre de
noms des localités 3 4 qu’elle traverse, indique que le pays
était primitivement très boisé. En recoupant ces bois sans
discernement, l'imprévoyance humaine a détruit une source
de richesse que l'industrie moderne cherche à reconstituer
par des plantations. L’autre crête de partage * part des
bords du Rupel à Rumpst, et se dirige par Contich, Hove
d’où elle projette un éperon vers Luythagen et Berchem
1 Histoire des Gaules , liv. VI. chap. 33.
* Altitude moyenne 30™.
3 Loenhout, Minderhout, Llsenhout, etc. et même Borgerhout, Meirhout.
4 Altitude moyenne 15 m 00.
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qui vient mourir au Kiel. De Hove la crête de partage con¬
tinue par Bouchovte, Vremde, Oeleghem, Halle, pour
rejoindre la ligne de l’Escaut-Meuse, près de Westmalle.
Cette crête, qui forme la séparation avec le bassin des
Nèlhes, n’était probablement couverte que de taillis, ainsi
que paraissent l’indiquer les ruisseaux nombreux et peu
importants qui en descendent ; au milieu de ces taillis
s’élevaient cependant çà et là, des bois plus considérables,
comme le bois de Douchoute par exemple. Entre ces deux
crêtes se cachait la vallée d'Anvers , couverte par les bois
et qui n’était accessible au sud, qu’en traversant des cours
d’eaux aux bords marécageux.
La vallée était arrosée par de petites rivières formant un
dispositif pédoneulaire, très analogue à celui que l’on voit
encore dessiné, dans la vallée voisine par l’Aa, les Nèthes,
le Demer, la Dyle, la Senne etc., qui se réunissent pour
déverser leurs eaux à l’Escaut par le Rupel. Les rivières
qui serpentaient dans la vallée d’Anvers, devaient avoir une
véritable importance à l’époque où elles étaient alimentées
par l'abondante récolte d’eaux pluviales de la forêt. Le
déboisement a depuis tari leurs sources, et beaucoup ont
perdu la majeure partie de leurs eaux, et jusqu’à leur nom
même, au point que, transformées en ignobles fossés boueux,
les habitants ne les ont plus désignés que sous les noms
méprisants de Vuylbeek, Vuylruye (ruisseaux sales), Luys-
beek, Luybeek (ruisseaux pouilleux ou paresseux), Rôtie
beek (ruisseau pourri), Vorschebeek (grenouillière), Pad-
denyrachl (crapaudière), etc., que l’on voit se multiplier
sur la carte et qui rendent la description topographique de
la contrée très difficile. 11 ne subsiste plus aujourd’hui de
ce système hydraulique que trois cours d’eaux d’une véri¬
table importance : le Grand Schyn , le Petit Schyn et le
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Vorsche Schyn (Schyn des grenouilles *) ou plutôt le Schoon
Schyn , (aussi nommé Dam Schyn), car le Vorsche Schyn
n’est lui-même qu’un canal artificiel subsilitué au Schoon
Schyn , (beau Schyn *).
Les nivellements qui ont été exécutés par la brigade
topographique du génie, autourde l’ancienne place d’Anvers
avant que les nouvelles constructions élevées dans les
quartiers du Kiel, de Berchem, de Borgerhout, du Dam,
aient altéré la forme du sol, nous permettent de détermi¬
ner d’une manière très-précise la forme du fond du golfe
d'Anvers ; au point où il recevait les eaux de l’Escaut. Il
offrait une côte largement découpée par des baies et les
promontoires du Kiel, du Stuyvenberg, de Deurne, de
Merxem, d’Eekeren. Entre les deux promontoires rappro¬
chés de Merxem et du Stuyvenberg, se trouvait un estuaire,
petit golfe, baie ou crique intérieure, qui paraît avoir reçu
primitivement le nom de Zwyn très usité dans la contrée
pour désigner ces sortes d’accidents géographiques. On
retrouve encore la trace de ce nom dans celui du village
de Wyneyhem, (corruption de Zwyn-heim , lieu habité sur
le Zwyn,) situé sur ses rives. Le golfe recevait les eaux
du Grand et du Petit Schyn, dont le nom Schyn, semble
également dériver par extension et corruption de Zwyn 3 .
• Souvent improprement nommé Vosseschyn (Schyn des renards), désigna¬
tion adoptée par corruption.
* Le dispositif hydraulique d'Anvers, a subi autour de la ville de nombreuses
transformations; pour comprendre sa forme primitive, il impoilede suivre pas
à pas ces transformations que nous exposerons dans une note spéciale annexée à
notre travail (Annexe 1.)
3 L’expression Ee (eau) seit à désigner un grand nombre de cours d’eaux de la
Flandre. L’étymologie du nom du village iVEekeren, sur le promontoire qui con¬
tourne le Schoon Schyn , vient évidemment de Eesche-heim (lieu habité sur la
rivière Ee), et semble indiquer que le nom primitif du Schoon Schyn était VEe,
avant que le nom de Schyn devint général pour désigner les rivières près d’Anvers.
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14
En avant du promontoire du Kiel se détachait l’ilot de
St. Walburge ou du Werf, séparé de la terre ferme à mer
haute, mais s’y rattachant à mer basse par un sol vaseux.
La forme de cet îlot présentait la plus grande analogie
avec les oppidums des Venêtes décrits par César : « La
» plupart des refuges de cette côte sont situés sur des
* langues de terre et des promontoires qui avancent dans
> la mer, de sorte qu’ils n’offraient d’accès, ni aux gens
» de pied quand la mer est haute, ce qui arrive de douze
» en douze heures, ni aux vaisseaux que la mer en se
» retirant laisserait à sec sur le sable. On ne pouvait donc
» les assiéger, car si les habitants se sentaient pressés
» de trop près, ils montaient sur leurs nombreux navires,
* dernières et faciles ressources, avec tout ce qu’ils avaient,
» et se retiraient dans les refuges voisins '. »
Cet ilôt de St. Walburge n’était d’ailleurs pas un fait
isolé dans la contrée, car en avant du promontoire d’Kekeren,
on voit deux îles semblables, sur lesquelles furent bâtis
les villages de Wilmaersdonck et d’Oorderen *.
L’aspect de la contrée, telle quelle nous apparaît dans les
temps primitifs, nous indique qu’elle ne pouvait être habitée
que par un peuple vivant de la chasse dans la forêt, de la
pêche dans l’Escaut et les marais, peut-être d’un peu
d’agriculture sur les bords du Schyn et de la vie pastorale
— Remarquons même que Merxem tire son nom de Meir-heim (village sur le
marais deMeir),et que le nom du promontoire du Kiel, indique le voisinage d’une
embouchure de fleuve, comme Kiel sur la Baltique. — L’étyrnologie du Stuyven-
berg , (montagne de sable) est évidente. — Suivant Grandgagnage le nom de
Deume, de même que celui de Turnhoul , dérive du mot normand Turne , qui
signifie Cabane , et que l’on retrouve encore dans le patois de Langres.
1 Guerres des Gaules, liv. lll.chap. 12.
* Donck s’employait également à désigner un lieu habité ou un village Wil -
maers-donck tire son nom de la famille Wilmaers , considérée comme l'une des
sept familles patriciennes d’Anvers.
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dans les prés du golfe. Ce ne pouvait être qu’un peuple
farouche et sauvage, vivant loin des hommes et de la civi¬
lisation. A la moindre menace d'attaque de ses voisins,
Pilot lui servait de refuge et d 9 oppidum. Vraisemblable¬
ment ce peuple habitait principalement sur la terre ferme
à l’intérieur, dans un site mieux abrité des vents et plus
hygiénique que Pilot. Le centre principal d’habitation,
car en ces temps primitifs il ne peut encore être question
ni de villes, ni de villages 1 , devait se tiouver probable¬
ment vers Merxemetle Stuyvenberg, ou plutôt même vers
Deurne et Wyneghem , où il était facile de s’embarquer
sur le Schyn pour gagner rapidement par eau et à toute
marée, l’oppidum. Le promontoire du Kiel, indiqué quelque¬
fois comme le berceau de la ville, eût été de tous les points
des environs, le plus mal choisi, d’abord pour son insalu¬
brité, mais surtout à cause de la difficulté de se rendre de ce
point vers le refuge, séparé à mer basse par un marais
impraticable, et peut-être même à mer haute par une eau
sans profondeur peu propre à la navigation. C’est pourquoi
je repousse la supposition de l’existence d’une ville romaine
au Kiel.
Tels sont les seuls faits positifs, les seules données qu’on
puisse raisonnablement déduire des études et des fouilles
faites récemment à Anvers. Pouvons-nous, MM., en tirer
quelques conclusions, bâtir des hypothèses ayant chance
de probabilité sur ses premiers habitants ?
En nous plaçant au point de vue de nos usages modernes,
rien ne semble plus facile que de résoudre ce problème.
A défaut de renseignements sur les premiers habitants de
la ville elle-même, on peut lessupposser de même origine
1 Strabon , liv. IV, chap. 1.
s
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que le peuple qui les entoure, et c’est ainsi qu’on a succes¬
sivement indiqué comme fondateurs de la ville, les
Ménapiens, les Morins, les Toxandres, les Frunc-Saliens
et même les Ambivarites *. Une telle solution ne peut être
acceptée qu’avec la plus grande réserve.
Nos historiens, se basant sur les renseignements toujours
si précis et si exacts de César, se sont attachés avec un
soin extrême à déterminer les limites des territoires
occupés par les divers peuples qui couvraient la Belgique
au temps des Romains. Ils ont constamment admis l’idée
d’invasions en masse, opérées par de véritables armées
organisées, débordant sur le territoire comme une inonda¬
tion, un torrent, un pot humain, suivant les expressions
pittoresques consacrées dans la littérature, sans remarquer
que ce fut comme l'a démontré en termes éloquents
Augustin Thierry, bien plutôt une inpltration lente et pro¬
gressive, dont les limites variaient au gré des chances de
guerre et de l’inconstance habituelle des barbares *.
Ces recherches ont même donné lieu à des déductions
très ingénieuses ; le général Renard par exemple remar¬
quant la formé allongée du territoire de la forêt charbonnière
occupée par les Nerviens, qui pénètre en quelque sorte
comme uu fer de lance entre les Atrébates et les Véroman-
dues, en conclut que l’irruption des Nerviens a dû se faire
1 César ne parle qu'une seule fois des Ambivarites , qu’il place en deçà la
Meuse et chez qui les Germains avaient envoyé leur cavalerie, (liv. IV. chap. 9).
Des Roches se basant sur l’analogie de leur nom avec celui d'Anvers , (Amberes)
leur indique cette ville pour séjour. Le fait est peu probable car on se demande
comment la cavalerie des Germains eût pu arriver à Anvers. Mais il est pos¬
sible que les Ambivarites habitaient sur les Nèthes comme le suppose le général
Renard , ainsi que dans la Campine au sud des marais de Gheel. et lussent en al¬
liance avec le peuple d’Anvers. Raepsaet admet que dans la suite les Ambivarites
se confondirent avec les Toxandres. (Schayes, T. I, p. 38. — Renard, Histoire
politique et \militaire de la Belgique , T. 1, p. 100).
* AVGUSTIN Thierry, L,ettres sur l’histoire de France, p. 59.
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d’une manière violente au milieu des peuples qui les ont
précédés, et en arrive de déductions en déductions, à fixer
l’an 300 avant notre ère comme l'époque de leur arrivée en
Belgique L
A mon avis on n’a pas assez tenu compte du caractère
nomade de ces peuples guerriers et pasteurs. Ainsi que
l’a déjà remarqué M. Raepsaet, avant l’organisation romaine
il n’existait pas de divisions établies du territoire 1 2 . L’oc¬
cupation du pays par une tribu se marquait, comme
on le voit encore chez les sauvages de l’Afrique centrale,
beaucoup plus par le centre d’habitation, sujet même à se
déplacer, que par des limites définies par des conventions
internationales. Tel territoire occupé aujourd’hui par les
Nervieus, pouvait l’être demain par les Atrébates, lorsque
quelque cause engageait les Nerviens à rechercher des
pâturages ailleurs , et cela sans donner lieu à aucune
contestation sérieuse. L’idée de fixer des limites de terri¬
toires pour ces peuples primitifs, peut être regardée comme
un véritable anachronisme. La guerre des limites, très
ardente et très passionnée, soutenue par nos savants, leur a
coûté peut-être plus de flots d’encre, qu’elle n’a exigé de
flots de sang dans le passé !
De ce qu’Anvers pouvait se trouver sur le territoire occupé
principalement par les Ménapiens ou les Ambivarites, on
ne peut encore conclure que ses premiers habitants appar¬
tinssent à ces tribus. De nos jours nous voyons dans
l’Afrique centrale des tribus errantes pénétrer en plein
milieu d’autres peuples, et s’y fixer d’autant plus solide¬
ment que le territoire leur est plus contesté. César lui-même
1 Renard, Histoire politique et millil. de la Belgique , p. 103, 106 et 108.
2 Schayes, La Belgique avant la domination Romaine, t. I, p. 29.
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18
nous indique un établissement de ce genre occupé par les
Aduatiques *. L'isolément de la région d’Anvers, qui par’
la suite prit le nom de pays de Ryen , la facilité de ses
communications par eaux avec le dehors, donne beaucoup
de probabilité à l’existence d’un peuple ou d’une colonie
distincte du peuple qui l’entourait.
La méthode analytique appliquée aux recherches du
genre de celle qui nous occupe, me parait impuissante à
résoudre le problème. En accumulant les faits, par le com¬
mentaire de documents rares ou imparfaits, on s’expose à
confondre le secondaire avec le principal. « L’historien,»
dit Georges Sand, « s’efforçant de déchiffrer le sens des
» faits enfouis dans les arcanes du passé, s’étonne souvent
» lorsqu’il a saisi quelques indices, de les trouver contra-
* dictoires. Sa conscience de philosophe et moraliste, crée
» à sa fougue d’historien enthousiaste, des obstacles sans
» cesse renaissants, qui l’amènent à suspendre son juge-
» et lui donne des angoisses, des incertitudes, des doutes
» terribles. Pour que ces recherches soient fécondes, il
» faut qu’il s’efforce de voir le passé, comme on regarde
» la peinture, à la distance voulue pour l’œil de chacun,
» afin d’embrasser l’ensemble, et savoir faire, ainsi que
» les maîtres l’ont voulu en composant leurs tableaux ,
» le sacrifice des détails sans importance, qui détruisent
» parfois la réalité, l’harmonie et même la logique de la
» nature. A chaque pas on observe dans le paysage
» des effets invraisemblables d’ombre et de lumière pour
» lesquels le vulgaire a coutume de dire : — Gomment un
» peintre rendrait-il cela? — A quoi le vrai peintre répond:
» — En ne le rendant pas ! — L’historien est plus enchaîné
1 Guerre des Gaules , liv. Il, chap. 21).
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19
> que l’artiste à l’exactitude des faits, mais ne peut pro-
» céder par des principes différents. Le passé d’une vie indi-
* viduelle ou collective n’a de signification et de couleur
» que dans son ensemble et dans ses effets. Pour compren-
» dre une àme, un peuple, une époque, il faut les voir
» éclairés par les évènements, comme la campagne par le
» soleil. On a pris coutume de faire de l'histoire au moyen
b de mémoires qui sont presque toujours l’ouvrage de la
» prévention et îles passions du moment. Si l’historien,
» au lieu de rester fort de sa croyance et de son culte
> pour les grandes choses, se laisse égarer parles petites,
» la vérité perd de ce que la réalité envahit. Il ne trouve
» le vrai que parce qu'il le porte en lui. Jamais une àme
» troublée, un esprit faussé n’entendra l’histoire_»
Écoutons ce conseil et cherchons, en nous plaçant à la
distance voulue, à déterminer par la synthèse ce que devait
être le peuple primitif d’Anvers. L’examen des détails
nous permettra peut-être alors de fixer son origine probable.
L’homme n’établit pas au hasard sa demeure sur la sur¬
face du sol ; il choisit constamment un site qui convient à
ses goûts, à ses besoins, à ses instincts. Si l’établissement
prospère, c’est la preuve que le choix a été habile. « Dans
» le problème de la production des richesses et de la cir-
» culation économique » disait récemment M. Levasseur,
» il y a deux termes la nature et l’homme. C’est de leurs
» rapports que résultent les harmonies économiques:
j> L’homme assurément ne peut rien sans la nature qui
» lui fournit les éléments de son travail, mais la nature
» n’est rien qu’une force latente tant que l’homme ne l’a
> pas fécondée... » — Dans tout établissement ayant un
caractère durable, ou ayant eu une véritable durée, il faut
admettre une corrélation intime entre l’homme et la nature;
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20
de la connaissance de l’un on peut inférer le caractère de
l’autre.
Le fait de constructions préexistantes, de grands travaux
antérieurs, contribue sans doute à la continuité d’existence
des villes, mais ne suffit cependant pas pour assurer leur
durée. Les ruines de grandes cités comme Babylone et
Ninive attestent que la durée peut avoir un terme si la cor¬
rélation cesse d’exister. C’est d’une part le caractère de
l’homme qui détermine le choix du site ; s’il est chasseur,
il s’établit dans la forêt ; s’il est agriculteur il va habiter
la plaine ; s’il est pêcheur, il demeure au bord de la mer,
au confluent des rivières. D’autre part, le site qui attire
l’homme développe chez lui des instincts nouveaux, le
rend industriel, commerçant, marin. Les villes bâties par
les Phéniciens sur le littoral de la Syrie, comme le remarque
Elisée Reclus, sont encore de nos jours, et malgré les
invasions sans nombre qui ont modifié les races des habi¬
tants, le centre principal du commerce en l’Orient, comme
il y a trois mille ans L L’instinct guerrier entre pour une
bonne part dans le choix du site. Tel camp romain dans
notre pays a vu succéder un château du moyen âge , une
forteresse moderne, si le site, comme Namur par exemple,
prête à la conquête ou à la domination 2 ; tel autre, favo¬
rable à la défense, voit se succéder des populations plus
pacifiques vouées aux travaux du commerce et de l’indus¬
trie.
Des faits généraux que nous venons d’exposer, de la
connaissance du site primitif, pouvons-nous, MM., je le
répète, déduire quelque hypothèse sur ce que furent les
premiers habitants de notre grande métropole commer¬
ciale et militaire ?
1 E. Reclus, Géographie universelle , T. IX, p. 688.
* Figuier , L'homme primitif , p. 218.
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21
De même que nous voyons commencer beaucoup de
villes du moyen âge, tantôt par un château, une Ferlé,
à l’abri desquels les vassaux viennent se grouper sous la
protection du seigneur, tantôt par une communauté libre
qui subit la domination d’une famille patricienne, d’une
abbaye, de même on peut se demander tout d’abord si
Anvers commença par la plaine ou par son île, par la terre
franche ou par l 'Oppidum défensif ?
A l’embouchure de tous les grands fleuves, « les routes
qui marchent, » le Dniester, le Dnieper, comme le Pô ou
l’Elbe , on constate constamment l’existence de populations
qui possèdent à un haut degré les caractères d’énergie des
populations de l’intérieur, et s’adonnent spécialement au
rude métier de marins. Un tronc d’arbre, un radeau, le
moindre esquif, suffit en elïet pour y amener les déclassés
de toutes les nations que le fleuve traverse, et cet alluvion
humain, entraîné par le courant, vient s’échouer au bord
de la mer, cherchant la subsistance par la pêche, la chasse,
s’habituant aux privations, aux dangers. Ces outlaws réunis
en tribus hétérogènes forment alors des populations fortes,
industrieuses et actives. Bien des faits permettent de sup¬
poser qu’Anvers doit son origine à une population formée
de cette manière qui, à l’époque de la conquête romaine ,
dût se recruter d’un grand nombre de vaincus échappés
aux armes des vainqueurs, des Nerviens restes des com¬
bats de laSambre, fuyant le long de l’Escaut, des Éburons
décimés par ordre du pro-consul, gagnant cette retraite
sûre à l’abri de la forêt... Là, au grand dépit de César ,
ils purent continuer à défier sa puissance, certains de
trouver au besoin une retraite assurée dans les îles. César,
suivant l’expression de Tacite, ri’avait fait que montrer la
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Bretagne aux Romains ; il ne la leur avait pas donnée ; on
pouvait en dire autant du territoire d’Anvers. Une telle
origine convient bien au caractère barbare et grossier de la
population que St.-Éloi trouva dans la région d’Anvers au
V e siècle 1 etqu’après lui, St.-Willebrord vint évangéliser.
Leur centre d’habitation devait se trouver comme nous
l’avons dit vers Deurne, et mieux encore à Wyneghem où,
suivant la tradition, existait un couvent de l’ordre de
St -Colomban, dont nous rechercherions aussi vainement
la trace, que nos descendants pourront rechercher celle des
établissements modernes fondés par nos missionnaires en
Afrique. N’est-ce pas à cette race qu’il faut attribuer les
crânes si extraordinairement larges en comparaison de la
longueur, ces têtes brachycéphales, si différentes des têtes
dolichocéphales des Frisons, que la mer a misé découvert
il y a peu d’années dans le cimetière de Saeftingen, sub¬
mergé en 1542 ? *.
Des traditions très-anciennes nous montrent aussi de
nombreuses émigrations de pirates venus du Nord et qui,
longeant les côtes, y ont fondé des stations d’où ils pou¬
vaient menacer les habitants paisibles de l’intérieur en
même temps que ces repaires leur servaient à abriter les
produits de leurs pillages. Ces établissements s’étendaient
du Holstein, sur toutes les côtes de la Frise, de la Zélande,
de la Bretagne et même jusqu’en Angleterre et en Écosse ;
1 Schayes, La Belgique avant la domination romaine, t. Il, p. 137.
* Elisée Beclus, Géographie Universelle, t. IV , p. 233. Les grands travaux
exécutés en 1860 autour d’Anvers pour la construction de la nouvelle enceinte,
n’ont guère fourni de vestiges du passé,sauf de nombreux débris paléontologiques.
Je dois cependant signaler la découverte d'antiquités laite à Deurne par mon
collègue le capitaine du génie Duwelz, d’après une note qu’il a remise à M. le
chevalier Léon de Burbure et que celui-ci a bien voulu me communiquer.
(Annexe il).
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au besoin ils réunissaient leurs forces pour résister à l’en¬
nemi commun. César nous apprend eu effet que les Venètes,
auxquels on est d’accord pour reconnaître une origine
Cimbrique, aussitôt qu’ils furent menacés par les Romains,
firent appel à toutes les populations voisines, probablement
leurs congénères, les Namnetes (Nantes), les Osismes (Finis-
terre), les Diablintes (St.-Malo), les Lexoves (Lésieux),
les Ambiliates (Amiens), les Morins (Boulogne), les Ména-
piens (Bouches de l’Escaut, de la Meuse, du Rhin) et même
les Bretons (côtes d’Angleterre) *. La communauté d’origine,
d’aventures, suffit pour expliquer l’alliance en face du
péril commun, comme l’observe Gibbon, mais quelques
écrivains tels que l’abbé Dubos vont plus loin encore et
admettent l'existence d’une véritable République Ar¬
morique *.
Les îles de la Zélande dûrent nécessairement être un
des séjours préférés de ces pirates, qui, montés sur des
barques légères, leurs hulk 1 * 3 à deux proues, pouvaient
naviguer sans virer de bord sur les canaux étroits qui mènent
les eaux de la Meuse et du Rhin, menacer les riverains jus¬
qu’à Nimègue, pousser même au-delà, certains d’échapper
avec leurs proies, à des navigateurs moins habiles. Ils y
formèrent un peuple redoutable que les Romains nous mon¬
trent toujours prêt à la révolte, avec le concours de leurs
frères du Nord. Dans ces groupes d’iles, l’ilôt d’Anvers
apparaît comme une sorte d’avant-poste pour pénétrer par
l’Escaut et le Rupel, dans le plat pays de Belgique. Il est
certain que les Nordmans séjournèrent dans cette contrée,
1 Guerre* des Gaules , lib. 111, Chap. 9.
* Hallam , L'Europe au moyen âge % T. I, p. 12.
3 De holk y tronc d'arbre creusé.
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24
car les seuls vestiges de l'antiquité qu’on y ait découverts
appartiennent à cette origine. Sans parler du petit Dieu
Semen que l’on voit encore au-dessus de la porte du Bourg,
le Priape auquel Gramave a donné peut-être trop d’impor¬
tance, et de l'authenticité duquel je ne veux pas discuter,
je vous rappellerai seulement l’autel de la déesse San-
draudiga trouvé à Zundertl812 L
Ces Nordmans, issus du Chersonèse Cimbrique, furent-ils
les conquérants ou les alliés des aborigènes de la vallée
voisine? Il serait difficile d’en décider, mais nous remar¬
querons qu’entre peuples de semblable origine, l'alliance
était facile et devait résulter même des premiers combats
engagés, comme le fut celle des Romains et des Sabins 2 .
L’union des pirates du Nord et des réfugiés belges donna
probablement naissance à ce peuple étrange, dont l’origine
est restée mystérieuse, les Toxandres, chez qui les Francs
venus du Nord ne trouvent que des amis et qui pendant les
premiers siècles de notre ère conservent leurs terribles
instincts de piraterie « La Toxandrie, renferme la Cam-
y> pine, » dit l’auteur de l'ancienne relation des miracles de
St. Trond, au XI e siècle, « steppes immenses, brûlées par
» l’ardeur du soleil, condamnées à une éternelle stérilité et
» servant de repaires à une multitude de brigands qui, mai-
y> très absolus de ces déserts, dépotaient ou assomment
» impunément tout voyageur qui a l’imprudence d’aborder
» ce pays inhospitalier 3 . »
1 Gens, Hist. d’Anvers, p. 4. — Moke établit l’anologie du nom de la déesse
avec celui du village de Santrode , qui signifie sable mis en culture , (Hist . de
Belgique) , p. fc 25.
i Dewez remarque que les 6000 Atuatiques, decendants des Cimbres vaincus
par Marius en l’an de Home b51, pour fournir les 57,000 prisonniers faits par
César en l’an 096, après la prise de leur forteresse, avaient du s’unir aux habitants
du pays. (Dewez, Hist. de Belg., t. I, p. 140).
a Schayes, La Belgique etc., t. II, p. 197.
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25
Les civilisations les plus puissantes peuvent passer sur
une ville sans y laisser de traces. M. Houzeau nous en
donne un exemple curieux au sujet de Cadix, dont l’histoire
est parfaitement connue et qui fut fondée il y a trois mille
ans, par les Phéniciens : « Dans ces trente siècles d’exis-
» tence, Cadix a appartenu cinq siècles aux Phéniciens ses
* fondateurs, quatre siècles aux Carthaginois, six siècles
» aux Romains, trois siècles aux Vandales, huit siècles aux
« Arabes et quatre siècles aux Espagnols. Il n’y a plus
» rien qui rappelle la haute antiquité de cette ville ; les
» ruines les plus anciennes sont de l’époque arabe *. »
A Anvers nous n’avons pas plus de chance de trouver des
vestiges du passé Scandinave que du prétendu séjour des
Romains, car ne l’oublions pas, ces peuples, de même
que les Francs après avoir vaincu les Romains, dédaignè¬
rent de construire des établissements permanents auxquels
ils attribuaient l’état efféminé dans lequel les Romains
étaient tombés. Comme les Arabes de nos jours dans la
Mésopotamie, ils préféraient le séjour sous la tente, la vie
libre au grand air, qui conserve les forces physiques.
Mais si les monuments font défaut, il nous reste de
puissantes traditions de cette époque Belgo-Cimbrique. Je
citerai celle du fameux diplôme de la cession de l’église
du Bourg par le Prince d'Anvers Rohingus et son épouse
Bebeline, daté de Weimoden (Brême) l’an 726, à St.-Wille-
brord, apôtre des Frisons venu à Anvers pour achever son
apostolat Scandinave. Rohingus semble bien être quelque
Viking, rentré dans sa patrie après avoir gouverné Anvers.
Sans parler de la tradition du voyage de Ste.-Dymphne, une
princesse de la race des Angles, qui vint chercher asile à
1 Houzeau, Annuaire de l'Observatoire royal , 1884, p. 99.
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26
Anvers comme chez des compatriotes, je rappellerai encore
que dans cette hypothèse d’une origine Scandinave le
débarquement des Normands en 829 s’explique tout natu¬
rellement ; ils étaient certains de trouver chez nos com¬
patriotes un accueil favorable, même des alliés, comme
l’avaient déjà trouvé les Germains qui vinrent s’établir sur
les bords de l’Yssel et qui plus tard envahirent la Gaule
sous le nom de Franks-Salins. « C’est » dit Augustin Thierry,
< près de l’embouchure du Rhin, que sa rive gauche fut
* pour la première fois envahie d’une manière durable et
» que les incursions des Francs eûrent un résultat fixe,
» celui d’un établissement territoriale qui s’agrandit ensuite
» de proche en proche 1 . »
Ce ne pouvait être qu’une race puissante , celle fondée
par les descendants de ces terribles Jotnes (géants) du
Nord qui firent trembler Charlemagne, et les races puis¬
santes , comme les juifs par exemple, ont le privilège de
conserver leur caractère à travers les siècles.
Dans le passé nous les voyons intrépides marins, après
avoir parcouru sur leurs frêles esquifs les mers du Nord,
continuer un commerce actif, aussi bien avec l’intérieur du
pays jusqu’à Tournai, que sur les bords du Rhin jusqu’à
Mayence *. Plus tard, ils nous révèlent encore la même
activité commerciale vers tous les ports de la Hanse, dont
Anvers et Bruges ne sont en réalité que des postes avancés.
1 Aug. Thierry, Lettres sur l'histoire de France , p. 61.
* Le Bourg d’Anvers a été construit en pierres provenant de couches supérieures
des bancs de calcaire de Tournai, preuve évidente d’un commerce maritime qui
s'étendait dans le haut Escaut. Dans ses fondations on a trouvé de nombreux frag¬
ments du grès rouge employé dans les constructions à Francfort et Mayence. La
seule explication raisonnable de la présence de ces pierres, porte à admettre qu'elles
furent importées à Anvers comme lest des navires.
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27
Plusj’étL^^e nos populations toujours s*, ^es^rés
dans leurs. J^ assions ’ à Ia fol f "ÎZfilf même à leur
à tn t du contact, ûdeles m .-.roffrès
au ri3que d’échapper à ‘ou^P^
i --4 ;i ♦ » „ • a t au r» «ni et Df A
Y
attachées à leur sol et prêt a
*\ÙNant le vieux dicton flamand -
Oost West !
T’Huys best !
plus suis tenté de croire à leur oiigine
Lt> ■sans méconnaitre ce qu’il peut y
jsJox-d-Albingie
de glorie
avoir
^ e jp^omulus coi
descendre des compagnons de Priam j » a voue que 1
Infirmaient nos pères dans leur oigt* rnn déplaît]
<ïe descendre de ces pirates du Nor e t indompta
J’aime autant me croire issu des vai
vaincus, que de leurs vainqueurs ! ^ent , Messieurs
Ainsi que je vous l’ai dit précédent* ^ de parfum s<
e semble retrouver comme une^ s ° <Jn géant!
dinave, jusque dans notre naïve ^^ en toU tes les villes H
^V. Roux de Rochelle rapporte qU ® rde i > ou*'g’ Brunswi
séatiques, Brême, Hambourg, ^ ac> Gôttingue,
Quidlenbourg, Soest, Brandebouig» 0 t>ter»u des privilè
après la soumission de Witihiud ° I \,^ ri G 1 orire le texte de i
de Charlemagne, avaient coutume de -pierre, qu on no
privilèges sur une grande colonne e statue de Rolani
t' -O-- - ~
mait le Rolands Saule , piédestal géant, représenti
sorte
Le Roland ou Rotland,
orém e, « n arrivan ‘ sur la pl
t i a ville d c oierre de 18 pieds de ha
U voyageur qui se promène dans ta , on0 e <\ e Jto la main droite et écras
«u marché, trouve sur son chemin une ép ée da r0 | 0 nne actuelle a été érii
surmontée d’une statue colossale tenant V® a ont le souvenir remonte s
sous ses pieds \a tète et \a main d’un n efi 1 5 oi s
en HV2, mais elle a remplacé une colonne
croisades et dont on ignore Vorigine.
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28
parait-il, moins le comte des Marches de Bretagne, le pala¬
din mort à Roncevaux, qu’il ne symbolisait la cité elle-
même 1 * , et attestait que la ville était nui juris en ce qui
concernait la liberté de faire des lois et de les mettre à
exécution *. Son nom, suivant M. Roux de Rochelle, venait
de Ro ou Rot, rôle de la loi et de Land , pays ; Ro-land
signifiait lois de la cité ou du pays. A Gôttingue on vénérait
le Roland dans une église ; à Stadtbergen, il donnait le droit
d’asile à ceux qui venaient l’embrasser ; à Soest, à Hal-
berstadt il présidait aux exécutions criminelles. Il était
représenté tantôt, comme à Soest et à Brême, sous forme
d’un guerrier armé du glaive et du bouclier ; à Vedel, il
portait en tête, la couronne murale ; d’autres fois, il por¬
tait la bannière en signe de juridiction, un emblème de
justice, ou d’autres branches du pouvoir 3 . En passant
devant la fontaine de Quentin-Masys surmontée de son
géant, avec la main de justice, je ne puis me défendre
de le saluer comme un vieux Roland du Nord !
Dans un beau mouvement d’indignation philosophique et
républicaine, le ministre Chaptal ordonna un jour (10 mes¬
sidor an JX),la destruction du géant Gayant, imitation des
géants flamands, qui avait fait longtemps la joie de Douai :
« Ce grotesque personnage, » disait-il, « ne représente que
1 11 est remarquable que Roland, —« Rotlandus britannici limitis prœfécluse
— ou t Cornes marchii Britannicus » — devenu si populaire dans les chansons
de gestes ne soit cité qu'une seule fois par Eginhard, l’historien de Charlemagne
(Aug. Thierry , Lettre sur Vhistoire de France , p. 45).
* La statue, œuvre de Jacques Jongelings, que le Duc d'Albe se fit ériger
après la victoire de Gemmingen au centre de la citadelle d’Anvers, et qui le
représentait sous forme d’un guerrier foulant aux pieds une figure humaine a
deux tètes et quatre bras, la Noblesse et le Peuple, semble n’étre qu'une imita¬
tion des anciens Roland , pour bien marquer le droit nouveau établi par le terri¬
ble lieutenant de Philipe 11 : le despotisme substitué à la liberté communale.
3 Houx de Rochelle, Villes Anséaliques, p. 32.
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j ee& ^^^ u ériles et superstitieuses, et cette
ǰnsacfi? _ t es souvenirs qu’il importe d'efTacer.
sais si je *^*nue ^ subir l’influence s u pe rs ti tieusi
ai s ce que je sais, c’est que, lorsque je vi
éviter ^ *lties-uns de nos anciens géants, raser ,
i
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’W 4
®nt sous prétexte qu’ils ne sont pas à
” _ V •’-~ -w--»w - -—
‘lui ne manquait pas de saluer le sava
\6Sti de Launoy, après qu’il eût dem o n tre la ft
Plusieurs saints vénérés : « Je lui fais toujours de j
* d^ révérences de peur qu’il ne m’ôte mon St. Eustac
^ histoire positive d’Anvers ne commence *1“ 3 la f
du Boury et à l’érection du Pays **y*n en
‘ivnsat, en faveur de Gôtrik , Godefroid ou Golhel
Grand, par l’empereur Henri I« r . Peut-être les déblai
'ilOll'e vieux St-een qui vont commencer, nous permetti
ils d’y pénétrer davantage !.
t ---—
^uis toujours tenté de dire comme
le
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ANNEXE I.
Hydrographie de la vallée d’Anvers.
Le sol des environs d’Anvers a été si fréquemment bouleversé par les
travaux exécutés pour agrandir successivement la ville, qu’il est devenu très
diflicile de fixer les formes primitives des cours d’eau qui le traversaient.
Les grands travaux actuellement en voie d’exécution ajouteront encore à
cette difficulté. Il est donc utile d’indiquer les hypothèses les plus probables
qui résultent d’une situation que nous avons encore pu connaître et qui
échappera à la génération qui nous suivra.
Le Grand Schyn prend sa source dans les marais de Kielschot, près de
Westmalle, non loin des sources de l’Appelbeek affluent des Nèthes. Il
descend d’abord sous le nom de Rielschotschebcek jusqu’aux environs de
Halle, où il prend le nom de Halschebeek, et continue son cours jusqu’au
village de Schilde. En ce point, après avoir vu grossir ses eaux par un
affluent de droite, le Kleinbeek , il reçoit définitivement le nom de Grand
Schyn. Il contourne par le Sud les villages de Schilde , de Wyneghem et
de Deurne, recevant à droite les eaux du Zwaenebcek , et à gauche celles
du ruisseau de Marre, formé du Groote Marre et du Kleyne Marre, puis
du Diepenbeek , du Roudebeek (ou Koudebeek), du Luysbeek. A partir de
Deurne, le Grand Schyn remonte vers le Nord-Ouest jusqu’à l’endroit
nommé Den Twee Mont , où il est rejoint par le Petit Schyn , après avoir
encore reçu à gauche le ruisseau le Vuylbeek dont nous parlerons plus
loin.
Le Petit Schyn (souvent désigné aussi sous le nom de Schootenschebeek)
prend sa source près de St. Job-in-'t-Goor, descend à l’ouest de S’Graven-
wosel, passe au sud de Schooten pour venir aboutir au Twee Mont. Dans
son cours, il ne reçoit que des affluents sans importance à droite, tels que
le Wytsçhoschebeek et le Eethuyschebeek (ou Houtschebeek ).
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Le Schyn , formé par la jonction du grand et du petit Schyn au Twee
Mont , se dirige vers l’ouest pour venir se jeter dans l’Escaut en suivant
*ssez exactement le tracé marqué en ville par les canaux de VAmidon^ des
Falcons , des Teinturiers et de St. Pierre.
Au nord de ces cours d’eau nous trouvons encore une petite rivière, le
Schoon Schyn , qui prend naissance près du polygone de Brasschaet et
descend d’abord sous le nom de Hoogboomschebeek jusqu’au hameau de
Hoogboom, puis reçoit le nom de Schoon Schyn. Grossi par un affluent
de droite, le Zwartebeek , il contourne à l’ouest le village d’Eeckeren, puis
changeant son nom en Dam Schyn , il reçoit à gauche le Landschebeek ,
formé par la jonction du Kaertschebeek et du Fortuynbeek , puis le Laersche-
beek J formé par le Miekschebeek et le Elshoutschebeek , et enfin une série
de petits cours d’eau de moindre importance, le Brandbeek,\e Rooden loop ,
l'Ougelbeek (ou Gagetbeek). Le Dam Schyn se dirige ensuite vers l’Escaut
qu’il rejoint à l’ancienne écluse du Volmolen , mais après s’être relié par
un bras intérieur secondaire au Schyn en aval du pont de Dam.
Au sud du Schyn se trouvait un cours d’eau dont le tracé est à peu près
complètement effacé et le nom même oublié, qui formait en quelque
sorte pendant au Schoon Schyn du nord. 11 prenait sans aucun doute
naissance vers Berchem, pénétrait en ville au point où se trouvait autre¬
fois la Tour bleue et, à partir de ce point nous retrouvons une trace de son
existence dans le Canal Sale {Vuylbeek, Vuylruye , actuellement Place de
l'Ancien Canal). Ce ruisseau, que nous nommerons Vuylruye (pour le
distinguer du Vuylbeek dont nous avons parlé précédemment), rejoignait
(entre les rues de la Bascule et Rubens) le marais de Meir (Place de Meir)
et se prolongeait suivant le Pont de Meir , la Rue du Berceau , les Remparts
du Lombard et des Tailleurs de Pierres , pour rejoindre l’Escaut par le
Canal St. Jean. Ce Vuylruye , comme le Schoon Schyn (ou Dam Schyn),
se reliait au Schyn par un bras secondaire intérieur qui partait de la Place
de Meir, suivait les Rues des Claires et de St. Jacques (désignées dans les
actes scabiriaux du XV e siècle sous le nom de Oude vest , vieux rempart),
la Rue de la Princesse (autrefois Paddengracht , Fossé aux Crapauds) et
la Rue Montagne aux Corneilles (Cauwenberg).
L’îlot de St. Walburge s’élevait au centre de l’espèce de quadrilataire,
formé d’une part par l’Escaut et le Schyn, d’autre part par les deux bras
du Vuylruye.
Indiquons actuellement les transformations successives de ces cours
d'eau primitifs.
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La première enceinte de la ville d’Anvers comprenait probablement toute
la superficie de l’île bornée par les Canaux au Beurre, au Fromage, des
Jésuites, des Rècollets, aux Charbons. Cette enceinte comprenait le Burg,
limité parle fossé du Bourg et la ruelle aux Crabes (Grebbestraatje,
de Grebbe fossé, qui par corruption devint Crabbestraafje). La première
enceinte ou Voorburg, formée en terre et palissades (bailles), protégée en
avant par le marais, fut défendue comme le Burg , par un fossé artificiel
creusé de main d’hommes. Le fossé de la première enceinte recevait pro
bablement l’eau du Schyn par un canal creusé entre la rue Klapdorp et la
rue du Chaperon.
Cette première enceinte étant devenue insuffisante pour la population
d’Anvers, on y engloba en 1201 , toute la partie du Sud jusqu’au Vuyl
ruye *, qui forma la nouvelle limite de la ville, dont on put compléter
l’enceinte à peu de frais en construisant seulement un rempart en terre
avec fossé suivant le rempart Ste.-Cuthêrine , depuis le Pont de Meir
jusqu’à la Porte, aux vignes, (premier agrandissement).
En 1249 on annexa encore à la ville (deuxième agrandissement) le ter¬
rain compris au Nord entre le Schyn 2 et la première enceinte, terrain qui
avait longtemps servi de refuge .aux Corneilles, d’où vint son nom d cK>'aai-
wyk Ce terrain limité par le Schyn et par le fossé de raccordement à la
première enceinte , permettait un agrandissement presque sans dépense.
La forme singulière de l’enceinte de la ville après ce deuxième agran¬
dissement, qui a été fréquemment remarquée 3 , s’explique tout naturelle¬
ment par l’existence de fossés préexistants qu’on put facilement appro¬
prier au caractère défensif, car à cette époque on se bornait pour la ville,
à un simple rempart de terre, toutes les ressources disponibles étant con¬
sacrées à perfectionner l’enceinte murale du château seigneurial. Elle
explique également la forme du troisième agrandissement dont nous allons
parler.
Vers 1291 la ville étant de nouveau insuffisante pour contenir ses habi¬
tants , et le commerce ayant pris un développement remarquable, on
conçut le projet d’envelopper la ville d’un enceinte murale à grand
développement. Mais cette œuvre coûteuse ne pouvait être accomplie
que dans un temps trés-prolongé. Tout d’abord on se borna à construire
* Eue du Berceau, remparts des Lombards et des Tailleurs de pierre, canal St.-Jean.
s Canal des Teinturiers et St.-Pierre.
3 Casterman et Torfs. Les Agrandissements et Fortifications d'Anvers, p. 36.
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la partie de l’enceinte murale depuis le Tour de Cronenburg jusqu’à la
Tour bleue , et pour le surplus on utilisa comme pour les agrandisse¬
ments précédents, les canaux ou fossés existants formant un troisième
agrandissement provisoire , savoir: le Vuylruyc prolongé jusqu’à la
Place de Meir, le Paddengracht depuis la Place de Meir jusqu’au Schyn,
enfin le Schyn ( Canaux de VAmidon,) des Falcons et jusqu’au Kraaiwyk.
En 1314 le premier travail était assez avancé pour pouvoir compléter le
restant de l’enceinte murale qui englobait de nouveaux terrains à l’Est et
au Nord et s’étendait jusqu’aux canaux de l'Ancre , des Vieux Lions et
des Brasseurs (quatrième agrandissement).
A la suite de la construction de cette enceinte murale achevée en 1415,
l’ancien Schyn fut coupé de son embouchure et détourné dans le fossé de
la nouvelle enceinte pour se déverser à l’Escaut, par le Canal des Brasseurs.
— La partie extérieure de l’ancien Vuylruye perdit toute importance et
s effaça peu à peu L — Ses parties intérieures s’envasèrent successivement
et formèrent des fossés boueux, privés d’alimentation, au point de mériter
les noms méprisants de Canal Sale et de Fossé aux Crapauds , et sa
partie qui suivait l’axe de la Place de Meir devint un véritable marais.
En 1431 un accord fut conclu entre Anvers et llerenthals pour con¬
struire un canal destiné à relier ces deux villes et développer leur com¬
merce. Ce canal alimenté par l’eau de la Nèthe, devait être construit à
frais communs. Anvers mit aussitôt la main à l’œuvre pour sa construction.
— On utilisa pour l’entrée du canal en ville , l’ancien Vuylruye intérieur
et le marais de Meir, qui fut en partie canalisé. — Au dehors , on utilisa
également une partie de l’ancien Vuylbeek qui prenait naissance près de
Luythagen, se dirigeait vers le centre du front 6-7 actuel (entre la Lunette
de Deurne et le saillant n° 7), puis s’infléchissait vers la ville jusqu’à la
Blanchisserie de Borgerhout, pour regagner ensuite vers le nord le Grand
Schyn (au saillant n° 3 actuel). La partie entre le front 6-7 et la Blanchis¬
serie fut canalisée et reliée à la Tour Bleue. Le tronçon d’amont du
Vuylbeek coupé de son embouchure s’envasa et reçut le nom méprisant
qu’il porte aujourd’hui. La partie d’aval, de la Blanchisserie au Grand
Schyn, réduite au rôle de simple égoût de Borgerhout fut distinguée de la
1 Le fait de la disparition de ce cours d*eau n’a rien qui doive nous étonner. Nous
avons vu disparaître de môme de nos jours le Leybeek depuis la construction de 1 en¬
ceinte de 1860.
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précédente par le nom de Oude Vuylbeek (Vieux Vuylbeek). — Le canal
en se prolongeant vers Herenthals recoupait plusieurs affluents de gauche
du Grand Schyn. Parmi ceux-ci nous remarquerons encore le Luysbeek ,
qui prend également naissance près du Luythagen, (passe entre le fortin
et la Lumette de Deurne), pour venir aboutir au Grand Schyn en aval du
pont de Deurue , selon toute probabilité le tronçon d’amont réduit dès lors
en importance, prit à cette époque son nom de Luysbeek (ruisseau pouil¬
leux) ou Luybeek (ruisseau paresseux) ; le tronçon d’aval compris entre le
canal et le Schyn est souvent désigne actuellement sous le nom de Vuylbeek ,
le troisième de son espèce.
La ville d’Herenthals, moins riche qu’Anvers, n’ayant pu se procurer
les ressources nécessaires pour achever la portion du canal qui lui incom¬
bait, dut renoncer à l’entreprise ; les magistrats d’Anvers résolurent alors
d’utiliser les travaux déjà exécutés dans un but nouveau. Us sollicitèrent
l’autorisation du gouvernement ducal, de prolonger le canal jusqu’au
château d’immerseel (près de Wyneghem), pour y prendre l’eau pure,
avant qu’elle ait été viciée par les détritus de tous genres que le Schyn
recueille dans la vallée , et l’amener dans Anvers pour alimenter des nom¬
breuses brasseries. Cet octroi fut accordé par Philippe-le-Bon en 1472. On
acheva dès lors la construction du canal qui fut terminé en 1531 et prit le
nom de Canal des Brasseurs , quoique souvent il soit encore désigné
improprement d’après sa destination ancienne, sous le nom de canal de
lièrent hais .
La construction de l’enceinte de 1542, dite de Charles-Quint (cinquième
agrandissement) ne modifie que légèrement ces cours d’eau. Le débouché
du Schyn vers l’Escaut, fût de nouveau déplacé dans les nouveaux fossés
au nord, pour venir déverser ses eaux par l’écluse de St.-Laurent.
Néanmoins le débouché trop resserré de cette écluse, ayant provoqué de
fortes inondations au nord, le bras secondaire qui reliait le Schyn au
Dam Schyn, acquit une plus grande importance pour écouler le trop plein
de ces inondations par le débouché du Dam Schyn, vers l’Escaut à l’écluse
du Volmolen.
La construction de la citadelle en 1567 par le duc d’Albe (sixième
agrandissement), n’eut d’autre eifet que de reporter une partie des fossés
de la place plus au sud.
En 1579 le terrain compris entre le canal des Brasseurs et le Grand
Schyn couvert en tête par le Oude Vuylbeke d’abord, puis par le Vuylbeek
(Luysbeek ), fût le théâtre de l’attaque dirigée par le prince de Parme
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contre Anvers, avant qu’il dirigeât son armée sur Maestrichl. Cette attaque
repoussée par les Anversois, amena en 1580, la construction d’un vaste
camp retranché connu sous le nom de Buytenien , qui n’eut qu'une
existence éphémère quoique Carnot l’ait encore utilisé en 1815.
Le siège d’Anvers de 1584-85 avait amené par la force des choses, et
malgré la vive opposition des boucliers d’Anvers, à tendre une énorme
inondation au nord dans le poldre d’Austruweel,qui s’étendait à cette époque
jusqu’à la digue de Cauwemtein (aujourd’hui S’Hertogen dyk, digue du
Luc). Les eaux en s’épandant dans les vallées du Schyn , y avaient causé
des désastres énormes. Pour prévenir à l’avenir un semblable malheur, on
résolut de séparer le poldre d’Austruweel des vallées du Schyn par une
digue qui partait du poeder huys (magasin à poudre), sur le bord de
l’Escaut, et se dirigait vers Merxem. Cette digue construite en 1638, reçut
le nom de digue Ferdinand en l’honneur du cardinal-infant Ferdinand
d Autriche gouverneur général des Pays-Bas. — La digue Ferdinand
recoupait la communication entre le Schyn et le Schoon Schyn, qni servait
à écouler le trop plein des eaux du Schyn. Il fallut y suppléer par un
nouveau fossé intérieur à la digue, qui relié au Schyn, continua à écouler
le trop plein des eaux de celui-ci par l’écluse du Vobnolen , alors que
le débouché de l’écluse St.-Laurent devenait insuffisant.
En 1649 pour regagner sur les eaux la partie du poldre inondé d’Austru-
weel contiguë à la digue Ferdinand, on résolut de construire une nouvelle
digue entrele fort Philippe et Eekeren, en utilisant l’ilôt de Wilmarsdonck.
Cette digue, formée de deux parties désignées sous le nom de digue de
Wilmarsdonck et de digue d’Eekeren, et la digue Ferdinand eurent pour
résultat de recouper le Schoon Schyn en trois tronçons. — Le tronçon
d’amont qui continua à porter le nom de Schoon Schyn, coupé à Eeckeren,
continua à s’écouler dans l’inondation du nord où plus tard on leur ouvrit
un débouché par les Wateringen vers le fort Ste.-Croix. — Le tronçon du
milieu compris entre la digue d’Eekeren et la digue Ferdinand qui reçut
le nom de Dam Schyn se trouvait privé d’écoulement par la coupure de la
digne Ferdinand. Afin d’ouvrir un débouheé vers l’Escaut, au Dam Schyn
qui recevait les eaux du Landsche beek et du Luersche beek , on con¬
struisit un canal dans le prolongement du Laerschc beek, à partir du pont
de l’Olmebrug, pour conduire les eaux directement à l’Escaut. Ce canal
creusé dans les terrains boueux du poldre récemment encore inondé, reçut
le nom de Vorssche Schyn , (Schyn des grenouilles , souvent encore
improprement nommé Vosse Schyn, Schyn des Renards). Il débouchait à
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l’Escaut par l’Écluse généralement connue sous le nom d 'Écluse des Renards.
On dut relier à ce canal quelques-uns des ruisseaux qui précédemment réjoi¬
gnaient le Dam Schyn tels que le Brandbeek, le Rooden loop et une partie du
Dam Schyn lui-même se trouva supprimé. — Enfin la régularisation de cette
situation hydraulique donna une certaine importance au Ongelbeek (Gager
beek) qui servait à l’écoulement des eaux de Merxem et dont l’écoulement
fut assuré par des Wateringen vers l’écluse des Renards.
L’idée de relier Anvers aux localités de la Campine par des canaux
intérieurs, qui, en 1431, avait donné naissance au projet du canal de
Hérenthals, fut reprise à diverses époques. Au XVI® siècle les États du
Brabant et de Liège proposèrent de construire un canal direct d’Anvers
à Maestricht, qui devait éviter aux provinces du Sud l’obligation de
passer par le territoire hollandais , pour le transport des matériaux et des
produits industriels de Liège vers Anvers. Sous le gouvernement de
l’infante Isabelle-Eugénie en 1626 la construction de ce canal, qu’on
nomma le fossé Eugénie , fut même commencée,et afin de ne pas éveiller
la susceptibilité des Hollandais on donna pour prétexte à ces travaux, la
construction d’un retranchement défensif ; ceux-ci n’y furent pas trompés
et prévoyant la concurrence commerciale que ce canal allait faire naître,
ils s’opposèrent par la force à la continuation des travaux, qui furent aban¬
donnés après une lutte opiniâtre. Le projet de canal fut encore repris sous
le nom de Canal du Nord sous Napoléon, puis abandonné lors de l’an¬
nexion de la Hollande à l’Empire. En 1830 l’étude de cette voie maritime
indépendante de la Hollande fut reprise de nouveau, décidée mémo en
principe, puis encore abandonnée après la construction des chemins de fer
reliant Anvers à l’Allemagne.
A partir de 1835 le projet de ce canal dressé par MM. Teichmann et
Masui, reparut sous une forme muvelle, dans le but spécial de ferti¬
liser les régions incultes de la Campine. Les travaux du Canal de
jonction de l'Escaut à la Meuse , furent commencés en 1840. En
1859 la section d’Hérenthals à Anvers fut achevée, non plus en suivant
Pancien tracé du Canal des Brasseurs, mais parallèlement au Petit Schyn.
En 1874 on termina la section de Schooten vers Turnhout.
Ce canal de jonction ne modifia pas sensiblement l’état hydrographique
de la contrée. La plupart des cours d’eau anciens furent conservés ; on
les fit passer au moyen de siphons sous le canal , tels furent le Grand
et le Petit Schyn. Toutefois les affluents de droite du Petit Schyn, le
Wytschotschebeek et le Eethuyschebeek , trop peu importants pour justi-
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fier la construction de semblables travaux d’artj, furent détournés dans un
contre-fossé du canal destiné à déverser leurs eaux en aval dans le Schyn,
conlre-fossé qui reçut le nom de Bermbeek.
La construction de la grande enceinte de 1860 (septième agrandissement)
modifia la forme des cours d’eau autour d’Anvers.
Le Canal des Brasseurs coupé par le front 6-7, fut introduit en ville au
moyen d’un syphon sous les fossés de la place. — Le cours de l’ancien
Vuylbeek extérieur fut modifié et dirigé également vers Pavant-fossé du
ravelin 6-7.
Le Grand Schyn , fut coupé entre Deurne et le Twee-Mont par les fossés
de la place. Ses eaux furent recueillies dans Pavant-fossé et dirigées par
Pécluse du saillant N° 4 vers un canal intérieur qui, longeant le front
2-3 parallèlement au rempart, allait rejoindre l’ancien cours du Schyn. —
L’ancien Luysbeek ( VuylbeekJ extérieur, fut détourné du pied des glacis
pour rejoindre le Grand Schyn à son ancienne embouchure en aval du
pont de Deurne. — VOude Vuylbeek intérieur continua son cours ancien
pour rejoindre le nouveau cours du Grand Schyn à l’intérieur des remparts
vers le saillant N® 4.
Le Petit Schyn coupé de son embouchure, fut détourné à partir de
Twee-Mont, en utilisant la partie du Grand Schyn devenue sans utilité, et
déversé, en remontant celui-ci, dans l’avant-fossé au saillant N° 4, où il
rejoignait le nouveau cours du Grand Schyn 1 .
Le canal de la Campine fut introduit en ville au travers du fossé
capital au saillant N° 3, par un passage éclusé, sous lequel un syphon
établit la continuité du fossé capital de la place *. — Le Bermbeek fut
déversé directement dans Pavant-fossé de la place.
Le Vorsche-Schyn coupé également par les fossés de la place, fut mis
en communication avec Pavant-fossé , et conduit par celui-ci vers l’Escaut
en aval *. — VOngelbeek (Gagelbeek) fut déversé dans le Vorsche-Schyn
au moyen d’une petite écluse à son entrée dans Pavant-fossé.
Enfin au Sud de la place, la construction de l’enceinte modifia assez
notablement un ruisseau, le Leybeek, qui prend naissance en avant du front
1 L’écluse du saillant N* 4 permet d’écouler le trop plein des eaux du Schyu par le
fossé capital en aval vers l’Escaut.
* Le trop plein des eaux du canal s’écoule vers l’Escaut par l’avant-fossé de la place.
* Le Vorsche-Schyn par les temps de sécheresse est dépourvu d’eau. Il reçoit alors
par l'avant-fossé les eaux pures du canal pour l’abreuvage des bestiaux dans les prairies.
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9-10, et allait se déverser à l’Escaut devant le saillant N® 12. 11 fut coupé
en deux points : par le front 9-10, et par la branche de raccordement du
saillant N° 11 vers la citadelle. A la demande des propriétaires de l'inté¬
rieur de la ville, il fut introduit au travers du front 9-10 au moyen d'un
pont aqueduc, et déversé au travers de la branche de raccordement par
un syphon.
L'agrandissement de 1869 (huitième agrandissement) en supprimant la
branche de raccordement n’eut d’autre effet que de modifier le cours de
ce dernier ruisseau. Le syphon fut supprimé et le Leybeek fut déversé à
l'Escaut par une éclusette intérieure au saillant N° 12.
Depuis ces travaux le cours intérieur du Schyn a été fréquemment
modifié. Il a reçu divers lits provisoires pour faciliter la construction des
bassins. Actuellement il rejoint l'ancien lit du Vorsche-Schyn intérieur et
se déverse à l'Escaut par l'écluse des Renards. Mais cette solution n'est
encore que provisoire et doit dans un avenir prochain, amener une trans¬
formation plus radicale, afin de soustraire à la fois la ville aux inondations
et aux influences délétères de ce ruisseau, qui charrie une énorme quantité
de détritus de tous genres qu'il recueille dans son cours.
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ANNEXE II.
Note au sujet de quelques objets d'antiquité découverts à
• Deurne pendant la construction de Venceinte d’Anvers.
Les objets d'antiquité trouvés jusqu’à ce jour dans les travaux sous
ma direction sont :
1° Deux urnes gallo-romaines et fragments d’urnes du même genre ; le
tout renfermé dans un tonneau.
Une de ces urnes est en parfait état de conservation. Elle est d’un brun
clair, jaunâtre. Elle a 0 m 25 de hauteur, 0 m 18 de diamètre au milieu et
0 m 10 de diamètre aux extrémités. Elle ressemble à l’urne figurée au n° 3
de la planche XVI qui accompagne la notice sur les sépultures gallo-
romaines du territoire de Renaix de M. E. Joly, dans le Messager des
sciences historiques du 10 octobre 1850. Au renflement se trouve sur tout
le pourtour des traces très nettes d’une inscription, ou peut-être d’une
simple marque de fabrique. Un Péruvien, à qui nous avons montré cette
urne,a dit que l’on en trouvait de tout à fait semblables, par milliers, dans
les plaines qui environnent l’ancienne capitale du Pérou.
La seconde urne est noire. Elle a la forme de l’urne cinéraire romaine,
hauteur 0‘«,15, diamètre en haut 0 m ,1ü diamètre le plus grand du ren¬
flement 0^,16.
Les fragments semblent appartenir à plusieurs urnes de la même espèce
que la seconde.
L’épaisseur de la poterie est de 0 ,n ,004 à 0^,005.
Ces urnes et fragments d’urnes ont été trouvés le 19 août 1861, dans les
fouilles du fossé capital de la face gauche du front 5-6. Le terrain répond
à la parcelle figurée actuellement au cadastre sous le n° 62 bis (39) de la
commune de Borgerhout, et au milieu de cette parcelle. Le tout était ren¬
fermé dans un tonneau bien conservé , dont la partie supérieure apparut
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d'abord â nos soldats fouilleurs à la côte 1®80, ou à2®35sous le sol naturel
dans le crag noir. Ce tonneau était formé de douves en chêne ; sa lon¬
gueur ou hauteur était de 0®80, son diamètre extérieur 0®70. L'épaisseur
des douves était de 0®015.
Ce tonneau ne renfermait que les urnes et du sable noir.
2° Un glaive et des fragments de poteries renfermés dans un tonneau.
Ces objets ont été trouvés en mars 1862, dans le fossé de la batterie basse
de gauche flanquant le ravelin 5-6, dans la parcelle n° 61 (37) du plan
cadastral de Borgerhout, au bord de la route de Turnbout détournée à une
centaine de mètres en arrière de la sortie de Deurne. Le tonneau fut mis â
nu par les fouilleurs à la côte 2®,00, ou 2®,25 sous le terrain naturel, dans
le crag noir ; la partie supérieure était recouverte de pierres blanchâtres.
Le tonneau ressemblait au précédent, hauteur 0®,60, diamètre 0®,90.
Le glaive ou plutôt la dague, a 0®,60 de long en haut : le fourreau en cuir
est parfaitement conservé ; cependant il commence à s'altérer depuis qu'il
ne se trouve plus dans le crag noir.
3° Un troisième tonneau semblable aux précédents fut trouvé en octo¬
bre 1862, dans le fossé capital devant le saillant 7, parcelle n° 273 (180),
commune de Borgerhout, dans le crag noir à 2®,50 sous le terrain naturel
en-dessous d'un sable limoneux et boulant.
Il n’y avait dans ce tonneau qu'un morceau de tronc d'arbre et du sable
noir.
Borgerhout, le 30 novembre 1862.
Le Capitaine en premier du Génie ,
DUWELZ.
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42
exclus de la présente notice qui, en général, s’occupera
exclusivement des inscriptions imprimées stir les vases à
l’aide d’une matrice en un nombre indéfini d’exemplaires
identiques. Tel n’est pas le caractère des inscriptions, le
plus souvent peintes, qu’on rencontre sur les faïences
flamandes de Bruges, de Thourout, d’Eecloo *, etc., tan¬
dis que les grès ont très peu d’inscriptions peintes, et cela
seulement à l’époque de la pleine décadence (grès de
Creussen).
L’expression a grès flamands » est impropre, si l’on fait
allusion à la Flandre proprement dite ; jamais celle-ci n’a
eu de fabrique de grès.
Mais l’expression est ancienne : on le retrouve dès la fin
du XVI e siècle dans un document des archives de Cologne 1 2 ,
à propos d’un navire qui transportait, par le Rhin, des grès,
sans doute de Raeren, en destination de Leiden 3 .
C’est que Raeren qui a produit ces « grès flamands »
appartenait au Limbourg, et par conséquent aux Pays-Bas,
et comme ceux-ci étaient connus à l’étranger sous le nom
général de Flandre, le dénomination de flamands a été
appliquée aux produits de Raeren.
Et dans le présent siècle, on se serait bien gardé de
1 Des anciennes poteries d’Eecloo, il reste un dicton populaire; pour peu
qu’une femme donne prise à la critique, on lui adresse le souhait : zy zal in den
Eecloo’schen oeven moeten hevbakken worden. Cela a valu aux habitants de la
localité le surnom de doppelyebakken .
2 Dornbusch, Abhandluny , p. 7 et à la note.
3 Ce qui, soit dit en passant, démontre l'absurdité de certaine opinion qui faisait
de Leiden un centre de fabrication des grès, sur la foi de la légende : in
leiden gedolt , qui signifie patience dans la douleur , et non pas, comme on
l’avait lu : fabriqué à Leiden !... Cela avait pourtant été relevé dans l’édition de
1861 du Guide de Demmin, et l’on ne pouvait guère ignorer cela en Belgique, au
moins depuis 187*2, date de la publication du IV* volume du Beffroi de Weale,
où cette étrange erreur est déjà relevée.
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43
changer r pression qu’une raison spéciale expli,
collections de grès ont été formées o
due? à £=^'anri : la aol 1er fin r, JoSLt * d Huyvetter, 1
'and ; la collection de J non « > 1
mwceet Aa plus importante de ees °°^ eC 10ns ’ 3 a ^.
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„ . , u par des lS ée Britannique
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mtthee ^ Kensington ^ Loitdr & ^ * & _-.r'e&ïsioii dé a gri
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- 44 —
fonctionnaire supérieur qui se rapprochait assez du gou¬
verneur (ou Lieutenant du prince) pour qu’on l’ait con¬
fondu parfois avec ce gouverneur, était, dans le Duché de
Limbourg, Louis d’Aranda, dont les parents occupaient
des positions importantes dans l’administration espagnole,
à Gand et à Bruges *.
D’un autre côté, notamment en 1577 et 1592, le gouver¬
neur de la Flandre était le duc Philippe de Croy, person¬
nage très marquant, qui fut même le suppléant du duc
d’Albe dans le gouvernement des Pays-Bas, pendant que
le titulaire allait guerroyer dans les provinces du Nord qui
luttaient contre T Espagne ; Philippe de Croy assista en outre
à la diète de Ratisbonne, en 1588. comme Stathelder de
Bruges *.
Il était naturel que le flamand d’Aranda et le gouverneur
de la Flan dre, Philippe de Croy, eussent des relations,
tant comme fonctionnaires que comme compatriotes et, de
fait, le duc de Croy fit fabriquer pour lui-même des vases
degrés à ses armes et à celles de sa femme, née de Blois
de Trêlon, à Raeren, qui faisait partie du Limbourg ad¬
ministré par Louis d’Aranda.
Bien qu’on n’ait pas encore découvert de grès aux armes
de ce dernier, il est très naturel d’admettre qu’il ait com¬
mandé pour le duc de Croy, pour ses propres parents et
amis de la Flandre, un grand nombre de vases de tout
genre, comme spécimens de l’industrie de ses administrés.
Et en effet, les vases trouvés dans la Flandre et recueillis
* Voir dans les Publications de la société archéologique du duché de Limbourg
(Maestricht) 1881, un article de l’auteur du présent travail sur les grès des
Stathelders, etc. du Limbourg.
t Supplément au nobiliaire des Pays-Bas , (1490 à 1555) p. 150 ; de Courcelles,
Histoire généalogique et héraldique des pairs de France , VIII, v° Croy, v° 34.
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45
notamment n d’Huyvetler, A tîand sont par
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^ * lies de traRine^s d ^ u e \ c eS v ^ e analogue du Musee du
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46
La circonstance qu’un pot de grès de 1580 à 1602 pro¬
vient de la collection d’Huyvetter, est doue un indice d’origine
raerenoise, parce que, parmi les nombreux vases rassem¬
blés par le propriétaire de cette collection, ceux sur lesquels
il a pu mettre la main le plus facilement, étaient sans doute
les grès qui, dans les temps passés, étaient arrivés à Gand,
par l’intermédiaire de Philippe de Croy et de Louis d’Aranda.
Cependant le caractère raerenois de plusieurs de ces
vases a été contesté à l’étranger: c’est donc le moment
de discuter les caractères distinctifs des diverses familles
de grès.
Commençons par bien caractériser les différentes localités
où l’on a fabriqué des pots de grès, en les rattachant pour
mieux les graver dans la mémoire, aux grandes villes à
proximité desquelles elles se trouvent.
Raeren 1 est à deux lieues d’ Aix-la-Chapelle, vers le
midi; cette localité, aujourd’hui allemande, appartenait
au Ban de Walhorn et à ce titre, dépendait du duché de
Limbourg, apanage des ducs de Brabant depuis la bataille
de Woeringen en 1288.
Frechen * est à environ deux lieues à l’ouest de Cologne
sur la route vers Düren ; c’est là que se seraient établis,
d’après Demmin, les potiers de pierre de Cologne, quand
l'autorité, craignantles incendies, força l’industrie céramique
d’émigrer hors de ses murs.
’ Siegburg , siège d’une abbaye importante, est située à
quelque distance de la rive droite du Rhin, en face de Bonn.
Enfin, le Kannenbûckerland , où s’exerçait l’industrie
4 En y ajoutant le voisinage : Titfeld, Neudorp, Merols, Eynatten.
s On cite à côté du nom de Frechen, celui de Bottenbroich et Meckenheim,
qui sont sans doute des villages voisins; Jaennicke, Grundriss , pp. 420 et 438;
Dornbusch , Die Kunstgilde, p. 96.
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47
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48
Examinons les signes distinctifs les plus apparents de ces
différentes familles de grès, en nous attachant plus spéciale¬
ment aux quatre premières.
Raeren ( Aix-la-Chapelle). Grès bruns ou en gris et bleu ;
parfois, mais rarement, avec émaux d’autres couleurs ;
principalement de forme cylindro-sphéroïdale, avec sujets
et armoiries variés. Quelquefois fond complètement bleu,
notamment pour les stielles ou flûtes, avec ornements de
feuilles et rinceaux incus (on reviendra plus loin, avec
détails, sur ces caractères).
Frechen (Cologne). Forme sphéroïdale, souvent de gran¬
des dimensions avec mascarons barbus au goulot ; couleur
brun foncé, quelquefois mouchetée de bleu ; ornements à
rosaces en quinconce ou avec médaillons, etc., semés sur la
panse ; parfois, à la bande formant ceinture, des inscriptions
en caractères dits gothiques. Mais certains de ces caractères
se retrouvent aussi ailleurs et notamment à Raeren (mas¬
carons barbus, etc.) ; aussi le meilleur indice pour distinguer
un Frechen d’un Raeren, indice qui.trompe rarement, est
que le fond des vases de Frechen porte presque toujours
la trace elliptique de la corde par laquelle le pied du vase a
été séparé du pivot sur lequel il était adapté : le foyer des
ellipses parallèles ainsi formées n’est jamais le centre
réel du pied du vase. Cette trace, presque toujours, est
effacée sur les produits d’autres ateliers.
Siegburg (Bonn). Fabrication ancienne : en grès brun à
pied pincé au doigt, avec col en entonnoir. Fabrication plus
à Holbron (Londres). On n’a rien découvert des Alva bottles, imitations des
gès de Cologne, qui, d’après Ch affers, p. 826, auraient été fabriquées en
Angleterre vers 1670.
Enfin le catalogue de l'exposition de Vienne parle de giés d’Autin he : on ne>t
pas suffisamment renseigné jusqu’ici au sujet de leur existence.
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50
On a préconisé jusqu’ici, au sujet des grès, plusieurs
éléments d’étude pour la céramique comparative 1 :
1° Les documents historiques des archives : ils doivent
être contrôlés par les fouilles effectuées dans les rebuts des
anciens fours.
2° L’inspection de l’aspect extérieur des vases : émail,
reliefs, sujets. Il faut y ajouter les marques de potier, en
faisant toutefois attention aux marques communes à plusieurs
localités : E. M,I. M et I. E. de Raeren, qui se retrouvent,
mais à des dates postérieures, pour Siegburg et Hôhr-
Grenzhauzen ; L. W. et H. H. de Siegburg (?) qui caracté¬
risent des modeleurs ayant également travaillé pour Rae¬
ren * etc.
3° L’analyse chimique des pâtes : c’est là une voie
nouvelle, mais à peine frayée, où il s’agit d’entrer à la
suite du célèbre chimiste Fresenius et d’autres 3 ;l’analyse des
émaux pourra elle-même rendre des services : jusqu’à pré¬
sent les conclusions ne sont pas encore bien déterminantes.
4° L’étude des blasons reproduits sur la panse de grand
nombre de vases ; s’il s’agit de nobles de rang inférieur,
par exemple, on devra généralement chercher le centre
de production aux environs de l’endroit habité par ces nobles.
' Frauberger , Conservateur du Musée de Düsseldorf, dans le Zeitschrift, (de
Stegmann). n° du 1 fr janvier 1878, p. 2.
Frauberger recommande la confection d’un album de tous les ornements
employés par les potiers, ce qui dit-il pourrait former uu volume par an d’orne¬
ments de la Renaissance : cette publication serait curieuse ; mais comme il y a
peu de modèles originaux, il suflit à l’occasion, au moins pour Raeren, de citer
les recueils de Beham , Aldegrever, Solis, de Bry, Floris, Liefrinck, Cock,
Delaune , etc., d’où les ornements sont copiés.
* Voir Jahrbücher de Bonn, L. VII p. 134, où il est parlé de surmoulages qu’on
avait opérés à Frechen, etc.
3 MiUheilungen des Gewerbe. Muséum fur Nassau (1852), cités par le Zeit¬
schrift de Stegmann, 1.111, p. 123.
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54
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52
Cologne : cela est indiscutable notamment pour les maîtres
Jean Liefrinck et Jérôme Cock, graveurs établis à Anvers,
auxquels les potiers raerenois ont recouru pour leur com¬
mander ou emprunter à leurs ouvrages des modèles qu’on
retrouve avec leur nom sur les pots ; cela doit être vrai
encore pour le maître H. H, qui au lieu d’être le Hans
Hilgers de Siegburg (opinion de Dornbusch), était peut-être
quelque modeleur de Cologne 1 d’où il a pu très aisément
envoyer ses modèles à Raeren comme à Siegburg *.
Mais ce n’est là qu’une exception, à côté de certains
modèles qu’on retrouve à peu près semblables dans plusieurs
ateliers, il en est d'autres, et beaucoup, qui ne se rencon¬
trent jamais qu’à Raeren ou bien à Siegburg.
Tels sont pour Raeren les moules aux noms de Baldem
Mennicken, et autres membres de la même famille, de
Jan Emeus, Engel Kran, Everard Kalf, et même de cer¬
tains modeleurs étrangers à Raeren, ou au moins dont les
noms n’ont pas.été retrouvés dans la population de Raeren :
outre Jean Liefrinck déjà cité, Jan Allers, Melchior
Honckebour, Robert Tbievin qui s’intitulait lui-même
Cartemaker.
De même à Siegburg, où les maîtres modeleurs ou
potiers n’étaient guère désignés que par des initiales :
C. F ; 1. V. S ; C. M ; H. V ; P. V : P. K ; T. G, etc.
De plus, s’il est vrai que certains sujets de Raeren ont
été reproduits sur d’autres vases que ceux de Raeren,
1 A remarquer cependant qu’il existe aussi la marque H. H. avec le blason par¬
lant des Haas deTurnich ; elle peut, dans ce cas signifier Hans (ou Henricli?) Haas.
11^ y avait à Cologne, du reste, des Hilgers même appartenant à la noblesse
(Voir le recueil héraldique . de Fahne, I, p. 153).
i La présence de Formschnyders , à Cologne (ayant travaillé pour Siegburg),
est constatée par des documents exprès ; Dornbusch , Die Kunstgilde . p. 83.
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’ 1 Ue voici •- 1)1 s MO?ÎAT sa» Geo ,
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/ fl 'N. Üle 1 ait \<i NUS-Sat SIN DT O E.T 7 HAN Kfl/SCtf A vp
T se ^ged,
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grès de Si,
H7fl téîS >i e '^ eiï ' enl > aest tVun autre type, et av ee Ull(
\ üle ■• DUi vUVSKt SIN OT G E.T 7 HAN KfU.SCtf A vp
car ANflEXs ^ -
\^ s maitreg H H . e t \ J .‘Vf - o*eo ont pas eu | e mono
, lgk V ^«mHre BaVdem Meunvoken, Ae Raeren, l’ a é gaJei
S',^ :m «»««tt».* ,a » VonVto " r, : ie ,"‘ ,er !. nel * ;
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rai Vf. spricht baSTOR t .
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54
Le succès de ce sujet à Raeren a sans doute été le motif
pour lequel Siegburg a désiré en fabriquer aussi quelques
exemplaires, du reste très rares, et à une époque sans
contredit postérieure.
L’imitation semble donc flagrante.
Autre exemple: Jean Emens travailla de 1560 à 1594; ce
sont les dates que portent ses produits à Raeren.
Or, appartiennent à sa manière certains vases à inscrip¬
tions en grandes lettres majuscules. Un de ces vases porte
des deux côtés d’une tête de mort, l’inscription :
OCH LIEBER LESER BESEICH MICH (WA)l (WA)S DOV NOV
BIS DAT BEN YCH GEWES (WA)T YCH NOV BEN DAT MOST DOV
WER(den).
Cette devise pieuse se retrouve sur les vases de Nassau,
et cela presque textuellement :
ACH MEYN LYEBER LESER BESYCH MCH WAL WAS DOWE
NOWE BYST DAS BEN YCH GEWST VND WAS YCH NOWE BEN
DAS MOS DOWE AVCH WERDEN. MEMENTO MORI. E. M. 1637.
On dirait que la seconde inscription s’est évertuée à imi¬
ter et même à exagérer l’orthographe archaïque de la pre¬
mière ; ce ne sont plus seulement les ich qui prennent Vy.
ce sont même les mots : mein lieber, beseich, bist.
Eh bien ! la date seule du deuxième pot : 1637 *, indique
par elle-même où est l’imitation.
Quant aux danses figurées sur les vases du pays de
Nassau, au lieu de représenter des paysans, elles mettent
en scène des seigneurs et des dames en riches costumes :
1 A cette époque, on ne rencontre plus que des exemplaires en nombre très
restreint de vases fabriqués à Raeren : le pot à la tète de mort n’appartient pas
à cette catégorie.
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cetfe altéra v ^ ~~ 35 _
Une Keuvçv^^on du tyn G rJ
^'"nitatian , ° daté et de /6g
Et. l’on ' n ° /J t-ommunaui
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»’est po^^ s _ v ases rf e / Q f/némes sujets repré
un r->f^' h e ^ Ue po Ur HeS (Ji/Të *'eM^ tes , et i L
Encot_- en>e lnaîtr e n n (Jüelc I vies rares rrj 0u /e
dè\ es p 6 Pa/7ïîi c es ^ ^ ^ es loua I i tés diverses.
Si lïL ^ Feils Pour (i;n- aJtr>es < ï“ i a uraient Produi
E ncop _ me lïla ttre D VüelqviGs i-ares me
dè\es p 6 pa/7ïîi ces ^ , r ^ es /oea Iités diver
Si ^ re,/s Powr ( jj /r aJtres < J Lli ra » erj 4 Pn
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graphçJ^ er en et p <J‘ ^ et f J - H » orat trav aiJ
leur ■ des lé LV ,/ ble S bl * r &’ il y a toujours, c
g.- b Qes des vase» de aeren , do
metn ^^ s ,? 0rnma ndé, des diiTér il ooîs notabj
Kftpo ,° eu usage à Sie <5 1> ar ^, et, (
4Na\E. 11 e » si DornbuscYi a pu *' ï'oî i'e cju à j
vase^ 5Ur moulé des reVveîs de Siegburg, jusq,
de i\ aereu ft ' a permis semblable eoncl
/7e^^ls,^ v , delà danse des p aysa
* RaereU ’ SÛ,i1 ^
c d r rm - . e 4e Va. nature des choses
pwVxai, ïéSUUe W ltve Siegburg , co rame on
^ W Mtemaï " e “o^mment de* ««on,
0,n * prOP °!,^l«orf^ à Siegburg n'ei
*5 4riit4s- - Ae ta nature des chosi
sVV' tela rtsaite tnbtne de ta. ira comme r
W e “ Mtema *" e “TmmS de» grés f aço
l0ln 4 propos ^cordée à Siegburg „•
gne - 0r > leS P ” wttou de produits veuau,,
^ dim _été vdenUtVues -
*-6ue. ur, ieï> ot-oduits vena
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% auraient été identique» -
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ricHer de Bonn, t.W\, P- <\ e s danses de seigneurs.
\ °nt aussi parfois r ****** 8t> dansen di herrn... c e qu
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est devenu la rès e ^ t c t Isabelle, Raeren, on se le
,V ^*ili Poe U et soos AUBerv
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Quant aux marques que l’on dit communes à Raeren et
à Hôhr-Grenzhausen : I. K, I. M, E. M, il y a lieu de
partir de cette idée que ce sont là dans l'origine, trois mar¬
ques bien raerenoises, abondantes à Raeren, depuis 1580
jusque vers 1600 ; ces marques correspondent aux noms,
parfois marqués en toutes lettres, de Jan Emens, Jan .Men-
nicken, Emondt Mennicken, et les documents de l’époque
constatent la présence à Raeren d’individus de ces noms.
D’autre part à Raeren, à partir de 1600 ou 1602, ces
marques font complètement défaut ; les vases qu’on rencontre
dans les collections et qui seraient marqués par exemple
I. E.avec les dates 1614,1615, ne sont donc pas de Raeren.
On s’expliquera plus loin sur cette succession de dates.
L’exception de la présence de mêmes marques en plu¬
sieurs localités, très restreinte du reste dans son appli¬
cation, ne peut donc être transformée en règle.
Est-il vrai, d’un autre côté, que toutes ces industries
de Siegburg, de Raeren, de Nassau, aient été contem¬
poraines ?
Oui, comme industrie. Non, comme art, d’une manière
absolue, et cela est même vrai, dans notre pays pour l’in¬
dustrie de Bouffioulx : dans ces diverses localités, l’industrie
du grès remonte aux temps les plus reculés, à tel point
qu’on a rattaché l’industrie céramique de Nassau, aux
derniers labeurs de la poterie romaine dans ces localités*.
Partout, on a trouvé de ces flûtes cylindroïdes, difformes
parce qu’elles n’étaient pas façonnées au tour, à pied
pincé, parce qu’on n’avait pas imaginé d’autre moyen de
les faire poser bien d’aplomb et notamment qu’on ne con¬
naissait pas le procédé si simple de couper le fond du vase
1 W. Müller, Zeitschrift de Stegmann, 1877, p. 38.
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57
encore moi*
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v* S ,f lierS émiques ffL^.^teOceslocales :
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Ml-é>^ legbu, «' l '”»« l ce de Croi»» do co,
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58
De plus, en certains lieux, l’esprit de routine dominait ;
en d’autres, au contraire, on était plus disposé à se per¬
fectionner ; plus loin , comme à Raeren, on était mieux
assorti des modèles de toutes les écoles, puisqu’on y voit
de 4580 à 1620, les potiers y travailler sur les dessins des
Beham, Aldegrever et Solis (de Nürenberg), des Liefrinck,
Floriset Jér. Cock(d’Anvers), des de Bry (de Liège, Franc¬
fort, Oppenheim), des Étienne Delaune, le maître Ste-
phanus de l’école française, etc. *.
Il arriva ainsi que la préférence accordée à certains
ateliers, maintenait les autres dans des conditions relatives
d’infériorité. C’est ce qui se voit de nos jours, où les
industries similaires de localités diverses, sont loin d’être
toujours au même niveau , et où l’on s’adressera à Paris
pour obtenir des objets empreints de plus de goût, plutôt
qu’à telle localité anglaise , belge ou allemande, façonnant
les mêmes produits.
D’ailleurs, tel était bien le cas, aux yeux des contradic¬
teurs 4 , pour la fabrication de Frer.hen, qui, dit-on, mais peut-
être sans fondement, est arrivée la dernière aux procédés
artistiques, et qui n’aurait fait que suivre et imiter les
autres.
Mais examinons en fait, si comme on le prétend 1 2 3 , l’in¬
dustrie dite de Nassau (Hôhr et Grenzhausen) a pris un
développement artistique au même moment que celle de
Siegburg et celle de Raeren?
1 M. Henri, van Dityse se livre en ce moment à une étude comparative des
modèles qui ont été exécutés à Raeren ; ils ont pour la plupart été choisis
dans les recueils de types pour les « orfèvres et autres artisiens, » qui ont vu le
jour, très nombreux, au XVI e siècle.
2 Jahtbïicher de Bonn, LVU, p. 134.
3 Weale , Le Beffroi , IV, 156 : « Dans la seconde moitié du XVI e siècle, les
ateliers de poterie de Nassau et du pays de Wied étaient en pleine splendeur, et
fournissaient des travaux remarquables ».
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Les potieis de Nassau, dit-on, auraient déjà produit des
vases de grès artistique, analogues à ceux de Raeren et
de Siegburg, dès la fin du XVI e siècle.
La date la plus ancienne qui soit signalée sur les produits
artistiques de Nassau est, dit-on, l’année 1588 L Mais
montre-t-on le vase qui porterait cette date? Et même
s’il est exhibé, ne faudra-t-il pas le comparer pour le cachet
artistique à ceux des autres ateliers ? D’ailleurs 1588
même est une date récente vis-à-vis des vases artistiques
de Siegburg et de Raeren qui apparaissent au moins trente
ans auparavant.
Des documents des archives sont invoqués pour démon¬
trer une antériorité même plus grande ; or il s’agit toujours
de rechercher s'il y a eu contemporanéité, non au point
de vue de la fabrication, mais au point de vue de l’art.
Un auteur a traité plus spécialement l’histoire des grès
de Nassau * ; il cite, lui, des documents positifs ; mais
ces documents sont tous de dates relativement récentes 1 * 3 ;
ils émanent, au XVII e siècle , des comtes d’isenburg et de
Wied, seigneurs de la eontréeoù s’exerçait l’industrie dite
de Nassau.
Circonstance remarquable : le pays de Nassau (ou le
Westerwald) où se trouvent Hôhr et Grenzhausen ; Wied,
qui est à proximité ; Mayence qui est au-delà, à peu de
1 Jahrbücher , cités, LVII, 136.
5 Mûllf.r, 1. cit., publié par Stkigman. Quant à Dornbusch (Jahrbücher,
1. cit.), il en convient il n’a pu mettre la main sur des documents anciens.
3 Actes du 17 décembre 1614, du comte d’isenburg et Grensaw; du 12 octobre
1632, du comte Jean-Guillaume de Wied ; du 12 octobre 1646, du comte Frédéric
de Wied.
Certains de ces documents parlent de l'ancienneté des corporations de potiers
de ces localités ; mais ce qui est ici en question, — il est bon d’y insister, —
c’est non l’ancienneté de la fabrication, mais bien celle du développement artistique.
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60
distance, ont recouru au XVI e siècle à Raeren pour y faire
fabriquer des vases aux armoiries de leurs princes, de
leurs prélats.
Et tout cela pendant une période correspondant précisé¬
ment à la pleine efflorescence de l’industrie raerenoise.
C'est seulement quand Raeren s’efface, que les Wied,
les Nassau, les archevêques de Mayence, etc., apparaissent
avec leurs blasons sur les vases de Hôhr et de Grenzhausen.
Dans la période antérieure , l’industrie de Nassau u’avait
donc pas une existence artistique permettant la concurrence,
puisqu’on la négligeait, pour aller au-delà, et bien plus loin,
s’approvisionner à Raeren, aux confins des Pays-Bas.
Aux yeux de l’auteur de la présente étude, il s’est passé
dans le groupe de Hôhr, Grenzhausen, Grensau, etc., ce
qui a eu lieu à Bouffloulx en Belgique : les industriels de
la localité (ceux de Nassau, peut-être encouragés par les
seigneurs de la contrée dans les documents cités de 1614,
1632 et de 1648) ont senti leur infériorité, et à un moment
donné, ils ont fait un appel confraternel aux Gildes mieux
favorisées, en leur demandant leur concours.
Cette induction est appuyée d’un fait très intéressant : de
même qu’à Bouffloulx , avant la fin du XVI e siècle, on voit
apparaître des Cram ou Cran, qui ne sont peut-être que des
Kran de Raeren, ayant le moyen de se procurer des moules
bien caractérisés de l’industrie raerenoise 1 ; de même,
M. le vicaire Schmilz nous apprend que souvent des potiers
de Raeren ont émigré du côté de Wormersdorf, etc. *. 11
parait aussi que dans la première partie du XVII e siècle,
il existait à Grenzhausen, etc., des potiers du nom d’Emens
ou Emonts, et les potiers de ce nom se détachaient faci-
1 Catal. Expos, art ancien à Liège (1881), VI* série, p. 15.
* Bull, des Comm. roy. d’arl et d'archêol., XXI, p. 162.
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lement du sol natal qui était Raeren ; car on retrouve au
XVIII e siècle à Namur, des potiers du nom d’Emonce '.
.S’il n’est pas absolument prouvé jusqu’ici que Hôhr et
Grenzhausen ont reçu dans leur Gilde des Emens de
Raeren, au moins y ont-ils accueilli des Mennicken, dont
le nom caractéristique, beaucoup moins banal que bien
d’autres, se retrouve à Hôhr à la fin du siècle dernier,
comme le démontre un vase de Hôhr avec cette inscrip¬
tion formelle qui est toute une révélation ; anno 4790 d.
24 JULY JOANNES MENNICKEN KANNENBECKEK IN HÔRRN
<Exp. Munich, 2331 ; Jaennicke, 440, 049).
Les I. E, E. M, ou I. M de 4614 et 4615, à Hôhr et
Grenzhausen, sont donc peut-être des Emens et des Men¬
nicken, ayant émigré de Raeren d’où ils étaient originaires,
à l’époque ou Raeren tomba en décadence et où précisé¬
ment commença la période florissante de Hôhr-Grenzhausen,
dont tant de pots portent des dates avancées du XVII e
siècle.
Cette hypothèse est confirmée par le fait que toute une
série de vases gris bleu de Hôhr et Grenzhausen, ayant
précédé, en ces localités, la fabrication des vases aux trois
émaux (gris, bleu et lie de vin), ont la forme cylindro-
sphéroïdale si typique à Raeren, et ne peuvent se distin¬
guer de ceux-ci que par des reliefs moins nets, leur
couleur gris plus blanchâtre, enfin par les teintes plates
qui accompagnent et accostent les mascarons du goulot, et
par les ornements à perles, à rinceaux qui entourent, ces
mascarons beaucoup plus maniérés qu’à Raeren.
On peut donc se demander si les premiers vases artis¬
tiques de Hôhr-Grenzhauzen ne sont pas dus à des impor-
1 Exposition de Bruxelles, 1880. Catalogue , E. p. 54, n° 584.
y-
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62
tâtions de Raeren, et notamment si les marques I. E, etc.
qu’on affirme exister à Hôhr et Grenzhausen, ne sont pas
dues à une émigration des potiers de Raeren vers le Rhin,
où ils auraient, au XVII e siècle, employé les marques de
leurs parents, si eux-mêmes n’avaient pas le droit de
reproduire identiquement ces marques, parce qu'ils auraient
porté les mêmes prénoms *.
Ainsi tout s’explique, notamment l’imitation des grès de
Raeren par l’industrie de Hôhr et Grenzhausen, qui à
l’aide des Emens et Mennicken de Raeren, a pu s’assimiler
certaines formes de vases de Raeren, si pareils à ceux de
cette dernière localité, qu’on a peine à distinguer les grès
gris et bleu de Raeren de ceux de Nassau.
A peine l’assertion de Dornbusch relative à l’emploi
exclusif par Hôhr-Grenzhausen de l’oxyde de manganèse
avait-elle vu le jour, que comme un fait exprès, on signalait
de toutes parts l’emploi de cet émail.
A Numur 2 , on exhumait en 1874 une partie considérable
1 La même question peut se poser du reste pour Siegburg, après la destruction
de cette ville par les Suédois en 1(532 ; Hôhr et Grenzhausen ont alors profile sans
doute des émigrations des potiers de Siegbuig dont parle Dornbusch, Die
Kunstyilde , p. yti.
1 Annales de la Société a» chéoloyüjue de Namur , Xlll, p. 535 (art. de
M. Alf. BÉQt’tT : « En taisant une tranchée à la verrerie près du boulevard
Isabelle Brunelle, on a recueilli une grande quantité de débris de pots, cruches,
etc., en grès; deux petits pots à couleur dont un rcntèime encore du bleu ; enfin
de nombi eux supports en forme de croix ajourées, sur lesquels on plaçait les pots
dans le four. Une semblable accumulation de débris ne pouvait provenir que de
marchandises endommagées, jetées d’une fabrique située non loin de la ; la rue
voisine de St. Nicolas est encore aujourd’hui le siège de cette industrie. Les grès
trouvés dant cette fouille sont tiès durs et dénotent une fabrication dont les
produits pouvaient rivaliser avec les grès dits de Flandre. Les ornements appli¬
qués sont des mascarons, des rosaces, des tètes d'ange, etc. ; nos vieux potiers
affectionnaient pour décorer les fonds deux couleurs, le bleu dépuis les tons pâles
delà turquoise, jusqu'au bleu lapis et le brun mêlé de violet lie de tin. Une
petite cruche décorée et une très jolie petite pinte, trouvées intactes dans une
armoire murée de l'église St. Joseph, sont «les grès namurois ; les tous bistres et
les tons violets et bleu lapis alternent sur les parois de cette pinte. »
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63 —
de débris provenant d’un ancien Jour, et portant les mêmes
émaux bleu, gris et lie de vin, que dans le pays de Nassau.
A Bouffioulx *, centre d’une industrie du grès, tout
récemment mise en lumière, c’est par charretées qu’on
décembre depujs peu les tessons portant entre autres l’émail
à l’oxyde de manganèse.
Enfin à Raeren même, des vases entiers et des débris de
vases, montrent l’emploi de l’émail lie de vin, presque
identique à celui qui se signale sur les vases de Nassau.
D’autres indices distinctifs seront-ils plus péremptoires ?
Les vases à fleurons disposés en quinconce, et souvent
réservés en gris sur fond bleu , sont-ils, comme l’affirme
Dornbusch, un autre signe distinctif des vases de Nassau?
Aussitôt Raeren et même Bouffioulx se lèvent pour ex¬
hiber des vases en tout pareils, et d’émaux et d’ornements,
trouvés dans leurs Scherbengraben (tas de rebuts enfouis
auprès des anciens fours).
Les signes que l’on considère comme trompeurs ne sont
pas douteux ; ceux que l’on représente comme non douteux
sont trompeurs : voilà la conclusion où l’on arrive par cette
discussion.
Un point mieux établi est le suivant, et encore faut-il
y mettre de la précision : Dornbusch présente comme
un signe caractéristique des vases de Nassau, les traits à
la pointe, gravés en creux dans la pâte.
En ce, il a raison, non pas cependant que les vases de
Raeren ne portent parfois de ces graffitti; on en rencontre
de très remarquables dans les vases de Raeren à émail
bleu ; seulement ils figurent eux-mêmes des rinceaux de
- vigne, des branches de chêne, etc., qui se contournent.
1 Van Bastklaer, Les grès - cérames , 1 r R , p. 22; 2*B.,p. 28: «émail
grenat, pourpre ou violet. »
s
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64
Les traits chatironnés des grès de Nassau, se distinguent
de ceux-là en ce qu’ils limitent symétriquement des dessins
réservés en un fond d’une autre couleur que le champ.
C’est là un signe distinctif aisé à reconnaître, et qu’il suffit
d’un peu de pratique pour constater à n’en point douter.
Sur le terrain ainsi déblayé, déterminons de plus près
aussi nettement que possible quelques caractères spéciaux
de la poterie de grès de Raeren qui fera plus spéciale¬
ment l’objet du présent travail *.
Les vases de cette localité affectent en général une forme
cylindro-sphéroïdale ; ils portent une bande circulaire à la
panse, et c’est sur cette ceinture que les sujets sont re¬
présentés en relief. 11 existe aussi des vases cylindriques,
dits snelles , provenant de cette localité ; sur certains d’entre
ces vases, le cylindre n’est pas parfait et affecte une forme
conique ; c’est sur ces derniers, quand ils sont revêtus
d’un émail bleu uniforme, que sont surtout les rinceaux
dont il a été parlé plus haut.
Les vases façonnés à Raeren sur commande ont parfois
des formes singulières, où l’imagination des artistes potiers
s’est évertuée: des anneaux simples, doubles, s’entrecou¬
pant en différents sens ; des sphéroïdes aplatis, de très
1 L’auteur aurait voulu étendresa spécification des origines aux grès de Frechen,
Sicgburg, Hohr-Grenzhausen, etc.; mais il en a été empêché par l’insuffisance
des monographies, par des prétentions inacceptables ou par la force d'inertie
qu’il a rencontrée chez des spécialistes allemands qui se réservaient, disaient-ils,
de traiter eux-mêmes la matière.
Aussi dans la liste alphabétique des mille inscriptions qu’il va présenter ci-
après, l’auteur a-t-il dû se résoudre à indiquer uniquement les produits de R leren,
certifiés tels par des découvertes de débris dans les Scherbengruben . débris
qu’il a rassemblés par milliers , dus à l’obligeance de M. le Vicaire Sciimitz qui
a guetté pour lui les moindres trouvailles de fragments décombres à Raeren.
L’auteur a étudié aussi les nombreux débris accumulés dans les collections
Mennicken, à Eupen , Hetjens, à Aix-la-Chapelle , et au Musée de cette dernière
ville.
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65
grandes cruches, dont quelques-unes en forme de tour à
créneaux, des balustres, des urnes immenses.
L’émail des vases de Raeren est généralement uniforme
et de couleur brune. Avec les progrès de la fabrication,
sont intervenus les émaux les plus variés, dont on trouve
quelques magnifiques échantillons ; parfois au bleu et au
gris, se superposent des coups de pinceau d’émail brun ;
mais le plus souvent le bleu et le gris sont seuls mis en
présence l'un de l’autre. Généralement le gris est alors
bleuâtre ; mais on aurait tort de faire de cette nuance
bleuâtre, un signe distinctif ; car les débris des Scherben-
<iraben ont montré un gris très blanchâtre à côté du bleu.
Ce qui vient d’être dit s’applique à la période de 1560 à
1620.
Avant cette époque, Raeren avait produit, comme tous les
ateliers similaires, des Jacoba-Kruilcjes au pied pincé au
doigt, des vases à visages tracés au couteau, à la pointe
ou à l’ébauchoir, puis des vases à caractères gothiques tout
comme Siegburg 1 ; enfin au milieu du XVI e siècle et immé¬
diatement avant les vases artistiques où l’influence de la
Renaissance s’est fait sentir directement, des vases dont
les personnages ont la gaucherie des rois des jeux de car¬
tes , vases dont la date peut être déterminée avec précision
par une représentation du fils de Charles-Quint, depuis
Philippe II, alors qu’il porta passagèrement (1555-1556; le
titre de roi d’Angleterre ®.
i En voir dans les débris recueillis par M. Mennicken, à Eupen.
i II y a lieu d’élaguer certains faits qui sont controuvés : ainsi, pour le seul Mu¬
sée de Bruxelles, on cite erronément: 1° un candélabre de grès qui porterait la date
de 1550 (Chaffers, p.321 ; Dkmmin. p.315) ; 2° une Chaste Lusanne d’EngelKran,
datée de 1141 (Demmin, Guide , p. 313).
Quant a ce que dit le même auteur, p 315 à 322 d'un grès gris et bleu du Musée
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66
Après 1620, les rares vases artistiques que Raeren
fabrique encore par accès, en 1633, vers 1650 et 1690,
portent la trace visible de la décadence.
Au XVIII e siècle, Raeren ne produit plus guère que des
vases communs, ou ornés à la manière de ceux de Nassau,
et ceux du XIX e siècle ne sont plus que par exception
revêtus d’une apparence artistique, quand il s'agit par
exemple de fabriquer des vases pour des événements locaux,
comme un mariage, une inauguration, un anniversaire, etc.
Il s'agira ultérieurement de déterminer s’il s'agit de
faïence ou de grès dans certains inventaires (comme celui
de 1467, des ducs de Bourgogne, que cite ChafTers, p.31),
où il est parlé de <t ung hault goblet de terre, ouvré et
cliiqueté à ung visage d’un heremite. »
Rouffioulxa emprunté à Raeren, plusieurs moules et matri¬
ces employés, imités ou surmoulés), à l’aide desquels l'indus¬
trie de cette localité s’est soutenue un instant à un niveau assez
élevé ; mais quand cette ressource lui a fait défaut, Bouf-
fioulx n’a plus guère fabriqué que de grands pots bruns, des
gourdes, des tonnelets, avec quelques blasons mal empreints
et grossièrement dessinés. Par ses relations avec le chapitre
de Saint Lambert «à Liège, Bouffioulx a travaillé alors, même
pour d’anciens clients de Raeren, témoin les armoiries des
Reuschenberg, des Evnatten et meme d’un abbé de Seligen-
stadt (voir plus loin), qui sont imprimées sur ses produits.
Bouffioulx a en outre cultivé aussi le genre Nassau, et
on est tenté de lui attribuer certains vases dont la panse
est déprimée en hexagone, octogone, etc.
de Cologne, daté de 1500, d'un grès de la collection Suermondt de 1539, d’un grès
blanc de 1537, vérification laiteau moins de ces deux derniers, il s'agit de fabricats
des maîtres I. E ft L. XV qui vivaient vers 1580 : la date 1537 qui existe en vérité
sur le pot de M. Sueimondt. est le résultat d’une erreur du modeleur.
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67
Il convient d’étudier de plus près les ramifications ex¬
térieures des ateliers de grès de Raeren, par rapport à
Siegburg et à Hôhr-Grenzhausen, qui sont les autres centres
principaux d’où l'exportation des grès a rayonné par toute
l’Europe.
Siegburg placée entre les possessions des seigneurs de
Lôwenberg, Blankenberg, des comtes, depuis ducs, de
Clèves, et enfin de l’archevêque de Cologne *, était le siège
d’une abbaye importante à la tête de laquelle se trouvent,
à l’époque florissante des grès, des membres de familles
nobles du Rhin, comme du pays de Clèves et Juliers, les
Nesselrode , les Wachtendonck, les von Evll, etc.
Siegburg avait des succursales ou prévôtés près de Trêves,
de Cologne, dans le duché de Berg (à Oberplass et à Saint-
Cyriaqre), et jusque dans le duché de Juliers (à Saint-
Apollinaire et à Weillen).
Pour arriver à Cologne, en quelques heures, les trans¬
ports de grès de Siegburg n’avaient qu’à descendre la Sieg ,
et puis se laisser aller au courant du Rhin.
Cologne était le siège d’un commerce important au dehor s ;
les marchands de Cologne avaient leur comptoir à la Halle
générale des Gildes (Guildhall) de Londres.
Le Rhin qui conduisait en Hollande la terre de Siegburg
pour la fabrication des pipes, y amenait nécessairement
aussi des vases de grès.
Si Raeren,à titre de fabrique belge, avait l’avantage sui¬
tes fabriques du Rhin, en ce qui concernait les provinces
flamandes, elle avait un désavantage marqué du côté de
l’Allemagne, et aussi de l’Angleterre qui s’approvisionnait
à Cologne par le Rhin.
1 Weai.k, Il effroi , IV 159. (1 après OorisBUSCH . Die Kmislijildc , p. 42, chez
qui on a respecté la dénomination des localités.
Dij * i by C.ooQle
68
Et pourtant Raeren a lutté ; nous voyons en effet qu’un
marchand d’Aix-la-Chapelle, du nom de Gérard Tynes,
était allé, sous la reine Élisabeth, s’établir à Londres pour
y vendre des grès qu’il appelait grès de Cologne *, mais qui
doivent être, comme on l’a fait très bien remarquer, des
grès de Raeren, puisque celte localité est voisine d’Aix-la-
Chapelle. En effet, la plupart des grès ou fragments de
vases décombrés en Angleterre dans des substructions du
XVI e siècle ou du commencement de XVII e , appartiennent
à la fabrication de Raeren 2 .
Les Mécènes des potiers de Raeren (qui étaient les
Croisiers de Brandenburg ou d’autres, peu importe) étaient
du reste fort ingénieux à leur procurer les moyens de lutter
à Cologne même, avec la poterie de grès de Siegburg.
C'est ainsi qu’ayant rencontré chez Virgile Solis, et dans
un recueil historique sur Cologne, par Henriquez de Streves-
dorf, certains blasons attribués aux Trois Rois mages, qui
étaient en si grand honneur à Cologne, ils fournirent ces
armoiries comme modèles aux potiers de Raeren, et ceux-ci
se mirent à fabriquer un grand nombre de pots où figurent
ces blasons avec des légendes archaïques, de nature à
plaire aux habitants de Cologne.
Les potiers de Raeren représentaient en outre sur leurs
vases le blason d’Ernest de Bavière, qui était en même
temps prince évêque de Liège (diocèse d’où dépendait
Raeren) et archevêque de Cologne ; ils reproduisaient à
1 Voir sur ce fait Bull, des comm. roy, d’arl. et d’archéol ., XIX, p. 66;
Chaffers, p. 320; Weale, Beffroi. IV, p. 193; Mus. britannique, Lansdowne
MS. 108, n° 60.
Deiimin, p. 319 et 953 voit dans cette appellation de « grès de Cologne, » la
preuve qu’il ne s’agissait pas de grès des Flandres ; mais les habitants de Cologne
eux-mémes appelaient grès flamands , les grès de Raeren (voir plus haut), et ce
sont ceux-là que Gérard Tynes vendait à Londres.
* Weale, Beffroi , IV, p. 150.
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69
foison les armoiries de cette dernière ville même, avec
ses trois couronnes (des Trois Rois) ; sur leurs vases aux
lansquenets, ils plaçaient une inscription en l’honneur de
l'honorable ville de Cologne : dei vorsicht vnd wacht der
L(ôbliger) stat kveleen, etc., elc.
Ce souci de flatter les goûts populaires des Colonais,
valut aux potiers de Raeren, des commandes qu’on est
tout étonné de constater, alors que la poterie de Siegburg,
bien plus séduisante par ses vases de grès blanchâtre et
par les fins reliefs de ceux-ci, arrivait si facilement à
Cologne.
Winaud von Kreps, Jean von Büchel, l’abbé Balthasar
Reiner (du grand Saint Martin,) les von Recke de Volmen-
stein, les vonEffern, tous habitants de Cologne, et jusqu’à
Jean Gelenius, le propre frère de l’historiographe de
Cologne, figurent avec leur nom et leur blason sur de nom¬
breux vases de grès fabriqués à Raeren.
Nous avons du reste vu, plus haut, que de Cologne,
partaient au XVI e siècle, les bateaux qui transportaient à
Leiden, les grès flamands, et c’est ainsi qu’en Suède, les
grès flamands et rhénans, c’est-à-dire ceux de Raeren et
de Siegburg, sont arrivés au XVI e siècle en assez grand
nombre pour que les amateurs aient pu en former de
belles collections en visitant les maisons des paysans 1 , où
il est de toute évidence qu’ils ont dû être apportés au
temps même de la fabrication, et non depuis.
Raeren, d’ailleurs, avait dans l’Europe continentale
des relations très étendues, à l’aide du charriage qui était
fort développé dans cette localité * : l’industrie de Raeren
1 Jaenmcke , p. 418 .
* Bull, des cotntn. roy. d’art et d’archèol., XIX, p. 423 : XX , p. 83.
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70
pénétrait ainsi dans les villes hanséatiques et elle a façonné
des grès pour des nobles de Hambourg 1 Il .
Quant à l’industrie de Hôhr et. Grenzhausen, une observa¬
tion intéressante doit être présentée ici.
Ces localités, foyer important de l’industrie des grès-
cérames, sont situées de manière à desservir amplement et
commodément toute la contrée en amont de Coblence.
Comment se fait-il pourtant que Raeren a fabriqué une
série importante de grès pour des familles de Mayence,
de Francfort, du Rheingau, qui pour faire des commandes
à Raeren, devaient dépasser Coblence ?
Le fait, difficile à expliquer si les poteries de Hôhr et
Grenzhausen étaient déjà en honneur au point de vue
artistique, est constaté d’une manière indubitable.
En effet, Jean Mintzenburg, prieur des Carmes à Franc¬
fort, Adam de Bicken, archevêque et grand Électeur de
Mayence, les familles Zôbel de Giebelstatt, Truchses de
Wetzhausen, Rudt de Kollenfels, Cratz de Scharffenstein,
Franckenstein, etc. * ont leurs blasons marqués sdr les
pots de Raeren, à la fin du XVI e siècle et dans les pre¬
mières années de XVII*.
Aussi, jusqu’à preuve bien certaine du contraire, est-on
amené à se demander si la fabrication de Raeren n’éclip¬
sait pas à cette époque, celle de Hôhr et Grenzhausen, au
1 Bull, des comm.roy. d'art etd’archèol. XX, p. 31. Cela fera l'objet de notices
ultérieures qui seront présentées au Bull, des comm. ro\j. d'art et d’archéol. ;
plusieurs centaines de blasons y seront étudiés.
2 Sans compter les Hessberg , les Munster, les Hennenberg, les Salm-Reiffer-
scheid,etc., etc. d’autres parties de l’Allemagne, bien plus rapprochées de
Hôhr-Grenzhausen que de Raeren.
Il est possible que les relations entre Raeren et Mayence, aient été établies par
des membres des familles de Braunsberg, de Reuschenberg, etc., qui furent, et
quelquefois en même temps, chanoine» de Mayence et de Liège (d’où Raeren
re»sortissait).
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71
point de faire négliger celle-ci, qui peut-être ne se livrait
pas encore à la spécialité des reproductions d’armoiries
dans lesquelles elle s’est distinguée à une époque où
Raeren tomba en décadence.
Cette décadence peut être fixée à 1620, c’est-à-dire au
commencement à peu près de la guerre de Trente ans
(1618-1648) ; depuis 1620, Raeren a fabriqué peu de vases
artistiques ou à armoiries.
D’un autre côté, on sait que Siegburg fut bombardée par
les Suédois en 1632, et en effet les derniers vases artis¬
tiques que l’on connaisse de cette localité sont datés de
1631 *.
Et cependant on trouve une série assez considérable de
grès à armoiries datant d’une époque postérieure.
Ce sont les vases de familles de Suyn Wittgeusteiu, de
Leiningen Taxburg, de Nassau, Wied, celles de souverains
comme Louis XIV de France, Guillaume III d’Angleterre,
Frédéric I de Prusse, etc etc.
Dans notre pays, ce sont les vases aux blasons des cha¬
noines de Saint Lambert à Liège 2 , fabriqués surtout vers
1640, et de cette date jusqu'à la fin du XVII e siècle.
Eh bien, ces vases qui n’appartiennent plus à la fabri¬
cation de Siegburg et de Raeren, sont le produit des ateliers
de Hôhr-Grenzhausen d’une part, et de Jlouffioulx d’autre
part.
Hôhr et Grenzhausen ont succédé en AllemagneàSiegburg;
Bouffioulx, en Belgique, a remplacé Raeren. Sauf très
peu d’exceptions, en ce qui concerne cette dernière loca¬
lité, s’il s’agit de blasons allemands, anglais ou français,
1 Johrbiuher de Bonn, LV11, p. 134. Wfalr, Le beffroi , IV, p. 165.
s Un travail sur ce point a été publié dans le bulletin de l'Institut archéolo¬
gique de Liège , XVII, 47.
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72
postérieurs à 1632, ou peut les attribuer à Hôhr-Grenzhau-
sen, en faisant attention seulement à la circonstance que
les blasons peints proviennent de Creussen).
Si, au contraire, il s’agit de blasons du pays de Liège
ou des Pays-Bas, postérieurs à 1620, dans la plupart des
cas, il s’agira de fabrieats de Bouffioulx.
Un exemple qui semblait d’abord contredire cette dernière
règle, l’a confirmée quand les circonstances ont été éclaircies.
Léonard Colchon, l’abbé de Seligenstadt, dont il est fait
mention ci-dessus, de 1625à 1653, apparaît sur des tonnelets,
gourdes et cruches qui portent son nom et son blason, et
pourtant c’est dans les rebuts de Bouffioulx, et non pas de
Hôhr-Grenzhausen, que l’on retrouve des débris de ces
sortes de vases.
S’il s’était agi d’un véritable allemand, la règle était en
défaut....
Mais voilà qu’en étudiant de plus près ce qui concerne
le personnage, on découvre qu’il est fils ou frère d’un no¬
taire de Liège portant le même nom et les mêmes armes ;
qu’il est donc lui-même « né et nationné Liégeois ». Et en
effet, il a commencé sa carrière ecclésiastique à l’abbaye
de Saint-Trond ; en 1640, on l’appelle à Liège pour négo¬
cier une transaction entre les différents partis qui divi¬
saient la ville, et l’histoire nous apprend qu’il était consi¬
déré par tous comme une pcrsona grata évidemment à
raison de son origine liégeoise. Dès lors, ce prétendu
Allemand n’a fait absolument que ce qu’ont fait ses com¬
patriotes de Liège, en commandant, comme eux, ses
vases à Bouffioulx.
1 Dàuis, Histoire ecclésiastique de la principauté de Liège, (XVII* siècle),
1, p. 180.
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73
L’exception supposée n’est ainsi qu'une simple application
de la règle.
Ce qui vient d’être dit de Bouffioulx s’explique par la
circonstance que le groupe de localités où s’exerçait l’in¬
dustrie céramique de la poterie de pierre (Bouffioulx,
Châtelet et Pont de Loup), faisait partie du pays de Liège,
et relevait du chapitre cathédral de Saint-Lambert, seigneur
de ces localités.
Chaque année, les potiers de Bouffioulx devaient appor¬
ter à Liège une redevance en nature, ce qui fut une occa¬
sion de commandes de vases aux armoiries des chanoines
et d’autres personnages liégeois.
Un calendrier du chapitre de Saint-Lambert à Liège,
de l’an 1640, contient à lui seul onze blasons qui ont été
marqués sur les pots de Bouffioulx, et parmi les blasons
de ces vases, on en rencontre plusieurs de familles qui,
antérieurement, faisaient fabriquer leur vaisselle à Raeren,
comme les Elderen, les Reuschenberg, les Eynatten, etc.
Ce fait témoigne de la décadence de Raeren; car les
Eynattep, notamment, étaient originaires de la commune
de ce nom, limitrophe de celle de Raeren; Eynatten four¬
nissait même aux potiers de celle-ci, la terre de la plus fine
qualité 1 : il fallut donc une décadence bien avancée, pour
que, vers 1640, les ateliers de Raeren fussent désertés en
faveur de ceux de Bouffioulx par les Eynatten....
Bouffioulx avait du reste commencé à Liège, dès avant
1620, à lutter contre la poterie degrés de Raeren, témoin
les grès des liégeois d’Ornalius et Marcelis, et l’on trouve
aussi, pour les Pays-Bas, quelques grès de Bouffioulx anté¬
rieurs à cette date, comme les grès des San Vittor, un
1 Bull, des Conim. roy. d’art et il’archéol., XX, p. 341.
6
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74
capitaine et un prieur des Carmes, morts en 1617 et
4619 (voy. au Catalogue ci-après : v° ivan ferandes).
Quant à l’industrie de Creussen qui, pour lutter avec
avantage contre les porcelaines du Japon et de la Chine,
ainsi que contre la faïence de Delft, polychromait ses vases
de grès, en y peignant des inscriptions et quelquefois des
blasons, elle survécut à toutes les autres fabrications ar¬
tistiques des vases de grès, jusque dans le courant de la
première partie du XVIII e siècle.
A partir de cette dernière époque, toute la production
des grès, en Allemagne comme dans les Pays-Bas, ne peut
plus être considérée comme artistique.
L’industrie de Raeren, blessée à mort par les mesures du
gouvernement français dont a rendu compte M. le Vicaire
Schmitz ', languit jusqu’en 1850, date de l’extinction du
dernier four. Celle de Bouffioulx s'est continuée jusqu’à
nos jours, mais est devenue une simple fabrication
industrielle. Pour celle de Hôhr-Grenzhausen, elle s’est
relevée tout récemment et elle a notamment essayé de faire
revivre les anciennes formes que la mode a remises en
honneur.
Quant aux imitations modernes, sauf celles qui émanent
de Pierre Lôwenich à Siegburg, et dont on a abusé pour
les faire passer comme des produits anciens de Siegburg,
elles ne sont guère de nature à tromper un oeil un peu
exercé : la fraude se décèle souvent par des anachronismes
ou des applications maladroites de surmoulages des types
d’une localité à la terre d’une autre, comme le blason des
Schwarzenberg, de Raeren, sur des vases faits en terre
blanche de Siegburg, comme certain pot prétendùment
1 Bull . des Comm. roy. d’art et d’archêolog XXI, p. 173.
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fabriqué pour Hugo Grotius, mort en 4645, et portant en
même temps le blason de Guillaume III, roi d’Angleterre,
qui monta sur le trône en 4689 seulement.
Disons en terminant que les différentes fabrications de
grès semblent aujourd’hui classées de la manière suivante
au point de vue artistique :
4° Siegburg, qui l’emporte sur ses rivales par la finesse
de ses reliefs, non empâtés par les couvertes et émaux
auxquels les autres ont dû recourir ;
2° Raeren, dont les produits, avant la salure, possédaient
la finesse des reliefs des vases de Siegburg, mais l’ont per¬
due dans les vases achevés et livrés à la circulation ;
3° Hôhr et Grenzhausen qui ont conservé jusqu’à un
certain point les traditions de l’art de la Renaissance, et
qui ont produit des types nouveaux, mais plus recherchés
qu'artistiques ;
4° Creussen, qui a encore exagéré les perfectionnements
en y introduisant la polychromie, mais en négligeant la
pureté des formes.
Les autres fabrications, de Frechen, de Bouffioulx, etc ,
occupent un rang secondaire dans l’estime des amateurs.
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INSCRIPTIONS
EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS, etc.
Signes avant les inscriptions. — Le n° d’ordre est souvent répété avec
les exposants 3 , pour les inscriptions analogues.
Les astérisques indiquent : * les inscriptions qui ont été trouvées dans
les rebuts des fours de Raeren (•) ; * *, celles des pots de Creussen (*) ;
les autres lieux de fabrication ne sont pas précisés (voir ci-dessus, p. 64).
Le point d’interrogation entre parenthèses (?) désigne les inscriptions
douteuses comme telles; tel est le cas, si les publications d’où les inscrip¬
tions sont tirées, paraissent s’étre occupées plutôt du couvercle que du vase.
Inscriptions. Les dates séparent les inscriptions des marques des potiers,
quand mime l’ordre inverse aurait été suivi : ce procédé a été employé
uniquement pour isoler les sigles des fabricants, et permettre de les dis¬
tinguer plus facilement.
Pour les marques des potiers que n’accompagne aucune inscription,
elles sont placées dans l’ordre alphabétique avec les dates à la suite ; cette
classe de marques ne dispense pas ceux qui voudraient reconstituer l’œuvre
(*) Cela n’exclut pas la possibilité de rencontrer les mêmes inscriptions dans
d’autres ateliers, quoique le cas soit rare.
( 2 ) Certains catalogues récents classent à tort les Creussen parmi les terres
cuites : ils sont en grès. Quoique les Hirschvogel soient à proprement parler des
terres cuites , il pourra s’en trouver dans la liste , parce qu’il n’est pas toujours
facile de les distinguer dans les descriptions.
A raison de leur petit nombre, on n’a pas évité les vases portant les mots
terra SIGJLLATA , que les catalogues rangent mal à propos parmi les grès.
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77
d’un maître, de consulter les inscriptions accompagnées de marques :
ainsi pour Jan Emens de Raeren,il faudra recourir non seulement à i. e
(isolé), mais encore à a. b. c. d. e. f..., adam en eva..., als ir avs...
als yr esset..., anna. M. k. F..., bischof zv trier , etc., etc. Des ren¬
vois surchargeraient inutilement le travail ; seulement les dates qui indiquent
l’époque où les maîtres travaillaient, sont rassemblées aux marques isolées.
Les initiales qui ne se rencontrent qu’avec certains blasons déterminés,
et qui ne peuvent par conséquent être prises le plus souvent que comme
l’indication du nom de celui qui a commandé le vase, sont notées à part,
quand les armoiries ont pu être reconnues.
Des points ou d’autres signes de ponctuation séparent souvent les mots
des inscriptions sur les vases ; on les omet. Mais on emploie ces signes,
même quand ils font défaut, pour indiquer les abréviations : on ne doit
donc pas considérer la ponctuation du recueil comme textuelle ; car
l’exactitude rigoureuse aurait exigé un trop grand nombre de caractères
inutiles et aurait produit de la confusion.
Les parenthèses ( ) indiquent : pour les petites majuscules, les lettres
réunies en monogramme ; pour les italiques. les lettres non déchiffrées
ou supposées ; pour les caractères ordinaires, les compléments utiles à
l’intelligence du texte.
Les crochets [ ] indiquent les variantes.
Les légendes ne sont jamais corrigées ni les fautes indiquées par des (sic) :
le lecteur saura bien découvrir les erreurs commises par les modeleurs.
Les monogrammes composés de plusieurs lettres, doivent se chercher
à la lettre placée le plus haut, et pour les lettres placées au même rang,
à la lettre qui vient la première dans l’ordre alphabétique : ainsi le mono¬
gramme au 4 dit énigmatique (*) dont la hampe traverse un D et se termine
en w combiné avec un a sera indiqué à la lettre D par l’abréviation (daw).
Citations. L’ordre d’après lequel les citations sont faites, est le suivant :
C (collections); M (musées); E (expositions). Les noms des collectionneurs
(') Le 4 dit énigmatique est ce qu’on appelle une marque de marchand (ou de
fabricant, comme c’est le cas à Raeren). M. Génard (Messager des sciences
historiques , 1856, p. 120) a discuté l’opinion de ceux qui y voient une dégénéres-
cense du monogramme du Christ. M. Ouverleaux, conservateur à la Bibliothèque
royale, a signalé à l’auteur un ouvrage de J. H. Burn , A descriptive catalogue of
the London traders , lavern and coffee-house tokens , 2 e édit., 1855, p. 4 et 5 ;
on y considère le 4 des marques de marchand comme signifiant le commerce
maritime : un rnàt avec sa voile. On y demande subsidiairement, à raison de la
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78
sont groupés autant que possible par contrées et d’après l’ancienneté de
la formation dés collections ; la liste est terminée par l’indication des sources:
les recueils cités sont en italiques et les noms des auteurs ont des initiales
majuscules. Une table finale contient les détails relatifs à ces indications ,
pour éviter des répétitions.
Les mentions « corr. i ou « compl. * indiquent le résultat de vérifica¬
tions qui permettent de corriger ou compléter les mentions des catalo¬
gues, etc.
croix qui termine souvent la barre horizontale du chiffre 4, si le triangle
supérieur n'est pas un symbole religieux de la Trinité.
Il se pourrait que l’emploi du 4 fût tout simplement une fantaisie sans signifi¬
cation, généralisée par voie d'imitation: en tous cas, l'usage remonte au moins au
XV« siècle et a existé dans toute l’Europe, comme il serait aisé de le prouver par
un recueil de centaines de ces marques, que l’auteur du présent travail tient à la
disposition de ceux que cela intéresserait.
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A
a. b [17 *2] — G. de Francque, 37.
— Voy. BACH vs.
1 (àb) (avec le 4 S , dit énigmatique)
1588 — C. Frohne, 1.
2. a. b. c. d. e. F | *570. i.e — C. Het-
jens.
^ A. B. C. D. E. F. g. H. I. K. L. M. N. O.
P. R. s. T. v. w. x. y. z — E. Düs¬
seldorf (non catalogué).
3. 'abraham 85. d. f. — C. Nelles ; Het-
jens ; Mennicken ; Schmitz ; Dan-
sette ; Schuermans.
3 1 (°) ABRAHAM I DAVIT | LOT. — E.
Munich, 1869; Cologne, 1515.
4. ABSOLON || IOSVE || DAVID BEGERT I DAS
heilich I BROT - C. Disch, 42. —
E-Cologne, 1484. — Dornbusch,
pl. II, 2.
°* ACH DAS 6EMERLICHE SMERTZEN |
den ir MYR dut an myne hertzen |
UNGETRUWE HERTZË | DUT MAN SOL-
che smertze (caractères dits gothi¬
ques). — Dornbusch , 75 ; Jahrb.
Bonn, LVII, 122 (avec lectures
différentes).
ACII DU ARMER,.. . voy. ICH BIN.
6. ACII GOTT BE|GNAT HEREN | GRAF ZV
MAN|DERSCHIT VND | BLaCKENEM
(HR) ZV IVNKROD | *577 U O. V. D.
W. I. E. S | IVLIANA GEB|OR(NE) G. Z.
haI NAV MINTZfc | NBtRG G(râf) IN ZV |
mandrsche it( , )* 577— M.Trèves,
91. — E. Düsseldorf, compl. 1241 ;
phot. pl. 89.
7. ACH GOTT THVE [dv] DICH ERBARMEN
vber [over] mich armen — Mém .
Acad. celt. f II, 336 ; Jahrb. Bonn ,
XIX, 149; Dornbusch, corr. 94;
Id., Abh . 29.
8. ACH MEYN LYEBER LESER | BESYCH
MCH WAL | WAS DOWE NOWE BYST |
DAS BEN YCH GEWST | VND WAS YCH
NOWE BEN | DAS MOS DOWE AVCH
NOCH WERDEN || MEMENTO MORI.
1637. E. M (*) — E. Düsseldorf, 1370.
— Voy. MEIN LEVER.... et OCH
LEIBER...,
keiheim'Lil™,. a “ uth . ent ‘ < ï ue > n se apporte au comte Herman de Mandersctaeid-Blan-
de Thomas Wild- et Rhehîgrave! qU ‘ éP ° USa eD 1567 ’ Juliel ‘ De de Hanai >-Mintzenburg, veuve
une belle COUer ti n rwi d *' r , SC ^^‘ 11 ’ d une fam *He de l’EyfeI( entre Trêves et luliers), avait réuni
Il fut rhan • a o ant,( I uites ‘ des comm . roy. d’art et d’archéol.. t. XV. p. 94.
p. 54. ° me 6 ‘*’ Lambert à Liè 8e de 1558 à 15‘J3 (voir Bull. ln$t. archéol. liég., t.XVII
voy. p ^ a ° d ^ 8cheid " Blanken I ie i m » épouse de Floris de Culembourg, reparaîtra ci-après ;
(*) Voyez ci-dessus, p. 54.
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80
9. ACH WJ FF.ST BIN ICH VON EWER FRA-
WEN BELAST \ DIN WOLGE... . HAT
Dion — Jahrb. Bonn, LVII, 125.
10. (?) ACTEON ( DIANA | VENVS. 1568 —
C. van Parys, 396.
11. a.c.w.i.(hm).s —E Bruxelles,234*.
12. *ADAM EN EVA | KAYN DOET ABEL |
SODOMA LOT GOMORA | ARGA NOEIA
| ABRAHAM YSACK [1583. I. E ;
1585. Y. e] — 3 a vente de Renesse,
223; C. Minard, corr. 959 , 965
(62, 65) ; Hetjens; Dorribusch, 48 ;
Schmitz; Dansette ; Schuermans.
— M. Siginaringen , 339, 341. —
Jaennicke, corr. 435; Sciimjtz,
n° 24.
13. ADAM ET EVA | MATIS WOLFERS 1164
2* vente de Renesse, 229 (terre
cuite ?).
14. ADAM MEVRL. 1683 — E. Vienne,
18 : 927.
15. “ADAM SCHARF. 1644 — JAENNICKE,
n° 669.
16. ADRIAEN BOXEL — G. X. à Bruxel¬
les ; Merghelynck. — E. Liège,
430. — Voy. ICH BRING DER....
17. (ae)lzh. gpbr. w (*). — C. Leven,
64. — M. Bruxelles, 156.
ae, voy. het salvng.
A.ERNST, VOy. IAN ERNST.
(aft), voy. (tfa).
18. AGR(avegratia plena?) — C.Paul,21.
(ahl. 3.) — Voy. (hla. 4.)
19. (ahp) (lire : ae ou ai?) — C. Minard,
corr. 769 (66).
20. a h. r. H [1590] — E. Vienne, 81 :
598.
21. a || i. a. — C. Dansette.
22. AINEE LIEB GEGEN SEIN VATERLAND.
1599 — Jaennicke, 448.
23. ‘a.l — C. Oppenheim.— E.Cologne,
1620. — Graesse, 707 ; Jaen¬
nicke, 427, n® 637.
24. A. L. b — C. Beck, 46. — alder. ...
Voy. n® 32.
25. *alexander [1589] — G. Hetjens ;
Mennicken : Schmitz ; Nelles ;
Schucrmans. — M. Cluny, 2188
(4023); Trêves.— E. Munich, 1882.
— Voy. iosva et n® 27.
25*. ALEXANDER || CONSTANTIN VS — C.
Bodaert, 118.
26. ‘ALEXANDER DER GROS [GROSE]
[1589] — C.Schmitz; Pickert,50.
(') Une des médailles allemandes du Trésor de numismatique et de glyptique, p. 24, pour¬
rait expliquer cette inscription de la manière suivante: AE(lisabeth) L(andgnifln z(u) H(essen),
G(emahlin) P(falzgrafs) b(ei) R(hein) : le blason est, en efFet, parti des armes de Hesse et de
Bavière, et cela se rapporterait à l’épouse de Frédéric, comte palatin du Rhin, mort en 1582.
Mais dans cette hypothèse (qui explique mal le prénom de Élisabeth par Aelisabeth), il
faudrait que le blason fût parti de Bavière et de Hesse, et non l’inverse ; il faut donc rappor¬
ter l’inscription plutôt à Anne Élisabeth, comtesse palatine de Bavière, épouse de Philippe,
landgrave de Hesse, depuis l’année 1569 ; alors on doit interpréter la seconde partie de l’inscrip¬
tion par : g(eboren) P(altzgrUfin) b(ei) R(hein).
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81
2() 5 . 'ALEXANDER DER GROS || 1VLIVSCAE-
SAR || IVDAS MACCABEVS. 1577 . —
C. Pickei t, 47.
^7* ALEXANDER || HECTOR || CLAVDÏA MET
(ella) — C. Minard, compl. 1012.
'AL IS DIE WEERELT VKRTVRHERT |
EN ELCK OP DEN TIÜT MVRMVRKERT
|D IDEL BEGERTE BRENGHT DEN
LAST | DE MOET WILUCH HERT HEM
FODERT | OM EENBLAES VOLWINS IS
D ONR | AST | HOEWEL DEN MENSCH
HIR OM FALGKRT | EN NA EEN HANT
VOL SONNEN TAST | DK WAERUEIT
blift in trovWe VAS (') — G.
Thewalt, 1b. — E. Liège, corr.
271 ; Gand, 433. — Dornbusch,
Abh 18.
29. *AW GY EETET OFTK DRYNKE.GY
TEDOEN BEGEYNT DA.YN GOE-
UESE...E SOE VOL... PAVLV. LERK
oeft got... - C. Hetjens.
30- ALS IR A VS WIGT WERT IR III WOGEN.
1587. 1 . em — Ann. Nassau,XIV,
153.
31 * ‘ ALS VR F 8SCT OKIIER (sijrl.) DOEN
BKGEINT das DOET alteit in [yn]
CODES ERRE SOE FOLBRENGT GY
PAVI.US LERE (...) WANT GOEKDKS
[CODhS] WOERT BLIEFT [BLIFT] EWIG
an® 1586 . y. k - C. Hetjens;
Sehmitz ; Dansette. — Cfr. n° 29.
(ALT) Voy. G K (AGT).
32. ' ALTFR [ALDEn] DV MVS [.MVST]DANSEN
[i»ANT7.EN] || HAVST DV MICH SO
STECH ICH DICH || ICH WIL AVCHMIT
DOEN || IIERR GREGORIVS ICH NIEM...
|| DV MACIIST ES GAR ZV GROF (*)
( 15 ) 93 . I. m — C. Minard, compl.
1019 ; (124) ; Hetjens ; Milani,
157. — E. Gand, 436.
33. * a. M — C Mennicken, 143.
33*. (\M) — M. Charleroi. — Van Bas-
TELAER, 3« R., 151.
AMAT-voy. PHOEBVS.
34. ' AMDERDAM [AMSTERDAM ; AMSTER |
DAM] [1583 ; 1585 ; 1586 ; 1600 ]
[e. e] — C. Wideiberg; Men¬
nicken,9V; Minard, 1037 ; Sehmitz ;
Sihuermans.
35. (?) a. m. D. g — C. Bodaert, 125. —
E. Cologne, 1642.
36. a. m. p (g. s.?) 1648 - M. Cluny,
2206(4059).
AMSTERDAM. Voy. n° 35.
37. A. M. T V. L [oïl A. M. T. w] — C. Soil.
— E. Liège, 329.
38. AN GOTTESSEGEN IS ALLES GELEGEN
— E. Vienne, 5:331.
39. * ANNA MAXIMILI. || FILIPPVS D. G. REX
| 1571 . I. e — C. Sehmitz ;
Schuermans.
AN ALLER voy. IAN ALLERS.
AN ERNST Voy. IAN ERNST.
40. ' ANNA (») [N] M || K. F. | D. G. [1574 ,*
1575][i e; i. m] —C.Hetjens; Men-
tactA tr °J iwen va8t > devise de la ville de Malines; la phrase précédente, en parlant du con-
u aoleil (aovnen toat), semble aussi une allusion à un événement légendaire où la lune
joua un tôle à Malines.
(0 Cette légende a\ec les sujets qu’elle accompagne est empruntée aux gravures de Hans
&*a*dBEHAM.
( 3 ) Anne Marie d’Autriche, 4* femme de Philippe II (Koning Filippus). 7
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nicken; Schmitz, de Weckherlin,
pl. 19 *, Schuerrnans. — M.Maes-
tricht.— E. Bruxelles, 2*24; Liège,
211 ; Gand, 376.
41. ANNA RV1SCENBERGH ('). — 3» Vente
de Renesse, 214; C. Dedeyn.—
E. Bruxelles, 165; Liège, 296,307 ;
Gand, 410, 596. — Van Baste-
laer, 2® R., 114.
42. * a | N | N | o | 1598— E.Bruxelles.
248.
43. ANNO DOMINI ÎGXXIII DEN XV1IÎ JÜLY
HABEN 1CH DAS GESCHREIBEN || LAU-
DATE DOMINUM QUON1AM BONUS
QUONIAM IN SECULUM MISERICORDIA
EJ US. REGES DE SABA VEN1UNT AU-
RUM THUS MYRRHAM OFFERUNT.
JOHANNESKANNENBECKER ME FECIT
— M. Gluny, 2193 (4026).
44. * anno | (e) F (e) K — C ,e .dc Flandre.
25.
45. ANNO 1413 IST DIESE KRAUSE AUS
DER ERDEN SANCT1 PAULI IN DER
INSUL MALTA GEMACHT WORDEN [F.
C. c. v.l.] ( 5 ) — E. Francfort, 1150;
Munich, 1842.
46. # anno 1511 — C. Hetjens.
46*. * anno 1518 — C. Schmitz.
46*. * anno 1519 — G. Dansette.
46*. * anno [ano] 1598— C Mennicken ;
Widerberg.-- E. Liège, 204, 717.
46 5 . * anno 1600 et 1601 — G Hetjens:
Minard, 1038 (Cat. de vente, 194 :
datée de 1660).
46*. anno 1611 — G. Vleeshuys.
46 7 . anno 1618 — E. Cologne, 1634. —
Düsseldorf, 1373.
46*. anno 1628. G. L. m. E. L - E.
Cologne, 4696; Düsseldorf, 1401.
— Jaennicke, 442, n® 664.
anno 1615. voy. t. s.
anno 1660, voy. n® 46*.
46 9 . anno 1686 — M. Bruxelles, 205.
46 10 . anno domini 1690— E.Vienne,67.
526.
46*'. ‘anno 1694 - G. Paul,108 ; Schmitz,
Schuerrnans.
anno 1164 , voy. m. w.
4C' 2 . anno 1113 — E. Vienne, 52: 554.
46' 3 . ANNO 1190. D. 24 JUI.Y JOHANNES
MENNECKEN KANNENBECKER IN
hôrrn — E. M unich, 233 1 — Jaen¬
nicke, corr. 440, n® 649; Schmitz,
92bis.
46 M . ano 1{ )81 — E. Liège, 345.
46' 5 . * ano 1623— M. Gand, 799.
46'*. ano 1686 — M. Bruxelles,20.
AN ONSEN.., voy. DIT ONSEN...
47. ANS. FRAN. D. G. AR. EPS. MOG. S. R.
I. P. G. A. P. E. ( 3 ). DEXTERA DOMI-
NI 60[69) EXALTA VIT ME. 1680 —
C. Frohne ; 72; Dansette; Ver-
meersch ; Heim.— E. Vienne, 42 :
558 ; 51 : 563. — Ann. Nassau,
XIV, 150CM. Wiesbaden).
48. ANTHONI DE BOUT [1595 ; 1599]— C.
Minard, corr.» 971 (395) ; 3® vente
de Renesse, 116. — M. Gand, 774;
Sigmaringen, 286.
(') Écu sommé d’une crosse, et se rapportant soit à Anne de Reuschenberg, abbesse du
Munster à Ruremonde vers 1620, ou de Susteren (1626 à 1634).
(*) Ce pot est, sans doute à tort, à en juger d’après l’inscription, rangé parmi les grès, comme
l’ont fait certains catalogues.
( 3 ) Anselme François d’Ingelheim, archevêque de Mayence, occupa son siège de 1679 à 1695.
Lire : Anselmus Franciscus dei gratia archiepiscopus Moguntinensis, sacri romani imperti
per Germaniam archicancellarius, princepa elector.
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83
il). ANTl cn BRAHBER II S J i50i. A. P — E.
Düsseldorf, non catalogué (1403
et ss.).
50. * ANTONIO BERTONE DE RODDOBIO
eqves (') — C. Frohne, G ; Soil ;
Dansette ; Mennickeu, 98, 104 ;
Schmitz ; Schuermans — M. Aix-
la-Chapelle— E. Düsseldorf, omis :
1302 ; Bruxelles, 18G, 219; Liège,
102.108,280 ; Gand,418— bCHMiTZ.
n® *72.
51 ‘ ANT. PK.RRF.NOT S. R. E. PBR1 CARD.
ARCHIEP! NKCH1. (■) [1061 ; 1566],
— O de Flandre, 14 ; Mennic-
ken, 110.- E. Gand, 377.
5-. a. o. 1593. — C. Becker, 377.
a. p, voy. n® 49.
53- * A QVELLIN PARDIX MARCHAND DE
POT (et) DE VOIRE DE LIEGE PARDIX
FIS DE STEN. 1603 (>)_ 3« vente de
Renesse, 113. - M. Bruxelles, 3.3.
— \oy. QVELLEM PARDICQVE.
54. a. R. [1603 ; 1623] — C. d’Hiiyvet-
ter, 184; Sclimitz. — M.Cluny,
2197. — Jaknniche, 427, 435. 402.
54*. a n. [(rah)](') —C. Widei herg ;
de Chestret ; Minard, 1254 (349);
Dansette; Schreiber.17.—E Liège,
707,compl. : 7 13 .—Chaffers, 800.
55. * arm. LASi (rus) — C. Sclunitz. —
Voy. O ARME LASERO.
50. ARM VND FRVM IST MKIX RICHTVM —
C. Verhelst, corn [il : 70 ; de VVeck-
herliu, pi. 4f> ; 3® vente de Renesse,
245. — M. Gand.
57. * ARNOLT VAN RK1FFKRSCHIKT GENAT
mei. raedt. ioH6 ( n ). — C. Mennic-
ken, 94; Dansette ; Schuermans;
Schmitz. — 1 d., 68.
58. * ÀRNOLDVS DE GRONSFELT V1CARIV3
CALCARIENSIS, i64 7 (') — C.
Schmitz. — Voy. d. gooefridvs.
59. a. s. D. w ( 7 ) — C. Schmitz ; Schuer¬
mans.
( ) Ce personnage n a pas été retrouvé dans les recueils d’armoiries, etc., concernant les
ays-Bas ou l’Espagne : il s’agit peut-ètie d’un Italien.
() Lire: Anlonii Perrenol sacræ romance ecclesiœ presbyteri cardinales archiepiscopi
j echlimensis. Celle légende et le buste qu’elle entoure sont la reproduction d'une médaille
rappée en l honneur de Granvelle (van Loon. I, 56). Granvelle qui joua un grand rôle dans
a solution du XVI* siècle aux Pays-Bas, avait été promu en 1560 à l’archevêché de Matines.
( ) Quirin Pardix, fils d’Étienne, était natif de Sart, près de Spa; il vécut à Liège où il était
oumisseur de la cour du prince évêque Ernest de Bavière; il mourut à Aix-la Chapelle (Bull,
dts comm. roy. d’art, et d’archéol., t. XVIII, p. 262 et 380).
O II s agit dans ce sigle a. r. (parfois répété : r a r), de la reine Anne d'Anglelerie : 1702
a 1714) qui succéda à Guillaume III, signalé sur les pots par les lettres g. r.
(') Lite: Arnold von Reifferscheit, genannt Meiraedt. Les ReifTerscheit de Meyraedt ou
Meyerode, près de Malmédy, ne doivent être confondus ni avec les balm-Reifferscheit, niavec
les Mérode (Fahne, Clève-Juüeis, I, 275).
O II s’agit d'un membre de la branche bâtarde de Bronekhorsl-Gronsfeld, qui possédait
la seigneurie de Honnepel, près de Calcar (Rens. de M. l’archiviste Habets, de Maestricht).
(') Blason d’Arnold Scbuyl de Walhorn, au moins à en juger par le cimier; le blason
(incomplet sur les Dagments trouvés jusqu’ici) doit avoir pour meubles : une bande,
accompagnée de six merleties en orle. La famille Schuyl possédait la seigneurie du Ban de
Walhorn, d’où Raei en dépendait.
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84
60. * a. t. — G. Garthe, 713.
(atf) voy. (TFA).
(aft) voy. g.k (àgt).
61. * AVDENTFS FORTVNA IVVAT. 1608 —
C. Hetjens.
ave, voy. c. v. R.
62. A. V. F. R. V. E. S. V. T. 1682 — C.
Paul, 109.
63. av. gr. (') — C. Nelles.
64. **AVGVSTVS PRAETORIVS F.S. AMTMANN
ZV KISFF.l.l) VND DKRO DlOCES DES
GKISTLIGEN VNTERGERIGTS DIREC-
TOR ANNO DOMIXI. 1610 — E.
Vienne, 17; 349.
65. * AVS DE1SEN [IHESEN] POTECKEN
SA LM AN [SAL MAN] DREINCKEN
[drencken] vnd dobei [d. b ; dar
BEI] GOTTES GEDEINCKEN [G. G. D.]
[1604] — C. d’Huyvetter, 107 ; de
Mirbach ; Heljens ; Schmitz ;
Schuerrnans. — M. Bruxelles. 79;
Mettlach, 44 ; Cluny, 2191 (40*28).
— E. Liège, 153. — Schmitz, 112
à 114.
(?) AVS DER GESCHICHT, YOy. DEN KO. .
66. * a. w. [i. a] — C Mennicken, 83;
Schmitz ; Schuerrnans.— M. Sau-
vageot. — E. Vienne, 103 : 241. --
Üemmin, 235,326. — Voy. w. r.
(awd) voy. (daw).
67. a. w. d. m — 3 e vente de Renessc,
137.
B.
68. * B ( 2 ) [158..] — C. Minard, corr.
992 (89) ; «Ransette ; Mennicken.
— Van Bastelaer, 2® R., 68.
69. * bacchvs [bachvs] [1583 : 1588]
— C. d’Huyvetter, 30 ; Schmitz. —
M. Bruxelles. 34.
69*. bachvs [1712. a. b.] — M. Bru¬
xelles, 217. — Voy. n° 71.
70. BACHVS 1CH DRINK AVS. 1588 —
C. de Coene,281.— Voy. eert. got.
71. * bakvs — G. Heljens. Voy. n° 69.
72. B. ALBERT. — VAN BaSTELAER,
R., 25 ; 2® R., 3*2.
73. * BALDEM MENNICKEN [BAL | DEM |
MENM | KEN] [TOT RAREN J VAN DEN
RORREN][JN LEIDEN GF.DVLD] ANNO.
1559 — G. Minard, 988 ; Mennic¬
ken, 111; Dansette; Six;Schmitz;
Schuerrnans. — M. Bruxelles, 19 ;
Liège ; Mettlach. — E. Liège, 106.
— Demmin. 320 ; Thfavalt, 67 ;
Schmitz, n°« 87, 88.— Voy. mi.ster
BALDEM .. .
BALTHASAR REINE voy.SPES.
74. Balthasar schnit — M. Sauvageot,
944.
75. * BARBARA RVDIN VAN K0LL(^R) :RG
(’) Ave gratia (plena), de la salutation angélique.
( f ) Avec le blason au croissant accosté d'une étoile, assigné par Virgile Solis au Loi mage
Balthasar.
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85
VNT BODVKEN («). *5.. _ Ç;
Schmitz.
76. bayrevth | k. hv - Demmin, 235.
71 \ (be) [ou(dbe)].74. —M.Nurenbcrg.
77*. * b.e.— C. Schuermans.
78. BEATRIX romain (*) 1787 — E. Bru¬
xelles, 232.
79. * BEI [BI] MEI [MICH ; Ml] [mEISTER]
baldem mennicken [potenbecker
TftONENDF. TOTEN RAREN IN LEIDEN
[en] gedolt anno dvsent. 1579 ;
POTENBECKER WONKNDE TOjTEN
Raren dadm bvren dans anno
1578. IESVS CHRISTVS ERBARMD1CH
minner] — C. Mennicken; Schmitz ;
Hetjens; Schudrmans. —M. Char-
leroy. — E. Gand, 488. — Jahrb.
Bonn, LVII, 141 ; Rens. Van Bas-
telaer ; Dornbusch, Abh., 21;
Schmitz , n~ 90, 101,130. — Voy.
n® 85.
80' *bei mich merten menjcren (sic)
POTBECKER TOT DEN ROREN — C.
Mennicken;Schmitz; Schuermans.
81. BENIGNITATE ET VERITATE — M.
Bruxelles, 108. — Van Bastelaer,
2» R. 117.
ber|mercvrivs. voy. venvs
MARS et VER EVTRPE.
82. BERSABE [DAVID] — C. Verhelst, 7 ;
de Potesta ; 3* vente de Renesse,
218.
82-'.(?)betsabe | ivdit — C.Meyers,61.
BETER STAAT, Voy.NIET BETER.
83. * b. g. v. h. z. w ( 3 ) — c. Schmitz ;
Schuermans.
84. * bischof von koln, Voy. iiertzog
VON GVLICH.
85. * BI MICH BALDEM mennicken —
C. Hetjens.
86. (*) * bishof [biscof; bisschaf; bis-
SHAF ?] [ZV] TRIER [TRIR J TRl] ||
BISCHOF [BISCOF] [ZV ; Z.] COLE
[COLN] || BISCHOF [BISCOF] [ZV]
mentz [ment; mf.nts; mins] ||
[KAISERLIGE] || ROMISCH [RAMIS J
RAMISCH ; RAM1SCHER] KAISER [KAIS]
|| paltg [paltz graf; paltz grof]
[am rein; AM RHIN; am rinJ hart-
zog [hertzog ; herzog ; herzogen]
ZV SAXE [saxen] |> brandenbvrg,
O) Le famille Rudt de Kollenberg habitait le Rheingau (environs de Mayence).
(*) Beatrix Romain, épouse deGibon, potier de Bouffloulx, mourut en 1837. ( Belgique
Judiciaire , 1854, p. 426).
P) Il s agit d’un B (prénom non retrouvé dans les recueils) Graf und Herr zu Waldeck
(blason portant une étoile, répétée au cimier, dans un vol).
(*) a rangé sous ce n% toutes les cruches aux Électeurs ( Churfürsten À’rüpe), au sujet
desquelles les catalogues ne donnent pas d’inscriptions précises. Voy. pour les autres, b. zv
tri.... ; T. C. M.... ; T. COL. MEN.
Sauf de rares exceptions (E. Vienne, 22 : 939) qui devraient être contrôlées de près, la grande
partie des cruches de ce genre sont de Raeren et datent de 1602 à 1607. Trois Électeurs, dont
1 Empereur comme roi de Bohême, ont eu leur nom et leurs titres sur des blasons spéciaux de
1604, parfois réunis. (Voy. fridericvs iih. .. ; iobannes adamv3. . . et rvdolphes. .. Il est
douteux que le vase kaiser Ferdinand. .. porte réellement l'inscription indiquée: il est
possible que l’auteur du Catal. Exp. Vienne ait suppléé ces noms d’après l’époque du vase.
* 8
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86
[bra(nd)enbvrg ; brakdenbvrch ;
brandenbvgh] [1566 ? 1580 ?
1589? 1590 ; 1602 à 1601 ; 29
may 1618 ? 1632 ? 1693] [h. w.;
H. w. i. h ; I. e ; i. k] — C. d’Huy-
vettêr, 70,76,110; de Weekherlin,
pi. 10,15,87; Jonnaert, 19, 21,
25, 70; Verhelst, 53, 51; Becker,
64, 69, 70,104 ; Minard, 952 , 956,
957,1048 (48, 55, 56,63 ; 71, 121,
127) ; Six ; Thewalt ; Jitta, 108 ;
2® vente de Renesse , 206 ; 3 e id.
210 ; Van Parys, 420 ; Leven, 35,
97,102 et s ; Suermondt ; Beck,
60 et s; II, 362 ; Koller, 149 ; Garthe,
86 ; Meyers, 67 ; Serrure, 316 ;
Michiels, 565,640 ; Dornbusch, 124,
228, 266; Essingh, 29 , 93 à 95 ;
Pickert, 62; Bodaert, 91 ; c 8 ® de
Flandre, 21 ; Oppenheim ; Frohne,
90 a ; Widerberg; De Biefve; Disch,
69,83,85; Dansette ; Merghelynck ;
Vermeersch, Tollin ; Paul, 38 ;
Becker, 64; Ruhr, 191; Stein, 881,
894; Mennicken, 61 à 63; Schmitz,
158; Schuermans. —M. Sigmarin-
gen, 343,346 ; Metllach ; Nuren-
berg ; Trêves, 96, 647 ; Liège ;
Bruxelles, 16. — E. ibid. 192, 234 ;
Paris, 5685 ; Francfort, 1055; 1087
à 1090, 1146 ; Munich, 1799,1818,
1824, 1835,1864 ; Cologne, 1561,
1600,1601,1609,1611, 2410, 2423;
Düsseldorf, 128*2, 1318, compl.
1325; Liège, 105,146, 191,248,
249, 272 ; Amsterdam ; Carlsruhe,
1382,1405, Vienne, 28 : 101 et s.;
40:530; 41 : 529 et s.; 49 : 321;
74 : 579 ; 75. 583 et 584 ; 76 :16;
77 : 884; 80 : 816; 81 : 225 et 314.
— Jaennicke, 434, 435 ; Schmitz,
corr. 54.
BLAES NV VRY... Voy. GERHET...
87. BLASIVS [NABLISTA] 0RDINAVIT,*55S.
[SAMSON | DALILA || LVCRECE | SA¬
LOMON] — M. Darmstadt ; Nuren-
berg. — E. Vienne, 90 : 86. —
Marryat, 355; Jaennicke, 448 ;
Von Hefner, Kunstiverke , I, pl.21.
88. * B. m. (') [h. w.] [*575, 15 77,
*579, 1584]— C. d’Huyvetter, 71 ;
de Weekherlin, pl. 9; Minard, 988
(91) ; Hetjens; Schmitz ; Schuer-
mans.— M. Bruxelles, 19; Louvre,
402. —E. Cologne, 1621 et s. 2413 ;
Bruxelles, 151. — Chaffers, 323 ;
Graesse, 704,768,773 ; Jaennicke,
427, n°631 ; Jahrb.Bonn ,LV11,141 - r
(Thewalt), 67.— Voy. h. v. g. K,etc.
89. B. m | h. w — Graesse, 763, 768.
90. # bohemiaeregnvm — ScHMiTZ,n°40.
91. * b. p. (*) [b. p. F.] — C. Frohne,
20 ; Helbig ; Mennicken, 102 ;
Dansette ; Schmitz ; Schuermans.
—M.Aix-la-Chapelle.— E. Bruxel¬
les, 240 ; Düsseldorf, 1350 ; Liège,
126,178,223. - Demmin, 235.
92. bravnsc|hwig — C. Disch, compl.
49. — Voy. hessen.
93. * bremensi [bremensis; bre(me)nsis]
[1591. c. M.] — C. Minard, 887,
892 (8,44) ; Oppenheim ; Schmitz ;
Schuermans. — M. Trêves, 107.—
E. Düsseldorf, omis : 1437.
93*. * bremensis [h. h.] | lvbicensis.
[1591. c. m. (o. m ?) 1694] — C.
Nelles; Gevers ; Frohne, 6*
Dansette. — Schmitz, n«* 83, 84,
(*) Marque du potier Baldem Mennicken, de Raeren, qui se trouve rarement isolée.
(*) Armoiries de la famille Proist, d'Aix-la-Chapelle.
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87
94. B. R. ir. e | 618. l. R — G. Nelles.
96. brvbisel(') - c. C«de Flandre, 39.
- E. Gand, 428.
96. * b. t. (*). — C. Mennicken , 98 ;
Hansette; Schmitz ; Schuermans.—
M. Christiania. — E. Bruxelles,
258 ; Liège, 202 ; Gand, 414.
97. B. v.[1574; 1594] —M.Kensington ;
Nurenberg. — Chaffers, 322 ;
Graesse,722; 770;Jaennicke,441,
n° 661.
97* b.(vf) 1612-* vente de Renesse,
176 (Rens. Pinchart).
98. ( 3 ) • B. ZV TRI [TR] I B. ZV COL [COLE]
B. ZV ME [m] I ROM. KAI [RO. KA] |
PA. GRA [P. G. AM R] | H. [HA] ZV
S [SAX] j BRABVR [BR A. BV J BR. BV]
[1603. M. E. (et non m. o.) ; 1603 ;
1601]- C.Minard,960,1051,1097,
(63,126,181); Widerberg; Disch, 84;
Mennicken,45, 231 ; Merghelynck,
Beck,66; Pickert, 72 ; Suermondt ;
Ruhr, 190; de Chestret; Schmitz;
Hetjens ; Dansette ; Schuermans.
— M.Bruxelles, 12, 13 ; Mettlach,
23,32 ; Sauvageot, 919 ; Sèvres,
1952 ; Gand, 803. - E.Liège, 108,
ia% 141, 251, 280,716.- Schmitz,
corr : n° 56.
C.
99. c. a. 1619 — M. Sauvageot, 951. —
Demmin, 940.
100. c. a. b.( 4 ) [h.w.] 1604— C.Verhelst,
54 ; Minard, 914, 1044 (18,85) ;
Dansette.
191. caesar I karolvs, 1588 — C.Dahl.
— Jaennicke, 941.
102. caljope.— M. Sigmaringen, corr.
395.
103. caritas - E. Munich, 1834.
103*. (?) CARITAS | DERGLAVBEi56G —
E. Vienne, 70 : 525.
104. (?) CARL V. FERDINAND I — JaEN-
N1CKE, 434.
105. CARL V HISPAN. PRINCEPS | CAROLVS
CARDINALIS I.OTHAR1NG 1552— C.
Thewalt— E. Düsseldorf, compl.
1264.
106. CARL VI,1MPERA [lPER; IMPER] HISPA.
[HISPAN] [OU CARL VI HISPAN REX
imperJ ( 5 )—C. Fleischhauer; Dan¬
sette. — M. Bruxelles.
( ) Avec une vue de la ville de Bruxelles, représentée par douze ou treize tours.
(*) Barbara Tasse, fille de Philippe Tasse (Taets) et de Marguerite de Cordes, fut abbesse de la
Cambre, près de Bruxelles, de 1562 à 1592 ; elle mourut en 1598, six ans après avoir résigné
ws fonctions. Ses armes sont un blason en losange, parti de Tasse et de de Cordes, sommé
d'une crosse abbatiale.
(*) Cruche aux Électeurs, voy. n* 86.
(*) Cette marque est une sorte de monogramme où on peut lire en outre la lettre v : c(àvb).
(*) Le temps où Charles VI, empereur, porte en même temps le titre de roi d’Espagne, est
limité entre les années 1711 et 1713 (ou au plus tard 1720).
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X
107. (?) carl von hessen — C. Gar-
the, 178.
88
115. ceisa... (rétr.)-M. Sèvres, 2497**.
108. carlvs — C. Disch, 44.
109. (Carolus de) severi (') —C.Minard,
compl : 1032 (398); Poswick ; Mer-
ghelvnck.— M.Narnur.—E. Liège,
298, 313, 314 ; Gand, 411.
110. CAROLVS D. G. LAN DGR. HAESSI. PR.
H1RSF. COM. CAT.D.Z. N.(ET)SCHA-
wenb. 1687 (*) — C. Danselte.
111. * CAROLVS (MAGNVS | 1581 I. E. —
C.Mennicken; 2 e vente de Renesse,
233; Schmitz; Schuermans.
112. ** CASPAR VÉST (lG) — GRAESSE,
698 ; Jaennicke, 414, n° 667.
113. * CATHARINA VON PALANT AMPTFRAV
7.v monioie ( 3 ) 1591 — C. Men-
nicken, 134; Schmitz ; Dansette ;
Schuermans. — M. Aix-la-Cha¬
pelle. — E. Düsseldorf, corr :
1304. — Schmitz, n® 65.
[c(avb] Voy. n° 100.
(cavir) Voy. NVM. XIII.
114. * c. b. — C. Dansette — E. Düssel¬
dorf, 1354. — Voy. G. B [1604].
c. E. Voy. g. e.
116. c. e. M. z. B (*) — E. Düsseldorf,
1402.
CERISTIANVS VOESN. Voy. D. CE-
RISTIANVS.
117. c. F. 1577 — Dornbusch, 83;
Jahrb. Bonn, LVII, 133; Graesse,
758 ; Jaennicke, 427, n® 620.
118. c. H — C. Vermeersch.
119. CHAN(te) Qvo(q) REVEIL(le) TON
ESPRl(t) COME (st) PIER FIT —
C. Schuermans; M. Charleroy.
CHARLES DE LORRAIN(e). VOy.
KVNNINCK YN SVEDEN.
120. CHARTAS | PATIENCIA | GESTECIA —
C. Verhelst, 46 — M. Liège.
121. * CHRISTIANEN... | ANT... | REMA...
nen — C. Hetjens.
CHRISTIAN VS, Voy. O. CERISTIANVS.
122. christof grübenitz — C. Minutoli,
corr : 662 ; Terstappen, 75.
123. * CHRISTOF VON ROLSHAVSEN HER
ZV TRIMBORTEN AMPTMAN ZV MO-
C) Charles de Severi fut abbé de FlorefTe, près de Namur, de 1640 à 1662.
( 2 ) Charles (fils de Guillaume), Landgrave de Hesse, naquit en 1654 et mourut en 1730.
Lire : Carolus Dei gratia Landgravius Haessiae, princeps Hirsfeldensis, cornes CatzeneUe-
bogcn, Dietz, Ziegenheim, Nidda et Schaumburg : la principauté de Hirschfeld et le comté
de Schaumburg furent annexés à Hesse à la paix de YVestphalie en 1648.
(*) Catherine de Palant fut, en 1589, la deuxième épouse de Christophe de Rolshausen,
amptman de Montjoie (voy. ci-après, n* 123). Ce titre de Amptfrau indique qu’elle par¬
tagea, sinon les fonctions, au moins les honneurs de son mari.
(’) Traduit erronément par c(omes) Edector M(arcbiae) z(ollem B(randenburg). Il s’agit du
prince : Christian Ernst Markgraf zu Brandenburg qui naquit en 1644 et mourut en 1712.
Le père de Catherine de Palant, dont des vases ont été faits à Raeren , était seigneur
de Frechen (Cfr. Calai, grès cérames. M. Bruxelles, n* 117).
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NioiE.iÔPif 1 )—3* vente de Renes-
se, 246 ; C. Bodaert , 93 ; Minard,
corr : 962 (84) ; Mennicken, 92,
116; Schmitz ; Dans et te ; Schuer-
mans. - E. Dusseldorf, 1308. —
Schmitz, n« 64.
124. ** CHRISTOPH HAUBMER VON THU-
schenreuth. 1627 — E. Vienne,
39 : 616.
125. ** CHRIPTOPHORVS HERBST F. B L.
U. MARCARETA HERBSTIN. 1645 |
GOTTES GVT VND TREVW W1 RT ALLE
nevw — E. Bruxelles, 234.
126. * CHRISTVS VIA VERITAS VlTA NOSTRA
i656 — E. Vienne, 17 : 933.
127. * CIMENT BELVEN STATHALDER OP
LIMBOERCH. GVET BELDERBVCHS
SEIN hevsfravwe (*)- C. Hetjens ;
Schuermans ; Poswick.
128. * c. k (3) [1568; 1573 ; 1597] -
C. d’Huyvetter, 19 ; Verhelst, 10 ;
Minard, 882 (24,25); Minutoli,651;
Mennicken, 128 ; Dansette; Koller,
130; 3* vente de Renesse. 279. —
M. Bruxelles, 136. —E. Cologne,
1533 ; Francfort, 2264 ; Bruxel¬
les, 235 ; Vienne, 72 : 521. —
Graesse, 766; Jaennicke, 427;
n® 628 ; R eus. Pinciiart.— Voy.
GEKESIS NVM XII.
129. c. K. a. D — C. de Visser, 482.
130. * CLAVDE IIANNOT DROSSART DV
HAVLTBANCKDE walhorn. ee(av)
avec le 4 (’) — C. Minard, 1062
(167);Poswick ; Lejeune-Vincent.
131. clavdia | met (ella) — C. Minard,
compl : 1012.—E. Francfort, 662.
— Dornbusch , 70. — Voy. n® 27.
132. c. l. z. h | s. e. h. z. s. 1654— M.
Cologne.
133. c. M [1591] - C. Nelles. - Jahrb.
Bonn,LV11,133; DEMMiN,l r ®édit.,
53 ; Graesse, 760 ; Dornbusch,
83 ; Jaennicke, 427, n® 622. —
Voy. n® 93.
134. COELEN I trier — M. Liège.
135. * COEPT 1 FLES VAN AK EN TER
SPOET I EN HOVT D* IN HEILICH
water tes goet (caract. gOtll.)
— M. Londres. — Dornbusch,
Abh., corr: 12.
CONNINGARTVS... — Voy. KVNIG...
( ) Christophe de Rolshausen, amptman de Montjoie, qui avait succédé en cette qualité à
•ou père du même prénom, était seigneur de Trimborten, Staufenberg, Bütgembach, etc. Il fut
•conseiller et tuteur du duc Jean Guillaume de Juliers qui régna de 1592 à 1609.
(*) Simon B«rtolf de Belven, drossart de Haut Ban de Walhorn, en 1536, remplit de 1577 à
78, les fonctions deStathelder et Lieutenant des fiefs du duché de Limbourg. U avait épousé
Marguerite (ou Gudule ?) van der Heyden, dit Belderbusch.
(*) La marque c. k (timbre de potier ?) se rencontre aussi avec le blason des Crümmel von
aaff, dont le nom s’écrivait parfois Krümmel : elle se rapporterait ainsi à un C(arel ?)
Mrümmel.
(*) Claude Hannot fut Drossart du Ban de Walhorn de 1623 à 1634, et peut-être encore en
1645 et 1663.
9
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90
136. COLEN | FRANCFORT | NVRNBERG —
C. Renard-Soubre.
137. CONSTANTEN VON NIVEN(HE)lM ZVR
GASTENDVNCK R1TER VND OB(erst)( 1 )
1644 — C. X à Paris. — M.
Wiesbaden. — E. Amsterdam. —
Ann . Nassau, XIV, 148 ; Rens.
Dansette.
138. Constantin vs [1577] — C. Nelles.
— Cfr. n° 25*.
139. * COPPIDO I PALLVS I VENVS | IVNO
| parvs — C. Paul, 71.
c. p(*) — Voy. c. p et (yhs).
140. c. Q. P. v (?) (avec un monogram¬
me en italiques AV...) — G.
Frohne, 63.
C. P. q. h Voy. G. P. Q. H.
141. c. R — C. von Drôste, 51 ; Schrei-
ber, 6. — Chaffers, 866 ; Jaen-
nicke, 462. — Voy. honni soit...
et g. R.
CRATZ voy. VON SCHARFSTIN.
DALILA BEDREGT, Voy. MANOAH.
151. (danx) — C. Bombant (Mod.)
152. DANIEL IN DER LOEWEN GRVB — C.
Beck, 11,383. - E. Bruxelles, 234.
153. DANIEL VON MERLAW CAPIT. CElf.
ZV FVLD PR(0)BST ZO ZELL. A.
142. c. r — C. von Drôste, 51. — Chaf¬
fers, 866 ; Jaennicke, 462.
143. * croatien — Rens. Schmitz.
144. crov dans le cercle d’une couronne
— G. Frohne, 63.
145. CRVOR COR(dis) nos RED(emit)
(caract. goth.). — Jahrb. Bonn,
LVI1, 122.
146. c. s. z — C Gessler. — E. Liège,
382.
f47. c. v. D. h — 3« vente de Renesse,
260 ; C. Neelemans. — E. Liège,
412.
148. '* cvpido — Schmitz, n® 142.
149. ** CVNRAT GEIHER S. G. J. TRINK
AVS SCHENK EIN DAS DV ERFRISCHT
dashertzedein — C. Antwerpen.
150. C. V. R. AVF. [AVE] M. V. R — C.
Suermondt. — E. Liège, corr: 252.
1591 ( 3 ) — C. Thewalt. — E.
Düsseldorf, corr : 1263.
154. danmarkkn — C. Schmitz. —
Voy. DENMARKEN.
DANZ1CH. Voy. GRAZIANES.
155. DA PACEM DOMINE [1676 ; 1676]
(0 Constantin de Neukirch et de Nievenheim fut général-major dans l’armée impériale et
gouverneur de Kaiserswerth. Il épousa en premières nous Jeanne von Eyl, héritière de Gas-
tendonck, et son blason est parti des armoiries de celle-ci. 11 mourut en 1657.
(*) Rectifier dans les catalogues et lire o. p.
( 3 ) Daniel de Merlaw fut prévôt de S. Michel (dit Coemeterium) et de Zell : voy. Schannat.
Diœceeiê et hierarchia Fuldensis, 131,174. cflr 125.
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91
P. R — C. C ,# de Flandre, 41.—
E. Vienne, 34 : 149 ; corr : 43 .
569.
456. (?) OAPHNis chloe — 3« vente de
Renesse, 217.
157. DAR [DAT] FRACEN [FRAIGEN] AN |
DEN [DM] PVCHT[K>ICHT,FV1CHT]( 1 )
[lOA(nnis) 4 | s. helena | iohan-
NIS I X [IOHANNES]. [1570. H.Hj —
C. Jonuaert, 2 ; Verhelst, 4 ; de
Weckherlin, pl. 29 ; Nelles. —
M. Sigmaringen,388.— E. Franc¬
fort, 1008 ; Munich, 182ü ; Carls-
ruhe, 1391.
157*. (La même inscription ?) ivdit
| 8VSANNA — E. Munich,
1827. — Jaennickje, 429.
157*. (Id. ?) | SVSANNA | MARIA MAG-
dalena. — E. Cologne, 1526.
DA SPRACH IH ES VS, Voy. WELCHER.
158. * DAS WORT GODES BLFT EW. ANNO
1577.i.e.— C.Hetjens.—Cfr.n°31.
130. david i572. - C. llichiels, 552 ;
Kônig, 30.
DAVID I bersabe. Voy. n° 82.
159*. DAVID | ALEXANDER | IOSVA.
1589. — C. Garthe, 34.
159*. DAVID I IOSVA I HECTOR. 1572.
— E. Cologne, 1494.
159*. DAVID I VENVS | LOT —M.Ken-
sington. — Chaffers, 322.
159». davit. 1589 — C. Meyers,63.
159*. DAVIT. 1589 | ALEXANDER.
1589 J C. Merghclynek. —
E. Liège, 331.—M.Maestricht.
15ÎF. david. 1589 | iosva. 1589
| ALEXANDER. 1589 — C.
Minard, 883(36;; Hetjens.
160. * d(aw) (au 4 traversant le d et se
plantant dans le monogramme
formé par les deux autres let¬
tres) [1505, 1507] [i. a] — C.
d’Huy vetter,35,59,199 ; Verhelst,
80; Mennicken ; Frohne ; Schmitz ;
Schuermans. —M. Br uxelles, 25.
— E. Bruxelles, 191, 264 ; Liège,
179, 202. — Voy. n* 180, etc.
D. b. g (Catal. Mus. Bruxelles,
4* édit., 1, 87). Voy. n® 65.
161. * D. CERISTIANVS VOESZ ANNO DOM.
1605 (*)— C. Schmitz ; Thewalt,
15 ; vau Parys, 425. — E. Düssel¬
dorf, corr; 1270; Liège,corr:273.
162. # df.civs — C. Hetjens.
163. DEE FB(auw Putiphar ?) | (cl)EVE |
david. h. h — C. de Weckherlin,
pl. 35.
DE esser. Voy. n« 183.
164. DE GEDVLD IS... ENÜIC1I... 1NTSEI
ODER SEIN, 73 — C. Nelles.
DE GEDVLD — C. Becker, 29.
165. * DE GERECHTICHE1T [gEREGTIGHEIT]
[1578 ; 1583 ] — C. Verhelst, 8 ;
de Weckherlin, pl. 29 : Nelles;
Garthe, 37, 38 ; Kervyn, 79 ; Mi¬
nard, 895 (3). — M. Cologne. — E.
Gand, 473. — Voy. die gerech-
TICHEIT.
165*. DE GERECHT1CHE1T | DER GHELOF
| degedvl... 1566 — C. Wider-
b'erg ; 2« vente de Renesse, 234.
de gvlsicheit, Voy. n° suiv.
166. DE HOFFARTICHEIT | HOFFART | EIN
.( ) Avec la représentation de la Samaritaine.
( J ) Chrétien Vossen (Voesn, en lisant ainsi le z=n renversé), d’après les armoiries repré¬
sentant un renard, et le prélat qui soutient l’écu), est sans doute un fonctionnaire ecclésias¬
tique appartenant aux Pays-Bas : en Allemagne, Fuchs aurait été la forme du nom.
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BOSIaRT ANN | O 4594 || DE GVL-
S1CH | HEIT 4594 | GVLSICHE | IT
GLEICH | MAN EINN | ER SAV || DE
VNKVISCHEIT | DE VNKVIISEN VERD|
EN GOTNEllT BESCH|(EVE)N EWIG.
4594 . h. h — C. Jonnaert, 4 ;
Minard, 896,897 ( 12) ; Oppenheim;
Frohne, 4 ; Michiels, 564. — M.
Cluny, compl: 3035 (4043).
167. DE HOFNVNG [157 9 ; 4594 ] — 2®
vente de Renesse, 209 ; C. Neele-
mans ; Frohne, 14.— M. Liège.—
E. Bruxelles, 259 ; Liège, 426.
167*. DE HOFNVNG. 4594 I ALEXAN¬
DER. 4589 I DER GLAVF. 4594 .
H. H. — M. Trêves, 92.
167 3 . (?) DE HOFNVNG | DE LE1FDE |
der glavf. 4594 — C. Jon-
naert, 6.
167*. DE HOFNVNG | SPVRKEL — C.
Heim.
DEI BVREN Voy. GERHET....
DEIDERR1CH DOMBRE.Voy.IENDVR..
168. * DEI GRVS MARIA | ENDE ELEISSEBET
CHRISTVS GEBVRT | DIE (HE)RDEN
ERFVREN | DI. H. DRI KONIGEN |
iosep flit IN egiptn — G. Frésart ;
Disch, 88 ; Mennicken, 73 ; Het-
jens; Uansette; Schmitz; Schuer-
mans ; Dombusch (moule), 887 ;
Michiels, 595 ; Cassinone, 132 ;
Langaard ; Becker, 105 (?), Ruhr,
190. — Ctr. 3 e vente de Renesse,
159,167,224. -M. Trêves, 641 —
— E. Cologne, 1595 ; Düsseldorf,
corr: 1315, 1316 ; Bruxelles, 171,
195, 205, 234; Liège, 117, 207,
212,222.— Schmitz, corr: n° 30.
169. * dei k(ve)llen — C. Schmitz. —
Cfr. n° 173.
170. * dei [die] lyfdf.n hebt moet sie
HEBT [HEPT] DEY(aer)BARMENTEN
ONDER DEY [DEN] VOETEN — C.
Schuermans ; Schmitz. — Id.,
n° 122.
171. # dei lyfden o(nd)kr dei ge(me)i-
(nd)k |l N NIT ENMAIGH DAT IS GOT
SICH II DES erbarmen maych(15)S0
y. e. m — C. Mennicken, 66. —
Schmitz, n° 120.
dei roomer. Voy. n° 180.
172. * DEIT [dit] is dei hestoria [his-
TORIA] SIS ANN A. WART VALSLICH
BELAGEN VON ZVEI [ZWEl] ALDE.
WOERDF.N AN ERE STAT GEDOET
4585 p. E — C. Mennicken ;
Schmitz ; de Chestret ; Schuer¬
mans. — M. Cologne. — Schmitz,
corr : n° 23.
173. * DEI VORSICHT VND WACHT DER
L(oblicher) stat kvellen anno
4584 IN DE F. E. K. W. K — C.
Frésart. — E. Bruxelles, 171 ;
Liège, 114. — Schmitz, n® 82.
174. * DEI WELT IS VERKET ORSAICH DAT
SEI WRETHEIT ALSOE VER|WERT
MIT IRRE VERKERDE LElRRE DEI
GER(NE) TERECHT (we)rre — C.
Schuermans ; Schmitz. — Id.,
corr : n® 118.
175. DE leifde — M. Cologne.
175*. * de leiftde | der gheloof |
de sterckheit — M. Bruxel¬
les, 35.
DE LVCRETIA, Voy. 1IAMBURGENS.
176. DEM HERN ALLE1N DIE F.HR (caract.
goth.) — Dornbusch, Abh., 29.
177. * DEN DPRENSSEN VAN ORRANIEN
WASER VAN DVTSEN BLVOT [ 4590 ];
anno (vanno) 4596 — C. Minard,
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corr. 1063 (166) ; Dansette ; c* # de
Flandre, 26 ; Oppenheim ; Hetjens;
Schmitz ; Disch, 92 ; Schuermans.
— M. Aix-la-Chapelle ; Gand,
782.
178. * f 1 ) DEN. KO. HOLO. H. S. HO. DE.
LV. (av)s. S. AN. D. BVM. GBV.
IVD1T STR. D. PR. DI STAT BELEG
D. SCHLAF DRVN DEN KOP AF DER
KOP H1R AVS [1619] [M. K] — C.
Jonnaert, 74 ; Verhelst, 101 ;
Thewalt,6;de Weckherlin, pl.23;
Frohne, 59 ; Dansette ; Paul, 28 ;
Beck, 31; Schmitz; Schuermans.
— M. Bruxelles, 83, 84; Gand,
782 ; Maestricht ; Wiesbaden ,
11623 ; Cluny, 3991, 3999 , 4003.
- E. Cologne, 1541, 1562, 2429 ;
Munich, 1873 (?) ; Düsseldorf,
omis : 1270» ; Vienne, 33 :141.—
Schmitz, n» 29*»».
den(ma)rck.... Yoy. kvning....
179. denmarken. 15 77. i. e —C. Wider-
berg. — Jaenmcke, 434.
180. * DEN ROOMER EN DE CAN DEI MAECKT
mennichen [menighen] armen
man [ 1580 , 1595 , 1598 ] (daw)
la — C. Verhelst, corr : 80 ;
Terstappen,65;Dansette; Schuer¬
mans ; Schmitz. — Io., n° 96.
181. **DF.N 26SEPTBERGEORGIUS VEST (-)
POSSIRER UNO HAFFNER ZU CREUS-
SEN. ANNO 1603 — JAENNICKE,
443, no 656.
182. DEO DVCE COMITE FORTVNA — E.
Vienne, 39: 621.
183. * DE PESSER EN DIE KAN HAT MICH
GEMACHT ZV EINE(NE)ëRMEN [ER-
MEM ?] MAN. WIE ICH NIT ME EN
HAF SO MVS ICH LASSEN AF [AB ?]
[1590. 1596 ; o. 1590 ; o. 1596]
— %C. d’Huyvetter, 84 ; de Weck¬
herlin, pl. 42 ; Mi nard, 955 (54) ;
Thewalt, 13; Mennicken, 65;
Schmitz ; Schuermans. — E.
Bruxelles, 190 ; Carlsruhe, 1399 ;
Zwolle, 2822 ; Vienne, 79 : 799 ;
116: 1177. — Dornbusch, Abh. y
18 ; Schmitz, corr : 102.
der barmherziger. .. Voy. WEL-
CHER...
184. DER BVCK VF DER L(AV)TTEN — C.
Vermeersch.
DER GELOEVE. Voy. DER GLOEVE.
185. DER GELOF — C. c*»de Flandre, 33.
Cfr. C. Michiels, 559 ; Garthe, 99.
— M. Mettlach (9).
der glof. Voy. n° 186 4 .
185% DER GELOF | DE LEIFDE 1 DE
gerechtigeit — C. Sauvageot,
corr: 937. — M. Cluny, 2184
(4046).
185 3 . der geloofe — C. Nelles.
185*. der gelvf — C. Nelles.
186. * DER GITS [GITZ] BVCH NEMMER
ZO [zoo] FRIDEN IS. HAT ER
VOL SACK TORN VND KEIST
[1585; 1581]- C. Bodaert,
99 ; Hetjens ; Schuermans ;
Schmitz. — 1d., n°125.
186% der glavbe. 1593 — E.Vienne,
67 : 576.
186 3 . DER GLAVF. 1591. H.H — E.
Vienne,71:330.-- Voy.n°185.
() Cette légende appartient plutôt à la fabrication de Hôbr-Grenzhausen : mais on en a
ouvé de rares exemplaires flans les Scherbengraben de Raeren qui ici aurait imité, par
exception, sa concurrente. Cela doit avoir eu lieu vers 1620.
(*) La famille Vest est une des familles de Creussen que se sont occupées de la fabrication
des grès : Jaennicke , Mettlacher Muséum , p. 86. 10
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186‘. # der glof — G. Nelles ; Dan-
sette ; Schmilz.
186 5 . * dergloe(ve)[gkloeve]e(nd)e
L1FDEN E(ND)E GEREICHTIG-
(he)it bo(ve)n allen KVNSTEN
GE1T. 1586. IAN E($!E)NS. —
G. Schuermans ; Schmitz . —
Id., n° 199.
DER GROS ALEXANDER. — Voy.
n° 26.
187. *.... DER HEILICH KVNNICK B(al-
thasar) — C. Schmitz ; Schuer¬
mans.
188. * DER HE1L1HE KAWNNICK KASPERf
WAPEN SEELICHER (') — C. Ver-
helst, corr: 56; Schmitz. — M.
Bruxelles, 41. — E. Düsseldorf,
corr : 1348.
189. DER HER SEI BEI VNS ALLIN — C.
Paul, 72.
189*. DER HER SEI MET ONS — C.
Beck,corr : 69.
190. * DER H. GLAVBE. SANTO FIDES |
HOFFEN A VF GOT. SPES MEI° IN
DEIO | DIE L1EBE. CHARITAS | GE-
RECHTIGKEIT. IVSTITA | STARCKE.
FORTITVDO | WEISHEITT. PRVDEN-
TIA j MESSICHKEIT. TEMPERANTIA
[1638; 1658} - C. Hetjens ;
Frésart; Thewalt, 36.— E. Liège,
265. (Il y a des imitations moder¬
nes.)
191. * der K(unig) in s(weden) | der
K(unig) in.... — C. Mennicken.
der lyfden. Voy. n®» 170 et 171.
198. DER MENSCH | MAS | MORS | XII |
WELCHER BVM NICHTGOT | FRVCHT
BRENGT W. ABG || PHARES | DER
TVRCK |l 1CH BIN 1HR WOL LEBEN
RECHT DVRIN 1 IN GIT DERIS E1N DE
FV MORD || GITZ|DER DEVFELBLEST
DEM | FARKSER DEN G1TZ IN — C.
Paul, compl : 8.
194. der mont (*) 1512. i. B — C. Ver-
helst, corr : 45.
de roomer. Voy. n® 180.
194. * DER VILT HER OS SEHN SENCREN
DERSAL GOTES GEDENCKEN [1598]
— G. Jonnaert, 71 ; de Weckher-
lin, pl. 24 ; Schmitz ; Schuer¬
mans. — M. Bruxelles, corr : 76 ;
Kensington.
195. * DE SALFEING SAVL [VENVS] — C.
Minard, 1039 (69) : Mennicken.
196. * de salvng davit — C. Mennic¬
ken ; Nelles. — Schmitz, corr :
27. — Cfr. HET SALVNG...
197. * des eewerdigen kvnninckxwap-
pen in polen d. p. 1586 i. e —
C. Mennicken, 115. — E. Liège,
237. — Schmitz, corr : 39.
198. DES HEREN WORT BLEIT IN EV —
C. d’Huyvetter, corr : 64; 3® vente
de Renesse, corr ; 213.— M. Bru¬
xelles, 122. — Voy. n® 158.
198*. DES HERRN WORT BLEIBT IN
ewigkeit — E. Zwolle, 2814.
199. * DES [SO] KVNNICR [KVNICK J KVN-
(*) Les armoires de ce numéro et du numéro précédent, sont de celles que Virgil Solîs
attribue aux Trois Rois : ces vases de Raeren ont été faits sans doute pour le clientelle
de Cologne.
(*) C’est la marque si plaisamment prise pour celle de la ville de Termonde, du temps où
Pon considérait les grès comme étant tous flamands. Voy. Bull, des comm. roy. d’art et
d’arch., XVII, p. 260 et XIX, p. 39.
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95
ninck ; kvninck] wapen von
[van] fracrich [frankrich]
[1590 ; 1591 ; anno 1596 ou
1598] — C. Oppenheim ; The-
walt ; Disch, 92 ; Dedeyn. — E.
Liège, 104, 263 ; Cologne, 1604.
— Jaennicke, corr : 435.
200. DE sterckeit — C. Nelles.
201. DET IST DIE MAS Z VON ANN... VER
— C. Dansette.
DE VEN VS. Voy. HAMBVRGENS.
DE VNKVISCHEIT. . •. Voy. Il 0 166.
202. • DE VNTHVJDVNG | IOHANNIS 1580
[h. II. wilm KALFT] — C Hetjens.
— Schraitz, corr : n®* 38, 38bis.
203. * DEY KVNST HAET ALTIIT EY(NE)N
VYANTE (| DAT SYN DY GENIGE DYE
DER KVNST NYT || ENWETEN NOCH
enerkennen. i. e — C.Dansette ;
Schuermans ; Schmitz. — Id.,
n° 127.
204- * D. F [1585] — C. Schmitz ; Men-
nicken ; Hetjens. — Voy. n® 3.
D F (AT) Voy. T D F A.
205. d G (ou D s) — C. de Luesemans.—
E. Liège, 407.
206. * o. godefridvsa gronsfeld vica-
R1VS CALCARIENSIS GRATITVDINIS
ergo fieri F. 1604. — C. Spitzer ;
Paul, 37.— M. Aix-la-Chapelle.—
E. Carlsruhe, 913. — Cfr. n® 58.
207. dhobivs — M. Mettlach(avec l’his¬
toire de Tobie).
208. * D. i 0) — C. Schmitz ; Schuer¬
mans.
209. (?) diana — C. Essingh, 57.
210. * DIANA I LVCRECIA | ANNO 1511 —
C. Hetjens.
211. * DIE BAVREN [BVREN] HOCHZEIT —
C. Mennieken ; Henard-Soubre
(en 1883).— Schmitz, n° 15.— Cfr.
E. Francfort, 1073 ; Vienne, 33 :
142. — Voy. WER sine kop. ..
die enhevtvng... Voy. n® 202.
212. DIE FVNF frvge ivnge frawbn g.
DER BREVTÎAM. DIE BRAV.. . VNG
TORIGE IV.VGFRAWEN 1666. — C.
Dansette.
213. DIE GEHECTICHKIT. 1513 — C. Mi-
nard, corr : 895 (3).— Voy.n® 165.
214. *DIE HISTOniA [HA1STORIE] Van DEN
VERLOREN SüHN WIE SANT LVCAS
VOI. A VF GESREBEN. ANNO 1618
p. christ, natm i. c — C. Hetjens ;
Thewalt. — Voy. n® 221 et her
WNTFENG.
DIE HOFFARTICHKEIT... Voy.n®166.
215. * DIE 12 [dis] monat SEIN GETHAN
WOLAVF GRED [GRIET] WIR [MIR]
FANGENS [FAENS] WIDERVM [WID-
dervm] an [1515 ; anno 1518 ;
1589 ; 1591 ; anno 1591] [h. h ;
L. W ; BEI MEI MEISTER BALDEM
MENNICKEN WONENDE... RAREN
DADM BVREN DANS] — C. deWeck-
herlin, pl. 34 ; Suermondt ;
Schmitz; Paul, 15 ; Schuermans.
— M. Nürenberg ; Brunswick ;
( ! ) Cette marque qui se trouve dans le premier groupe (après les musiciens) d'une Danse
de paysans, pourrait bien signifier Dorscher Jan. Voy. ian ront hoot.
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96
Sèvres. — E. Cologne, 15^> ;
Francfort, 1023; Gand, 437. —
Marryat, 319 ; Jaennicke, 429 ;
Sciimitz, n° 6.
215 4 . DI 12 MANET SINDT GEDAN FRLSCII
VF [AVF] GR1ET WIR FANGENS
W1DDERVM AN [1580 ? i589 ;
1591] H. h — C. Thewalt. —
M.Mettlach (117).—E. Franc¬
fort, 1038; Cologne, 1476,1479;
Munich,1862 (?). — Jaennicke,
429.
216. DIE LVCRETIA. 1511 || VCH GOT
helf mir — M. Mettlach.
DIE MVS DAPER... Vov. GERHET...
217. * DIFTHER1CH VON METTERNICH ZV
zevel (') — C. d’Huyvetter, 197.
— M. Bruxelles, 75.
318. * DIF. WARHEIT WERYV*INNET AL. 3.
esdre 4 | xpictoc | {evnpp) — C.
Hetjens.
319. * DI GEPOLT HAT ALZEIT GENOO VND
GEEN NOT HET SI NOR EN BIES
brot — C. Schmitz.— Id. n° 124.
DIIII VIDEST... Voy. DRINCK VND
EST...
220. DIN GRVSELICH GESTALT | MACHT
MICH GRAYVE VND ALT | DIR SIST
ARM ODER RICH SO WERD ESTV MIR
GL1CH (caract. goth.) — Jahrb.
Bonn, LVII, 125; Dornbusch, 76.
dis monat Voy. n° 215.
221. * DIT IS [DEl] HISTORIA VON DEM
FERLORNER SON. 1618 — C. Het-
jens. Cfr. Verhelst, 318 ; Cassi-
mone, 67. — Schmitz, corr : n*
37.— Voy. HER VVNTFENG.
222. * DIT IS DEI [die] SCHONE HEISTORIA
[hlstoria; HISTORIA, HEISTORIE]
VAN SVISANNA [SVSANNA] INT [YNT]
KORTE E1T [ein ; VIT ; vyt] GESNEI-
den [geschneiden ; gesneden]
[1563 ; 1581. G. E ; anno 1583.
i em ; 1584 ; anno 1584 ; 1585,
1593 : 1597 à 1599 ; 1637 ; [p. K.
E. K ; P. E ; P. k; E. P. E. K [F. K.
F. K ?] IN DE F. E. K ; ENGEL KRAN]
— C. d’Huyvetter, 74, 78, 79, 81 ;
Jonnaert, 18, 20 ; Verhelst, 52 ;
de Weckherlin, pl. 26 ; Bodaert,
90; Minard, 942; 917 , 950(45.
47, 51); Leven, 10G ; Disch,82;
Michiels.597 ; C ,# de Flandre, 13;
Frésart; Essingh.92; Disch,corr:
79, 82 ; Soil ; Cassinone , 133 ;
Mennicken, 57, 61 ; Cogels; Het¬
jens ; Vermeersch, ; Dansette ;
Paul, 39 ; Beck , 63 ; Becker, 61,
62 {1524 ri) ; Jitta, 105, 106;
Milani, 158 ; Van der Kellen, 136 ;
Deltenre, 151 ; Stein, 882 (?) ;
Dornbusch , 131 (moderne ?) ;
de Coene, 279; Xà Amsterdam;
Schmitz ; Schuermans.— M. Bru¬
xelles , 6 à 10 ; Cologne ; Sauva-
geot,corr: 941 ; Mettlach,26(18);
Leeuwarden, 819 ; Bois-le-Duc.—
E Paris, 5663; Düsseldorf, 1339;
Bruxelles, 157,171,194, 248,261;
Cologne, 1591, 1610, 16'Z3, 2416 ;
Munich, 2332 ; Vienne, 80, corr :
578; Liège, 101,119, 136, 164,
292.— Demmin, 313 (corr: la date
1444); Chaffers,321 ; Dornbusch,
(•) Il y eut plusieurs Thierry de Metternich ; celui-ci est sans doute le cousin et contem-
poraire de l'archevêque Lothaire, de Trêves. La seigneurie de Zevel appartenait aux Melter-
nich, depuis la cession qu'en avait faite Guillaume de Daun l’an 1400. Le nom de Zevel
continua à être porté par une branche de cette dernière famille (Voy. gvillavme tymmer).
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88 ; Id. Abh., 17 ; Jahrb. Bonn,
XXII, 127 ; Graesse, 723; (Thb-
walt), 67 ; Jaennicke, 433,n°
646 ; Schmitz, corr : n° 17 à 20.
— Voy. n° 247.
223. * DIT IS DEN TREWEREN BACHIVS DER
FOLLEN BRODER ORDEN. H. H —
C. Hetjens.— Jahrb. Bonn, corr :
VIII, 154 ; XXII, 127 ; Schmitz ,
n® 144 ; Rens. Pinchart.
224. *dit is ein .... (avec lansquenets ;
vase distinct des suivants) — C.
Mennicken ; Schmitz ; Schuer-
mans.
225. * dit is [ist] ein kvnst die kvmpt
VAN GOTTES GVNS [ANNO 4600 . I.
fasz mennicken J — C. Hetjens ;
de Mirbach ; Schmitz.— Id. n°71.
226. * dit is ein kvnst die kvmpt avsz
GOTTES GVNST. WER DIE KVNST
NOCH SO SCHON. SO MOSSEN SEI
SICH GEFFEN ZVDEN DOT [(1)578(?);
(1)598] — C. d’Huyvetter, 72;
Jonnaert, 17 ; Verhelst, corr : 55 ;
Dansette; de Weckherlin, pl. 14;
Leven,100,1CH ;Essingh,91 ; The-
walt, 2 ; Disch, 78 ; Minard, 945
(68) ; van Zuylen ; Minutoli, 635 ;
Hetjens ; Heim, 8; Schmitz;
Schuermans. — M. Bruxelles, 12;
Sigmaringen, corr : 293 ; Mett-
lach, 25(47). - E. Cologne, 1593,
1604 ; Düsseldorf, corr : n° 1281* ;
Liège, 130, 135. — Jahrb. Bonn,
XXII, 127 ; Demmin, 324 ; Jaen-
mcke, corr : 435 ; Dornbusch,
Abh., corr: 19; Schmitz, n° 126.
227. * dit sent [send] dei [di] veir
evangelisten matevs marcvs
lvcas ionannis [4584; 4585]
[g. e ; c. h ; g. p] — C. Schmitz ;
Becker, 226 (?) ; Hetjens ; Cas-
sinone, 125 ; Dansette ; Schuer¬
mans.—E. Liège, 232.— Schmitz,
corr : n° 36.
228. * dit [dyt] sent [seent] dei [dye]
VEIR [VIER] GET1DEN [GETYDEN]
VAN DEN IA ER [YaER] [OOT VER
LEN VNS SIN GENAD] 4584 [L. K.
I. k ; f.ngel kran]— C. Hetjens;
Schuermans ; Schmitz. — Id.,
n® 148.
229. * DIT SENT VEIR WAPEN FAN DEI
ERSTE DER WERET AL HEI EIT
geschneiden (') [1589? 4584]
w. k. h. K — C. Minard, 958 (53) ;
Fallize, corr ; 375 ; Widerberg ;
de Mirbach ; Ruhr, 175; Schmitz ;
Dansette ; Hetjens ; Schuermans.
— M. Christiania. — Jaennicke,
943.
230. * DIT SIND [SINT] DE VII BLANETEN
| SATVRNVS IVPITER [iVPIDER]
MARS SOL VENVS MERCVRIVS LVNA
[4580. h. h] — C. Hetjens;
Schmitz.— M. Bruxelles, 21.—
Jahrb. Bonn, VIII, 149; *XXII,
127. — Schmitz, 147.
231. D. kan — Van Bastelaer, 1® R. 77.
232. d. leonar colcho ab sbg ( ! ) — C.
Asselberghs ; Gouellain. — M.
Lille ; Charleroi. — E. Gand, 392,
459. — Van Bastelaer, 1® R.,
86 ; 2® R., 111.
(') Voir au sujet de ce Léonard Colechon, ce qui a été dit ci-dessus, p. 66 et 77.
11
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98
233. DNE SALVVM FAC REGEM ET REG1NAM
| LEAL | I. H. S — CHAFFERS, 60
(terre cuite ?).
D. o, Voy. E. v. R.
234. DODE HAVE DIN GEMACH | WIR WOL-
LEN LEBEN MANCHEN DACH —
Jahrb. Bonn, LVII, 1*26 ; Dorn-
BUSCH,76.
235. * DOMIM OGIER VON WALHORN.1091
(i) — 3« vente de Renesse, 158; G.
Vleeshuys.
d. p, Voy.n 0 197.
236. * d. p. r (*) [1591] — G. d’Huyvet-
ter, 39 ; Mennicken, 99, 139 ;
Dansette ; Schmitz ; Schuer-
mans. — M. Nürenberg ; Mett-
lach, 61 (57). — E. Liège, 161.
237. * DRENCKT FRI EINEN GROTEN TVEGE
ONBEVREST SOE MACH MEN SEN DAT
GUI AN DE KAN SEIT GHEWEST
[1585 ; 1586] i. a — C. Soil ; de
Lue^emans ; De Biefve ; Men-
nicken (moules). —. M. Bruxelles,
53. — E. Liège, 121, 290. —
Schmitz, n° 104.
238. * DRENCK [DRENK ; DRENCKT ;
DRINCK ; DRINC ; DRINK ; DRNCK J
drinkt] vnd [en ; vnt] ess [es ;
est ; is] gott [godes ; got ; gots]
nit [net ; nf.it ; nicht] vergess
[verges; vergest; vergse; verge;
vergeist ; fergeist ; vergis]
[1583 ; 1658] ( 3 ) — C. d’Huy-
vetter, 66; Verhelst, corr : 3 ; de
Weckherlin, pl. 45; Bodaert,98;
Essingh, 102 ; de Meyer ; Dansette;
Frésart; Mennicken, 261 ; Oppen-
heim ; Merghelynck ; Schuer-
mans.— M. Bruxelles, 119, 123;
Nürenberg ; Cologne ; Leeuwar-
den. — E. Düsseldorf, 1384 ;
Bruxelles, 171 ; Vienne, 19:13 ;
Liège, 416,419; Gand, 569. —
Demmin, 275; Dornbusch, 43;
Id. Abh. 29; Jahrb. Bonn, XIX,
149 ; LVII, 131. — Voy. trinck...
239. * drenk on fokgeit — C. Schmitz.
240. * • DRINCK [drink] mich avss
[avs] vnd schenk [schenck]mich
[witer] ein dass [das] dv er-
frischt das hertze dein [1648 ;
165. ; 1690 ; 1101] - C. de
Weckherlin, pl. 47. — M. Sig-
tnaringen,331,332.— E. Munich,
1825 ; Garlsruhe, 1374 ; Vienne,
14 : 68.
DRINCK ER... Voy. 10HAN VON
HOLLE...
241. DRINCK VND EATE GOD AND HIS
COMMANDEMENT NIC NOT VERGAET.
1603 — C. Verhelst, 70.
242. DRINCK VND ES GOTS NEIT VERGES |
BEWAR DINER DV HAS ET NIET |
(*) Les Ogier acquirent vers 1690 la seigneurie du Ban de Walhorn, cédée par un von
Dieden-Malatesia qui la tenait lui-même d'un Schuyl de Walhorn. Mich.Ogier, médecin et con¬
seiller du prince évêque de Liège, laissa cette seigneurie à ses gendres, de Thier et Liverlo.
Le vase est de 1690 à 1710, date du dernier relief des Ogier. Le blason est sommé d’un cha¬
peau ecclésiastique ; mais on n’a pas retrouvé jusqu’ici de prélat, protonotaire, etc. du nom
d'Ogier de Walhorn.
(*) Dorea (Théodore) Pttz, Raeren.
( 3 ) 'Cette marque, quoique trouvée à Raeren (en peu d’exemplaires), se rencontre le plus
fréquemment à Frechen.
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BEDENCK DAS END J I H S | IHESVS
— M. Liège.— E. Bruxelles,259 ;
Liège, 406.
242*. DRINCK VND EST GODES NEIT
(VE)RGEST AMEIN — C. NelleS.
— M. Sigmaringen, 292.
242 3 . * * DRINCK VND EST GOTT VND
EVRES NECHSTEN NICHT VER-
gest. 1658 — E. Francfort,
1103. — Jaennicke, 442.
242*. ** DRINCK VND esst [1658 ;
1668] — E. Cologne, 1691,
1692.
243. * DR1SSEN GEIT FOR ALLEN DENGEN
DANSSEN VND SPRENGEN. 1596
(avec suite empruntée à l’inscrip¬
tion IEVRIEN... (Voy. ce mot) — C.
Minard , 954 (59) ; Dansette ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Sigmaringen, 322 ; Nürenberg.
— E. Bruxelles, 248. — Schmitz ,
n° 13. — Voy. gerhet...
244. d. s. s — E. Munich, 1029.
dv machst es, Voy. n°32.
245. d. v - C. Minard, 1147 (330).
D. w.a, Voy. n° 160.
246. DVRCH GOTEN GNAT ZV VERS1CH HAT
TILMAN WOLF DIESE KAN AVF
GERICH. ANNO 1661 (») — C. Es-
singh, corr : 35. — E. Munich,
1063. — Demmin, 328.
DYT SEENT... Voy. n° 228.
247. *dyt ys dye schone heystoria
[hystoria ; hystorya ] van
SVSANNA YNT KORTEVYT GESCHNEI-
den [gesneden ; gesneide] [anno
1583 ; 1584; 1585 ; 1586] [iem ;
I. emensJ — C. Fallize,363; Fré-
sart ; Hetjens ; Schmitz ; Thewalt,
4 ; Schuermans. — M. Bruxelles.
— E. Ibid. 171 ; Liège, 113. —
Schmitz, corr : n° 21, 22. — Voy.
n° 222.
248. * E. 1585 — C. Schmitz. — E.
Munster, 1031.
248*. e. (avec le 4 énigmatique. —
C. Milani, corr : 1595).
249. eccepanisangelorvm— C. Garthe,
157.
ecce virgo... Voy. n° 253.
e. c. z. w. Voy. F. G. z. w.
250. * e. e. [(av)] [78 ; 1585 ; 1586]
— C. Minard, compl : 1004 ;
Mennicken, 133; Polouet; Schmitz;
Frohne; Hetjens; Schuermans.
— M. Mettlach ; Bruxelles , 41.
— E. ibid., 264; Liège, omis:
160* , 244. — Voy. n°* 34 et 130.
251. EERT GOT BOVEN ALLEM. 1591. —
C. de Coene, 281.— Voy. n° 70.
252. e. F (*) — C. Verhelst.
ef(av), Voy. n os 130 et 250.
253. ego svm mater misericord | AVE
GRACIA PLENA DOM1NVS TECVM |
EGREDIET’ STELL(a) EX lACO(b)
ecce vi(rgo) QCi(piet) (caract.
goth.) — Jahrb. Bonn, LVII,
127.
egredietvr... Voy. n° précéd.
(') C’est un des rares exemplaires que l'on attribue à la fabrication de Langerwehe.
Voy. aussi TILMAN WOLF.
(*) E. B, mal lu ?
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100
254. e. G. z. s. a. z. noe (•) — M. Wies-
baden. — Ann. Nassau, XIV, 145.
255. (eh) — M. Nürenberg.
EHR HERRN. Voy. tl° 271.
256. .EURE SEY GOTT IN DER HÔH — E.
Vienne, 38: 190.
257. * E. i [id. rétr.] — C. Hetjens ;
Mennicken ; Renier ; Schmitz ;
Schuermans.— M. Bruxelles, 27.
— E. Liège, 255.— (Renversement
de i. E. marque de Jan Emens ?)
258. * EIN APOSTEL DES HEREN —
Schmitz, n° 34. — Voy. sent
pavlvs.
259. “ei(ne)r ro(me)r. vt. hi. is _
e(nd)e brengt winant emons
1508. w. l.—R ens. Schmitz.
260. " EIN GUTTEN BÜSSEN. EIN FRÔLICH
GEWISSEN. EIN GUTTEN TRUNCK.
EIN FREIDIGEN SPRUNCK. INSS
EW1G LEBEN. DASS WOLE GOTT
ALLEN FROMEN GEBEN — M. Sig-
maringen, 308.
261. *EIN WAPEN VAN DF.I ERSTE DERWE*
relt (*)— C. Schmitz; Dansette;
Schuermans.
262. * e. K — C. Hetjens, Lenaerts,
Renard — Soubre ; Vleeshuys ;
Schmitz ; Schuermans. — (The-
walt) , 6,7 et 8. — Voy. n° 222.
E. k. w. K Voy. n° 173.
263. E. L— C. Gouellain.
264. e. l. b. — Greslou, 150. (Mod.)
265. * elbert van isendoorn van bloiis
HERR TOT STOCKEM EN CANNEN-
bvrch(*).a 1633.—C. Mennicken,
164 ; Dornbusch (moule). — E.
Bruxelles, 197 ; Gand, 390. —
Dornbusch, A6/i.,22; Schmitz,
no 58.
266. elio — C. Nelles. — Voy. melpo-
mf.ne.
267. ** ELISABETH WUNDERLICHEN GE-
BORNE KRAUSIN | MARIA RASCHEN
GEBORNE SCHÔNENCHIN. ANNO
1618 — E. Vienne, 24 : 979.
268. * E. m. [1513; 1511; 1590; 1596;
1631] — C. Hetjens; Oppenheim
(h. m?); Mennicken, 143; Schmitz;
Dansette ; Schuermans. — E.
Cologne, 1624; Düsseldorf, 1319.
— Jaennicke,427, n° 638.— Voy.
n° 8, etc.
266*. r. M(’) —M. Gand, 781.
269. e. n — Graesse, 707.
en dansen asv , Voy. n° 32.
ENGELANT, Voy. WAPEN...
engel kran, Voy.n 0 222, 228, etc.
ENGELS KON1G , Voy. MARQUIS...
E. P. E. K, Voy. n° 222, etc.
E R, Voy. HONNI SOIT...
270. ERHART BRECHT CONR H. MDLVI —
E. Vienne, 15 : 69 (moderne ?).
(‘) M. le comte Nahuys attribue ce blason à Ernst Graf zu Sayn zu Neumagen, né en 1599^
morten 1649, époux d’Elisabeth de Wittgenstein; il résidait à Hobourg. Cfr. freidrich emich.
(*) Blason avec un pendule (?) emprunté à Virgil Solis.
( 3 ) Avec les armoires d’Ernest de Miche, chanoine de St. Paul, à Liège, protonotaire apos¬
tolique, vivant en 1640.
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271. * ER HERREN [HERRN] VND [VNT]
KNECHT DRENCKT EN DOET N EM AN
wnrecht [ 1620 ] — C. Miuard,
corr : 1003 (94); Stroobant ; Dan-
sette ; Mennicken, 190; Thewalt,
19. — E. Bruxelles, 203 ; Liège,
274. — Schmitz, corr : n® 105.
272. * ericv | svecokoIm rex (>). 1513 .
i. e — C. Hetjens. — Schmitz,
n® 41.
273. • ERNESTI ZV WESPHALEN | PRINT-
ZEN VAN VRGNIEN ZV BREDA |
KVNIGS VON NAl(varra)_(*) —
C. Hetjens.
274. * ERNST HERZOG VAN BAIEREN ( 3 ).
1581 . H. H — C. Frésart ; Men¬
nicken, 210 ; Hetjens ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Bruxelles,
171 ; Liège, 111 ; Amsterdam ;
Gand, 420. — Rens. Dansette.
275. ERTMANN IJERR ZV PVTBVS | F. C. A.
w —M. Stettin. — E. Munich,
1819.—Graesse,710; Jaennicke,
434, n® 645 (terre cuite ?).
276. * espoir [esqoir] me comfort
[1594 ; 1599 ]. [w. e avec un 4]
— C. Hynderick, 294 ; Wauters.
— M. Bruxelles, 40. — E. ibid.,
263 ; Liège, 174.
276*. * espoir me comfort ivsqve
A LA MORTE. 1601 (4. L. P.
E) — M. Sauvageot, 948.
ester, Voy. le n® suivant.
277. ESTHER I FANT GENAT | AHASVEROS
— M. Mettlach. — Jaennicke,
Meltlach , 2, fig. 2.
277*. * ESTHER [ESTER] FIAT [HAT?]
FICTORIA [fict.na; fictori ;
Eictoria] [h. m] — C. Men¬
nicken ; Stroobant ; Ver-
helst, 47.—E. Bruxelles 234.
277 3 . * ESTHER FIAT FICTORIA | LVC-
krecia — C. Mennicken.
277L ESTHER I VIRGINIA | IVDIT —
E. Gand, 540.
278. *EIST VND DRENCKT ON FORGT. 1599 .
W. E — SCHMITZ, n® 103.
279. ET DVMINI TOBIAS ABREHA. PAX
fobvs. 1510—E. Düsseldorf, 1283.
280. EVANGELl I VM IOANNI | IIII CAPITEL
— C. Nelles.
280*. EVANGEL1VM | MATTHAEI | AM
XXII | CAPITEL || EVANGELl |
VM IOHANNI | IIII CAPITEL J
EVANGELIVM | MARKVS | AM
VII CA | PITEL. 1510. [H. H]
— C. Discli, 45 ; Nelles.
281. # E. v. B — M. Cologne.
(') Éric XIV, roi de Suède, mourut seulement en 1577 ; mais depuis 1567 il avait été
détrôné.
(*) Le potier s’est plu, sur ce pot, à choisir des titres accessoires : Westphalie pour
l’archevêque de Cologne ; Breda, pour le prince d’Orange-Nassau ; Navarre, pour le roi de
France. Ernest de Westphalie, en effet, ne peut être qu’Ernest de Bavière ; car le duché de
Westphalie avait été incorporé à l’archevêché de Cologne depuis 1368, et les armes qui
accompagnent l'inscription sont celles de l'Électorat de Cologne, dont ce prince fut le
titulaire de 1582 & 1612.
P) C’est au même Ernest de Bavière, le seul de sa maison avec pareil prénom en 1581, que
se rapporte également ce pot : avant d’être investi de l’archevêché de Cologne, par la déposi¬
tion de Gebbard Truchses de Waldburg, Ernest de Bavière était, depuis 1581, prince évêque
de Liège. 12
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102
282. EVC. CAS. G. Z. L. W. V. V. M. H. Z.
s. b. h. v. n. 1692 (') — M. Am¬
sterdam; Cluny (4049). — Rens.
Six : Id. Dansette.
EVERHAT KALF, Voy. IN GODES....
283. e. v. h [1576 ; 1591] —C.Schaep-
kens ; Disch, 40.
284. * E. v. r | 1595. d. o — C. Disch,
66; Jonnaert, 69.— M. Bruxelles,
77. — E. Cologne, corr. 1543. —
Maasgouw , 119.
284*. * E. v. r. d. o (*) 1594 — C.
Ch. Thys.
285. evr fec | tesch — C. Disch, 101,
EVRIEN... Voy. 1EVR1EN... •
286. * E. w — C. Mennicken. — E. Düs¬
seldorf, 1417.
287. ezechia — C. Nelles.— M. Trêves,
117.
F.
288. F [ 1782 ]— M.Sauvageot,947; Mett-
lach (87) — Ûkmmin, 940 (i. E.
mal lu ?).
289. * FAMA NOVI FONTIS CVM PALLADJS
ATTIGIT AVRES ALATVS RAPIDO
QVEM PKDK FECIT EQVVS ( 3 ) 1583 .
M(ennicken) n(e)a ioNG(e) — C.
Schmilz; Schuermans.—M.Mett-
lach.— Schmitz, n° 135.
290. FANT GENAT — CHAFFERS , 321. —
Voy. n° 277.
291. fartv | nna — C. Nelles.
292. # fa I s | z | b | k [87 ?J — C. Ser¬
rure, 334.— E. Düsseldorf, omis :
382.
293. * FASZ MENNICKEN ANNO 1600 —
C. Hetjens.
294. F. b. 1726 — Rens. Pinchart.
F. C. a. \v. Voy. n« 275.
F. c. c. v. l. Voy. n°45.
295. * feues — C. Hetjens.
FELIPPVS LOMOENT, Voy. PELIPVS..
296. * fen vs [h. h] — C. Nelles; Schmitz;
Schuermans.— M.Mettlach (46).—
E. Bruxelles, 264; Liège, 143. —
Schmitz, n° 137.
(*) Eucharius Casimirus Graf von Lôwenstein, Wertheim und Vimeburg , Montaigu,
Herr zu Schgr/feneck, Hreuberg, Herbeumont und Neufchàteau. Ce prince qui posséda dans
notre pays les trois seigneuries dont le nom est écrit en français, était né en 1668 et succéda
à son père Louis Ernest en 1681. Sa mère était Elisabeth de Sayn-Wittgenstein. Cfr. n* 320.
( s ) Sur ce grès les lettres d. o étant à la suite des autres, et.non pas séparées comme sur le
vase précédent, excluent l’hypothèse d’un sigle de potier. Le blason est celui des Reuschen-
berg : il s’agit d'Emotidt van Reuschenberg, deutschen Ordens. Pour 1607, c'est-à-dire une
douzaine d’années après la date indiquée, M. le chanoine Hbnrotte a trouvé sur un
vitrail liégeois, qu’Emondt de Reuschenberg était commandeur de l’ordre teutonique
(deutschen Orden) à Siersdorp, à quelques lieues au nord de Raeren (ce renseignement
manque aux généalogies des Reuschenberg chez Lefort, archives de Liège).
(*) Cfr. Ovid., Metam. V, 256 ; Voy. Bull. comm. roy. d'art et d’archéol., XX, p. 89.
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103
297. *ferdinand(<?) deboischket(1),:/60G
— C. Tollin ; Dansette; Sehmilz;
Sehuermans.
298. F. F. p. a. 1649 — C. Dansette.
299. F. g I z. w I H. z. r I V. y (*) 1687
Il (RQR) — C. de Luesemans ;
Terme ; Beck, 47. — M. Wies-
baden, 404. — E. Bruxelles, 266 ;
Liège, 353, 355.
300. F. h. z. s ( 3 ) — Ann. Nassau, XIV,
144.
391. fides | dhobivs —M.Mettlach(15).
— Voy. n® 207.
302. FIDES | IM WAREN GLAVBE GOT VER-
TRVE | (AV)IDE IN VER(HE)lSSEN
sch(av)we — E. Düsseldorf, corr:
1363.
303. * F. IOAN. MINTZENBVRG PRIOR CAR¬
MEL. FRANC. (’) [1600 ; 1609]- C.
Mennicken , 181, 177 ; Dansette ;
Sehuermans ; Schmilz. — Id.
corr : n® 57.
304. FIVAT PRINTZ VAN ORANIGEN. 1687
— C. Frohne, 7 ; Schreiber, 7.
305. * F. k I A— C. Frohne, 19 1 (pl. xvi).
306. (?) fleischmann’s fasriek — Dem-
min.242 (imitations mod. de grès
de Creussen).
307. * F. m. M (avec le 4) — C. de Mir-
bach ; Hetjens; Schmitz; Schuer-
mans.
308. fort — M. Metllach (121).
308*. ‘fortitvdo — C. Sehuermans.
309. fortior veritas. 1650— M. Bru¬
xelles, 109. — Van Bastelaer ,
2® R., 117.
310. fortvna ff.rendo est svperando( 5 )
— C. Helbig ; Merghelynck ; de
Limburg-Stirum.— E. Bruxelles,
( ) Avec les armoiries du chancelier de Brabant, Ferdinand de Boischot (son successeur le
chancelier de Kinschot a aussi fait imprimer ses armoiries sur les vases de grès, mais sans
inscription). Cfr. ci-après ib | m|[m | b.
(*) Friedrich Graf zu Wied, Herr zu Runckel und Ysenburg. Frédéric de Wied, né en
1618, mourut en 1690.
( 3 ) M.Nahuys considère cette légende comme se rapportant à Friedrich Herzog zuSachsen ,
le plus jeune fils de l’électeur Auguste de Saxe ; fils, né en 1575, ne vécut que dix ans ( Arm .
Nassau, l. cit.) L'attribution parait invraisemblable ; cependant le quartier aux épées croisées
qui figure dans le blason et qui est de Saxe-électorale, empêche d’assigner ce blason à Fré¬
déric de Saxe-Lauenburg, mort en 1586, ou à Frédéric de Saxe-Altenburg, mort en 1625.
(*) Ce personnage, Jean Myntzenburg, prieur des carmes, publia des ouvrages de piété à
Francfort ; aussi M. Jaennicke propose-t-il de lire frater Joannes Mintzenburg prior Car -
meli Franco fur tensis (au lieu de Carmel itarum Fr anciscanorum).
f 5 ) La devise (à rectifier : svperanoa), se retrouve au frontispice d’ouvrages imprimés à
Bouen par Étienne Vereul, en 1616 : omnis fortvna ferendo svperanda. Sur les deux exem¬
plaires Helbig et Limburg-Stirum, on voit en même temps le blason avec cette devise qui est
celui de la famille d’Oumale, et un second blason de la famille Maroelis. Guillaume d’Oumale,
archidiacre de Hainaut,qui appartint au chapitre de Saint Lambert de 1606 à 1620, est sans
doute l’auteur de la commande de ces vases portant les armes de son père et de sa mère, faite
aux ateliers de Bouffioulx-Chàtelet, qui relevaient du dit chapitre. Voy. Bull. Inst, arehèol .
LUg. t XVII, 106.
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— 104 -
238 ; Liège, 297, 317, 331 ; Gand,
154. 57G.— VanBastelaer, 2* R.,
129.
311. F. R — E. Francfort, 1148.
312. * FRAVWE RECHENT NOCH NYCHT
1590. i. E — C. Thewalt. —
Dornbusch, Abh. y 19.
313. ** FR. DAN SCHATTEMANN | MARG.
BARB. SCHATTEMÜNNIN. 1680 —
E. Francfort, 1112,1129.— Jaen-
mcke, 442.
314. ** FREl FRÔHLICH UND FROM IST MEIN
SCHATZ.1563.JUNGES BLUT SPAHRE
DEIN GUTT ARMUTH AÜF’S ALTER
wehethut — E. Vienne, 22: 977.
315. * FREl MEIN KEN DANS. 1574. 1. E (*)
— G. Mennicken ; Sehuermans.
— M. Charleroi. — E. Gand,
compl : 498. — Van Bastelaer,
1 er R., 67 ; 2« R., 135 ; Jaennicke,
Mettlach , p. 34.
316. * *FRIEDERICH RAMBLER — C.Disch,
corr : 32.
317. * FRIDERICVS IIII D. G. COM. PAL
RENI VTR. BAVAR. DVX SAC. ROM
imp (-'). 1604 — C. Milani, 156 ;
Schmitz ; Sehuermans. — E.
Carlsruhe, 1406 ; Schmitz, n°51.
318. FRIEDERICH EMICH GRAF ZV I.EININ-
GEN VND TAXBVRG HER ZV AP-
PiRMN ( 3 ). 1618 — G. Thewalt,
30 ; Dansette. — E. Cologne,
1658 ; Munster, 1068. — Jaen¬
nicke, 440.
319. * * FRIEDRICH I KÔNICî VON PREVSSEN
1104 (') — M. Sigmaringen, 299.
320. FRIEDRICH WILHELM C.RAFF ZV SAYN
WITTGENSTEIN VND HONSTEIN (*).
1680. p. R — C. Leven, 55. —- E.
Francfort, 1066. Cfr. E. Vienne,
67 : 526 (date : 1690).
320 1 . FRIDERICH WILHELM GRAFF ZV
SAIN WITGKN-VND HONSTEIN
HERK ZV HOMBVRG VALLENDAR
NEV. LOR. V. CL — C. Paul,
57. — Voy. le n° précédent.
fri vf sprich.... Voy. n° 340.
FRVM IST ... Voy. n° 56.
321. F. T. [1559 ; 1568 ; 1569] - C.
d’Huyvetter, 3 ; Minard, 880,881,
888 (15.39,40); Michiels, 560 ;
Nelles ; Bodaert ; Milani. 161,162.
— M. Sauvageot; Nurenberg ;
(•) Cette marque appartient en propre à Raeren, et au maître Jan Emens ; la légende, à
moins qu’elle ne soit une allusion au nom des Mennicken de Raeren, signifie : danse libre -
ment, mon enfant , plutôt que : danse libre des petits hommes.
( s ) Frédéric IV de Bavière, comte palatin du Rhin (1583 à 1610), était markgrave de Bran-
denbourg, prince d’Anhalt, etc.
( 3 ) Frédéric Emic, comte de Linange et Dacbsburg, époux de Sibylle de Waldeck, résidait
à Hartembourg. appirmn est une corruption d’Aspremont qui était un titre de cette famille.
Ce Frédéric Emic fit relief, en 1658, de la seigneurie de Bucbstein qui relevait du prince
évêque de Liège (St. Bohmans, Bull. Inst, archéol. liég., IX. p, 183).
(’) Frédéric P, roi de Prusse, est l’électeur de Brandebourg Frédéric III, qui se fit cou¬
ronner en 1701 comme roi de Prusse. Il fut le grand-père de Frédéric-le-Grand.
( 5 ) Frédéric Guillaume, comte de Sayn Wittgenstein et Honstein, seigneur deHombourg,
Vallendar, Neumagen, Lohre etClettenberg, avait épousé la fille de Frédéric Emic de Linange,
(voir ci-dessus, n" 318).
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105
— E. Francfort, 1015. — Demmin,
235,273: 318; Chaffers, 322;
Ma RR y at, 361; Graesse, 769;
Jaennicke, 441 : 663. — Rens.
Six. — Voy. kanoah..*.
322. (?)f. t. u.a. 1559 — Graesse, 767.
323. (?) F. v. o. 1543 — M. Sauvageot.
— Dkiimin. 235 : 3j8.
324. * FVRST VLOFP.RNVS VND IVDIT.f570
— Sciimitz. n® 29*.
3*24 ? . • FVRST VLOFKRNVS VND ÎVDIT.
1516 I DIK GKRF.CHTICHEIT
1576 | I.VCKRECIA (K)iN RoM-
meiun. — M.Sauvageot, 935.
G.
325. G. [1585] — C. Michiels, 627. —
M. Sauvageot, 959.
326. g(agt(?)k. 1613 - C.Minard,1066
(168) ; Dansette ; Schuermans.
327. * g. B. (1614) — G. Mennicken,
139, 140 ; Schmitz; Dansette ;
Schuerraans.— M. Bruxelles, 50;
Metllach(86) — E. Liège, 102, 226;
Düsseldorf. 1307,1344.
327*. G. B [ 1607 J - M. Mettlach(86):
G. R ?
G. d. w. I. e. s, Voy. n°6.
328. * g. e [1563 (?) ; 1518 ; 1580 ;
1581; 1585 ; 1500 ; 1598 Ÿ] —
C. d’Huyvetter, corr : n°* 29, 80 ;
Becker, 63 ; Minard, 948 (50) ;
Hetjens ; de Biefve. — M. Bru¬
xelles, 43.- E. Ibid., 152.- Voy.
u° 222, etc.
329. GECK... IVNCK FER I GRKCIA || DE
LAMP IS FERSCHVT | PRABAND || DE
GECHE IVFFER | PORTVGAL. 1588 .
H. h — C. Dansette.
330. (?) gedeon — C. Becker, 7.
33ü*. GEDEON EST LE GLEVE DE DIEV.
1590 - C. Kuhnen, 1626.
331. * GEFERT DV MVS ÜAPER BLASEN DAN
DANSSEN DIE BAVREN ALS WEREN
SI K RASSKN [ fri rf spricht bnstor
icfi verdahs di hop mit en Jto**].
— C. Paul, 27.
GKLDKRLOS... Voy. ICH BEN...
312. * GFLYF | 1IOFVNG | 1510 — M.
Bruxelles, 39.
333. GENESIS AN DF.M X | 1568. C. K —
E Cologne, 1533.
334. * * GEORG CIIRISTOPH VOGKLL |
JOHANN GEORG. VOGELL|JOHANN
JOACHIM VOGELL|GASPARU»CHRIS-
TIaN VOGKI.L I JOHANNES VOGELL.
1615 || ANNA C.HIUSTINA VOGELL1N
I ANNA JUSTJNA VOUELLJN | MAR-
THA SABiNA VOGKLL... BKCK1N |
MARTHA VOGE1.LIN G. B. I.E1SCH1N-
GKR — C. Oppenlieim. — Voy.
yvf.r AUS... (?ur le même vase).
georgjus v est ... Voy. n° 181.
336. geobg. v. linhorf — C. Hetjens.
337. • GERADT VON HANXLER VND ( Chris -
tina) VON b,«;lffen sein H(aus-
frau) (I) 1582. w.(e) — De
Nuvorscher , 1852, 250; Jahrb.
Bonn, XIX. 152.
(') Gérard von Hanxler, épousa l’une des quatre Allés de Jenn Bertolf de Belven, dont deux
autres figurent également sur les pots de grès de Raeren a\ec leuis éj oux. Voy. ci-après
HANS GERHARD et IOHAN Ü. BECX. 13
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106
gérât blaes Voy. n° 341, IEVR1EN
et PEIFERT.
geh. dv mvs Voy. ibid.
338. *• GERECHTICHKEIT [GERJCHTIGEIT]
— C. Menuicken. — M. Trêves,
122 ; Mettlach, 21.
338*. (?) GERECHTIGKEIT | GLAVBE |
gedvld —2 e ventede Renesse,
235. - M.Cluny, 2184. — E.
Cologne, 141)6.
339. * GF.RET BLAES NV VRY SY SYNT
AL(HE)l AVIR W1LLEN DANSEN VM
LK.KREBKVICII VNND HAREN KRANS-
sen — C. Minant, 946(49); Disch,
corr : i»° 89 ; Menuicken, 39, 44) ;
Van der Maelen ; de Lueseinans ;
Hetjens ; 3 e vente de Renesse,
228; Schinitz ; Schuerrnans. —
E. Bruxelles, 193, 213 ; Liège,
206,213, 236. — Schmitz, n°3et
14; Mausijouw, 119.
340. * GERET IJV MVUEDHREN ALS XV ER EN
SNKI RASKN EPI VS SPHCIIT BAS-
TOR ICH VERDANS 1)1 KAP MET IN
ko — C. Hetjens ; Schmitz ;
Schuerrnans.
341. * GERET [GERAT ; GERHET] DV (b\V)
mvs [mvss] daper [dapr ; daber ;
DAPPER] BLASEN SO DANSEN[ÜANS-
sen] dei [ni] BVREN [rvrren ;
bovren ; bavren ; f(\v)ren] ALS
[af] weren [werren] sei [si ;
sy ; siy] rasen fri [frs;fcy;
FHYj VF SPRICHT [SPRICH] BASTOR
ICH VERDANS [DANS ; VER DANS]
DI [DY ; DIE] KAP MIT [Ml] KOR
[COR ; EN KOR : DEN KOR [O. I ||
T. K. ; i. E ; i. H ; t. F. ; w.e ; w.
z] [1528 ? ; 1576 ; 1583 ; 87 ;
1587 ; 1588 ; 1590 ; 1591 ;
1595 à 1598 ; 1G02 ; 1G37 ?
1697?] — Ç. d’Huyvettcr, 85 à
87 ; 108. 109 ; Jonnaert ; Ver-
lielst, 18 ; de Weckherlin, pl. 42;
Minard, 942. 949, 951,961,1050
(45, 46. 48, 52. 60. 61, 125);
Leven, 40, 96, 105 ; Fssingh, 96,
97 ; Thewalt. 5 ; Minutoli, 653 ;
G60, 674; Pickert, 56; Disch,
corr : 90. 91 ; van der Kellen,
137 ; de KnylV, 659 ; VViderberg ;
Krohne, 25 ; H«*tjens ; Men-
nicketi, 37. 41 ; Guillon ; Schu¬
macher ; Garthe, 119; 2® vente
de Renesse, 237, 259 ; 3 e id.,209,
255, 262; Ruhr, 178 ; Heim ;
Bodaert, 92 ; Becker, 79,101,104,
205 ; Dornbusch. 229 ; Deltenre,
156 ; Slanghen ; Krug ; Dansette ;
Michiels, 566, 641 ; Suermondt ,
Fiésart ; Ncelemans ; Paul, 332 ;
Schinitz ; de Chestret ; von
Schauroth, 4; Cavsinone, 127
et s. ; Florsheim, 1 ; Koller, 150;
Terstappen. 56; Kuhnen, 1622;
de Coene, 264 ; van Bockcl, 247 ;
Beek , 34 ; Slaes . 1206 ; Van
Genechten, 8.’13 ; Fallize, 365;
Schuerrnans. — M. Bruxelles,
1 à 5, 135; Lecuwarden, 814;
Nürenberg ; Maestricht; Gand,
826 ; Sauvageot, 942 ; Trêves,
646, 721.3803; Sigmaringen, 317,
322, 438; Mettlach, 34,38; Liège.
Cfr. Cluny, 2255 et s., 2202. —
K. Munich, 1810, 1850 (?) ; 2332 ;
Munster, 1033; Bruxelles, 153,
181, 234', 248 e ; Düsseldorf, omis:
1276, 1277*, 1280 ; 1322 ; 1333 ;
1403; Liège, 118, 143, 144, 157,
177, 187, 217 , 221, 250, 280, 720 ;
Cologne. 1536,1564,1565 ; Carls-
ruhe, 1402, 2116 ; Francfort,
1045 ; Vienne, 35 : 162 ; 41 ; 531
(date : 1637) ; 75 : 581 ; 76 ; 222 et
223 ; 79 : 580 ; 116: 1178; Gand,
491 et s. — Maasgouw , corr :
n° 86 ; 119 ; Dornbusch, 87 ; Id.,
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107
Abh'i 16 ; Jahrb. Bonn, XIX.
151 ; XXII, 127 ; Jaennicke, corr:
434, 435 ; Schmitz, 1 et s. ; Van
Bastelaer, 3 e R., 59 et s. — Voy.
WER SIN HOEPT... IEVRIEN. .. et
PE1FERT...
342. * GERET [GERAT ; GERHAT] W1R
MOESF.N [MOSKN] BLASKN UEI BVREN
[BVRREN]DANSSEN ESDESPRENGEN
VF [AF] YVEREN [werrën] SEI RA¬
SES [rassen]— C. Minard, compl :
961 ; Gianern. — Schmitz, n° 4
et 8.
gkrhet dv nvs, Voy. n° 341.
GER1CH7IGEIT, Voy. Il 0 165.
G. F, Voy. n° 328.
343. • g. G (») [81] 1633] — C. Kuhnen,
1623; Schmitz; Mennicken , 102;
de Biefve ; Sehuermans. — M.
Bt uxelles.
344. g. H (séparées par un ornement
en forme de X) — C. Frohne .11.
345. *Gheeft een veghelvg [yeghe-
LYCKj EN DAT HEM TOEBEHOORT
[toedehoort] [*597] (daw) — C.
d’Huyvetter, 35, 65 ; Minard, 909,
(82), 116; Serrure, 315; Dansette;
Schmitz ; Sehuermans ; 3 e vente
de Renesse, 229. — M. Bruxelles,
30; Mettlach, 25. — Schmitz,
n° 106.
346. * * g. h. s - C. Paul, 135.
347. (?) gideon i ivpiter. 1588— C.van
der Kellen, 113. — Voy. n° 330.
348. g. K. 1591 — C. Minard. 920, 921.
— E. Vienne, 70 : 586. — Voy.
n® 328.
G. k (al), Voy. n° 326.
349. G. k. i. K — C. Thewalt, 34.
350. (?) * GLAVBE I HOFFNVNG | LIEBE —
E. Munich, 1874; Vienne, 76:585.
G. L. m. E. L Voy. n° 46*.
351. GLORIA IN FXCELSIS DEO [1648 ]
1684. (h b)] — M. Wiesbaden,
404. — Jahrb. Bonn; LVII, 128.
352. * g. m [1563 ; 1513] — C. d’Huy¬
vetter ; de Weckherlin, pl. 9. —
Demmin, 235, 322. — Voy. M. G.
godefridvs Voy. n° 206.
353. * GOT [allein] DF. [dei] eer [er ;
eir] [1583. vv. k ; ano 1586;
1595. h. h] — C. d’Iluyvetter, 17,
22 ; Verhelst, 20 ; de Weckher¬
lin, pl. 38 ; Mennicken ; Hetjens ;
Disch, 100 ; Essingh, 33 ; de Sau¬
vage ; Widerberg. — M. Sigma-
ringen, 328. — E. Liège, 709;
Carlsruhe, 1394. — Demmin, 318.
353*. * GOT ALLEIN DE ER | BVREN
DANS I EN IS GEINNEN MER. —
C. Hetjens.
354. * GOT BIS MICH GF.NEDIH . 1511. I. E
— C. Hetjens.
355. GOT MIT VNS IS (ve)RI VAN — JaEN-
N1CKK, 437.
356. GOTS WART [WORT ?] BLIET IN
ewicheit — E. Francfort, 1014.
— Cfr. n<> 198.
(*) Cette lecture est douteuse (au moins sur certains vases) : des'replis du cuir de l’écus¬
son figurent parfois l’apparence de ces deux lettres, dans un blason (non déterminé) repré¬
sentant une bague ayant le chaton vers le chef.
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108
357. * GOTT ALLEIN DIE EHR VND GEINE
menschen[menshen] mehr [1600
h.k; anno 1606 ; anno iGOOi]—
C. Minard, corr : 9(53 (67) ; Wider-
berg ; Langaard ; Dugniolle, 197 ;
Ruhr» 188 ; Dansette ; Mennicken;
Lenaerts; Heim, 12,13; Schmitz;
Schuermans. — Cfr. Frohne, 22.
— M. Mettlach, 63. — E Liège,
162, 241 ; Vienne, 74 : 582. —
Dornbusch, Abh. % corr : 18, note.
— Schmitz, n®116. — Voy.n®353.
358. * * GOTTES GUT UND TREY WIRD ALLE
MORGEN NEY. ANNO DOM4NI 1607
—E.Carlsruhe,1377.—Voy .n°125.
359. * * GOTTFRIED SAMUEL BOHME — C.
Becker, 260. — M. Cluny, 2178
(4057).
360. GOT THV DICH ERBARMEN OVER MICH
armen — Jahrb. Bonn, LVII, 131.
— Cfr. n° 7.
361. * * GOTT IM HERRE | DIE LIEB IM
ARM | DASLINDERT DIE SCIIMERZEN
| DAS MACHT WARM — JAENNICKE,
443.
362. * GOTT LOB DANK SEI DIR GESEIT DAS
WIR [wairI ZOSAMMEN [zosamen]
KOMEN SEIN [SIND KOMEN] IN WÀ-
RER LIEB VND EINIGKE1T HANDS
HERREN. 1576. I. M. DIR IONGE —
C. Mennicken. — Schmitz, n° 107.
363. * * GOTT MIT UNS WER WILL WIDER
uns. f 050 — E. Düsseldorf, 1395.
364. * GOT WAS END YSTEN BLYFT EtWIG
1586. ian em es — C. Thewalt, 3.
— E. Cologne, corr : 1584 ; Liège,
275. — Schmitz, corr: 121.
365. * G. P. [1584 ; 1585 ; 1604] — C.
Becker, 39 ; Minard, corr : 1061.
— Voy. n° 227.
G. P. h. Voy. le suiv.
366. *G. P. Q. H. 1591 [1592]— C. Men¬
nicken, 112, 142; Schmitz; Dan-
setle; Schuermans. — E. Bru¬
xelles, 184; DüsselJorf, corr:
1244. — Jaennicke, corr ; 433 ;
Schmitz, n® 100.
367. G. R. (•) (quelquefois en très-gran¬
des lettres) [1688 ; 1693 ; 1724]
— C. Verhelst, 103 ; van Parys,
384 ; van der Kellen, 102, 103 ;
Guillon, 951 ; Deltenre, 163 ; de
Knyff, 691 ; Dornbusch, 154, 880,
(moule) ; Bodacrt, 106 ; Minard,
1262, 1283 (356, 367) ; Michiels,
705 ; van Zuylen ; Garthe, 110,
185 ; Biiers ; Mei ghelynck ; De-
deyn ; Gambart; Menzel ; Renard;
B na de Francque, 39, 50 ; Kônig,
68; Ruhr, 155 ; de Coene, 286 ,
293 ; Fleischhauer ; Beyaert ;
Mennicken, 252; Schreiber, 13,
16 ; 2« vente de Renesse, 215 ;
3® id. 177 ; Firmans ; Dansette ;
b n ® C. de 11, 175 ; Schuermans
(avec un i avant le cartouche).
— M. Bruxelles, 168, 199 à 201 ;
Univ. Gand ; Bruges ; Liège. —
E. Bruxelles, 234, 248,259; Mun-
(*) Ce qui engage à rapporter les vases à Guillaume III, roi d’Angleterre, plutôt qu’à l’un
de ses successeurs du nom de Georges , est la découverte au Musée de Bruxelles des lettres
G. R. sur le vase à l’inscription uit onsen...) Revue belge de numismatique, 1881, p.239. Guil¬
laume III régna de 1688 à 1702 : mais il se pourrait que la date 1688 se rappoitàt non à ce
prince, mais à une marque de potier quand elle est accompagnée de G. R. en petites lettres,
parce qu’on rencontre alors en même temps, le blason non d'Angleteri'6, mais de l’empire
d'Allemagne.
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109
ster, 1055 à 1059 ; Munich, 1859 ;
Liège, 335,336,358 , 379 , 393 ;
Vienne, 45 : 560.— E. Gand, 536.
— Chaffers,866 ; Jahrb. Bonn,
LVII, 133.
368. * GRAZIANES, 86 I DANZICH | REX
POL. | DE PRVS | W S | (Z M) — C.
Jonnaert, 75. — M. Bruxelles, 85
(corr. édit, précéd. ns).
369. GROEIF MORREIT PRE1S [BREIS]
VAN ARNGEN GOPENATER El N HALT-
LAND VAN ADELEM STEM IN GOT (*)
Tdrink vnd eate, Voy. n° 241] —
C. Verhelst, corr : 70. — M. Bru¬
xelles, 118.
370. g. s. [1590] — C. Verhelsl, 39 ;
Minard, 878(1). — M. Aix-la-Cha¬
pelle. — E. Vienne, 68 : 527.
371. g. v. e. s. i. g. b (*) | F. T — C.
Minard, corr : 880 (39, 40).
372. * GV1LI.AVME TYMMER DE TZEVEL ( 3 )
a. 1609 — C. Soil ; 2* vente de
Renesse, corr : 208. — E. Liège,
291 ; Gand, 415, 554.
373. GVILL1AVME VAN DER SMISSEN 1609
— C. Schmitz; Dansette ; Schuer-
mans. — M. Aix-la-Chapelle
[1751]. — E. Gand, 412.
374. (?) GVSTAV ADOLPH — C. Pickert,
86, 87 — E. Cologne, 1503 (?).
375. G. v. L — M. Gand, 800.
376. G. v. w. 1623 — E. Vienne, 31 :
122 .
G. W Voy. K VN I CK IN SVEDEN,
H
377. * h [croixj — C. Minard, 978. —
M. Aix-la-Chapelle. — E. Vienne,
41: 534. — Greslou, 146 (mo¬
derne).
377*. h. 1574 — M. Leeuwarden,
873.
378. h. a. 1593 — Van der Kellen,
38, pl. LXXI.
379. * HACH TV MICH SO STECH ICH D1CH.
DER WILT HALTEN SIN H VT GANS
der las den bvren ieren dans
[h. h] — C. Hetjens. — M.
Zwolle, 1824. — Cfr. n<> 32.
380. HAF GOT FÜR DEINEN AUGEN —
Jahrb. Bonn, XIX, 150.
381. * HALMALE (’) [H. G J 1604. W. H]
— C. d’Huyvetter, 59 ; Minard,
1044 (85) ; de Luesemans ; Dan¬
sette ; Mennicken, 173, 174 ;
Serrure, 315 ; o® vente de Renesse,
corr : 229. — E. Bruxelles, 198 ;
C 1 ) Ce grès où il faut lire Graf Mauritius Prins van Oranien , gobernator in Holland,
concerne le fils de Guillaume-le-Tacitume.
(*) Cfr. la marque d’un verre de la collection de KnyfF, n* 476 : o '. h. z. s. i. c. b.
P) Un GuillaumeTimmer, originaire de Ban de Walhorn, ayant épousé une Claire d’Aste-
nat, a été enterré à Vilvorde (voir Leroy, Théâtre sacré du Brabant).
( f ) La famille de Halmale, d’origine liégeoise, s’établit depuis le xiv* siècle en Brabant.
Henri de Halmale, probablement celui auquel cette inscription se rapporte, fut bourgmestre
d’Anvers en 1501,1598,1608,1609. 44
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Düsseldorf, 1410 ; Liège, 1*22 ;
Gand, 397.
382. * * h. a. m. b.m. 4G5S-E. Vienne,
78 : 618.
383. hambvrgens [1591. h. h ; 1598]
— C. Minard, 890 (37*) ; Paul, 6.
— M. Mettlaeh. — E. Düsseldorf,
omis. — Schmitz. n° 85.
383*. HAMBVRGENS. 1598 | DE LVCRE-
TIA 1511 J VCH GOT HELF MIR
I DE VENVS. ANNO 1511 — C.
de Biefve. — M. Bruxelles.
383*. HAMBURGENSIS. 1511 — G.
Nelles.
383 1 . (V)hambvrgensis | lvbicensis
h. H — C. Six. — E. Cologne,
2408.
384. HAMBAL. ANNO 1566 | LEONIDAS.
ANNO 1566 | SVSANNA. 1569 —
Van der Kellen, 124, pl. LXX.
— Voy. SVSANNA_
384*. HANMBAL | VENVS | LEONIDAS
[1566]— C. Bodaert, 85 ; de
Coene, 258.
385. ** hanns georg kehrn z. b. m.
MAGDALENA KEHRNIN. 1665 — E.
Vienne, 16: 930.
386. * hanover — G. de Weckherlin,
pl. 28 (•) ; Dansette ; Schmitz ;
Schuermans. Cfr. Verhelst, 49.
387. * * HANS CHRISTOPH VEST. 1610 —
Jaennicke, 444, n® 668.
388. * * HANS ENGELHARD KHIP. 1650 —
E. Vienne, 25 : 66.
389. * hans gerhard v(on) w(icher)-
D(ing). ivdit v(on) BELV(en) (*) —
G. Mennicken, 88 ; Hetjens; Dan-
sette ; Schmitz ; Schuermans.—
M. Mettlaeh (66). - Voy. n® 423.
390. HANS GLIER ( 3 ) I 11 , I. H. I H — E.
Vienne, 79 : 600. — Cfr. n® 392.
39t. (?) hans han — E. Cologne, 1518.
392. * HANS | tier (*) — C. Génie. — M.
Bruxelles. 89. — E. Ibid., 234. —
Cfr. n°390.
393. h. b (*) [1585 ? 1648; 1684;
1685 — C. Garthe, 87 ; Frohne,
13 ; Minard, 943 (44).
H. B. 1. B, Voy. MARQVIS. ..
394. h. b. T I J. HART — E. Vienne, 37,
109.
395. H. c. 1588 — M. Wiesbaden. —
Ann. Nassau, XIV, 144.
396. (h c d). 1550 — JAENNiCKE,n° 616.
397. (h e). 1605 avec un 4 rétr. traver¬
sant un X — M. Cologne.
hector, Voy. n® 27.
398. hector van [von] droie [Troia]
[1524 f] — C. Nelles ; Frohne,
15. — Dornbusch, 71.
(*) Sur un vase annulaire ( Wurstkrug ) : c’est une des preuves de la fabrication (qu'on a
contestée) des vases de ce genre à Raeren, où l’inscription, avec les armes de Hanovre, se
trouve sur des débris nombreux.
(*) Jean Gérard de Wicherding, habitant le château de Berscheit, à Raeren, épousa Judith,
l’une des quatre filles de Jean Bertolf de Belven, cfr. Voy. n* 337 et iohan d. beckx. . •
( 3 ) Il y a eu à Nurenberg, un potier du nom de Gluer (E. Vienne, 84 : 410).
( 4 ) Hans (Jean) et Ther(e sa ?).
( 8 ) Quelquefois avec les armes de l'évêché de Würzbourg.
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399. HEERN [herrn]gonst vnd fogel-
SANG LVEDEN SCHON ABER DVEREN
NIT LANG — DORNBUSCH, 70 J
Jaennicre, 434.
400. HEILF U IR HER WANN ICH VAN HE
in keir — C. Essingh, 103.
4<H. hektor — C. Nelles. — Voy. n°27.
helena, Voy. n° 157, 403 et s. he-
LENA.
402. HELFIES BOVCHENBR VON AVGSBVRGH
— Demmin,320.
403. HELLENA [HELENA] ; H. H 1586 —
C. Nelles; Verhelst,4. — M.Mett-
lach (33).
404. * hesdrick de rvfze - C. c 8 ® de
Flandre, 6 ; Mennicken ; Schmitz;
Sehuermans. — Schmitz, n° 73.
HENRI DE GVISE, Voy. KVNN1NCK...
HENRICVS DER IN FRANKRiCH, Voy.
• ibid.
405. HERCKLVS [herclvs]. 1583 — G.
Verhelst, 3(?) ; Becker, 2. — M.
Cluny, 2182 (4042).
406. # HER ELIAS MEIER (’) 1603 — C.
Mennicken ; Schmitz ; Schuer-
raans.
407. HERR IESV ROM SEI VNSER GAST
SEGNE WAS TV BESCHERET HAST —
E. Vienne, 74 : 322.
408. HERR MARTINVS RRIEGER. ANNO
1656 — C. Minutoli, 6259.
HERRN GONST... Voy. n® 399.
409. * * HERR PHIL. VON SEVBOTHF.N BVR*
GERM [BVRGERMEISTERj ZV RO-
thenbvrg. anno 1610 — E. Mu¬
nich, 1817. — Jaennicke, 443.
410. *_ HERR TOT SCHOENAV — C.
Sehuermans; Schmitz.— Id. , n°76.
411. * HERTZOG ZV GVLICH | B1SHOP VON
kôln — E. Düsseldorf, corr :
1284.
412. HER WNTFENG | ER SEIN GELT VN |
ZVGT H1NE WICH || HER VERZRET |
ER SEIN GELT | MITWNZVCHT || HER
BEKLAG | ER S1CH WNKVjMPT ZO
gêna. h.h — C. Minard,886(37) ;
Verhelst, 318 ; Cfr. Disch, 101.-
E. Francfort, 1006 ; Gand, 456.—
Voy. n° 214 et 221.
HER WOL B1STV . . • • Voy. SIE
NAMEN.. . .
413. * HERZOG [HERTZOG] ZVSACSEN [SA-
xen] [a® 1577] n - c. Schmitz ;
Sehuermans.— M. Sèvres, 2497*.
— Schmitz, n® 53.
414. hËsas — C. Nelles,
415. * hessen. 1558 — C. Gedon, 41.
415*. * HESSEN I BR(AN)DE(NB)VRG I
PFALS | R. KAISER | R. KVN-
NINCR | SAXEN | BRVNSCHWIG
| gvilich — C. Disch, 68.
416. HESTER I S. HELENA | VIRGINIA —
E. Gand. — Voy. n® 277.
417. HET salvng davit [a e] — C. Nel¬
les — Cfr. n® 196.
(*) Avec une marque de fabrique au 4, dit énigmatique ; d’où la possibilité qu'il s’agisse
d'un cartemaker : Elias Meyer dont les initiales correspondent à E. M (Voy. n* 268).
(*) En 1577. le duc de Saxe était l’Electeur Auguste, aussi de la branche Albertine (1553 à
1586).
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418. H. E. v - C. de Knyff, (589. — M.
Cluny, 4024.
419. H. F. 1634 — Rens. Pinchart.
420. *H. F | m [1581 ; 1589]— C.Heim;
Dansette ; Schmitz ; Schuermans.
—« M. Naraur. — E. Liège, 223.
421. h. G [1549; 1559; 1512] — C.
Minard, 916 (41). (Moderne.)
422. h. G. m. v. e. 1616 - C. Paul, 131.
423. * H(ans) c(eradt )von wic(he)rdeng
EN IVD1T VON BELVEN — C. de
Luesemans. — E. Liège, 122. —
Cfr. n® 389.
424. * H. h [1569; 1510; 1513; 1517 ;
1518 ; 1580 ; 1581 ; 1581 ;
1589; 1591 à 1595; 1598;
1616] — C. d’Huyvetter, 7 ;
Verhelst, 140 ; de Weckherlin,
pl. 35; Minard, 885, 890,1103
(35, 37bi«); Dansette; Essingh,
73 ; Koller, 128 ; Michiels, 559 ;
Nelles ; Disch, 48 ; Paul, 11 ;
Félix ; Beck, 25 ; de Francque,
31 ; Suermondt ; Thewalt ; Re¬
nard. — M. Sauvageot ; Bruxel¬
les, 92 ; Leeuwarden, 813 ; Sig-
maringen, 388 ; Kensington. —
E. Francfort, 1016, 1018, 1019,
1038 ; Cologne, 1517 à 1528.2441;
Munich, 1870; Gand, 386.— Bem-
min, 235, 318 ; Van der Kellen,
pl. LXX1I1 ; Graesse, 702, 755;
Dornbusch, 67, 84, pl. III, 4 ;
Jahrb. Bonn, VIII, 153; XXII,
137 ; LVII, 133 ; Jaennicke, 425,
427, 429, 941, n<> 617,629 ; Rens.
Dansette. — Voy. n® 93*, 163,
166, 167*, etc.
425. h. h. v. w — C. Oppenheira.
426. (h i). 1570, avec les instruments
de la Passion. — C. Minard (79) ;
Dansette.
427. H1LF GOT SENKE GELEVCK DAN ICH
BEDARF ES DVECH — E. DÜSSel-
dorf, corr : 1364.
him. Voy. n°426.
428. h. I. s | a. i620 — C. Minutoli,
639.
429. HISPAN1EN | DALMATIA | VNGARN |
R. KEISER | R. KVNICH | BOHEM |
CROATION | WINDEN | A. i591 (OU
i593) — C. X à Paris. — Rens.
Dansette.
430. * HISTORIA YOSEPH DEN SON IACOPS
DEN MAN NENNET ISRAËL. A 0 1581.
IAN EM ENS — M. Cologne. —
Jahrb. Bonn, LVII, 141 ; Dorn¬
busch, 89 ; Id., Abh., 20 ; Jaen¬
nicke, 434 ; Schmitz, n° 29.
HISTORIA VAN DEN VERLOREN....
Voy. n° 214 et 221.
431. * * H. JODOCUS MÜLLER APOTHEKER
zu dresden. 1626 — E. Vienne,
39 : 620.
h. i. v [il. i. m] — Voy. n® 426.
432. h. k («) [1599; 1600; 1606 ; 1000?
1001 ?] - C. Verhelst, 60 ; Mi¬
chiels, 596 ; Minutoli, 638 ; Minard,
(*) Avec les armes d'Espagne ( Hispanien’s Konig ?) sur les vases avec l’inscription GOTT
allein..., qui portent aussi les armes dites de Bourgogne, figurant sur les monnaies pour les
Pays-Bas, frappées par Charles Quint et Philippe II.
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963 (67) ; Frohne, 20.- M. Mett¬
lach, (56). — E. Vienne, 74, 582.
— Voy. n® 357.
H. LIEFRINCK, Voy. n® 435.
433. * (hla). <604, avec le 4 — C. Jon-
naert, 65. — M. Bruxelles, 87,
98 (édit, précéd : a h l 3 ).
434. "h.l.k .i663 — M. Mettlach,
(162).
435. * h. L. LIEFRINCK (*) — C. Schmitz,
— Cfr. NASCENTES...
436. h. m — C. Stroobant ; Mennicken.
— E. Düsseldorf, 1319 ; Vienne,
76 : 215. — Voy. n® 268, 277*.
437. (hme) — E. Düsseldorf, 1350.
438. * * h. m. v. a. 1630 — C. Minutoli,
667; Thewalt.—E. Cologne, 1697;
Düsseldorf, 1399.
439. h. n — C. Becker, 52. — Voy. sel-
ters.
440. HOEN ZOLLERN. 4648 — M. Sigma-
ringen, 331.
hoffart.... Voy. n® 166.
441. HOLLAND j GELDERN | SEELAND |
VTRECHT | FRIESLAND 1 OVERYSSEL
GRONINGEN — C. Thewalt. — E.
Cologne, 1559. — Jaennicke,
436 ; Schmitz, n® 78.
442. HOMO I LEX I M... | PECCATA I
MOORS I PROPHETA | EMAKVEL j
GRACIA | IVSTITIA | IKOCECIA |
PICTORIA SIGNATVR CHRISTI. H. H.
— C. Dahl ; Kannenbecker ;
Heim. — Jaennicke, 429.
443. IIONGARIAE RE(g)NVM. <577. I. E —
C. Heljens.
444. HONI SOIT QVl MAL PENS | EILSABET
DIE GRACIA REGINA | AN® N <504—
C. Schreiber, 1.
414*. IIONI SOT QVO MAL E PENCE —
M. Chai leroy. — Van Baste-
laer, 3 e R., 42.
4V4 3 . HONNI [lIONl] SOIT QVI MAL Y
[i] PENSE [e. r] — C. Schrei¬
ber, 2 ; Schmitz ; Hetjens. —
M. Aix-la-Chapelle ; Mettlach.
— Chaffers, 65.
445. * H. s (*) - C.Cassinone,66; Lenaerts,
Hetjens ; Mennicken, 93 ; Slan-
ghen ; Schmitz ; Schuermans. —
E. Düsseldorf, omis : 1324; Liège,
234 ; Gand, 413. — Maasgoxm'y
86.
445*. h. s — C. Rombaut.(Moderne.)
446. H. SCHVl.ENBVRH ISCHVLENBVRG] ( 3 )
— C. Michiels,623 ; Thewalt, 17 ;
Hetjens ; Mennicken, 103, 113 ;
Heim ; c*® de Flandre, 6; vander
Maelen ; Schmitz ; Schuermans.
— M. Mettlach, 62 (55, 66) - E.
Cologne, corr : 1608. — Schmitz,
corr : n® 70.
0) HansLlefrinck était graveur et éditeur de gravures, à Anvers (XVI* siècle) ; il colla¬
bora & des recueils de Jérôme Cock, dont les vases de Ræren ont aussi reproduit les dessins.
(*) Armoiries de Henri Sterck, dont le père (?), du même prénom, fut maître de la Chambre
des comptes à Bruxelles, au xvr siècle.
(*) Avec les armoiries de la Camille de Schulenburg de Bommenede (en Zélande).
15
S'
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114
447. H. S | D. DR | N. K | F. BH | K. BES |
GEF. T [G. T] D. B. G | W. D B
[blon](') [95.i.m]— C.d’Huyvet-
ter, 104 ; Jonnaert, 72 ; Verhelst,
62, 106, 108; de Weckherlin,
pl. 1 et 2 ; Bodaert, 105 ; Minard,
1052 (130) ; Leven, 26, 36, 39 ;
Essingh, 26, 27, 30 ; Disch, 71 ;
Beck, 32; Thewalt, 10 ; Frohne,
41 ; Dansette ; Vermeersch ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Kensington ; Cluny, 4004. — E.
Bruxelles, p. 37 ; Francfort, 1054,
1060. 1075 ; Cologne, 1554,1581 ;
Liège, 186 ; Vienne, 33: 140 ; 40:
817. — Schmitz, n° 38*.
448. h. t. v. w (0 — C. Frohne, 2, corr:
(planches) w. v. T. H.
449. H. v — Jahrb. Bonn, LVII, 133 ;
Graesse, 762 ; Dornbusch, 83 ;
Jaennicke, 427, n° 624.
450. H. VAN STEPRADT HERR TOT INDOBR-
NICH EN LATEM. ANNO 1633 ( 3 ) —
C. Minard, 1031, 1032 (398, et
p. 166 : 33) ; X. (Bruxelles) ; M.
Cliarleroy.
451. * h. v. d. h — C. Hetjens ; Men-
nicken, 199.
452. * H. v. e. a (*) — C. Guillon, 948 ;
Paul, 25.
453. * h. v. G ( B ) — C. Hetjens.
453*. * H. v. g. k ( 6 ) 1515. b. m —
C. Michieis, 562.
(*) Abréviation des Œuvres de miséricorde corporelle avec leur récompense céleste :
Hongerigen spyzen ; Dorsligen drevken ; Naakten kleeden ; Fremden beherbergen ; Kran -
ken bezoeken ; Gevangenen troosten ; Dooden begraven ; Weldaden beloonen (voy. ci-dessus
p. 45, note 2. Tandis que les anciens flamands (surtout du Limbourg) écrivaient parfois
fremden, gefangenen, besoeken pour vremden, gevangenen , bezoeken, il serait difficile de
rencontrer, en allemand, des exemples de drenken , dooden, weldaden, pour trünken, todlen ,
wohllhaten.
S'il est vrai, comme l'affirme Jaennicke, p. 941, que des débris de ce modèle ont été trou¬
vés à Grenzhausen, c'est que celle-ci a emprunté des types de Raeren, qu’elle n’a pas môme
appropriés à la langue allemande.
( 2 ) Lire Herr Thomas von Wickede : ce personnage, d’nne famille noble de Lubeck,
naquit en 1566, devint Cirkelherr en 1587, et membre du conseil de sa ville natale ; il repré¬
senta Lubeck en 1596 à la Cour du roi de Danemark, Christian IV, et mourut en 1627. Le pot
porte en effet les armoiries de la famille de Wickede (Bens. Frohne). Il est à remarquer que
des membres de la famille von Wickede ont eu des alliances en Gueldre (Van Spaan,
Oordeelkundige Inleiding, I, p. 393).
( 3 ) Les Stepradt, comtes d’Indoornick, étaient originaires de la Westphalie et habitaient
la Gueldre, comme les Isendoom de Blois et les von Essen de Swanenburg. Il est curieux
de remarquer l’analogue de rédaction de trois inscriptions de la même année 1633, (de mem¬
bres de la noblesse gueldroise, apparentés les uns aux autres) ; or, tandis que le n* 450 est
de Boufftoulx, le n* 264 et ci-après riickwicn von essen, sont de Raeren. Cette coïncidence
est encore inexpliquée.
(*) Lire : Herman van Eynatten Abt (von Comelimunster). Ce personnage y fut en effet
abbé en 1620.
( 5 ) Herzog von Gulich ?
( 6 ) Herzog von Gulich (und) Kleve, comme le font supposer les armoiries de Clèves et
Juliers imprimées sur le vase : b. m serait la marque de Baldem Mennicken (Cfr. n* 88).
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464. 'hvivs crvore sânati svmvs —
Schmitz, n° 33.
466. hvsar — 3* vente de Renesse, 239.
h. van schvlenbvrcij Voy. n° 446.
456. H. v. w 0) | *577. l. w — C. de
Crassier. — M. Bruxelles. — E.
Ibid., n® 243 ; Liège, 128.
457. h. w [*604] — C. de Weckherlin,
pl. 8; Minard, 944 (48). — M.
Nurenberg. — Chaffkrs, 323 ;
461. * i. a [1580; 1585; 1586 ; 1595 ?]
— M. Bruxelles, 53.— E. Cologne,
1589.— Graesse, 707 ; Jaennicke,
427, n° 634. — Voy. n° 463.
IA [daw] Voy. n® 180.
462. iahel — C. Michiels, 563.
463. * IAN ALERS ( s ) [ALLERS J a(LL)ERS]
[*594] — C. von Droste, 63;
Minard, 966 (64) ; Mennicken,
119, 163 ; Hetjens ; De Coene,
245 ; Rénier ; Génie ; Dansette ;
Schmitz ; Schuermans. — M. Ber¬
lin. — E. Liège, 254 ; Gand, 438,
472. — Rens. Dansette; Schmitz.
n® 97. — Voy. n® 461.
Graesse, 709 ; Jaennicke, 434,
n® 644. — Voy. n® 86, 89.
458. h. w. i. w. 1606 - E Vienne, 81 :
314.
459. hypodamia — C. Nelles.
459*. HYPODAMIA 1 PENELOPE VL1S
— M. Worms. — Jahrb. Bonn,
V-VI, 342 ; Dornbusch, 69.
460. * H. z. v. g I a. z. g. t (*) [*574 ;
*579]— C.Schmitz; Schuermans.
464. * IAN baldems (’)[baldens?] [1596]
160*2 ; 1604 ] — C. d’Huyvetter,
94, 103 ; Verhelst, 69, 105, 113 ;
de Weckherlin, pl.25, 32; Leven,
coït : 109 ; Bodaert, 104, 123 ;
Minard, 973, 1053(70, 123) ; Het¬
jens ; Schmitz ; Schuermans. —
E. Bruxelles, 265; Amsterdam.
— Chaffers, 321 ; Schmitz,
n® 93, 95. Rens. Six.
464*. * ian t Bal J dms — C. Six ;
d’Huyvetter, 94 ; Dansette ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Bruxelles, 56 (corr. édit, pré-
céd : baldeivs) ; Amsterdam.
— Schmitz. h® 93, 95.
(*) Lire: Herzog von Wurtemberg , avec armoiries de ce pays.
(*) Les armoiries indiquent la lecture : H.... Zobel von Giebelstatt ; A.... zu (Weltz-
hausen) genannt Truchaes. Il y eut plusieurs alliances entre cos deux familles du Rheingau
qu'indiquent les blasons accompagnés de ces initiales.
(*) Jan Allers n’dppartienl pas à la population de Raeren : mais il est un des quatre ou
cinq modeleurs,étrangers à Raeren, et ayant travaillé exclusivement pour Raeren : le produit
de ce modeleur, signalé à Boutftoulx (Van Bàstelaf.r, 2* R., pi. V, 15 : à corriger allers),
n'est qu'une imitation ou un surmoulage de Raeren. Jan Allers a copié des cartouches de
Jacques De Bry, au nom duquel il a substitué le sien.
( 4 ) Baldem Mennicken, potier à Raeren avait acquis une notoriété assez grande pour être
désigné seulement par son prénom; d’où son habitation portait le nom de Baldmshaus ; Jan
Baldems (Jean, fils de Baldem) était son fils et l’on a, en effet, trouvé dans les rebuts du
Haldmshaus, des produits tant de Jan Baldems que de Baldem Mennicken.
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U6
465. ian crame Fr. c] — E. Bruxelles,
230, 231. "
466. *ianemens[a® 1587] — C. Het-
jens.— Graesse, 708 ; Jaennicke,
n® 641 ; (Thewalt), 167. — Voy.
n® 364,482, etc.
467. IAN [a. an] ERNST (») [1595] — C.
Essingh ; Becker, 102 ; Wider-
berg ; Pickert, 60. — M. Sauva-
geot. — E. Liège, compl : 712. —
Demmin, 235, 3*20 : 327, 328 ; Id.,
Keramische Studieti , p. 38 ;
Jaennickf., 434, n® 642, 643.
468. ianns godart m. potier de CH(a)S
telet. 1634 — E. Bruxelles, 227.
— Van Bastelaer. 2® R., 126;
Bull.Inst. arch. liég.,XV II, 117.
469. * IAN RONT H(OOT) | CLAES SAICH SIN
HANNE LIS | FAES VAN SEEIN | IAN
TREKT SAECHT | PIRE [PEEN] WVIT
| LIPPEN LOER | DORSSCHER IAN j
tis gris | 1576. i. e — C. Het-
jens ; Mennicken ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Düsseldorf,
corr: 1312. — Schmitz, corr :
n® 7.
470. * iason [i. e]— C.Hetjens ; Schmitz;
Schuermans.
471. * I. a | v. v [1613. i. e] - C. The¬
walt. 29; Dansette.— M. Cologne;
Aix-la-Chapelle. — E. Gand,39t,
549.
472. * I. B (*) [1574 ; 1583; 84 ; 1584;
1593 ; 1594] — C. Minard, 943,
992 (44, 89) ; Lenaerts ; Frohne.
— M. Charleroy. — E. Cologne,
1615 — Van Bastelaer, 3® R. 52;
(Thewalt), 68.
473. * i. B. e (*) [i. e] — C. Mennicken,
89 ; Frohne ; Schmitz ; Schuer¬
mans. — E. Bruxelles, 182.
473*. i. B. i (i. B. e ?) — C. d'Huy-
vetter, 36W*.
474. *IB | M I m | B ( f ) 1596 — C.Minard,
995 (80) ; Schmitz ; Schuermans.
475. I. c [1609 ? ; 1618 ; 1619] - C.
c«® de Flandre, 35. — E. Munich,
1868; Bruxelles, 230,231. — Voy.
aussi n® 465 et welchrr. ..
476. i. c. B — C. von Drôste, 50.
(*) SI Jan Ernst est un potier de HÔhr-Grenzbausen (voy. ci-après n* 182), il faudrait
faire remonter & 1595 les débuts de la fabrication artistique de ces localités (voy. ci-dessus,
p. 59). Mais il s’agit encore de tenir l'attribution en réserve ; car, malgré l’absence de cette
marque jusqu’ici dans les rebuts de Raeren, Demmin l’a signalée sur une danse de paysansdu
type de Raeren (voy. ci-après, ievrien....) ; cependant l’assertion de Demmin, p. 821, n’est
pas continuée par le Catalogue de la vente Becker en 1853, auquel il se réfère (voy. les n** 79
et 102 de ce catalogue, qui paraissent avoir été confondus en un).
(*) Il faut distinguer, pour cette inscription, ce qui serait peut-être la marque de Jan
Baldems (de Raeren), de Jean Bertrand (de Bouffloulx), ou l’indication du blason de Jobanna
Buck, épouse de Philippe Lomont (voy. p. l. i. b.)
( 3 ) Avec le blason de Jobanna Buck, la lettre B au sommet : Buck, par Jan Emens ?
(’) Avec le blason de Jean-Baptiste Maes, conseiller de Brabant, et de Marie de Boischot
(sœur du chancelier de Brabant) ; voy. une médaille avec les mômes blasons et les mêmes
initiales, Revue belge de numismatique, 1869, p. 191, Cfr. n* 297.
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J3 *
477. * ICH BEN E1N HELT ICH HAF DKN
BVIDEL [BVIDLj S [SVNDR rétf.]
GELT | GELDERLOS[GELDKLOS]BEN
ICH ALTOS ALSO MOETEN SE1 WEIS-
SEN [al] DEI DIT LEJSSEN [1585.
G. e; 87 . p. m] — C. d’Huyvetter,
33 ; Ort ; Mennicken ; Frohne ;
Dansette ; de Biefve ; Schmitz ;
Schuermans. — M. Bruxelles, 24.
- E. Ibid., 208.
478. ICH BIN FRISCH VND WOL GETHAN |
VND LEBE LANGE SVNDER VAN ||
ACH DV ERMER SAGE VON ERDEN |
WAS ICH BIN DAS MVS TV WERDEN
(caract. goth.) — Dornbusch,75;
Jahrb. Bonn, LVII, 125.
479. ICH BRING DEN HERTLEBSTEN VND
FRVNTLICHEN KVS [1632 / 1671]
[adriaen boxel] — C. Janssen ;
Merghelynck ; Vleeshuys. — E.
Liège. 430. — Maasgouw , n® 1 76,
86. — Voy. n® 16.
ICH DRINK a vs_Voy. n® 70.
Ich weisz... Voy. n® 480.
ich wil avch ... Voy. n® 32.
480. ICH WISZ NICHTS PESSERS IM H1MEL
VNÜ A VF ERTEN DAN DAS WIR
DVRCH CHREISTM SF.LIG WERDEN—
M. Cluny, 1251 (3990). — Demmin,
corr : 326 ; Chaffers, 321.
481. i. c. m. h. 1614 — C. Garthe, 113
— E. Cologne, 1537. — Graesse,
707 ; Jaennicxe, n® 639. — Voy.
IVLIVS has... .
482. * i. e (>) 1566 ; 1568 ; 1570 à
1595 ; 1602 ; 1603] [h. h ; m ;
i. m] — C. d’Huyvetter, 74 ; Ver-
helst, 66,67, 97 ; de Weckherlin,
pl. 21, 24 ; Minard, 904, 1016,
1017 (108, 120, 127 à 129) ; Le-
ven, 110 ; Oppenheim ; Suer-
mondt (1539, sic) ; Milani, 159 ;
Ruhr, 174 ; Paul, compl : 16 ;
Fleischhauer; Beuvignat ; Frohne,
26, 155 ; Hetjens ; Mennicken,
89, 110, 114, 133, 135. 202, 206,
207 ; üambard ; Fallize ; de Sau¬
vage ; Dansette ; Soil ; Dauw ;
Lenaerts; Vermeersch ; Jonnaert,
14, Vleeshuys ; Schmitz ; Schuer¬
mans. — M. Sigmaringen, 312,
352 ; Munich ; Louvre. 411 ;
Namur ; Aix-la-Chapelle ; Gand,
826 ; Trêves, 142 ; Bruxelles, 27
(E. I), 31. — E. Bruxelles, 206.
248 d , 264, E. p. 37; Cologne, 1580
et s. ; 1615 et s. ; 2421 ; Düssel¬
dorf, compl ; 1267, 1277, 1294,
1297, 1340, 1346, 1425 ; Liège,
132,166, 176, 181, 224, 228, 247,
268,269,710 ; Amsterdam ; Carls-
ruhe, 955, 1404 ; Vienne, 45 :
539 ; 49 : 535 ; 68 : 518. — Dem¬
min, 235, 320 ; Chaffers, 321 ;
Graesse, 706, 769 ; Greslou, 171;
Jahrb. Bonn, LVII, 141 ; Jaen-
nicke, 427, 434, n® 633 ; Rens.
Pinchart.
482*. i. e [1613 à 1616 et posté¬
rieurement?] — A l’étude (*).
483. i. E. G. 1765 - C. Michiels, 746.
( 4 ) i. E (quoiqu’on l’ait contesté) est bien une marque essentiellement raerenoise ; pour
fin du XVI* siècle et les toutes premières années du XVII*, elle indique Jan Emens, potier
modeleur, que sa façon très artistique place au tout premier rang.
(*) L'auteur n’a eu dans les mains, malgré ses recherches, qu’un grès non daté, mais qu'il
croit du XVII* siècle, et qui avait bien les apparences de la poterie de Hôhr-Grenshausen.
(E. Liège, 173). Cette marque indique-t-elle le potier ian ernst ? Voy. ci-dessus n* 467.
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484. i.e. | i. v — C.Gedon, 44.
485. * I. e. M (*) [avec le 4] [4574 ;
4578; 4583 à 4585 ; 4580 k
4588 ; 4594 ; 4037 ?] — C.
d'Huyvetter, 89 ; Verhelst, 51,
107 ; de Weckherlin, pl. 6 et 24 ;
Schmitz ; Hetjens : Mennicken
(rétr.), 94 ; Dansette ; Schuer¬
mans. — M. Bruxelles, ‘27, 38. —
£. Liège, 224.
486. * IENDVR POVR DVRER DEIDERRICH
dombre (*). ano 4590 - C.d’Huy-
vetter, 41 ; Minard, 989 (81) ;
Mennicken, 130 ; Dansette ; Ruhl ;
Rénier ; Schmitz ; Schuermans.
— M. Christiania ; Sèvres, 1951.
— E. Gand, 404. — Schmitz,
corr : n® 71.
487. iesv — C. Cassinone, 109 ; Konig,
88.
IESVS CHRISTVS ERBARM . ... Voy.
n° 79.
488. * IESVS CHRISTVS KOF.NIG DER IVDEN
anno. 4575 — C. Schuermans ;
Schmitz. — Id., n° 32 .
489. (?) iesus maria — C. Garthe, 138.
489 5 . iesvs mariaioseph — M.Char-
leroy. — Van Bastelaer ,
2® R., 172.
I.E TENOR... Voy. TENOR....
490. *IEVRIEN DV MVS DAPER [DAPPER]
BLASEN SO DANSLN DE1 BVREN ALS
WEREN [WERREN] SY RASEN. FRY
VF SPRICHT BASTOR 1CH VERDANS
[VER DANS] DY KAP MIT DE [den]
KOR || WER SIN HOEPT W1LT HAL-
DEN GANZ DER LAS [LASS] DEN
HVNDEN ER BRVL(VE)FT ENDE DEi
BVREN EREN DANSZ 4590. [G. E ;
an ernstV] — C. d’Huyvetter,
80, 83 ; de Weckherlin, pl. 42 ;
Granem ; Minard, corr : 948, 953
(49, 58) ; B on de Geusau ; Ruhr,
176 ; Dansette ; Mennicken, 38 ;
Hetjens ; Schmitz ; Schuermans.
— E. Düsseldorf, corr : 1313. —
Dornbusch, 88; Id., 4M., 16;
Jahrb. Bonn, XIX, 151 ; Demmin,
327 ; Schmitz, n® 10.
491. *i. e | w. 4000 — C. Schmitz;
Schuermans. — Voy. n° 286.
492. I. F [i. e ?] [1577, 4589] - C.
Jonnaert, 14; Paul, 31.
493. * I. F. h. z. s. P ( s ) [4580. G. e] —
C. Hetjens ; Schmitz.
494. ** i. F. s. i744 — Jaennicke,
Mettlachy p. 86.
495. i. G [i. c ?] — C. Jacobs ; Frohne;
Vleeshuys (rétr.)— E. Bruxelles,
234, 248. - Voy. T. G.
i. G — Voy. n® 112.
496. * i. h (’) — C.Verhelst, 78 ; Minard,
949 (46). — M. Mettlach, 49 ;
( ! ) Jan Emens-Mennicken ? de Raeren. Il y eut en effet des alliances entre les deux
familles citées, qui étaient celles des principaux potiers de Raeren.
( 2 ) Thierry Dombre (ou d’Ombret ?) d’origine franchimontoise, fut sans doute le père
d’Ernest Dombre, qui fut bailli de Hal (près de Bruxelles) en 1614, date où il épousa Hélène
de Faucuwez, dont le nom ügure aussi sur les pots de grès. Voy. rien sans panie. ...
( 3 ) Armoiries de...., semé de lis de...., écartelé de.... à bandes de....
( 4 ) Avec les armoiries de la famille Horpuscb, qui avait des relations avec le Ban de
YValhorn : i(ohan ?) H(orpusch) ?
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119
Berlin. — E. Cologne, 2422. —
Jaennickk. 615.
496*. i. h [avec les instruments de
la Passion] 1570 — C.Minard,
986.
497 3 . i. h. 1715 — M. Batisbonne.
— Chaffers, 323.
ihesvs Voy. n° 242.
497. * i. h. s [1574. G (rétr.) | i.e;
95. I. mJ Le plus souvent mono¬
gramme du Christ — C. Bodaert,
125; Minard , 1018 ; 1285 (400);
van Parys, 422; Minutoli, 6260 ;
Terstappen, 80 ; Léonardt, 88 ;
Paul, 61, 62; Ruhr, 30; Hetjens;
Schmitz ; Schuertnans. — M.
Bruxelles, 125 ; Charleroy ; Colo¬
gne ; Wiesbaden ; Sigmaringen.
378. — E. Francfort, 1159 ; Bru¬
xelles, 259; Amsterdam; Vienne,
16 : 960. — Ann. Nassau, XIV,
144 ; van Bastelaer, 2* R., pl. X,
fig. 13; 3«B.,54.
497*. * i. h. s. 1573 (caract.goth)—
C. Mennicken , 213; Schmitz.
497 3 . * (ihs). 1731. k. e ('). — C.
Schmitz.
498. (ihs) (ma) - C. Paul, 52.
498*. IHS I MA 1 NYM DES DOITZ ACHT
— C. Minard, corr : 982 (198).
499. # i. i. 1581 [i. e ou e. i ?] — M.
Aix-la-Chapelle.
500. i. i. b. 1745 — M. Charleroy. —
Van Bastelaer, 2« R., 166.
501. i. il. m. iv | v. vi. vu. vin. ix. x
— M. Cologne.
502. * i. i. Mavec le4— C. Mennicken ;
Schmitz.
503. *i. I. P. 1837 (*) — C. Mennicken.
504. * i. K avec le 4 [1590 ; 1597\ — C.
Minard, 979 (82, 85) ; Serrure,
341 ; Michiels, 747 ; Heim ; Het¬
jens ; Schmitz ; Schuermans. —
M. Mettlach, 45 (56). — E. Liège,
corr : 154. — Demmin, 902; van
Bastelaer, 2« R., 261.
504*. I. K ( 3 ) 29 mai 1618— E. Düs¬
seldorf, 1369.
505. i. K. d. 1679 — E. Vienne, 36 :
175.
I. L, Voy. JUNGFRAU.
506. * I. M (*) [1577 ; 1578 ; 1588 ;
1590 ; 90; 1592 ; 1593 ; 93;
1595 ; 95 ; 1601 ; 1605 ; 1607 ?
1615] [f] — C. SoltykolT, 658 ;
d’Huyvetter, 200 ; Minard, 1068,
1099(182); de Weekherlin, pl.
30; Pickert, 55; Paul. 34 ; Suer-
mondt ; Anlwerpen, 31 ; Gedon,
34 ; Nelles ; Hetjens ; Cussac ;
Dansette ; Renard ; Schmitz ;
Schuermans. — M. Mettlach :
I. H ? (59), Bruxelles, 78 ; Aix-
la-Chapelle ; Cologne ; Sigma¬
ringen, 378. — E. Francfort, 1037,
1040, 1049, 1050, 1052 ; Bruxel¬
les, 264 ; Cologne, 1531, 1590 ;
(’) Klaea (Nicolas) Emens ?
(*) Johan Jacob Pesch, de Raeren, père du Bourgmestre actuel.
( 3 ) Johannes Kannenbecker ? Voy. n* 43.
(‘) La marque i. m (Jan Menniken ?) appartient à Raeren, pour la période la plus ancien¬
ne; si cette marque se rencontre aussi à Hôhr-Grenshausen, c’est seulement plus tard :
1615 ?
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120
Liège, 190, 253 ; Vienne, 32:139 ;
49 : 302; Gand,436. — Chaffers,
16 ; Grarsse, 765,707 ; von Hef-
ner, 7 ; Jaennicke, 427, n®» 627,
635.
506*. I. M (xvin® siècle) — E. Bru¬
xelles, 233.
i. M dir ionge Voy. n° 362.
507. i. m. i — M. Charleroy. — Van
Bastelaer, 2* R., 172.
508. i. M. N — C. Garthe, 186.
509. IM WAREN GI.AVBE GOT VERTRVWE
(AN) DEIN VER(llE)lSSEN SCHAVWE
— E. Düsseldorf, 1363.
510. i. N — E. Munich, 1872.
in de F. e. K, Voy. n® 173.
511. IN DEISEN RENCK SOL ICH STECKEN
AL SVDE IC MEIN LANSE DE BREC-
ken. 1623 (ar)— C. d’Huyvetter,
184. — M. Cluny, 2197 (4034).
512. * IN GODES GEWALT STEL ICH MEIN
VNDRHALT [1586;1589] EVERHAT
kalf (*) — C. Mennicken ; Dan-
sette. — Schmitz, corr : n® 111.
513. * IN GODES NAEM WILHELMVS VA
NASHAWEN (*)EIN PRENSZ VAN ED-
DELLEM STAM. 1518. I. M — C.
Schmitz ; Schuermans. — M.
Kensington.
514. * IN GOTTES GEWALT HAF ICH
gestalt — C. Minard (incus),
1105.
515. * IN GOTTES GEWALT STELL ICH MINS
leifs vnd selen — Schmitz,
n® 110.
516. * in liden gedovlt. iocop kovi-
(nvs) (*) 1561 — C.c ,# de Flandre,
14. — E. Gand, 377.
517. i. n. r. i [1616. H. h] — C. van
Zuylen ; de Luesemans. — E.
Düsseldorf, omis : 1262 ; Liège,
423, 424.
518. * * INSIGNIA chrytraeorvm [chy-
Traeorvm] [1626. m. m. c et m. i.
w. e] — E. Munich, 1800. —
Jaennicke, 442, n®605. — (Terre
cuite ?).
519. ioan .. . avec une scène de l’Apo-
celypse — C. Dedeyn. — E. Liège,
427.
520. * ioan. a (ndreas a Cortembach
prior *n)0NASTE (ni) inden-
(orum) (*) — G. Schmitz ; Schuer¬
mans. — E. Gand, 394.
ioan minzenbvrg, Voy. n® 303.
521. IOANNES CALVINIS | GAET DAER DI
BESTE WIN IS | HAALT ZE ZEG DAT
(*) Everard Kalf, potier de Raeren ; armoiries parlantes : un veau paissant.
(*) Armoiries d’Orange-Nassau.
(*) Avec les armoiries de la famille limbourgeoise de Couven. Jacques Couven, époux de
Barbe de Woestenraedt, fut mayeur de Clermont en 1542; son fils (du même prénom) fût
également mayeur de Clermont, et épousa une Van der Heyden dit Belderbusch (Voy. ce
nom, n* 127) Rens. de M. Danet des Longrais. — Voir sur la devise in leiden gedoult,
ci-dessus, p. 42, note 3.
(*) Avec les armes de la famille de Cortembach qui ont permis de compléter par hypothèse
la légende : Jean André de Cortembach, mort en 1639, fut prieur de l'abbaye de Corneli-
Munster (S Comelii ad Indam ou Indenorum ), près d’Aix-la-Chapelle.
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121
ze voor min is — Navorscher ,
1852, 188.
IOANNES LIEFRINCK, Voy. NAS-
CENTES...
IOANNES MENNECKEN, Voy. n°46 IJ .
522. IOHAN BVRCKHART OROEBER. ANNO
1676 - E. Vienne, 43 : 567.
523. * .. .IOHAN D. BECS. ANNA BERTOLF
de belven («) — C. Schmitz ;
Schuermans.
524. ioha(ne)s — E. Bruxelles, E, p.37.
525. IOHAN FREIHER VON GORTZ (*) W.
F. s — M. Mettlach (125). —
Jaennicke, Mettlach , 68.
526. IOHAN GEORG R(HE)lNDORF — C.
Firmans. — E. Amsterdam. —
Rens. Dansette — Cfr. n° 336.
527. IOHAN HOSTENS BORGER ZV THRIER.
1594 — M. Trêves, 126.
528. IOHAN (ivis) LORBEER. ANNO 1682
— M. Sèvres, 1954.
529. * IOHANN... ANNO 1612 — C.
Schmitz ; Schuermans.
530. * IOHANNA VON BFRGHF. ZV TRIPS( 3 ).
anno 1612 — l r * vente de Renes-
se, 275 ; C. Michiels, 684.
531. ** IOHANN BAFSEN BERGER ; ANNA
MARIA BAFSEN BERGEHIN GEBOHRNE
berrin. anno 1680— M. Bruxel¬
les. 213.
532. (?) IOHANN ERNST — DEMMIN,320.
- Cfr. no* 467 et 482.
* 533. * iohannes adamvs n(ei) o(ratia)
ARCHIEPISCOPVS MOGVNTINENSIS(*)
1604 — C. d’Huyvetter, 106 ;
l.even, 120; Milani, 156; Helbig ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Bruxelles, 80. — E. ibid., 237;
Liège, 124 ; Carlsruhe, corr : 913
et 1406. — Schmitz, n« 50.
534. # iohannes ghelenivs s(anctis)-
s(imae) THEOL(ogiae) doctor ( 5 )
1617 — M. Cologne. — E. Düs¬
seldorf.
IOHANNES KANNENBECKER , Voy.
no 46 ,s .
535. iohannis I ST. helf.na Voy.n®157.
536. iohanni am il — C. Nelles.
536*. * iohannis. 1590 — C.Hetjens.
530 3 . * iohannis am xvii — C. Men-
nicken ; Schmitz ; Schuer¬
mans.
536*. iohannis iiii — C. Nelles.
537. * * IOHAN MARTIN WOHCFRAMB. 1690
- C. Vienne, 18 : 350.
(’) Jean de Bex épousa Anne Bertolf de Belven, sœur des dames de Wicherding et de
Hanxler. voy. n" 337 et 389. La légende doit avoir été précédée d’une devise, se terminant
par.... qve, qu’on rencontre sur un fragment.
(*) Avec le blason des barons de Schlitz dit Gortz (1677 à 1726).
{*) Jeanne de Bergbe de Tnps, d’une famille ayant eu des propriétés dans le Ban de Wal-
horn, épousa Jean von Brempt zu Flasraedt, de Cologne. Voy. n' 541.
(*) Jean Adam de Bicken fut Électeur de Mayence de 1601 à 1604.
( 5 ) Jean Gelenius, chanoine de Cologne, était frère de Gilles Gelenius , auteur du livre
connu : De admit anda Coloniae magnitudine. Les deux frères collaborèrent à divers ouvra¬
ges. Ce vase est un de ceux qui montrent Raeren travaillant pour Cologne.
17
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122
538. * * IOHANN WALLER C. Z. C. 1645 —
C. Vienne, 12: 947.
539. ** IOHANN WELLNER H ANNO DOMINI
1628 iar — E. Vienne, 22: 942.
540. * IOHANS FREIHKR HER ZO STATTIN
IN POMMEREN ('). [1580 ,* 1598 ].
G. E — C. d’iluyvetter. eorr : 29 ;
Hetjens ; Sehmitz ; Sthuermans.
— M. Mettlaeh, 27 (il) ; Cluny
(4023) ; Bruxelles, 43 — E. Ibid.,
152 ; Liège, 137, 239. — Schmitz,
corr : n° 69.
541. * îohan [iian] van brf.mpt (:u F/as)
RAEDT (*). ANNO 1612 . — C Os-
terrieth. — E. Bruxelles, 158.
542. * 10IIAN VAN HOLLE DER IONGEN ( 3 ).
DRINCK HER IN GODES NAM VND LAT
MIT FREIDEN HERVM GAN [1575;
1580 ]. — G. Mennicken, 90 ;
Nelles ; Oppenheim ; Sehmitz ;
Schuermans. —• E. Düsseldorf,
corr: 1425; Liège,200.— Schmitz,
n<> 28.
543. * IOHAN VON BVCIILL (*). ANNO 1600
— G. Thewalt,39 ; Bodaert, corr :
116. — E. Cologne, 1571.
544. * * (?) IOH. GEORG. III HERZOG ZV
sachsen (*) — E. Francfoit, 1128.
545. iona | davit | salomon - C.Helbig.
545*. ion as — E. Gand.
545 3 . io(ne) | cap 2 — C. Wer-
theimber.
546. ioseph |_| _| c. K - E.
Francfort, 2264.
546*. (?) IOSEPH I ABRAHAM — E.
Munich, 1814.
546 3 . IOSEPH | IOSVA | DAVID — C.
de Weckherlin, pl. 35. — E.
Düsseldorf, 1257.
546 4 . (?) ioseph | iosva | David |
pvtiphar 1 h. h -- E. Munich.
1870.
546\ ipsoPH — G. Helbig.
547. iosstizia. 1596 — C. Minard,
compl : 917(9).
548. iosva. 1589 [h. h ; p. K ; l| — C.
Frésart ; Poswick ; Nelles ; Heim ;
Gambart; Oppenheim — M. Co¬
logne. — E. Liège, 116, 421 ;
Bruxelles, 171 ; Düsseldorf, 1251 ;
67 : 506. - Voy. n° 159.
548-. iosva 1559 | ivdit | gedion.
1559 — E. Vienne. 116: 1180.
548 3 . IOSVA | ALEXANDER | DAVID
[ 1589 . l. l] — C. d’Huyvetter
4 ; Dahl ; Becker, 5 ; Hetjens:
Minard, 883 (36).— M. Bruxel¬
les, 141 ; Cluny, 2183 (4044).
— Jaennicke, 441.
(') Il faut lire Johan Friedrich Herzog zu Stattin in Pommeren. Ce duc de Stettin et de
Poméranie, né et» 15i3, mort en 1600, éiait allié à la famille belge de Croy qui fit fabriquer
à Raeren des vases à ses armes : seulement les potiers de Raeren n’auront pas compris la
commande, et ont transformé Frédéric en Freiherr (baron) et Herzog (duc) en Her zo
(seigneur de...).
(*) Voy. ci-dessus, note du n* 530.
( 3 ) Sans doute Jean Mennicken, le jeune, de Holley (lieu dit de Raeren; on a déjà Jan
Mennicken dejonge, comme Mennicken der alte , Voy. n* 362 et nascentes...
(*) La famille van Buchel avec les armoiries figurant sur ce vase, appartenait à la noblesse
de Cologne : nouvel échantillon de commandes de Cologne à Raeren.
( 5 ) Jean Georges III, Électeur de Saxe, était né en 1647 et mourut en 1691.
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l‘23
549. I. p. d. 1792 — Rens. van Duvse.
550. (ipv) — C. Frohne. 62.
551. 1. R [1538 ? ; 1568 ; 1588 ] — C.
Essingh. — Demmin , 235 ; Mar-
ryat , 360 ; Ciiaffers , 321 (qui
cite C. de Weckherlin) ; Graesse,
720 , 769; Dornbusch , pl. III, 4 ;
Jaennicke, n® 659.
551*. i.R.[i679; 1750|-C. Bamps,
Paul, 58. — M. Gand, 78. —
Van Bastelaer. 2® R. 146.
IR herren , Voy. n® 271.
552. * * i. s. — C. Minutoli, 709. — >1.
Cologne.
553. (?) ISAac | davit j lot— E. Munich,
1869.
554. * 1SABELLA | ALBERT VS (*) ANNO
[1602 ?] — C. Hetjens ; Gentil ;
Renard.— E. Gand, 382. — Rens.
PlNCHART.
555. * r. s. l. w. (*) [ 15 . l. w] — C.
Mennicken.— E. Düsseldorf, 1408.
556. i. s. v... — C. N elles.
557. i. s. z — C. Gessler.
558. * i. t [ 1591 ; 1623 ]- C. Mennicken,
48.— >1. Maestricht; Mettlach
(42).
it is ein kvnst. .. Voy. n® 222.
ivan derandes. .. Voy. le suivant.
559. IVAN FERANDES DE SAN VITTORES ( 3 )
— C. Merghelynck ; van Parys,
corr : 382 , 383 , 426 ; Dedeyn ;
Minard. corr : 1022 (loi); van
Gencchten ; Dansette. — Hôpital
de Bruges ; M. Bruxelles, corr :
106. 110 ; — E. ihid. 165 ; Liège,
296,307, 315; Amsterdam; Gand,
410, 560 , 596.— Van Bastelaer,
2® R. corr : 118 et ss.
560. ivdas machab — C. Nelles.— Voy.
n® 26*.
561. IVDIT I DE GEDOLT j LVCRET1A — C.
Thcwalt, 22. — E. Cologne, 1497.
561*. IVDIT 1 DE GKRECHT1CHKIT |
I.VCRETIA FIN ROMER1N [ROM-
mkrin) [1571 ; 1575; 1576 ,
1591 ; i. w ; L. w]—C. d’Huy-
vetter, corr : 9 ; Disch, 46 ;
Dahl ; Kônig, 31. — M. Bru¬
xelles, 144; Cluny, 2131 (4044).
— E. Cologne, 1489 ; Munster;
1029. — Jaennicke, 429.
561 3 . * IVDIT 1 ESTER [ESTHER] FIAT
[HAT) FICTORIA I [I.VCRETIA].
1561 — C. Minard, 913 (çorr :
114) ; de Knytr, 653 ; Maze-
Seneier ; Oppenheim ; Hetjens.
56P. * IVDIT 1 EST h ER \ I.VCRETIA
1566 — 2® vente de Renesse,
201 ; C. Becker, 28 3 .—Schmitz,
n® 25. — Voy. n® 227.
561 5 . * ivdith [ 38 ] — C. Minard,
987(90); Schmitz; Schuermans.
561 fi . IVDITH | DAR FRAGEN AN DEN
pvcirr | svsanna \ spvrkel —
(*) On reconnaît aisément dans ces noms les archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des
Pays-Bas au commencement du XVII* siècle.
( : ) Aux armes des Schuyl de Walhorn. Cfr. n* 59.
( 3 ) Contrairement à ce qui a été dit. Bull, des Comrn. roy. d’art et d’archéol., XVIII, 248,
il s’agit bien positivement ici du capitaine Juan FernandesdeSan Vittores de la Portilla, mort
le 25 mars 1617, enterré aux Carmes de Bruxelles (Le Roy, Gr . th. sacré du Brab., I, p. 257 ;
II, 76).
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124
MERTZ APR1LL. 1573. L. Vf. —
E. Vienne, 60 : 502. — Voy.
n° 157.
561 7 . ivdith | de[die] oedvlth [ge-
DVLü] I LVCKRETIA [LVCRETIA]
[/57* ; 1573] — E. Franc¬
fort, 1001 ; Cologne, 1497 ;
Vienne, 71 : 513.
561 8 . IVDIT. 1576 I LVCRECE (?) EIN
ROM1RIN. 1575 ~ Jaennicke, ,
541.
562. IVDIT I OMNIA CUM UEO. 1559 I
PATER MlHI APERU1ST1 OS TUUM.
AB DOMINUM FAC MIDI QODCUMQUE
POLICETUS ES | HOC SOLUM MIHl
PRESTA QOD DEPRECOR DIMITTE ME
UT DUOBUS MENSIBUS C1RCUMMEAM
MONTES ET PLAGAM VIRGINITATEM
MEAM. IUDICG. 1547 J WARUM HAT
GOT DURCH DIESEN MADGEN HAND
DIE ENGELANDER GESCHLAGEN AUS
DEM LAND. ANNO 1547 | DAS MAD-
GENVAN ORLIANS.DAS FRANKREICH
EINS KE1NEN GELSEN KONIG SAL
HAN WIE DIE ENGLANDER SEINEN
SAU MAG HAN ABER ESLEB UNS
KONIG HEINRICH DER 2. 1547 —
C. Beliol ; Fleishauer ; Minard
(41) ; de KnyfT, 647, pl. vm. —
M. Bruxelles, 154. — E. Vienne,
33: 141. — Demmin, 315. —
(Moderne).
563. IVDIT I SVSANNA. h...Vf | SPVRKEL.
L. Vf I DER MERTZ | DER APRIL. L.
Vf | INRI. L. W [1573] [SICH FVR
DICH TREV IST MISTLICH. 1573. L.
w]—C.c*®de Flandre,7 ; Paul,4.
— E. Vienue, 68 ; 502. — Voy.
n° 561*.
563*. IVDIT SLVG VLLOFERNVS KOP AF
| DE GERECHTICHEID | LVCKRE¬
CIA EIN ROMMERIN — C. NelleS.
Voy. n° 561* ; cfr. n° 178.
563*. IVDIT I VETVRIA | VIRGINIA —
C. Poswick.
564. i. v. H— C. Serrure, 322.
565. ivl | (ha)s (*) — C. Vleeshuys. —
Voy. n° 568.
566. ivlivs — C. Dedeyn ; Nelles.
567. ivlivs caesar. 1578. h. h — E.
Cologne, 1521. — Jaennicke, 436.
Voy. n° 26*.
567*. ivlivs ceiser [ceisser] ma-
thaevs [matthaei] xxv [1578.
h. h] — E. Carlsruhe, 1390 ;
Vienne, 69 : 501.
567*. IVLIVS CESAR 1 CARLVS [CARO-
LVS] I [GROS] ALEXANDER (*) —
C. Uisch, 44 ; Soil ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Liège, 170,
280 ; Cologne, corr : 1485
567 1 . ivlivs ciesar — C. Hetjens ;
Dansette ; Schmitz ; Schuer¬
mans.
568. IVLIVS IIAS CAMMER SECRETARIVS
| ANNO 1614. I. C. M. H — C.
Garthe, 113. — E. Cologne, 1537.
— Jaennicke, 436.— Voy. n°565.
569. * IVNGER GESEL HALT DICH WERM.
VF.RFVL NIT DEIN EN [DINEN] DRIM.
BIST DEN FRVWEN NIT ZV HVLT. SO
stet dv wvl [1579 ; 1599] — C.
d’Huyvetter, 73 ; Verhelst, 60; de
Weckherlin, pl. 8, 17 ; Minard,
131 ; Leven ; Hetjens ; Schmitz ;
Schuermans. — M. Bruxelles, 14,
(*) De la famille Haas de Turnich C?). Blason à armoiries parlantes : un lièvre (Haas en
allemand.
(*) Ce type a exercé les faussaires modernes.
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— 125 -
15 ; Kensington.— Demmin, 326 ; 425, n°6l8, 621; Jahrb. Bonn,
Jahrü. Bonn, XII, 127 ; Schmitz, LVII, 133.
n® 117. -
ivnges bi.vt. Voy. n° 314. 575. ivsticia zert | ivdit — M. Mett-
- * laoli. (3).
570. * IVNXHER CRVMEL (') S. M. 1609 575% IVSTICIA ZERT ! PAX ICI! BF.GERT
— C. Mennicken. | veritas [veirtas] halt wrt
- (wertI — G. Jonnaert, 5 ;
571. • ivno — Schmitz, n« 239. Paul, 7. — M Bruxelles, 143.
_ — E. Düsseldorf, 1258* ; Carls-
572. ivpiter [1589\ — C.Nelles ; Heim.
572 1 . * * ivpiter | mars | sol | ve-
nvs | mercvhivs I satvrnvs —
C. Frohne, 91 — Voy. n° 230.
572 3 . ivpiter | venvs | hannibal.
1566 — 2 e vente de Henesse,
235.
572*. IVPITER | VKNVS I MARS — G.
d’Huyvetter, 6 ; Koller, 158.
572 5 . •* IVPITER 1 VENVS | MERCVR |
diana — E. Vienne, 38 : 622.
572«. ivpiter j venvs | samson —
Rens. Pinchart.
572 7 . ivpiter | venvs 1513 | sol.
1593 — G. Frésart. — E.
Bruxelles, 171 ; Liège, 115.
572*. # IVPPEDER [ïVPPETEK \ IVPPI-
TER ; 1512] I VENVS | MARS —
C. Hetjens ; Mennicken. —
M. Bruxelles, 147. — Jahrb.
Bonn, XXII, 134.
573. i. v. Q — M. Gluny (4026).
574. i.v. s [1518\ — M. Cologne. —
Graksse, 756, 759 ; Üornbusch,
68, 83, pl. II, fig. 4 ; .Iaknnicke,
J.
583. JACOB FABER. 1656 — C. Schol- jOANNEset JOHANNES Voy. no*521,
laert. — E. Louvain. 674. 533, etc.
JOHANN BAKSKN... Voy. n° 531. JUNots BLLT Voy. n° 314.
(*) Les Crummel ou Knunmel de Necbtersheim et de Raaf, étaient des nobles du Ban de
Walhoin. 18
ruhe, 1392.
576. * ivsTITIa. 1583 — C. Schmitz ;
Schuermans.
577. 1VST1TIA | PAX I MISERICORDIA VE¬
RITAS. 1513. h. h — G. Minard,
compl : 885.
578. i. w [1664] — C. Michiels, 682.—
E. Francfort, 1011 ; Vienne, 49 :
559. — Graesse, 703; Jaennicke,
429 — Voy. L. vv et n° 563.
579. l.w... DNKR ÜRINCKT VND DOCH
keinen wEiN — G. Slaiighen. -
Mausyotiw , n° 86.
580. I. w. w. 1155 — Jahrb. Bonn,
LVII, 138.
581. i. w. s. 1685 — C. Thewalt, 3t.
582. i. AV. w. a. c. vv. n. a. c. R. 1615
— E. Munster, 1072.
i. z Voy. zavol 1 ...
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126
584. jungfrau. 1011 i. l — E. Vienne,
46 : 570.
585. j. z. — Greslou , 137 (moderne ?).
K.
586. (?) KAISF.R FERDINAND | J.UDWIG
PFALZGRAF | CIIRISTOPH ERZBISCH.
V. TRIER I FERDINAND ERZBISCH.
V. COI.N | FRIEDRICH ERZBISCH. V.
MAINZ | JOHANN GEORG. HERZOG V.
SACHSEN | GEORG. W ILHELM CHUR-
FÜRST V. BRANDENBURG — E.
Vienne., 44 : 53.
kaiserlige. .. Voy. n° 86.
KAMPEN, Voy. ZWOL 1 .
587. kan — C. Dornbusch, (moule),882.
K. B. Voy. n° 628* et terra. ..
588. (?) k. b. l — Jaennicke. 427, 435,
439, n° 648 (■).
589. * k. c — G. Veihelst, 91 ; Goos-
sens. — M. Bruxelles, 59.
590. * K. F. | i. h. s | 1131 — C.
Schmitz ; Üansette.
561. * K. F | k. h | k. p. [1584 ; 1581]
[i em avec le 4] — C. Thewalt,
14 ; Suennondl. — E. Liège, 253.
592. k.i.g (encreux)— M.Amsterdam.
593. KIRCHAVEN. RVSSENBERG. A. 1031
M. Cologne (*).
594. K. K [1568 ; 1513] — G. Essingh.
— Cfr. n° suiv.
594*. k. k I g [c]. m | n. m — Df.m-
min, édit ., 53; 4®, 235,322.
konigzv denkmark, Voy. n°603.
konigs von na. .. Voy. n° 274.
595. # KONING HEROIDVS [HEROTDVS] LIS
DEM IOHANNIS DAT HE VT AFSLAN.
1580 — C. Hetjens ; Mennicken,
51. — Schmitz, n® 38*.
596. KONNIG [kvnig] ART vs. 1558 [ 15881]
I KAISER [KEISER] CONSTANTIN |
hector von troie — G. Suer-
mondt. — Demmin, 1™ édit., 52 ;
4«, 317 ; Marryat , ,'160. — Voy.
n° 608.
597. * KOR ( 3 ) - C. Michiels, 641. - M.
Louvre, 416. — Chaffers, 322 ;
Graesse, 718, 770 ; Jaennicke,
658.
598. * korInell I korInel — C. Het¬
jens.
509. * K. P - C. Ruhr, 179 ; Heim, Il ;
Dansette; Eleischhauer; Hetjens;
Mennicken ; Schmitz ; Schuer-
mans — M. Charleroy.— E.Gand,
(') Il y a vraisemblablement erreur ; au moins est-ce là une abréviation conventionnelle
proposée par le Caialogue E. Munich (p. 230, n* 1836) : « Ans den frtiber trierischen und
wiedischen, nun nassauischen Orden, des sog(enannten) Kannenbâckerlandes wir bezeich-
nen so forlen kurz mit : k. b. l. »
( f ) Avec le blason des familles Kerckhoven (de Ruremonde) et Reuschenberg. Josse de
K*»rckhove, époux de Constance de Reuschenberg, était conseiller de la Cour souveraine de
Gueldre, à Ruremonde. Kirchoven était une paroisse de Gueldre, du décanat de Susteren.
( 3 ) Mal à propos pris pour un sigle : c’est le dernier mot de la légende gerhet. .. (voy.
n' 341), souvent écrit verticalement à la fin.
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127
450. — Van Bastklaer, 2 e R.,
pl. III. 13.
K. v. b, Voy. w. h. b et w. p. k.
600. *KVEN!NCK [KVEMCK ; KVENNICK ;
kvning ; kvnnickJ in [von] his-
PAMEN [HEISSPAMEN ; HESPA-
men[ [1584 ; 1585 ; 1581] —
3* vente de Renesse, 250; C.
Schmitz ; Schuermans. — M.
üand, 801 ; Aix-la-Chapelle. —
E. Munich, 1821. — Schmitz,
no 48.
601. * k. v | F. R. f | R. F (') - C. Soil.
— E. Liège, 171, 28y ; (iand, 373,
553.
602. * KVN1CK [WVNINCK] IN [zv] SVEDEN
[swedkn] [1510 ,* 1511 ; 1589 ;
1605\ [g. w] — C. van der Kel-
Jen, 112 ; Dedeyn ; Nelles ; Dau-
sette : Schmitz ; Schuermans. —
M. Aix-la-Chapelle ; Mettlach
(35) ; Bruxelles, 19. — E. ibid.,
264 ; Liège, 167. 238.
kvnig artvs... — Voy. n° 596 et
608.
603. * kvning [kv(nn)ick] zv den(nf)-
mrck. 1511. [B. m] - C. Kennis,
p. 27 ; Frohne, 34 ; Schmitz ;
Schuermans.
604. * kvning zv sch(we)den. b. m |
PRINS VON VRANIEN. 1511. B. M |
kvning zv üen(nf.)mrck. 1511. B.
M | MARCKGRAF VON BRANDEN-
BVRCH. 1511. B. M | WAPEN VON
engelant. a 0 77 — C dlluyvet-
ter, corr: 71. — M. Mettlach (45).
— E. Bruxelles, 151 ; Liège, 134. -
Brongniart, pl. xxix ; Schmitz,
n° 44.
* KVNING ZV SCHWEDEN. B. M | WA¬
PEN VON ENGELANT. A 0 1511. B. M
— C. Kennis, p. 27. — M. Bruxel¬
les, 19. — Schmitz , u® 42, 43.
605. * KVNMCK WAPEN IN [INNE] DEN-
MARCK [1577. i. e] — C. Minard,
corr : 904 (120) ; Frohne, 34 ;
Schmitz ; Schuermans.
606. * KVNMCK [KVNNINCK] WAPEN VAN
FRACKRJCH [1590. L. K *, 1591] —
C. Dedeyn; lianselle. — E. Liège,
110. — Schmitz, ii® V7. — Voy.
tes KVNMCK. ..
607. * KVNMCK WAPEN VAN HEISsPANIEN
[1581 ; anno 1591 ; anno 1596]
— C. d’Huyvelter, corr: 105;
Oppenheim ; Beyaert ; Dansette ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Bruxelles, 81 ; Trêves, 643. —
Schmitz, n° 49.
608. kvnnig [kvnig] artvs | sant iiil-
LENA | REX RAVIT. II. H — E.
Cologne, 1518. -- Voy. n° 5%.
609. * KVNNINCK IN [YNj SVEDEN | KVN¬
NINCK [KVNMCK] FILIPPVS [FILIP-
(') Ce grès représente trois personnages dont le premier et le troisième sont Charles Quint
(Karolus V), encore régnant, et Philippe II (Philippus Rex), déjà roi, ce qui correspond à
l'année 1554, où Philippe était roi d'Angleterre (par son mariage avec la fille de Henri VIII)
et de Naples-Sicile (par l'abdication paitielle de son père). Le troisième personnage, ne por¬
tant pas, comme les deux autres, le collier de la Toison d’or, est François I #r (Franciscus Rex
Pranciae ) quoique mort depuis 1547. (Ce grès parait être le n* 13 de la C. Jonnaert, acquis par
M. Bosch).
La date 1554, indiquée par les deux premiers personnages dont le dessin correspond à
celui des rois des jeux de cartes, décèle l'état de la fabrication de Raeren.
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128
POS?] D. G | PIIINSK MK PARMA |
(hk)nricvs der 3 n fh(an)(kr)icii
| HENRI DE GVISE | CHARLES DE
[D] LORRAIN | ROBERTVS COMES (')
[1589 ; 1591} [i. e m ; m v] -
C. Hetjens ; Frohne, 55; Paul,
31. — M. Nürenherg ; Trêves,
142 ; Cluny, 2*203 (1001) ; Sauva-
geot, < a orr: 947. — K Cologne,
1530 ; Liège, 139; Vieillie, 41,
coït : 534 ; Düsseldorf, 1207 ;
12. l. 1589 — C. Minard, 883 (*). -
E. Vienne, 67 : 506.
613. l. a. d. v. i651 — C. Kuhnen, 1624.
614. * LAET j DE COK | COKKN | 1570. I. E
I PARCE POPVLO | TVO | I E |
SPAKRT HERE V. VOI.CK. 1570 J
HOEIDT DIR COCK IN EEREN. 15 77.
I. E ( 3 ) — C. Hetjens. — E. Gand,
435.
615. I.AET ON S DRINCK MYN LIEE — C.
van Parys, 4*21.
616. lalalo — C. c ,e de Flandre. 37.
Gand, 374. — Jaennicke, corr :
435 ; (Tiikwalt), corr : 67 ;
Sciimitz, n° 45.
kvnninck filippvs, Voy. le précé¬
dent.
610. kvrmaisz — jahrb. Bonn, LVII,
138.
611. K x ü — C. Dansette (la 2® lettre=
un ornement ?).
617. * l I ART I m. P (*) — C. Schmitz ;
Schuermans.
618. LASKRVS I RICKE MAN | LAVKAS X....
P. K | I.ASERE | IN ABERlHAMS
scno(oss). p. K — C. c ,e de Flan¬
dre, 16. — E. Francfort, 1012 ;
Cologne, 2420* ; Cfr. E. Vienne,
71 : 508.
619. * lavrent de (Hasque Jehen)NE
DEICK 1000 ( 5 ) — C. Schuermans.
620. L. B [1632] — C. de Weckherlin,
pl. 30 ; de Coene, 235.
620 2 . l. b j p [l. i. b. p] — C. Gielen.
(’) Pour contrô'er la date inscrite sur le vase, il faut tenir compte des époques que voici :
Philippe II régna jusqu’en 1598: Alexandre Farnèse,ducde Parme, mourut en 1592; Henri III
roi de France, en 1589 ; Henri, duc de Guise, dit le Balafré, en 1588; Charles de Lorraine,
duc de Mayenne, fiè« e du précédent et amiral de France, en 1611 ; Robert Dudley, comte de
Leicester, en 1588, après avoir joué un rô'e dans les Pays-Bas en 1585 et 1587. C’est donc à ces
dernières dates qu'il faut reporter la création du type, qui sera resté pendant quelques années
dans la fabrication : c’est un des plus beaux modèles sortis de la main de Jean Emens.
(*) La marque l manque sur le n* (36) correspondant de la vente (acq. par M. Dansette).
( 3 ) Reproduction de « Compartiments » de Jacques Floris, édités par Jér. Cock, d’Anvers,
dont le nom est l'occasion de jeux de mots : ce vase est l’un des exemplaires révélant sur le
grèi de Raeren, la reproduction des gravures de l’école d’Anvers au XVI* siècle. Voy. aussi
NASCENTES. ..
(’) Léonard Mennicken-Pitz (?) Tel fut en effet, le nom d’un potier de Raeren.
( 5 ) Avec les blasons de Hasque et Deick qui ont permis de retrouver les personnages, habi¬
tants de Huy, au XVI* siècle : Laurent de Hasque, bourgmestre, époux de Jea-ne Deick ou
d’Eyck, dont le père fut également bourgmestre de Huy.
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X
— 129 —
621. * l. d [1616] — C. d’Huyvetter,
188 ; Mennicken, 222 ; Dansette ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Bruxelles, 101. — E. ibid. 210 ;
Liège, 199.
LEIBER LESER, Voy. n® 8 et OCH ...
622. LEONARD COLCHON AB SELEGN
PR(ae)SES VN ION BVR(sf)EL(densis)
— 2® vente de Renesse, 184 ; C.
Dedeyn. — M. Bruxelles, 106. —
E. Liège, 296, 307 ; Gand, 393,
410, 460, 596. - Van Bastelaer,
2* R., 113 ; Bull. Inst. arehéol.
iièg. s XVII, 110. — Voy. n® 232.
623. léonard hovwen (') — C. Minard,
1023 (403) ; van Parys, corr : 383 ;
Snoy ; 3 e vente de Renesse, 261 ;
de Meyer.— Hôpit. Bruges. — E.
Gand, 400, 518. — Van Baste¬
laer, 2» R.. 122.
624. leonh. fvrstenhavser acad. al-
torph. oeconomvs — C. Frohne,
98.
625. leonidas I hannibal | ... — C.
van der Kellen. 115.
626. # l. H (*) — C. Schmitz ; Schuer¬
mans.
L. B, Voy. p. l. i. b.
l(i b) Voy. n® 628*.
627. Vi litre | F. m — M. Bruxelles,
227.
627*. litre | i. p — M. Bruxelles,
228.
628. * l. K. 1584 — C. Hetjens. — Voy.
n° 228.
* 628*. l(kxb) [l(ixb)] P) — C. Dan¬
sette ; Schuermans.
L. K. 1. K, Voy. n° 228.
629. L. L [1589] (*) — C. Dansette.—
Voy. n®518 3 .
629*. * (ll) — Ruines de St. Bavon,
à Gand.
630. * L. M [95 ; 1595] - C. Sauvageot ;
Frohne. — E. Vienne, 49 : 535
(avec i. e). — Üemmin, 235.
631. l. m. fl. 1628 - Graesse, 696.
632. L. 24 . p. K. 1738 — E. Gand.
L. o Voy. n® 621.
LODOV1CVS... Voy. LVDOVICVS...
633. * LOFT GOTT AL TEIT VND WACHT
VND BETET DENN IR WISST NICHT
SV WELCHER STVNDT DER HERKOM-
men wird — Schmitz, n® 109.
634. LOT — C. Nelles. — M. Maestricht.
(*) Léonard, Houwen , avec le blason imprimé sur le vase, flgure dans une liste de congré¬
ganistes du collège des jésuites de Liège, au milieu du XVII* siècle. Ce Léonard Houwen
s'était marié à Liège avec Marie Clerx dit Seringen. Voy. n* 671*.
(*) Avec les armoiries de la famille westph&lienne Hovelich : il se pourrait toutefois que
ce fût le blason de Léonard Hoffmann, qui fut waut-maltre de Limbourg de 1571 à 1579.
( 3 ) Marque de potier formée d’un l (?) sur la ligne horizontale d'un 4, puis i (ou K) et b,
accostant un x traversant la hampe du 4, plantée dans un cœur.
(*) Avec les armoiries impériales d’Autriche.
19
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130
635. LOTHARIVS OEI GRAT. ARCHIEP.
TREVER. S. R. I. PER GALL. [F.T
ARELATE] ARCHICAN. PRI. ELECT (*)
— C. Garthe, 40 ; Frohne, 5. —
E. Cologne, 1510* ; Liège, 425.
636. (?) loth David 1568 — E. Franc¬
fort, 1014, 1015.
637. LOVIS LE GRANDROY DE FRANCE ET[&]
DENAV.ET MARIE TERESE(THERESE)
REYNE DE FRANCE. [1600 ,* 1694]
— C. Delaherche M. Trêves, 143.
— Ren«. Dansette. — Voy.n°645.
638. * L (avec un 4) | p. E [l. b] 1601 —
C. Schmitz. —- M. Sauvageot,
948. — Voy. n° 276%
L. R. Voy. P. A. KRAUCH.
639. lvbicensis [1591] H.H — C. Mi-
nard, 890 (37 2 ); Disch, 45; Frohne,
6 ; Nelles. — E. Bruxelles. 234]
— Schmitz, n® 83. — Voy. n® 93.
640. * lvcas de [van] wael[land.
[1519; 1585; an .1590; 1594 ;
a. 1591] i. k— Vente à Liègp,
18 déc. 1879; C. Müller ; Paul,
16; Dauw ; Piesens, 13. — E.
Vienne, 68: 518; Gand, 416.
(imitations modernes) (*).
641. lvce xi — C. Nelles.
642. *lvcern!scafhavsn|vry| schweitz
| VNTERWALDEN | BASKL — E.
Bruxelles, 248*. — Voy. zvric.
643. lvckretia [1591] — G Nelles.
643% LVCKRECIAE1N ROMIRIN 1561 \
ESTER FIAT [HAT] FICTORIA
[eictoria] — E. Bruxelles, 234.
613 3 . lvckrecia[lvckrece]einrom-
MER1N | FVRST VLOFERNVS VN
IVDIT | DIE GERECHT1CHE1T.
1576 - C. Nelles. - M. Sau¬
vageot . 935.
643*. * LVCRETIA [LVCRETCIA] [85]—
C. Schmitz ; Üansette. — M.
Mettlach (23 , 26).
643 5 . * lvcretia — C. Jonnaert, 35 ;
Hetjens ; Cassionne , 43 ,
Schmitz ; Schuermans. — E.
Munich, 1880.
643®. ‘lvcretia | esther [gedvld] |
ivdith [1566; 1513]. — 2®
vente de Renesse, 201 ; C.
Thewalt, — Jaenmckf., 428.
— Voy. n® 648.
644. lvdovicvs (caract. goth.) (») — M.
Sauvageot, 943.
645. lvdovicvs xiiii franci(ae) et n.
rex c(hr) [1619 ; 1691] P. R —
3® vente de Renesse, 144. — C.
Dornbusch,116; Paul, 58; Koller,
146 ; B°“ de X, 41 ; Fallize, 361 ;
(’) Lothaire de Metternich fut archevêque de Trêves de 1599 à 1623, et en cette qualité, il
était qualifié sacri romani imperxi par Galliam et regnum Xrelate (Arles) archicancellarius ,
princeps elector .
(*) Le type qui a servi à la fabrication de ces vases faux, a été fait pour un homonyme,
père ou parrain (?) de celui qui figure an XVII* siècle, sous le nom de Luc de Wael ( Land -
schap), dans les Liggeren de Saint Luc, I, 651. Si l’expression Landschap signifie paysage,
et s'applique au peintre du xvn* siècle, Luc de Wael, pictor ruralium , comme ledit une
gravure de Holler, d’après un portrait de Van Dyck, il y aurait lieu de se demander si le
hereditario jure dont parle cette môme gravure, permet d’assigner au premier Luc de Wael,
vivant au XVI* siècle, le même titre de peintre paysagiste.
(*) Avec les armes de Louis de Villiers de l’Isle Adam, évêque et comte de Beauvais pair de
France, mort le 24 août 1521.
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131
Gouellain. — E. Francfort, 1064 ;
Vienne, 44 : 564 ; Munich, 2337.
— Jaennicke, corr : 435.
646. lvna | ven vs j mercvrivs — C. de
Wcckherlin, pl. 43.
l. van stepraot. — Voy n® 450
647. * j.. v. p. m. 1585 — C. de Luese-
mans ; Mennicken ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Liège, 123.
L. v. r. voy. n® 284.
648. * lvseesia 1578 i. e || iem | anno
1578 || ven(us) paris, i. e —
C. Oppenheim. — Voy.n® 643.
649. LVTHER (LVCRECIA ?) | VENVS | DE
GERECHTICHEIT — Rens. PlN-
CHART.
650. * L. w [1570 à 1578 ; 1591\ - C.
Minard.893 (10); Michiels, 553,
554, 561 ; Garthe, 35 ; Renier ;
Mennicken ; de Chestret ; Minutoli,
646; Bodaert, 84 ; Koller, 129 ;
de Crassier ; Nelles ; Janssen ;
M
653. m - C. Minard, 986 (79) avec les
instruments de la Passion, pris
. pour des lettres, corr : 1047;
Schmitz: — Van der Kellen, pl.
xv ; Greslou, 137.
ma. 1550, Voy. n° 667.
654. madalen — C. Nelles.
Essingh, 72.— M. Bruxelles, 146;
Cologne ; Sauvageot, 936; Louvre,
402. - E. Cologne, 1529,1530 ;
Bruxelles, 243 ; Düsseldorf, omis :
1260 ; Vienne, 67 : 503 ; 68 : 502;
69 : 510 ; Liège, 255. — Demmin,
235, 315, 326; Graesse. 759,769,
770; Chaffers, 322; Dornbusch,
83; Jahrb. Bonn, LV11, 133;
Jaennicke, 427, 428, 436, n°619,
630. (Th ewalt) 67 ; Maasgouw,
n«76,86; Brongniart, pl.xxix,8.
651. lydia dwight (grès de Fulham,
1670) - E. Paris, (1867), p. 390 :
399.
652. * LYFDEN GE1T BOVlEN ALE DENCK |
NIF.N SPRICKT DIE | PENN1NCK ICK
BEN | SOK LYF EN SOE | (WE)RT
datider geb || paceetivstitiaO).
i. e — C. d'Huyvetter, 74 ; Men¬
nicken, 49; Hetjens; Heim;Dan-
sette ; Slanghen ; Schmitz ;
Schuermans. — M. Bruxelles, 31.
— E. Gand, 380. — Maasgouw ,
n° 91 ; Schmitz, n® 91.
655. * MAGNVS APOLLO SV1S PERMIS PITO-
NIA SAGITTIS | QVI NOVA TAM PO-
PVLIS CAVSA TIMORIS ERAT ( ; ) —
C. d’Huyvetter, 34 ; Hetjens. —
Schmitz, n® 133.
656. MANOAH IVDICV. 13 | SAMSON |
BRACHT[BRECHT]DAN LEW | EN DEN
(') Le devise pace et ivstitia est placée autour d’un médaillon aux armes d’Espagne, et
correspond à l’année 1577, ou, à propos de la Pacification de Gand, les États généraux des
Pays-Bas firent frapper une médaille analogue.
(*) v oy. sur la restitution de ces vers, manière d'Ovide, Bull . des Comm. royales d’art et
d’archéoL , t. XX , p. 88.
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132
BEC || DEL1LA [DALILA] BEDREGT
SAMSON IVD. 13. C (VSMAS) 1568.
H. h — C. de Weckherlin, pl.
29 ; Jonnaert, 1 ; Paul, 5. — M.
Cologne ; Cluny, 4047. — E. Bru¬
xelles, 37 ; Vienne, corr : 67 :
504 (Cfr. 68 : 505).
657. HANOI I HAGAI [AGAl] | GISABEL |
SAMSK I NVM DIF. | (HV)SEOLE I
SAMSON | BRICH DE LEVES (MV)L 1
1570. P. K — C. Minard, 905
(171 f \ Hetjens.
658. * * MANVS DOMINI NON ABBREVIATA
EST | MICHEL DEHLER [PEHLER] M
[n] p — E. Vienne, 21 : 787 ; 25:
611 ; 101 : 231.
659. * marci am vi — C. Mennicken;
Schmitz ; Schuermans.
659*. marci vi | aberh — C. Minard.
659». MARCI VII I LVCAS XVII | L. W—
C. Oppenheim.
660. * MARCK GRAF VON HRANDENBVRCH.
15 77. B. M — C. de Weckherlin,
pl. 9 ; Kennis, p. 27. — M. Mett-
lach, 24 (35) ; Brongniart, II,
224 ; pl. xxix, 6. — Voy. n° 604.
661. marcvrivs — C. Paul, 12. — Voy.
MERCVRIVS.
662. "MARCVS HEBRER [HEBERER] STADT
SYNDICVS ALLHIER. NILOFFERO NIL
avferam. 165 4 — E. Munich,
1823. — Jaennicke, 443.
663. MARIA D. G. MAG BRIT. FRANC ET
HIB. REG1NA & (') [1691. H. K]
[g. r] — C. Gielen ; Schreiber,
8 ; Frohne, 89 ; c*» de Flandre,
30 ; Dansette. — M. Gand, 784.
- E. Vienne, 51 : 785. — Voy.
"WILHELMVS III....
664. MARIA MADALENA | SOSANNA | H. H
— M. Cologne.
665. * MARQVIS SPINOLA | ENGELS KONIG
| ROEMSCH KAISER | PAIS | SPANS
KONIG | KONIG IN FRANCRIG |
KONIG IN DEN (MA)RC | (MAV)RI-
tis (*) — C. Minard, 943 (44) ;
Génie (357) ; van den Corput ;
Hetjens ; Oppenheim ; Disch,
87 ; Schmitz ; Schuermans. —
M. Aix-la-Chapelle. — E. Bruxel¬
les. 234 ; Gand, 383. — Schmitz,
n° 46 ; Rens. Dansette.
666. *mars( 3 ) — C.Nelles; Schuermans;
Schmitz. n® 141.
666*. (?) MARS I venvs — E. Carls-
ruhe,1386.
667. * MATHAEI XXV. 1590 I MA. 1559 I
1593 — C. Mennicken, 135. —
Cfr. E. Carlsruhe, 1390 ; Jabn-
nicke (Meltlach) p. 31.
667*. mathei.20 — M.Mettlach(ll).
667 3 . MATH El, 20 I MATTHl AEI AM XX
| VAN RICHER MAN | .. LASARO
lvc 16 — C. Disch, 50. |
Cfr. n®« 618 et 670.
668. mathevs | lv...es — M. Maes-
I tricht.
(') Marie d’York qui, en 1677, épousa le Stathouder Guillaume III, et monta avec son mari
sur le trône d'Angleterre en 1689.
(*) Deux des personnages mentionnés sur cette cruche sont seuls individualisés : Maurice
de Nassau et Ambroise^Spinola. Le mot pais (paix) indique sans doute la conclusion de la
Trêve de 12 ans, en 1609, où ces deux adversaires déposèrent les armes.
(*) Avec le blason de la famill« von Recke, de Cologne : fm^ARs.
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- 133 —
669. ** MATHEVS sCHONVOGEL ZV BASSAV.
1638 — Jaenmcke, 444.
matis wolfers Voy. n» 13.
670. MATTHAEI IX | I.VCaE XVIII | LVCAE
XIX — G. Disch, 51.
670*. matthaei xx — C. Nelles.
670 3 . * MATTHAEI XXII. 1590 — C.
Hetjens ; Mennicken.
670'. MATTHEVS XXVI j MATTHEVS
xxvii — C. Cussac.
671. * m. b — C de Coene. 256 ; Vlees-
huys. — M Sauvageot, 981.—
E. Cologne, 1592 ; Bruxelles, 234.
— Graesse, 706 ; Demmin, 940 ;
Jaenmcke, 427, n« 626. — Voy.
n° 88.
671*. m. B (avec un blason) (') —
Hôp. Bruges.
671*. m. b | b. 1588 - E. Caris -
ruhe, 897.
672. m. c (*) - C. Dedeyn. - E. Liège,
262 ; Gand, 395, 598.
673. mcccii - C. Garthe, 31 — E.
Cologne, 1465. — Jaenmcke, 415.
— (Faux ?)
674. *m. D (*) — C.Mennicken ; Schmitz;
Schuermans. — E. Gand, 451.
M. der. a Voy. n° 70(5.
m dr iong, Voy. n°* 289 et 362.
M. k. 1603, Voy. no 98.
675. * MEFST PISSEN HOE SY MY KEEREN
HET VROVKES EN MANS SIEN 1CK
SOT EN KAN Ml NIT MISSEN. I. E —
C. Schmitz. — Id. n° 150.
676. * MEIN LEVER LESER \ BESYNMYWEL
WAT | GY NOV SYT DATE | BEN YCH
WEÎST || EN WAT YCK NOV BEN |
DAT MOET GY NOCH \ WERDEN ALS
(il SYT | VAN DISER ERDEN BEN |
1586. i. E — C Hetjens. — Voy.
n°» 8 et 721.
677. * MEl.POMENE | TI ALI A | EVT | TERP-
SICORE | ELIO | POLI | CALIOPE (*)
— C. Terme (fragm ) ; Hetjens ;
Oppenheim ; Schmitz ; Dansette ;
Schuermans. — E. Cologne, 1622.
— Schmitz, n° 146.
677 2 . *(me)lpo(mr)ke | tialia | evt|
TERPS1CORE | ELIO | POLI | CA¬
LIOPE | ERATO || NOVEM MVSAE
— C. Hetjens ; Dansette ;
Schuermans; Schmitz. — Id.,
n° 146*.
678. * melsior hon(ck)ebovr. (m h) ( 5 )
— C. Essingh , 104 ; Mennicken,
107,117 ; Schmitz ; Dansette ;de
Biefve ; Schuermans. — M.
Bruxelles. — E. ibid. 183; Liège,
208. — Schmitz, n® 98.
679. (me) | M a° 1589 | g — M. Sauva¬
geot, 959. — Graesse, 712,770;
(') Ce blason est celui de la famille liégeoise Clerx dit Beringen ; il se rapporte soit à
Marin Beringen, soit à sa sœur Marie Beringen, épouse de Léonard Houwen (voy. n* 623),
qui vivaient au milieu du XVII* siècle (rectifier en ce sens, l’attribution erronée de ce blason
à la famille Dormael, Bull. Inst, archèol. lièg., XVII, p. 113).
(*) Avec le blason des Cortembach.
(*) Dans un blason où, en chef, les lettres m et d accostent une flèche la pointe en haut ;
coupé en pointe de deux fleurons.
0) Noms des Muses que le lecteur corrigera et complétera sans effort.
(*) A cause de la présence du 4 dit énigmatique avec le monogramme (m h), il est & suppo¬
ser qu’il s’agit d'un Cartemaker de ce nom, qui aurait travaillé pour les potiers de Raeren,
Le catalogue Essingh parle d’une famille Honecke Bour : est-ce seulement une hypothèse ?
20
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134
Chaffers , 32-2 ; Jaennicke ,
n° 651 (').
680. * (mf.)n dr.. (long ou ait*!) — C.
Schmitz.
681. * MENNICKEN | ANNO | 1579 — C.
Dan^ette (fragm.).
682. MENSCH | BEDENCKE DAS DV STERBEN
| MVSEST | GOTT GIB GNATT — C.
Renard-Soubre (Moderne?)
683. ' MERCKT DIT (ae)N | MY T RECHT.
1591 i. e. M. — C. Frohne, 53.
- E. Liège, 138.
684. * mercvrivs [15S9 ; 1591] - C.
Frohne, 19 ; Danselte ; 3 e vente
de Renesse,196; Ueljens; Schmitz;
Schuermans.—E. Francfort,1010.
— Schmitz, h® 143.— Voy.n® 661.
684*. * mercvrivs mercatorvm fav-
tor (*) [1577]— C.de Weck-
herlin , pl. 44 ; Schmitz ;
Schuermans.
684 3 . * * MERCVRIVS SATVRNVS_
1G29- C. Frohne, 91.
685. * MERTEN MENICKEN [MENICREN ;
menniken] — C. Frohne, 91. —
Voy. n® 80.
686. * MESEVRS ENDE GASTEN NEMPT
FLVSTS1CH DIE KAN BEI DER HANT
| ENDE BRENGT WIN. ANT. E
MONS ( 3 ). EINF.N ROMER VT HI 1S
wel bekant — C. Bodaert, 95.
687. *MESTER BALDF.M MENNICKEN POTTF.N-
BECKER WONEDE ZO DEN RORREN
| IN LEIDEN GEDOLT (’) 1577 \
WAN GOT WIL SO IST MEIN ZILL.
B. M || GRAMMATICA DIALECT1CA
RETOR1CA ARl(ME)TICA MVS1CAGEO-
METRIA ASTROLOGIA FIDES CARITAS
SPES 1VSTICIA PRVDENCIA TEMPE-
ratia fortitvdo [1577; 1593]
— C. d’Huyvetter, 75, 77 ; Ver-
helst, 58 ; de Weckherlin, pl. 9,
36 ; Kennis. p. 27 ; Hetjens ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Bruxelles, 19, 20 ; Sèvres. — E.
Cologne, 2413. — Demmin, 323 ;
Chaffers, 321 ; Marryat, 321 ;
Jaennicke, 434 ; Jahrb. Bonn,
xii, 129 ; xix, 152 ; lvii, 141 ;
Beffroi, IV, 121; Dornbusch,
Abh. % 20 ; (Thewalt), 68 ;
Schmitz, n® 92.
687*. * MESTRE IBALDEM 1 MENNICKEN
j POTTENBECKER | WONENDE
ZO DEN RORREN. 1577— JAEN¬
NICKE, 640 ; Jahrb. Bonn,
LV11, 141 ; Schmitz, n® 91. —
Voy. n 0# 73, 79, 88, etc.
688. m. g [1580 ; 85 ; 86 ; 1586] - C.
Verhelst, 36 ; de Weckherlin, pl.
13 ; Vermeerch ; Beyaert. —
M. Sauvageot ; Kensington. —
E. Bruxelles, omis : N. 79;
Düsseldorf, omis 1403 et s. —
Demmin, 235, 323: Graesse, 769 ;
Marryat, 360 ; Chaffers, 322 ;
Jaennicke, 441, n® 662. — Voy.
n® 32t.
(') Comme toutes les citations se rapportent au même objet, ne s’agirait-il pas d’un mono¬
gramme (i e m avec le AJ mal lu ?
(*) D'après un type de Beham, avec cette légende.
( 3 ) Nom du potier Antoine Emens ? sans doute mal à propos placé au milieu des vers de
l’inscription.
(’) Voyez ci-dessus p. èaet^n’ 516.
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135
(M. H) Voy. n« 678.
M. I, Voy. VENVS.
M1H, Voy. no 496*.
689. millendvnk. 1564 — C. Nelles.
690. * MINER VA I VENVS COPIDO | PARVS,
ANNO 1579. BALOEM MENNICKEN—
C. Minard (91).
691. M. IOHANNES KOBIVS ALDORPHI
P- P — M. Sigmaringen, 344.
692. MISERICORDIA ET VERITATE DOM
[UOM] (•) _ c. Helbig ; de Lim-
burg-stirum ; Renard-Soubre.—
E ; Bruxelles, 238; Liège, 297,
331 ; Gand, 425, 465. - Van Bas-
telaer, 2® R., 127; Bull. Inst,
archéol. liéy ., XVII, 105 et 122.
693. misericordia l. w. veritas _ E.
Düsseldorf, omis ; 1260.
mist min richtvm ... Voy. n« 56.
M- i. w. c, Voy. n® 677.
694. m. k — C. Paul, 28. - M. Sauva-
geot, 981. — Demmin, 940. _
Voy. n° 178.
698. * m m | m (*) — C. van Parys, 420,
Helbig ; Frohne ; Merghelynck ;
de Biefve ; Mennicken, 101, 138,
200 ; Beyaert ; Génie ; Dansetle ;
Hetjens ; Schmitz ; Sehuermans.
— M. Mettlach ; Cluny, (4028) ;
Bruxelles, 52. — E. ibid., 223,
234, 239. 258, 269 ; Düsseldorf,
1329. 1354 ; Liège, 125, 216, 225,
226, 282; Gand, 574. - Rens.
Dansette ; van Bastei.arr, 2 e R.,
pl. iv, 12; Graesse, 724.
699. m. o — M. Sauvageot, 949. — Dem-
min, 235 ; Chakfers, 322; Graesse,
715, 769 ; Dem.min, 235 ; Jaen-
nicke. 654. — Voy. n® 98.
700. ’ MORVS EX LEX ACTAFON CANIBVS
male svadvs alenüis rem perdit
CANIBVS PHEDA FIT IPSE SVIS ( 3 )
- C. Hetjens; Dansette jSehmitz;
Sehuermans. — E. Francfort ,
1164. — Schmitz, n° 132.
701 • m. P. d. 1517 - M. Mettlach (32).
702. m. s (*) 1660 — E. Carlsruhe,
1388.
695. * m. l G. Dansette ; Schmitz ;
Sehuermans.
696. m. L. d I gaspor — M. Charleroy.
— Van Bastelaer, 3* R. 58.
697. * *M. m. g | m. i. w. c | 1616 -
Graesse , (597 ; Jaenkicke , 442.
703. m. v. 1518 — M. Cologne ; Sanva-
geot, 947 ; Kensington. — E.
Düsseldorf, 1242. — Demmin, 940 ;
Dornbusch. 68. pl. 11,3.
mvsae Voy. n® 677*.
704. m. w [anno 1764] — 2® vente de
Renesse, 228; cfr. 3® id., 133. —
Voy. n° 13. (Terre cuite ?)
S dB S ' Lambert (à Liè * e >> Guillaume d’Oumale.
ayant épousé une Mennicken. ""''k*" ’ PeUl ' élre d un Martin Mennicken (voyez n“ 80 et 685)
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136
N.
705. ...na kvm er fort E... (zwei 711. N. m [1568 ; 1513] — C. Essingh.
kirchenl) 1589 — C.Gedon,32(<). — Demmin, 1" édit. 53 ; 4® id.
- 235, 32-2, 323.
706. * NASCENT(es) MOR1MVR FINIS QV(AE) N. M. K F. D. G Voy. n° 40.
AB ORIGINE PENDET (*) | 10ANNES -
LIEFRINCK | OMNIA | M. DER. A | 71*. NOB. I0HANN GEORG. COM.IN MANNS-
1583 — C. Schmitz ; Schuer-
mans.— M. Namur. — E. Bru¬
xelles, 236 ; Liège, 131, 258;
Gand, 431,599.
707. N. D — C. Minard, pl. x.
708. * ...N I EM I IN I SPA I KON j EN-
1518 - M. Bruxelles, 76.
709. * NEPTVNVS | VENVS \ MF.RCVRIVS.H.
h — C. Schmitz. — Jaennicke,
436.
710. * MET BETER STAF.T EYCK BEI DER
MASE ( 3 ) — *2® vente de Renesse,223;
C. Gielen ; Frésart ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Bruxelles.
155,171 ; Liège, 112 ; Gand, 432,
m.
NIET LIW ONTAW, Voy. WAT GOT
WIL THEIN.
O
o [1590 ; 1596]. Voy. n® 183 et
n« 716.
719. * o arme lasero. ies — G. Verhelst,
felt — E. Vienne, 74 : 431.
NON ABBREV1ATA.. . . Voy. n® 658.
713. N | ooi | N. P — M. Bruxelles, 125.
novem mvsae Voy. n« 677*.
714. N. p - C. Nelles.
715. (n r). 16. . — M. Namur. — Rens.
VAN DE CASTEELE.
n. s. Voy. w. s.
716. nvm xiii J c. k | o | c(av)(ir) — C.
Minard, 882 (4).
717. N V. Z I P. T I I. N. R. I I LVC. Z I
gene. ss | v. c. z — C. Hetjens.
nym des doitz. .. Voy. n® 498*.
718. N. z - M. Cluny, 2189 (4025).
compl : 44 ; Schmitz ; Schuer¬
mans. — M. Kensington. — E.
Bruxelles, E, p. 37-
0) Danse de paysans, attribuée à Siegburg.
(*) Vers des astronomiques de Manilius, IV, p. 16. — Sur Jean Liefrinck, voyez ci-dessus
n* 435. — Omnia était la devise d’Ernest de Bavière.— m der a est Mennicken der allé, pour
le distinguer de m dir iong (Mennicken derjonge). Voyez n" 289 et 362. Jean Liefrinck est
cité dans les Annales Antverpienses de Papebroc.h, II, 427, comme auteur d'un plan en per¬
spective de la ville d’Anvers.
( 3 ) Avec les armoiries de la ville de Maeseyek.
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<37
7». * ..oest ('). 159. i - M. Ain-la-
Chapelle.
721. * OCH LEIBER LESER | BESEïCH MICH
(WA)L | (WA)r DOV NOV BIS | DAT
BEN YCH GE WEST | (Wa)T YCH NOV
BEN | DAT MOST DOV WER — C.
Hetjens ; Dansette , Fallize, 379 ;
Schmitz ; Schuermans. — M.
Mettlach, 57 (52). — E. Düssel¬
dorf, 1338; Liège, 160.— SCIIMITZ,
n° 129 — Voy. n®* 8 et 676.
722. ODEIVS AMOR | h i k — E. Carls-
ruhc,1305.
723. * OFENBARVNG IOANNI | XVII — C.
Schmitz ; Dansette.
724. OF H1 I NIT EN I IS VAN IVDAS GE|
slecht [1591 ; 1598] i. e — M.
Cologne. — E. Vienne, corr : 46 :
548 ; 102 : 234.
TE>. (?) * * O LAMB GODTES DRENCK VNS
MIT DEINEM BLVD VNl) HALD VNS
IN DER nvd. 1662 — M. Sigma-
ringen, 324.
726. o. m. 1591 — C. Gevers, 649.
omnia Voy. n° 706.
727. * (otof)a — C. Mennicken, 264.
728. o. w - M. Trêves, 729.
P.
729. * P — C. Verhelst, 34 ; Schmitz.
pabst vno tkvfel, voy. n® 731.
pace et ivstitia Voy. n® 652.
730. PACIENCIA [PATIENCIA] | GESTEC1A
— C. Nelles. — M. Liège.
730*. pacientia — C. Disch, 47. —
E. Cologne, corr : 1699.
731. pack dich tevfel in intrvm I DAS
VNKREVT WILL ICI! AVSROTFN VND
werfen es ins fevr [1559 ?] —
C. Verhelst, corr : 6; Garthe, 48 ;
Minutoli 652 (3) ; Paul, 8 ; Ver-
meersch. — M. Berlin. — E.
Munich, 1804, 1883 ; Düsseldorf,
corr: 1258. — Demmin, corr :
317. — Jaennicke, 428.
732. * palas — Schmitz, n® 140.
732*. ‘PALLVS I F K N VS I IVNO I PA R VS
— C. Miehiels, corr : 558. —
E. Bruxelles, 240. — Voy.
n®« 139 et 690.
733. * PALTZ I BISCHOF MENTZ | BAIERN
j g. p. a | n v... — Rens. Schmitz.
734. panvs | ivdit . .op. .. | 1518 — C.
Nelles.
735. * PARCE POPVI.O TVO. 1516. I. E —
C. Mennicken. — Voy. n°614.
PARDISC, Voy. n®53.
736. * pardvs — C. Menniken.
737. *pas a pas 1a bonne fin 1 hopers( j )
( ) (Proist) ? avec le blason de la famille de ce nom d'Aix-la-Chapelle.
(*) Avec les a r moiries de Georges Hoppers (fils de Joachim Hopperus, personnage connu)
et d’Anne Van Oss. dont le père fut bourgmestre de Bruxelles en 1574 et 1585. La devise des
Van Oss (du Bœuf) était pas à pas. oi
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138
MOGVN [1588 ; I. H OU L. R] —
Demmin, 323 ; Marryat, 360.
| ... — C. Schmitz ; Schuer-
mans. — M. Aix-la-Chapelle. —
Ë. Gand, 384.
patiencia, Voy. n°‘ 120 et 730.
p. d, Voy. n° 761.
738. * P. e [1b85 ; 1598 ; 1601] — C.
Dansette. — M . Sauvageot, 948.
— E. Cologne , 1623. — Demmin,
940; Graesse, 705 ; Jaennicke,
427, n® 632 ; Rens. Pinchart. —
Cfr. n«» 47 et 742.
739. PECER VON K. ÎONGE NANTPOEG.
1660 — C. Osterrieth. — E.
Bruxelles, 158. (Moderne).
740. PEDRIOCH MAZ 3 J MT VKGEN IST
dansch vn u lis — C. Nelles.
741. * PEIFERT [PEIFER] GEFEHRT [GE-
fert] dv mvsblasen dan DANSSEN
DIE [dei] bvren [bavren ; bovren]
ALS WEREN SIE RASSEN [RASEN]
FRI VF SPRICHT BASTOR ICH VER-
DANS DI KAP MIT EN KOR (| WER
WILT [WILL] HALTENSEINENSCHE-
TEL GANZ LAS DEN BOVREN IHREN
danz[15£3 ; 1591 ; 1631 ! anno
1631]. [i. e. m] -- C. Essingh,
59 ; Leven, 56 ; Disch, 77 ; Pic-
kert, 61. — Demmin. 327 ; Jahrb.
Bonn, xxu, 127; I)ornbüsch,88 ;
Id., Abh., 16 ; Maasgouw , n®119 ;
Schmitz, n° 12. — Voy. n®* 341,
490.
p. E. K, Voy. n® 222.
742. P. E. KRAVCH CONS. ET SECRET.
743. * p. e 4 l — M. du Louvre. —
Rens. Dansette.
743*. *pe(lb) — C.Dansette ; Schuer-
raans. — Voy. n®* 276* et 638.
744. * pelipvs lomoent n(rossard) zo
w(al)H(orn) end ioe(he)nna bvck
sin hvsfrav (‘) 1588 — 3® vente
de Renesse, 256 ; C. Schmitz ;
Mennicken ; Dansette ; Heim, 25 ;
Schuermans.— M. Bruxelles,45.
— E. Ibid., 221 ; Liège, 215. —
Schmitz, corr : n® 62.
745. pkrstat in eternvm verbvm domi-
m. 1515. — E. Francfort, 2263.
— Dornbusch, pl. II, 7; Ann.
Nassau, XIV, 149.
746. PETER PH1L1PP. D.G. EPISC BAMBER-
gensis elec (Wursburg)ENSis (*).
1615 — M. Wiesbaden. — Ann.
Nassau, XIV, 149.
747. * PETER [P.] SVARTZENBERG [SVART-
ZENBVHCH ; SVARTZENBVRCH JSVAR-
zenbvrch! [ende ; vnd ; vnde]
MARGRETA [MARGRET ; MARGRETT]
nechtrsem [v. f.chtersem. g.
KRVMMEL; VAN NECHTRSEM G. K ;
NECHTERSEM GENANNT KRVMMEL ;
K.V.(NE); VON NECHTERSEM] SIN
[siner] hvisfravw [hvsfr(av) ;
HVSFRAV ; HVISFRAV ; HAVS-
fraw] ( 3 ) — C. Oppenheim ;
(*) Philippe Lomont, drossart du Ban de Wathorn, de 1587 à 1598, épousa Jeanne von
Buck, d’Aix-la-Chapelle. On trouve, dans les archives du duché de Limbourg & Liège, une
procédure suivie par lui contre le potier Baldem Mennicken. C’est à tort que le Catal. de
Renesse fait de Philippe Lomont un habitant d’Amsterdam ; il résidait & Raeren même.
( s ) Pierre-Philippe de Dombach, né en 1619, mort en 1683 , fut nommé en 1672, évêque
de Bamberg, et en 1675, de Wurzbourg.
( 3 ) Pierre de Schwarzenberg, lils de Guillaume, habitait Raeren et épousa, en 1566, Mar¬
guerite Crummel, dit de Nechtersheim (Quix, Kreis Eupen , 145).
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139
Mennicken, 80* 107, 117, 123,
136 ; Langaard ; Frohne ; Félix ;
Schmitz ; Heim. 15, 16 ; Danset-
te ; de Coene, 302; Schuermans.
— M. Aix-la-Chapelle ; Mettlach
(66) ; Bruxelles, 46. — E. ibid.,
183, 234 : Liège, 107, 208 ; Düs¬
seldorf, 1403 et s. ; Francfort ,
1091; Munich,2332.— Jaf.nmcke,
corr . 433 ; Schmitz, n° 63.
748. • * PETRUS I ANDREAS | JACOB MAJOR
| JOHANNES | PHILIPPUS | BAR-
THOLOMEUS | THOMAS | MATTHEUS
| JACOB MINOR | SIMON | JUDAS
DATTIEUS | MATTHIAS. 1701 — C.
c*« de Flandre, 8. — Voy. s.
petrvs...
749. * • PETRUS E| in aIpostel jesu |
CHRIST | DEN | ERWlET|TEN
FREMD|LINOF.N | HIN — C. Disch,
30.
750. PET. SIM. O.RITZ. KVRTRIER1SCHEM.
JVL1SCHEM (») — DORNBUSCH, 74.
751. * PFILIPVS. D. G. REX. 15 77 — C.
Dansette.
752. phar — C. Garthe, 268.
752*. pharon — C. Minard, compl :
932 (23). - M. Mettlach (29).
753. PHILIPP VON SCHÔNBORN. 1738 —
M.Nürenberg. — Jaennickk, 438.
754. * philipp(us II rex Hispaniarum.
Anna Maria arch. Austriae) maxi-
MiLiAN(i filia) 15.. i. e — M.
Aix-la-Chapelle.
755. *(Phoebvs) amat seqvitvrqvf. per
AVIA AMATAM (STRT) MANEATQVF.
ROGAT SED MAGIS ILl.ERVS (*) —
C.Hetjens; Schuermans; Schmitz.
— Id., n° 134.
756. p. i. e.l( 3 )-C. Body.
757. pilippvsIpelipvs]rex hispa.1594.
H. h — C. de Weckherlin. pl. 39.
— E. Cologne. 1523. -- Jaen-
NICKE, 428.
758. * PIRITHOVS HEFT G ET HO VT TOT |
Et(ND)ER VROWE HIPPODAYM EN J
(IIE)EFT TER SYN (luft) GENOT DIE
SENTAVHEN WAR (W)TQVAM | GRO-
TEN ROW YVANT Dl(VF.)RS |) D(AF.)R
SYN GEBLEVEN D(00)T DIE ’T GE-
(VE)CHT [ge(VR)CIRT ?] DAER YS |
GEWORDEN GR(00)TER î(HE)|SEVS
MOEST HIR DEND(00)T | VERWACH-
ten. 1576. i. ë — C. Oppenheim.
759. * PIVS 1111 PONT. OPT. MAX. AN. 6 ( 4 )
— C. Hetjens.
760. p. K [1570 f 1584\ — C. Minard,
905 (117) ; Michiels, 557 ; Becker,
1 ; Koller, 127. — E. Cologne,
1532,2416,2417. — Graesse,763;
(*) De Honthbim, Hist. trevirensis, III, 195, fait connaître, parmi les conseillers de l'Élec¬
teur de Trêves, en 1504 et 1595, Petrus Simonius genannt Ritz. L. Gülischer Rath.
(*) Voy. sur la restitution de ces vers, manière d’OviDE, Bull, des Comm. roy. d’art et
(Tarehéol., XX, 88.
( 3 ) Sur des débris, retrouvés à Spa, et indiquant peut-être une antique fabrication de grès
en cette ville.
(’) La première année du pontificat de Pie IV correspond à l’année 1559-1560 : il est plus
probable qu’il y a erreur et qu'il s'agit de Pie V, élu en 1566.
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140
Dornbusch.83, 85; Jahrb. Bonn,
LVII, 133; Jaennicke, 427,n°625.
761. # P. l {«) [158G. t. e ; 1595] - C.
Minard, 902 (17 : P. D ?) ; Het-
jens ; Mennicken ; Dansette ;
Schuermans. — Voy. n°744 et le
suiv.
762. * P. l. i. B (*) 1586 e. e — C.
Sehmitz ; de Visser, 477 ; Het-
jens ; Schuermans ; vente à Liège,
1880. — M. Aix-la-Chapelle.
763. * P. M [7 8 ; 1581 ; 81 ; 1581] —
C. d’Huyvetter, 33 ; Hetjens. —
M. Bruxelles, 24. — E. Munich,
1884,1885. - Voy. n° 477.
764. P. R [1676 ; 1618 ; 1619 ; 1680 ;
1691] — E. Francfort, lü65,1066;
Vienne, 44 : 564. — Rens. Pin-
chart.
PR4EFKCTVS DIEI. Voy. SOL.
765. * prîns von [van] vranten. 1577
[R. m ; l. w] — c. Minard, 975
(76);Dansette; Schrnilz; Schuer¬
mans. — M. Mettlach (45). —
Bhongniart, II, 224, pl. XXIX, 6.
765*. * prinsk | von vrIanikn 1519.
K. k — C. Dansette.
766. * P s (») [1518 ; ano 1518 ; 85 ;
1585] [e.e] — C. de Weckherlin,
pl. 5; Verhelst, 130 ; Garthe,211 ;
Mennicken, 85 ; Hetjens ; Frohne;
Sehmitz ; Schuermans. — M.
Kensington ; Cologne ; Bruns¬
wick ; Mettlach ; Bruxelles, 48.
- E. ibid., 264 et E, p. 37 ;
Cologne, 1613. —* Voy. zwoll. ..
766*. P. s. 1663 - E. Vienne, 80 :
997.
767. * P. S. G. C. Z. M. B. G. G. V. F. Z.
C (*). 86 — C. Mennicken, 121 ;
Sehmitz; Dansette; Schuermans.
— M. Maestrieht.— E. Gand, 387.
768. P. s. M. h — C. Spitzer. — Rens.
Dansette.
769. * p. s. m.k( 5 ) — C. Helbig ; Frohne;
Mennicken, 91, 141; Fleisch-
hauer; Soil; Sehmitz; Dansette ;
Schuermans. — M. Mettlach ;
Bruxelles, 47. - E. ibid., 241 ;
Liège, 127, 169, 287.
p. svartzenberg, Voy. n« 747.
770. p. s v. d. R. 1622 — C. Terstap-
pen, 3.
771. p. v. 1605— Graesse.761 ; Jahrb .
Bonn, LVII, 133; Dornbusch, 83;
Jaennicke, 427 : n° 623.
(') A distinguer 1* le blason au chevron (quelquefois manquant) accompagné de trois
étoiles : armoires de Philippe Lomont, voy. n* 744, et 2* un blason à l’aigle : p(ojL(onia) ?
(0 Pelipus Lomoent Johanna Buck : voy. n* 744.
( 3 ) Le plus souvent avec les armoiries de Pierre Schwarzenberg, voy. n* 747. Le beau
vase du Musée de Kensington fut peut-être fabriqué à l’occasion du mariage de cet habitant
de Raeren.
(*) Armoiries de Palant-Manderscheid, indiquant la deuxième épouse du comte Palant de
Culembourg qui joua un rôle dans la révolution des Pays-Bas au XVI* siècle : Philippa Sido-
nia Graefin Culemborg ru Manderscheid-Blankenheim-Gerotetein, Gemahlin von Floris zu
Culemborg. Le grès date de 1586, antérieurement à la séparation qui eut lieu en 1591 entre
les époux.
( 5 ) Peter Schwarzenberg Maryret Krvmmel. Voy. n* 747.
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• *
773.
77*2.
p. v. E. 1667 . B — E. Vienne.
18: 9.
p. v. w, Voy. n® 794.
* pvtgen | vte [1580 ; 1585 ] i. k
— C. Mennicken ; Schmitz ;
Schuermans.
Q.
774. * Q. p. 1604 — C. Jonnaert, 31 ;
Minard, 1U61 (162). — Voy. le
suiv.
775. * QVELLEM PaRDICQVE MARCHAND
BORüOR de liege^)— l r# vente de
Renesse, corr : 276 ; C. Schmitz ;
Kempeneer, 276.— M. Bruxelles,
94 ; Mettlach. — E. Liège, 258;
— Voy. n° 53.
776. QVOD GENVS ET PROAVVS ET QV(a)K
NON FECIMVS 1PSI V1X EA NOSTRA
pvta ( 4 ). 1685 — C. Dansette.
— E. Liège, 360. — Schmitz,
n° 136.
R.
777. r. ar — E. Vienne, 34 : 156. —
Voy. n® 54*.
778. REPVBLICA NVRNBERGENSIS. 1601
| 1691 . w. r — G. Dansette.
779. REX DAVIT | DE GROS ALEXANDER |
IOSVE. ANNO 1592 . H. Il — G.
Verhelst, 9. — Voy. n°* *26, 150.
779*- REX DAVIT | HANS HAN | KVNIG
a RT vs — M. Narnur. — Voy.
no» 596 et 608.
779*. REX davit. 1577 | IOSVE VON
GOT FEKARTNET I HECTOR VON
droi — C. Suermondt. — E.
Cologne, 1500.
rex poi .Voy. n® 368.
R. I, Voy. TERA SIGILLATA.
rickwin, Voy. n° 781.
780. * rien sans panie. dv favlqve
helen(ne) ( 3 ) — G. Mennicken ;
Dansette ; Schmitz ; Schuermans.
— M. Sèvres, 1951 ; Bruxelles.
50. — E. ibid. 258 ; Düsseldorf,
corr : 1344 ; Liège, omis : 234 ;
Gand, 396. — Schmitz, n® 74.
781. * RllCKWIIN VAN ESSF.N HE ER TOT
(*) Quellin Pardick (voir ci-dessus, n* 53) est souvent cité dans les actes baptismaux de
l'église N.-D. aux Fonts à Liège, qui révèlent en outre ses relations avec Robert Thiévin.
graveur liégeois, qui fournissait des modèles aux potiers de Raeren : il est prouvé par là
qu’à la Ûii du XVI* siècle, Raeren était en contact direct avec Liège, où elle avait des corres¬
pondants artistiques et commerciaux : le graveur Robert Tbiévin fut le 11 août 1596, parrain
d’un enfant Pardick. Voy. ci-après n* 784, note s.
(*) Cfr. Ovid., Metam., XIII, 140 ; les armoiries correspondent à celles des Seydlitz, de
Calcar, près de Trêves. — Ce vase a été rapporté, par erreur, à la fabrication de Raeren.
(*) Hélène de Faucuwez, dont les armoiries se trouvent sur ce vase, épousa en 1611
Ernest d’Ombre. Voy. n* 486.
22
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142
SWANENBVRCH (') ANNO 1633 —
2® vente de Renesse, 282 ; C.
Minard, corr : 1095, 1096 (179,
180); Spitzer.— Rens. Dansette.
782. n. K. 1589 — M. Sigmaringen,
383.
783. R. M — Rens. Pinchart.
784. * ROBERT THIKVIN CARTEMAKER (*).
— C. Verhelst, 80 ; Minard, 979
(87) ; Ruhr, 182 ; Mennicken, 93,
146; Hetjens ; Schmitz; Danset-
te v Schuermans. — M. Mettlach
(66); Bruxelles, 52. — E. ibid.,
264 ; Düsseldorf, corr : 1320. —
Schmitz, n® 86.
ROBERTVS COM ES, Voy. Il® 609.
hoddobio, Voy. n® 50.
785. R. p — C. Fleischhauer.
786. (r q r) —* C. de Luesemans ; Ter¬
me. — E. Liège, 354, 355.
787. R. n | i. B ! 1615. 1. E — M.Trèves,
138. — E. Cologne, 1615. —
(Thewalt), 68.
795. * sachsen | [1588] i. e — C. Op-
penheim ; Vermeersch ; de Weck-
788. R. R | k. k. 1599 — M. Cologne.
789. * R. s | n. o — C. Hetjens.
790. R. t — C. Becker, 65. — (De
Raeren ? voy. n® 784).
791. * RVDOLPHES II D. G. ROM. IMPERAT
SEMP. AVG. GERMAN. HVNGAR. BO-
hem ( 3 ) 1604 — C. Jonnaert, 15 ;
Bodaert, 89 ; Minard, 907, 1041
(88, 119) ; Mennicken ; Milani,
156 ; Vermeersch ; Dansette ;
Heim, 18; Schmitz; Schuermans.
— M. Aix-la-Chapelle. — E. Düs¬
seldorf, corr : 1296 ; Liège, 240.
-- Schmitz, n®52.
792. * RVF GOT IN ALLEN NOTHEN AN ER
WIRT GEWISSLIC DIR BE1STEN —
— Schmitz, n® 131.
793. R. v. h — M. Sauvageot, 952. —
Chaffers, 322 ; Graesse, 711,
769 ; Jaennicke, 650 ; Drmmin,
235, 326.
794. * r. v. w — C. Schumaçher.
ryckwyn ... Voy. n® 781.
herlin, pi. 16 ; Schuermans. —
M. Kensington.
(') Ryckwyn van Essen, seigneur de Swanenborch, maître des digues du Veluwe, en
Gueldre, était le beau-père d’Elbert d’Isendoorn de Blois, voy. n* 265. Deux vases annulaires
(Wurstkrüge) avec l’inscription ci-dessus, de l’an 1633, et par conséquent de la décadence
de Raeien, ont été vendus à la vente Minard, chacun frs. 8,750, sans les frais.
(*) Robert Thiévin, qui s’intitule lui-mème Cartemaker (graveur sur bois pour les fabri¬
cants de jeux de carte), est un des modeleurs étrangers à Raeren, qui ont fourni des types
aux potiers de cette derrière localité. On ne connaît pas de modèle signé de lui, autre que son
propre blason. Voy. cependant n* 790. Cartemaker, d’après M. Herm. van Duyse, peut être
pris comme synonyme à'imagier. Robert Thiévin, d’après les actes baptismaux et un vitrail
où il est qualifié maître de céans, habitait à Liège en 1590, une maison sise presque en face
de l’ancienne église de St. Nicolas outre Meuse.
( 3 ) Rodolphe II, empereur d'Allemagne, fils de Maximilien et de Marie d’Autriche, fille de
Cbarles-Quint, naquit en 1552 et mourut en 1612.
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m
795*. sach | sen . 1588 [... ba .. com
ET MEKR BOVRGOG...] — C. de
Weckherlin, pl. 14 ; Oppen-
heim.
795. * salmon — C. Hetjens.
796*. salomo — C. Leven ; vente à
Liège. 1880.
796*. SALOMON I DAVID | DANIEL.
1559 — C. d'Huyvetter, 1 ;
Verhelst, 2 ; Jitta, 103. — M.
Bruxelles, 140. — E. Düssel¬
dorf. 1247. — Voy.n 0 159.
797* salvator monde. 15 77. h. h — C.
Minard, 879 (2) ; Thewalt. —-
E. Munster. 1027 ; Cologne, corr:
1619 ; Düsseldorf, corr. 1248.
797*. SALVATOR MVNDl I PETRVS EIN
APPOSTEL CRISTE. 1569 J PAV-
LVS DAS AVSERWELTE FAS —
C. Widerberg. — Jaf.nnicke ,
429.
798. * * SALVATOR I S. THOMAS | S. MA-
THEVS | S. IACOB MINOR | S. SIMO-
NIS l S. TADEVS | S. PETRVS | S.
ANDREAS | S. IACOB MAIOR | S.
IOHANNES | S. PHIL1PPVS | S. BAR-
TOLOMEVS | S. IVDAS [*653] — C.
de Weckherlin. pl. 43. 48. — M.
Cluny, 1278 (4054).
798*. * * SALVATOR I S. THOMAS | S.
MATTHEVS | S. 1ACOBMIN | S.
SIMON | S. IVDASTAD — M.
Bruxelles. 209.
799. (?) SAMAR1TER1N | HELKNA \ IVDITH
1 SVZANNA. 1510 . H. H — C.
Verhelst, 4. — E. Cologne, 2430 ;
Munich, 1820, 1827— Cfr. n«157.
800. SAMSO BRICHT DEN LEWEN DEN BEC
| DELILA BEDREGT SAMSON. IVD.13
| SAMSO NVM (NAM) DIE (HV) SEOLE
[ann. 1568 ] H. H — C. Becker,
3. — Cfr. M. Cluny, 2180. — E.
Vienne, 68 : 505. — Voy. n°656
et suiv.
801. * samson — C. Sehmitz. — Voy.
no 87.
801*. SAMSON | ABRAHAM | DAVID —
3 e vente de Renesse, 135.
samso nam Voy.n 08 657 et 800.
801 3 . SAMSON I DAVID | SALOMON —
E. Vienne, 72 : 209. — Voy.
n° 87 .
801*. * SAnSo I SANSO | DELILA — C,
Mennicken.
802. (?) s. ANDREAS — E. Vienne, 102 :
240.
SANT HILLENA.., Voy. n° 608.
SANTO fides, Voy. n° 190.
803. sara abrams — C. Nelles.
804. SATVRNVS | IVPITER I MARS | SOL |
VENVS | MERCVRIVS | LVNA (*)
[ 1628 ] — C. Oppenheim ; The¬
walt ; Minutoli, 668. — M. Cluny,
1283. — E. Düsseldorf, compl :
n° 230.
804 2 . * * SATVRNVS I IVPITER | MER¬
CVRIVS | SOL | VENVS — E.
Vienne, 19 : 13.
864 3 . SATVRNVS I VENVS [IN GOT1N
DER LEIFT] | MERCVRIVS. 1591 .
H. H — C. Verhelst, 11 ; The¬
walt. — C. Cologne, 1522 ;
Vienne, 71: 514. — J aennigke,
428.
805. SAVL° BAT (VE)RLOFNIS VA | DE HOG
0) Cette inscription qui se rencontre sur des vases de divers ateliers, correspond aux
divinités des jours de la semaine, en remontant, en arrière, à l’avant-veille : Samedi, Jeudi
Mardi, Dimanche, Vendredi, Mercredi, Lundi, (Samedi, etc.)
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144
preister act. 9 — C. Nelles
(moule). — Voy. n° 818.
806. savl trac Dite davüt vmb zv |
BRENGF.N || DAVID HEVT | DEM GO-
LIAT | DAS HEVBT 1 \B. 1573. L.
w || david slaIvdert golIiat
mit El 1 vem stein — C. Hetjens ;
Nelles.
[savl was. .. Voy. n° 813.
807. * SCHOTEN I DE(NMA)RCK j HOLANT
I ENGELAND | SELANT | (MV)NSTRER
| HESSENBVRG (’) [1539] L. E OU
E. m (avec le 4) — C. Thewalt,
II ; Hetjens ; Suermondt. — E.
Vienne, 48 : 537 ; Liège, 252.
schvlenbvrh Voy. n° 446.
808. (?) SCHWEICKARD VON CRONBERG
CHVRFVRST VON MAINZ (*) — E.
Francfort, 1036 ; Munich, 2335.
— Jaennicke, 429.
809. s. elena | ivpiter — C. Nelles.
seelicher... Voy. n° 188.
810. SELTERS (h n) ( s ) — Jahrb. Bonn,
LVI1, 138,147.
811. semiramis [1558 à 1560] — C.
Essingh, 74. — M. Clunv, 2185
(4050).
812. * SENT PAVLVS EIN APOSTEL DES
HEREN [ANNO 1575. B. M] — C.
Thewalt, 1 ; Habets ; Hanicq,
394 ; Hetjens ; Schmitz. — E.
Cologne, 1621 ; Düsseldorf, 1285 ;
Liège, 267. — Schmitz , compl. :
n° 34.
813. * SEY MONT EN MY NOCH LEVEN EN
LALTEN I.YDEN DEY MY NYT [NYETj
END GEVEN EN NOCHTANS SERRE
[SER] HATEN [BBMDEN] AEF GVNS
dat ys der w... - C. Hetjens.
814. (?) S. FRANCISCVS | S. 8EBASTIANVS
1643 — C. Leven, 10.
814*. (?) S. FRANCISCVS | S. THERESIA
| S. AGNES | S. SCHOLASTICA —
E. Vienne, 25 : 736.
s. helena, Voy. n° 157.
815. ** ...s. ÏACOB MA I S. IOHANN | S.
PH1LIPPVS I S. BARTOLOMEVS |
SALVATOR | S. THOMAS.. — E.
Düsseldorf, omis : 1396.
816. SICH FVR DICH TREV [FREVD] IST
MISL1CH [misslich] [1573] L. w
— C. Essingh, 72 ; Disch, 41 ;
c ,# de Flandre, 19 : Paul, 4. — E.
Cologne, corr : 1530. — Demmin,
3® édit. 315; Jaennicke, corr :
428. — Voy. n® 563 et spvrkels.
817. SIEHK AU [an] DIS SPIEL. IS UNI*
drinck [urink] nit zu \ iel [ 1662 ]
— M. Nürenberg ; Maestricht.
818. SIF. N AME IN BEIDER HANT | VD
FVRETE INGE DAMASCON || HEKR
(*) Les familles de Munster et de Hesseberg, dont les armes figurent sur ce vase, sont
des familles du Haut-Rhin (environs de Mayence), Est-ce à une alliance de ces deux familles
et à un voyage de noces dans les pays désignés par l’inscription, que les sept blasons font
allusion ? En tout cas. la date semble être le résultat d’une erreur, parce que les potiers de
Raeren i. e. et e. m. vivaient à la fin du x.vi* siècle et qu’en 1539 la fabrication artistique de
Raeren n'avait pas commencé.
(*) Jean Suicard de Cronberg fut archevêque de Mayence de 1604 à 1626.
(*) Sur les cruches modernes d’eaux minérales.
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145
WER BISTV WAS J WILTV DAS ICH
THV SOL | SAVL BAT (VE)RLOFNIS
VA | DE HOGPREISTER ACT. 9 ||
SAVL SAL | WAS VERFOLGES TV
mich. ft [(ft)] — C. Jonnaert, 6 ;
Bodaert, 86 ; Minard, 888 (15). —
E. Amsterdam. — Rens. Dan-
sette.
819. • SIGELLE [SIGELEl DES ERSAMEN
ROETS DER STAT DANSICK. 1586.
i.e — C. Mennicken ; Hetjens ;
Schumacher ; Schmilz ; Dansette ;
Widerberg ; Schuermans. — E.
Düsseldorf, 1853 , Liège, ‘220. —
Schmitz, corr : n® 80. — Voy.
WAPEN DEK LVBEL1GER. ..
820. SIG1LLVM MICHAELIS FLADE (') SCA-
BIN1 CONFLVENTINENSIS. 1590 —
C. Minard, corr : 929 (22).
821. * * SIGMVKD SCHVSTER. 1618.— E.
Vienne, 25: 612.
822. SIGNEVR DE MATRA ET GOVERNEVR
de MONIWRA (*) — M. Charleroy.
— Van Bastelaer, 3® R., 44.
823. s. iohanes — C. Garthe, 273.
821. s. m. 1609 - C. X (à Eupen) ; Mi-
nard, 1299,1300. —M.Sauvageot,
958 ; Liège. — Demmin , 235 ;
Chaffers, 322 ; Graesse, 716,
769 ; Jaennicke, 235, n® 655.
825. * s. maria. 1585 (caraet. goth.) —
C. Schmitz.
826. s. matthaei — M. Liège. — Voy.
n® 667.
826*. * S. MATHEVS. S. MARCVS. S. LV-
CAS. s. ioha(nn)es — C.
Frohne, 93.
827. s. M. d. b — M. Wiesbaden. —
Ann. Nassau, xiv, 146.
828. (?) s. NICOLAVS I S. DOMINICVS —
E. Francfort, 1150.
829. * snt lvcas — C. Schuermans ;
Schmitz. — 1 d., n°35.
830. * so dansen di herrn— C. Schmitz.
831. * SOE GOET DES [DAT] DV FOL SV-
PERS.ES MOS sein ( 3 ) a® 1590 I.M—
C. X. (Arras); Hetjens ; Cfr. Kônig,
42. — E. Vienne, corr. 45 : 540.—
Dornbüsch, 88; Abh., 17 ; Jaen¬
nicke , 433. Rens. df. linas.
so kvnninck, Voy. n® 199.
832. * sol — C. Schmitz.
833. soldaten vnd die seint ehren
WERT SIE DEINBN SV FAVS VND
AVCH SV PERT VND W1E \] MAN ES
VON IHNE BEGERTT IN DEGEMBER
ANNO 1611 | REIDKT IN NAM DS
here—C. de Weckherlm, pl. 13;
X (Amsterdam). — E. ibid. —
Rens. Dansette.
834. *(sol)diei praefectvs ( 4 )—C.Mer-
ghelynck. — E. Liège, 278.
0) La famille Flade a fourni différents fonctionnaires aux villes de Coblence et de Trêves
•(de Hontheim, Hist trevir., II, 545, 787 ; III, 216, 444) ; mais le prénom de Michel n’a pas été
retrouvé pour l'un d’eux.
(*) Sur des imitations du n* 477, fabriquées à Boufüoulx.
( 3 ) So geht es des Vollsâufers : es mus sein. (Scènes d’ivrognerie).
( 4 ) Sujet et légende de Hans Sebald behàm (école de Nürenberg).
23
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146
835. solfator grosai.f ( ! ) *570. p. k —
E. Vienne, 69 : 509.
836. SOL i HANN1BAL | 1VPITER [*577 /
*595. u. a]— C. VanderKellen.
— Id., pl. lxx (Moderne).
836*. SOL I ivpiter | VENVS [*555 ;
*595 ; h. aJ — C. d’Huyvet-
ter, 5 ; Van Genechten,809.
— M. Bruxelles, 145. — E.
Cologne, 1495. — Van der
Kellen, pl. lxxi (Moderne).
836*. SOL (?) I LVNA I MERCVR —
Jahrb.’Bonriy xxii, 135.
836 4 . SOLL I MERCVRIVS | MARS II
SOLL | MON | MARS [AL] —
C. Oppenheim. — E. Munster,
omis : 1073.
836*. * * SOL | MERCVR | VENVS | SA-
TVRN I IVPITER | MARS — E.
Vienne, 17 : 935.
836 e . SOL I VENVS I IVPITER [*525 ?
*595] h. h — C. Van der Kel-
len (moderne) ; Jonnaert, 4.
— M. Bruxelles, 142. — E.
Vienne, 70:218.
836 7 . * * SOL I VENVS 1 MERCVRIVS —
E. Düsseldorf, omis : 1397.
836». * * SOL I VENVS [VENES] | MER¬
CVRIVS | [LVNAj | SATVRNVS |
IVPP1TER [IVPITER] | MARS
[*640] — C. Oppenheim ;
Paul, 107 ; Frohne, 91. — E.
Vienne, 17 : 935 ; Liège, 433.
837. # SOSANNA I b. m I h. H — C. Het-
jens.
838. * SPES 1 CHARITAS | IVSTITIA — C.
Konig, 43. — E. Carlsruhe, 1403.
839. * SPES MK\ DEVS. BALTHASAR REINE
A. B. AB. MAR (*) - C. d’Huyvet-
ter, corr : 39 : Jonnaert, 32 ;
Mi nard, 1041, 1043 (77, 88) ; Fai¬
lle, 369 ; Widerberg ; Dabi ;
Mennicken, 228 ; Schmitz ; Dan-
sette ; Sehuermans. — M. Mett-
lach. 61 (57) ; Aix-la-Chapelle.—
E. Bruxelles, 205; Liège, 161,
196. — Jaennjcke, 943 ; Schmitz,
n» 108.
840. * * S. PETR [PETE, PETRU, PETRUS]
| S. ANDRE [ANRES *, ANDREAS] |
S. JOHAN [JOHANN J JOHANNES J
JOHANES] | S. PHILIP [philipp ;
PHILIPPUS ; PHILIPUS] I S. BARTHO
[RARTOLO ; BARTOLOME ; BARTHO-
MEUS *, BARTOLOMEUS] | SALVATOR
[ou l’Agneau] 1 s.thoma[thomas;
TOMAS] I s. matthk [mattheus ;
mat(th)kus ; matheus] | s. jacob
MIN [JACB M1NOR ; JACOB MINOR] |
S. SIMON [SIMONIUS ; SIMONIS] |
S. JL'DAS ( 3 ) [DATH ; DATHE ; DA¬
TE US ; TADEUS ; TATE ; THADEj |
S. MATTHl [MATHIAS *, MATIAS *,
Matthias] [*055 ; 1656 ; 1664 ;
1680 ; 1691 ; *747] — C. Maze-
Sencier ; Gedon, 29 ; Oppenheim ;
de Weekherlin, pl. 43, 48 ; Paul,
102 et s. ; Disch, 50 ; Frohne, 92;
C. de H., 181 ; Becker, 208 à 213,
etc., etc. ('). — M. Bruxelles,
(i) Il n’y a sans doute qu’une coïncidence dans la ressemblance de ce nom avec celui du
peintre Salvator Rosa.
(<) Lire : Balthasar Reiner, a Bree abbas S. Martin Majoris. Ce personnage, originaire d ®
Brée (Limbourg actuel) fut abbé du Grand Saint-Martin à Cologne, pendant 35 ans: de 1585 4
1621. On trouve son blason, semblable à celui des grès de Raeren, sur son épitaphe encore
conservée à Cologne. .
(3) s. lude (judas Thadée) est confondu avec le 13‘ apôtre Judas, par le catalogue du musée
de Cluny, même dans l’édition revisée.
(.) On omet de nombreuses collections possédant des Apoitelkrüge , qui varient entre elles,
ayant été revêtues, i main libre, d'inscriptions peintes et non imprimées.
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147
210 à 213 ; Cluny, 4054. — E. 848.
Munster, 1070, etc., etc. — Voy.
n® 748.
841. s. PHILIPS GRAV. Z. HOHENLOfe V.
HERR Z. LANGENBVRG — C.Schuer-
mans (moderne).
842. s. p. i. h — Gand, 466.
843. * SPRiNCK [SPRANCK] FR|I op [vf]
GlEIT DE|R PISZ [PISS] I MVS FER-
DANSlT sei. 1597 — C. Dedeyn ;
Hetjens ; Schmitz ; Schuermans.
— M. Mettlach (50). - E. Liège,
147,261. — Schmitz, corr : n» 5.
844. s. P. v. b. 1601 — C. Vermeersch. g^
845. SPVRKELS (1). L. W | DER MERTZ |
DER APR1L | IN RI. L. W [1573] —
C. Essingh, 72 ; Disch, 41. —
Voy. n° 561®.
846. (?) s. rvpertvs. — E. Francfort,
1141.
- 852.
847. (?) s. Sébastian — E. Francfort,
1028 ; Cologne, 1472.
*S. i [1568 ; 1578] i. M (*) - C.
Becker, 3 : Schmitz. — E. Gand,
431.
STAT COLLEN [1577. L. W] — C.
d’Huyvetter, pl. II.— M.Cologne.
— E. ibid., 1591 ; Düsseldorf,
1268. — Jaknnicke, 436, n° 647 ;
Schmitz, n° 81.
stat [stadt] linz [thonaav flvs]
— C. Garthe, 150 ; Beck, II, 387 ;
Heim. — M. Sigmaringen, 540.
— E. Vienne, 35 . 167.
**S. THOMAS I S. MATHEVS | S.IACOB
MINOR | S. 1VÜAS THAÜ | S. MA¬
THIAS | IHR ESSET NVN ODER
TRINCKKT ODER WAS IHR THVT SO
TH VT ES ALLES ZV GOTTES EHRE.
corjnther 10 — M. Bruxelles,
214.
SVSANNA. 1569 — C. Van der Kel-
len, 124. — Id., pl. lxxu (moder¬
ne). — Voy. n° 384.
853. * T (?) (entre les pieds du person¬
nage d’un médaillon — C. Fré-
sart ; Gessler; Schmitz ; Schuer¬
mans. — E. Liège, 120, 247,
compl .* 255.
853*. t. 1596 (dans un blason avec
un édifice — M. Trêves, 121.
854. TARQ. DEIN GVLTIG KE1T EIN BOSART
SCHE1DET LVCRETIA DASE1DL WEIB-
ClIEN ZART WIE ALLES VERGENG-
L1CH HIER. ACH GOT H1LF MIR
[1558] — C. Fleischhauer. —
Demmin, 316 (moderne ?)
855. T 1 C I M I K I B I P I S ( 3 ) H D. E I
9 || m | a | v | i | K [1609 ; 1618 ]
— C. c® de Flandre, 20 ; The-
(') Spurkel = Sporkel ou Sprokkel, (les noms de Février).
(*) Sancti Trudonis, avec les armes de la ville de Saint-Trond.
( 3 ) Avec armoiries des Électeurs de l'Empire, saui de Brandebourg (Trier, Coin, Mainx
Kaiserlige, Boheme, PCairgraf.)
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148
walt, 37 ; Dansette. — E. Liège,
109 ; Carlsruhe, 1407 ; Vienne,
41: 529.
855*. *t | colImen | kai|pal|saIb |
1616. h. w — C. de Weckher-
lin, pl. 8 , Minard, compl :
944 (48). — M. Sauvageot, 940.
— Schmitz, n° 55.
856. (tdf a) [ 1698 ; J699] - C. Mer-
ghelynck. — M. Sèvres, 2497* —
E. Liège, 324.
857. * T. E. i590 — C. Schmitz (i. E?).
858. * TEMPORE ET LABORE WAROVX (*).
ano. 1598 — C. Mennicken,221 ;
Frésart ; Schmitz ; Lejeune-Vin¬
cent.— E. Bruxelles, 209 ; Liège,
l98;Gand, 385.— Schmitz, corr :
n® 59.
859. * TENOR I ICH HEB EMPOR | 1590.
i. e — C. Gedon, 39. — M. Wies-
baden, 11,621.
860. tera [terra] sigillata (*) 1651.
R. I — 3* vente de Renesse, 141.
— M. Bruxelles, 155. — Voy.
n®860*.
TERPS1CHORE | clio, Voy. n® 677.
860*. terra sigillata 1651 | wie
gottwiel. 1611 — E. Vienne,
995.
860 3 . terra sigillata. 1639. k b |
KRASI GIIJA. I. K — C. Paul,
98. — Demmin, 90.
861. # tes kvnnick [koninck] WAPEN
[WAPPF.N] VAN FRACR1CH [FRAK-
rich] [anno 1596; 1591; 1611 f]
[w. k] — C. Minard (74) ; Polouet ;
Dansette ; Heim, 9 ; Schmitz ;
Schuermans. — E. Bruxelles,
264. - Voy. n® 606.
862. (?) TEYLTNGEN (*) 1424 — ÜEM-
M1N, 5.
863. T. F — l r ® Exp. Gand, 455.
863*. (tfa). 1682 - C. Garthe, 137-
— M. Cologne.
864. t. o — Graesse, 764 ; Dornbusch,
83; Jahrb. Bonn, LVII, 133;
Jaennicke, 427, n® 626. — Voy.
n® 495.
865. thab i iivs il iohannis — C. Disch-
— Voy. n® 207 et tobias.
866. * theodos ivs — C. Schmitz ;
Schuermans.
866*. theodosivs | carolvs magnvs
| severvs — C. Terstappen.
— M. Sigmariugen, 334.
867. * this goris mit lis lvbbens | IAN
TRET SAECHT EN FAN VA | DORSCER
IAN MIT TRVIKEN | STEENE (ME)T
HANEN EN LISE | ...NCT WEL SIN
OP DE BEENE | EN (OO)CK CLAES
SAECHT SIN | LIPPEN LOERENWVIT
DIWEL | EN IAN RONT H(00)T SIN
(') Jean deMérode, comte de Waroux, à qui appartiennent les armoiries de ce grès, fut
chanoine de St.-Lambert (1560 & 1587), puis Bourgmestre de Liège, grand maître dufprince
évêque Ernest de Bavière ; il vivait encore en 1631 (Bull. Inst, archéol. liég., t. XVII, p. 80).
(*) Les vases qualifiés terra sigillata sont en terre cuite légère et non en grès ; mais on
les range généralement après les grès de Siegburg, à cause de la nuance. Voy. à leur sujet :
Bull, des Comm. roy. d'art et d f Archéol, t. XIX. p. 439.
(*) Ce grès, avec la date indiquée qui est du reste fautive, n’aurait-il pas été inventé pour
appuyer la prétendue fabrication de grès par Jacqueline de Bavière durant sa captivité au
château de Teylingen T (Voy. Bull, ibid., t. XVIII, p. 253.)
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149
HIER | SPOWEN KAN ELCK DANST j
KLENE EN GR(00)T ELCK DANST MET
SIN LIEF HIER INT GE(MK)(KE)
D(AE)R Z. PIPES DIET HAER BLAS
in (’) — C. Hetjens, Srhmitz ;
Schnermans. — Voy. n° 469.
868. # *(?) THOMAS | MATTHAEVS | J\CO-
BUS MINOR | SIMON | JUDAS | MAT¬
THIAS — E. Vienne, 16: 934.
869. thopivs — C. Minard, 893. — Voy.
n" 207 et 865.
870. (?) tiberivs — 3 # vente de Renesse,
118.
871. tilman wolf. 1658 — C. Mennic-
ken, 265. — Voy. n« 246.
872. * T. K. 1598 — C. VerheLt, 61 ;
Schmitz ; Schuermans.
873. T. m. 1646 — C. Antwerpen. 37 ;
Teistappen, 15.
874. (?) tobias — E. Vienne, 72 ; 511.
— Voy. n° 869.
tôt ind. .. Voy. n® 450.
875. trav nicîit es sticht — G Minu-
toli, 6257. — M. Kensington. —
Demmin, 329.
876. trevericam plebem dominvsbene-
DICAT ET VRBEM. 1534 (?) — C.
Garthe, 289.
877. TRINCK VXD EST [iS] COTS [GOTT]
NIT VERGEST [VERGIS] [1658 ;
1665] - E. Vienne, 19 : 936 à
938. — Jaennicke, 438. — Voy.
n° 242.
878. * * TRIXK MICH AVS VXD SCHENK
MICH DAS DV ERFR1SCHT DASHF.RZE
dein. 1685 — C. de Weckherlin,
pl. 47. — E. Munich, 1812;
Vienne, 18 : 211. — Jaennicke,
443. - Voy. n°* 149 et 240.
879. tri.nks gar avs — E. Vienne, 987
(fabrication de Hirschvogel V)
880. TRINKT MITT FREYDEN VND HALTE
DICM FEIN BESCHEYDEN. ANNO
1681. WOLF ADAM GROB — C.
Essingh, 9.
881. (?) TRIVMPH DER L1EBE. 1581. I. E
- E. Vienne, 45: 528. - Voy.
n° 893.
882. T. s. anno 1615 — C. Disch. 116.
— E. Cologne, 1672. — (The-
walt), 68.
883. * TV es petr’z svb ANC pktra aedi-
FICABO ECCLISIA MF(AM) — C.
Schmitz ; Schuermans.
884. *t.w [1604 ; 1664]- C. Nelles ;
Dansette ; Schmitz; Sel. iermans.
— M. Aix-la-Chapelle ; Nüren-
berg.
884*. T. w (*) -- C. Frésart. — M.
Liège.
(•) Vase avec danse de paysans et les noms des danseurs (Schuermans, Publ. Lim-
bourg, t. XIX. p. 216).
(*) Avec les armoiries de Thomas Vmalmont, abbé de Flône (près de Huy), au XVII* siècle.
Mais il n’y a pas lieu de considérer comme véritables les grès portant les mêmes armoiries et
celles de l’abbé Périlleux , avec les inscriptions flonensis et abbas flonensis.
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150
U
885. U1T ONSEN HOI.LANTSEN TUYN SOO
BLOE1KN URANIE APPELLEN EN
ROOSEN (•). 169 f [G. R] — C.
Disch, 191 ; Kleischhauer; Schrei-
V,
88G. (?) v | a. B (*) — M. Sauvageot,
973 ; Louvre. 455. — Chaffers,
323; Graessk. 7H, 771 ; Demmin,
940 ; Jaennicke, »° 653.
887. van gades genaden der lvichtige
KVNICK [KVN. N1CK] ZV SPAN — C.
Nelles ; Spitzer. — E. Vienne,
69 : 22. — Rens. Dansette.
van got vilt Voy. no 919.
888. VCH GOT WESERN 1CH WISSEN WOLL
— E. Vienne, p.69 : 21.
888*. VCH GOT WIE GERN [GERNE]
ICH WISSEN WOLT WR WE1N
1CH MICH HVLDEN SVLT [SOLLT]
— C. Garthe, 33. — E. Colo¬
gne, 1505. — Jahrb. Bonn,
LV1I, 131.
889. v. k. 1595 — C. Génie. — Rens.
Dansette.
890. venite | ite — C. Slanghen.
891. * VENS | PARIS I DER GROS ALEXAN¬
DER. i. E — C. Heim.
892. * ven vs [1568. i. e; a. 1512; 1513;
ber. — M. Bruxelles, 168, 168* ;
Kensington ; Wiesbaden. — E.
Bruxelles, 38. — Ann. Nassau,
XVU, 32.
1511 ; 1519 ; 1582 ; 1585 ;
1590 ; 1591 ;[m. i (i. m rétr?) ;
L. w] — C. Verhelsl, 5 ; Leven,
70 ; Nelles; Hetjeus ; Mennicken,
32, 111, 202 , 207 ; Frohne ;
3« vente de Renesse, 171 ; Dan¬
sette ; Schmitz ; Schuermans. —
M. Mettlach (1) ; Cologne ; Ber¬
lin. — E. Bruxelles, 181 ; Franc¬
fort, 1017 ; Munich, 1811. —
Jaennicke, 428. — Voy. n« 572.
venvs in gotin, Voy. n° 804 3 .
892*. * VENVS I ÎOSVE | MERCVRIVS —
M. Bruxelles, 72.
892 3 . * VENVS I IVNO I PALLAS [1575.
i. e ; 1583]—C. de Weckher-
lin, pl. 11 ; Hetjeus. — M.
Kensington. — E. Bruxelles,
142.
892*. VENVS I IVP1TER | H. H — M.
Bruxelles, 142.
892 5 . VENVS I 1VPPEDER | MARS— M.
Cologne.
893. * VENVS I MARS | VRANIA | EVTRPE |
VEP | COPIDO | SA..LEN GVNZ \
MERCVRIVS | BER j MELP | ELIO |
MOSIA | FER | FLORA j H. H — C.
Hetjens. — Schmitz, n° 145*.
(*) Giès fabriqués en l'honneur de Guillaume III et Marie, roi et reine d'Angleterre :
Schuermans , Car, Bruxelles , n* 1882 : Bull. comm. roy. d'art et d’archèol., t. XIX, p.433 ,
Rev. belge de numiem., 1881, p 255, où l'inscription doit être corrigée.
(V D’après le n* 134 du Catal. Minard (vente), cette marque qui a été reproduite à l’envi
par les auteurs, n'est qu’une marque d'étain, rangée mal à propos parmi les sigles de potier
par le Catal. Sauvageot, 973.
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451
893*. VEN VS | MERCVR1VS |-H. H
— 3 e vente de Renesse, 135.
— Jaennicke, 436.
893*. * VEN VS I MINERVA | PARIS j
ANNO 1019. BALDEN MENMCKEN
— C. Minard, 988 (91).
893 1 . * VEN vs. 1018. i. e | VENVS.
PARIS. I. E | LVCRECIA. 1018.
I. E — C. Beuvignat.
894. • VKNVS VOLVPTATVM PARENVS (*)—
C. Schrnitz ; Schuermans.
895. ver — C. Nelles.
896. VERBVM DOMINI PERSTAT IN ETERNV
\1010\ (*) — Dornbusch, 66 ;
Jaennicke, 424; Ann. Nassau,
XIV,152.
897. * VER | EVTRPE | ELIO | V R AN IA | MEL
| MARS | VENVS | COPIA | 1IERK |
POMALIA | PACH | PALIS | S1L |
rtvve (Vertumne ?) — C. Men-
nicken, 53 ; Hetjens ; Schmitz.—
lD.,n°145 i .
898. vernas zwingenûer — Rens. PlN-
CHART.
899. V. G WILHELM FVRST ZV NASSAV G.
Z V. V D. H. Z. B ( 3 ). 1110 — 2«
vente de Renesse, 192.
900. v [vi] J h. g — M. Kensington. —
Ghaffers, 322 ; Graesse, 721,
110 ; Jaennicke, 441, n° 660.
901. VIRGINIVS I IVD1TH | ESTER. H. H —
M. Sigmaringen, 397.
902. visnon iacos. 1092 — E. Gand,
470. — M. Charleroy.
903. VITELLIVS GERMAN1CVS Z. M. G. TR.
A. C. G. K. ANNO 1098 — E. Zwol-
le, 2818.
904. VIVAT CHVRSACHSEN. 1119. — E.
Francfort, 1147.
905. VIVE LAMOVR TOYS LE 10VR ET DO-
SON — M. Charleroy. — Van
Bastelaer, 3 e R., 41.
906. * v. l. e (e v) (avec le 4) — C.
Schumacher; Dansette.
907. vlfernvs [vllofernvs] — C. Nel-
les.
907*. VLOFERNVS VN IVDIT. 1011 1
DE GERECHTICHEIT. 1011 \
LVCKREC1A IN ROM(ME)RlN —
C. Disch, 46.
908. VNI GOT VILT SO IST ME1N ZEIL — C.
Dansette. — Voy. n° 919.
909. VOER MKISTER tfYlG DE GROOT |
| ANNO MDCXVII || WILHELMVS III
D. G MAG. BRIT. FRANC ET HIB. REX
|| (LEV)L. E.V. | ESBVRGT FLORENT
COM1TIS HOLLANDIE — C. X (à
Liège) (moderne (*) ).
volvptatvm parens, Voy. n°894.
(*) De la môme série que n* 834, par beham , qui a écrit correctement parens .
(*) Verbum domini manet en aetemum (voy. en allemand, n* 158), était entre autres la
devise du Landgrave Philippe de Hesse, Revue belge de numismatique, 1880, p. 47.
( 3 ) Devise sans doute incomplète : Von Gotes (Gnaden).... Graf z u Vere und Deutz, flerr
zu Bilstein.
(*) La non authenticité de ce vase prétenduement fabriqué en 1617, pour Hugo Grotius,
mort en 1645, résulte de la présence d’un médaillon de Guillaume III, roi d’Angleterre depuis
1689 seulement.
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452
910. VON GOTTE |S GENADEN | KOININCH
| IN HESPANIA A. PAX | FVBVS.
1571. P. K | GOT IST BOFFE KON-
NINCK VND KEISER WICHT. A. V |
ACH GOT BISZ VNSZ BISZ ANS END
— C. Minard, corr : 972(72);
Cfr. 2 # vente de Renesse, 181.
911. (?) von holtzhavsen — E. Franc¬
fort, 1152. — Cfr. n® 123.
1604 — C. Miehiels, 593. — E.
Gand, 388.
913. * ... VON SCHARFST1N (') — C.
Schmitz ; Schuermans.
914. v. P. b — C. Frohne, 68.
915. * v. s | i. e — C. Mennicken.
912. VON REIFFENBERG | de brederode. I 916. (?) v. z — E. Francfort, 1115.
w.
917. w — C. Leynaert ; Bodaert, 105.
(w a u) Voy. n® 160.
918. * WAEPEN OEVER DEE MOERTT. I. EH
— M. Nurenberg.
919. WAN [VAN] GOT VILT ZO [SO] IST
(me)in zil [zeilt] — C. Frohne,
21 ; Gouellain. — E. Zwolle,
2814.
919*. WAN GOT WIL SO IS MEIN SZ1L
— M. Cologne ; Trêves, 140.
919 3 . WAN [WAT] GOT WIL [WILT] SE
[SOO] IST MEIN ZILL [ZILT] —
C. d’Huyvetter, 46 ; Verhelst,
81 ; Widerberg. — Marrvat,
361 ; Jaennicke, 434. — Voy.
n® 687.
920. * WAPEN [wappen] DER lvbliger
stat[statt] [van] dansick. [ 1586
à 1588] i. e — C. Hetjens; Men¬
nicken, 114 ; Schumacher ;
Schmitz ; Fleischhauer ; Danset-
te ; Schuermans. — M. Mettlach
(66, p. 43). - E. Liège, 220 ;
Düsseldorf, 1353. — Schmitz,
n° 79.
921. * wapen von engelent. b.m [1577]
— C. d'Huyvetter, 75, pl. III ;
Frohne, Kennis, p. 27. — M.
Mettlach 71 (45) ; Bruxelles, 19.
— E. Ibid. 151. — Brongniart,
11,224, pl. XXIX, 6; Schmitz,
n° 43, 44. — Voy. n° 604.
922. WARUM HAT GOT DURCH (DORCH)
DIESES MADGEN HAND DIE ENGE-
LANDER GESCHLAGEN AUS DEM
LAND | ANNO 1547 | DAS MADGEN
VON ORLIANS | DAS FRANKRE1CH
EINS KE1NEN 1 GEUSEN KONIG SAL
HAN WIE DIE ENGLANDER SEINEN
SAU MAG HAN ABER ESLEB UNS
KONIG | IVÜIT | OMNIA CUM DEO
1559 | 1592. il. g | fides (dmx)
— C. Kervyn, 80 ; Miuard, compl:
916 — (Moderne). — Voy. n°562.
WAS SAVL, Voy. n° 818.
923. WAT GOT WIL THEIN (rétr.) — C.
Widerberg- — Jaennicke, corr :
434.
924. * w. B [1600] — C. de Crassier. —
E. Bruxelles, 244 ; Liège, 129.
(*) Avec le b’ason de la famille Cratz von Scharfenstein, du Haut-Rhin.
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153
925. * w. u (i) [i. Fj — G. d’Huyvetter ;
Minard, coït: 105*2 (130), Het-
jens ; Schmitz ; Schuermans. —
M. Aix-la-Chapelle ; Kensington;
Mettlach (06). — E. Bruxelles,
‘264 ; Düsseldorf, 1427. — Voy.
n° 417.
927. (wf) barbktt | in hanoyard | in
hollr(vr)n | i.ondon . n | 1608
— C. Widerberg.
928. * (wkc). 1600 — M. Bruxelles, 40.
930. welc(iif)r dvnckt dich vndkr
DIESEN [DIESN] OKIEN DER (NE)-
(HE)ST GE(we)SEN DER (VND)ER
DIE MORDER GKFAI.EN [GEFALNj
(WAR) ER (SPR)ACH DER DI B(ar)-
(MHEJrTZIKEIT (AN) IM THAT | DA
SPrtACH i(he)svs ZV IIIM S<> GEHE
DV II IN VND THV DESZ GLEICHEN
AVCH. SENT l.VCE AM X CAP1TEL (*)
[1609. I. c ; 1619. i. g ; 1633.
!.. k] — C. Frohne, 39 ; Wider-
berg ; Six ; Génie (210) ; Vlees-
huy-. — M. Sauvageot, 915 ;
Cluny. 4000. — E. Cologne,
1539, 1566, 2130 ; Munich, 1868 ;
Amsterdam ; Bruxelles, 234 d ,
248 h ; Vienne. 35 : 160 ; 49 : 536 ;
Liège, 715; Carl>ruhe, 1401.—
Demmin. 325 ; Jafnnicke, corr :
436 ; Bens. Danskttk ; id. Six.
* * WER AVS M1R DR1NCKT [TRINC.KT]
ZV 1DKR [lEDER] ZEIT DEM GESEGNE
FS DIE fDl] H El LIGE [h] DREY [3]
FALTIGKEIT [ENTIGKtIT] [1652 ;
1653] — C. Oppenheim. — E.
Vienne, 15: 14 ; 27 : 417.
931*. ** wer mich avsdrinckt [av$-
TRIENCKT] ZV IDER ZEIT DAS
[DEM] GESEGNE [GESEGENE] ES
DIE [Di] HF.Yl.IGE [lIEll.IHEj
DREY [5] FALTIGKEIT [FALTI-
keit [1665] ~ C. Leven, 7 ;
Essingh, 2, 5 ; — Cfr. M. Clu¬
ny, 1279. — E. Vienne, 18 :
822.- Jahrb. Bonn, XII, 1*27.
WER MOSEN BLASEN DEI BVREN
DANSSEN EN DE SPRENGEN VF WER*
REN SE! RASSEN — SCHMITZ, n® 4.
WER SIN HOEPT Voy. 11 ° 490.
933. * WER SEINE [SINE] KOI WILT HAL-
DEN [HALTEn] RFIN DER LAS DIE
BAVRF.N IRE HOCHZKlT ALI.EIN |
BAVREN HcCHZEIT — C. Men-
926. • w. K [1582 ; 1598; 1599; 1600]
— C. d’Huyvetler, 499 ; Bodaert,
95; Minard, 1059(161) ; Michiels,
598 ; Renard ; Schmitz ; Frohne,
90* ; Mennicken, 70 ; Dansette ;
Schuermans. — M. Gand, 826 ;
Bruxelles. 25, 40 — E. Ibid., 191,
263 ; Liège, 179, 205. - Voy.
n«276, 278,956, etc.
931.
929. * WK1B ZVE SPILLEID STONT AL BEI
[HE] END [VND] BLASEN ZVM BVREN
DANS VF HANS DKI PIIF G FIT
RKCHT W1R DANSN [158 7. L. w] —
C. Schmitz. — E. Düsseldorf,
corr : 1314. — Schmitz, corr :
n® 9.
932.
(') Sur les vases aux œuvres de miséricorde, w. d. (souvent suivi de blon) n’est pas un
sigle de polier, mais signifie Weldaden beloonen ; sur les vases aux armes de Dantzig, w. o.
signifie sans doute Wapen (von) Dantzig (cfr. n* 970).
(*) Le grè3 au Bon Samaritain, quoique attribué à Raeren par des catalogues récents,
même allemands (Carlsruhe, 1101), n’a pas été retrouvé jusqu’ici dans les débris de Raeren.
25
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154
tiic’ken ; lietjens ; Schmitz. —
1d., coït : n° 16.
93V. WHI STRIETTE [STRITTE] WI1. |
BRAVCH N1T VIL — ÜORNBUSCH,
70 ; Jaknnicke,433.
935. * WER WKISOtT WOERT YST. EM —
C. Schmitz. — In., n° 123.
936. • w. E. v. b [1589 ; 1002 1 — 3*
vente de Renesse, 246, C. Dan-
Nette ; Schmitz ; Schuermans. —
M. Garni, 826* ; Sauvageot, 950.
— E. Bruxelles. 264.
937. * w. F (w. e?) [1582] — C. Men-
nicken; Schmitz. — Navorscher ,
1852, 250.
938. w. g - C. C de H., 179.- E. Düs¬
seldorf, 1368.
940. w. h. b — Van der Kellen, 39,
pl. i.xxii (k. v. b?) ; Bons. Pin-
CHART.
941. W. H. K. I. E. L I S. I.. F. n. V. E.
L {*). 1694 — E. Bruxelles, 248.
942. WIIY NOT TRIS POOR KaRTHF.N VES-
SEL HOLÜ AS PRECIOL'S A L1QUOR
AS ONF. MARK OF GOLU. J & E
Holland mark at nottingham
feb. 16. 1181 — M. Nottingham.
— Rens. Solon.
943. wien donaw flvs — E. Vienne,
35 : 163.
944. W1LH. C\R. Il EN. FR1SO PRINCEPS
nasso ( 3 ) — C. Dansette. — E.
Liège, 361.
WILHELMA VAN SDRIRHAGEN, VoV.
no 947.
945. * * WILHELM COLONNA F. ZV FELS
v. s. n v. n. v. g (’) — E. Vienne,
25 : 612.
* WILHF.LM GVLPEN HERRETZOWAL-
DENBORCH STATHALDER LIM-
BOVRCH ( 5 ). 1511. I. E — C.
Hetjens ; Schmitz ; Poswick ;
Schuermans. — M. Aix-la-Cha¬
pelle. — Schmitz, n° 60.
939. ‘w n (’) [1604] — C. Mennioken,
192 ; Dansette; Mi nard, 1052
(130); Renard; Schmitz; Schuer-
inans. — M. Aix-la-Chapelle. —
E. Düsseldorf, 1292 ; Gand, 398.
— Voy. n° 925.
C) Avec le blason de Winaad Hannotte, parent de Claude Hannot, voy. n* 130.
(-) Avec les armes de l’Angleterre. La première partie de l’inscription seule a été déchiffrée
w(il)H(elm) K<»ng) i(n) E(ng)L(and)... La date indique qu’il s’agit de Guillaume III (cfr. Rev.
belge de numism., 1881, 255).
( 3 ) Guillaume Charles Henri Frison d’Orange-Nassau, en faveur de qui le stathouderat des
Provinces-Unies fut rétabli en 1747 (Gfr. Ibid ^ 258).
(*) Les Colorina von Fels sont rangés par Siebmacher (1,23), dans *a noblesse rhénane :
ils eurent des relations avec des familles belges et néerlandaises ( Coutumes du pays et
comté de Flandre, p. 291 ; Revue belge de numism. , VI* S., vi, p. 264).
( 5 ) Guill. de Gulpen, seigneur de Wodémont, était üls de Frambacb de Gulpen, seigneur
de Neufchàieau, et de Pentecôte d’Alsteren de Hamal ; il fut Stathelder du Limbourg depuis
1572 jusqu’à 1577, et mit un grand zèle à persécuter les protestants dont plusieurs habitaient
le Ban de Walborn.
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155
947. * WILHF.LMIâ[WII.tlKLMV; WILHELM]
VAN [VON] NESSELRAED [NIESSEL-
RAED ; NKSSKLROEÜT ; NESELROEDT
[SV MVNTS] VND [EM)E] Wll.HKLMA
[van] sdrid [süridhagf.n ; STl-
hauen; strthagen; stritiiagen]
SINE [s ; SEIN ; shne] [eiiligk ;
hlige] hovsfrow [havisfrawe ;
HAVISFRAVWE ; HA Vl> FR A W EN] («)
[1592 ; 1595 ; 1596 ; 1591 ]
[i. B. m] — C. d’Huyvetter, corr ;
43; Verhelst, 57; Mi nard. 995
(80); Mennicken; Heljens; Heim;
9 t 10, 14 j Sehmiiz ; Dansette ;
Schuermans. — M. Aix-la-Cha¬
pelle; Mcttlach (00). — E. Bru¬
xelles, 220 ; Düsseldorf, 1332;
eorr : 1413 ; Liège, omis : 215* ;
Amsterdam. — Schmitz, h° 60.
948. WILHELM KONN1G VON ENGELANH
SCIIOT. VM) IRLANO. MARIA KONI-
gin (*). w. R - C. Schreiber, 9.
949. WILHKLMVS III D. G. MA. [MAG.] BRI.
[BR. ; BRIT.] FRA. [FR. FRANC.]
ETHI. [HIB. ; HIBERN.] REX [&]
[1693] [K. i g ; g. h] — C. d'Huy-
vetter, 158 ; Minard. 1045, 1195;
1205 (331 et s.) ; Srhreiher. 10 à
12, 14 ; Krohne. 9 ; van Darys,
301 ; MichieU, 723 ; Garthe. 84,
188 ; Thewalt. 32 ; Six ; 3« vente
de Henesse, 140, 179,206; B on de
X. 50. — M. Garni, 814; Univ.
ibid., Kensington. — E. Bruxel¬
les, E, p. 38 : 81 ; Amsterdam. —
Bens. Dansf.tte ; Six.
949*. WILHELM VS III Ü. G. MAG. BRIT.
FRANC. ET 11IB REX | MARIA D.
G. M. B. F. H. REGINA 1694
— M. Cologne. — Voy. n°063.
950. W1LHELMVS ... VON REIFENBRRGH
| ANNA VON BATKNBORü — C. X
(Béthune). -- M. YYieshaden.—
E Gand. 389. — A un. Nassau,
XIV, 140 ; üe Limas, 102.
951. WILLEM FRIESO PR1NS [VNOjSTAT-
HALTER VON FlUEsLANTH ( 3 ) 1610
[1110?] w. r — E. Amsterdam;
Düsseldorf: omis.— ,/u/ir6.Bonn,
LV’ll, 139. — Bens. Uansette ;
Six.
952. * WILLHELMVS VA NASHAWEN EIN
PRKNSZ VAN EHUELLEM sTAM (*) IN
GODES N A KM. 1518 1. M — C.
Schuerrnaus. — M. Kensington ;
Aix-la Chapelle.
953. WIILST DV WK1N | SCIIENCK DIR EIN
— E. Vienne, 91 : 84. — Jaen-
mcke, 449.
WILM KAI.FT, Voy. n 0 202.
954. * WILT DEN IIERREN VVT [WAS] L1E-
FELICK [LIEKFUEN] MET LOEKSANK
[loefsanger] SENGEN VNÜMAKAN-
DREN VRINTELYCK El N EN TOK BREN-
(’) Guill. de Nesselrode, époux de Guillaume de Streithagen, était seigneur de Munts
dont sa mère était dame héritière. Il vivait à la ün du XVI* siècle.
(•) Guillaume lit et Marie d'York, roi et reine d’Angleterre. (Rev. belge de numism , l. cit.>
255).
(*) Cfr. Ibid., 258.
(’) Cfr. Ibid., 244. Les différents n" 948, etc. sont à ajouter aux « médaillons céramiques »
de la maison d’Orange Nassau publié dans la Revue belge de numism , 1. cit. Celui-ci con¬
cerne Guillaume le Taciturne et il rappelle certaines expressions du Wilhelmus Lied , com¬
posé en son honneur. Cfr. n* 369.
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156
<;en [1589 ; 1591] i. e — M.
Sigmaringen, 469. — E. Carls-
ruhe, corr : 896 ; Vienne, 115 :
1174.
955. AA'll.TV AN SVLCHtN KF.EKS MET
STaEN | MOhTV VAN ROESEN WER-
KEN L\KN — DORNBtlsCH, 70.
956. * win a.nt emons — C. Schmitz;
Bodaert. — Voy. i.°» 259 et 686. à
fondre en un seul.
957. * WINANT VON K REPS (') [HA] — C.
de Weckheilm, pi. 38 ; Minard,
908 (118); Schmitz; Dan>etle ;
Si liuermans. — M. Aix-la-Cha¬
pelle. — Schmitz, n° 99.
958. * av. k (-) [1583 ; 1591] — C.
Widei berg ; Schmitz ; Dansette ;
Schuermans. — M. Ofen ; Aix-
la-Chapelle. — E. Bruxelles, 264.
— Voy. n° 173.
959. \v. K. R — C. Hombaut. — E.
Liège, 723. (Moderne).
av. K. h. k. Voy. n°229.
959*. av. k. p [k. v- b] — Van der
K eu. en, 39, pl. LXX1I. (Moderne).
960. w. i. — M. Cologne.
961. w. m — C. Disch. 118 ; 3 e vente de
Renesse, 133. — M. Gand (Catal.
77). — Rens. van Duyse.
ay. N, Voy. n° 972.
962. * av. o — Archives de Raeren,
marque employée au XVIII® siècle
par le potier Jacques Mennicken ;
non retrouvée.
AVOI.K adam, Voy. Il® 880.
963. AVOLFFiiAMi KEMPFF PASTOR ZO
NKMKRSDORFF || DRINCK VND IS
1ÎOTT NICIIT VERGES. ANNO DOMIM
1651 — E. Vienne, 15 : 15.
964. * WOLF VOM OBERSTEIN ( 3 ) [aNNû]
1591 — C. d'Huyvetter, 25 ;
• 3® vente de Renesse, 203. — M.
Gand, 812; Mettlach (6). — E.
Paris (1865). 5661 ; Francfort,
1021. — Schmitz, n° 67.
965. av. r |(wr)](‘)[/6C7; 1691 ; 1G92;
1696 ; 1110] — C. Limburg-Sti-
rum ; c 4 ® de Flandre, 41 ; Dan¬
sette ; Verhelst, 146 ; Terme ;
Frohne. 56 ; C. de H., 179. — M.
Sauvageot. 975 ; Sigmaringen,
276. — E. Vienne, 46 : 553. —
Dkmmin, 235, 326 ; Graesse, 717,
769 ; Cuaffers, 322,866 ; Dorn-
(') Winnnd von Kreps, naquit à Cologne en 1548, fut capitaine au service d’Espagne, puis
rentra dans sa ville natile, où il fit partie de l’administration municipale. Il mourut en 1587.
(*) Quelquefois avec le blason de la famille Crummel de Nechtersheim, sommé d’une
crosse ; jusqu’ici aucun prélat du nom de \V(ilhelm ?) K(rummel) n’a été retrouvé.
( 3 ) La famille von Oberstein, avec le blason imprimé sur ce vase, appartient au haut Rhin
(environs de Mayence).
(’) A propos des différentes marquesen grandes majuscules A.R, C.R, G.R, W.R, une con¬
troverse soulevée par M. Jaevnicke, (Catal. du Musée de Meltlach), sur leur origine nas-
sovienne ou anglaises été soumise par l’auteurdu présent travail à M. Solon, collectionneur
distingué, al taché à l'établissement céramique de Minton, à Stoke-on 1 rent, et celui-ci a
déclaré que, sauf pour quelques rares giès, d’un faire tout particulier, fabriqués à Fulham,
à l’imitation des grès allemands et portant la marque W.R, il n’était pas possible de déter¬
miner avec certitude l’origine anglaise des autres, surtout des G.R, trop nombreux sur le
continent pour qu’on ose contester leur importation de l'étranger.
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157
büsch, 139; Jahrb. Bonn, LVII,
144 ; Jaennicke, 462, n® 656.
966. (?) w. R. a. w — Demmin,235, 326.
967. * w. s [(ws)l [1586 ; 1581 ; 1604]
— C. de Biefve ; Mennicken ;
Schmitz; Thewalt, 35;Dansette ;
Schuermans. — M. Bruxelles,85.
- Voy. n® 368.
968. w. t -- M. Sauvageot. 939. —
Demmin, 326 ; Graesse. 719, 769;
Chaffers, 322, Jaennicke, n® 657.
x
973. x s [dfs] iikren wart bijft in
ewigkeit — Bibl. Gand. — Bens.
Van Duyse.
Y
YAN EMF.RNS, Voy. Il® 364.
Y. F.. 1585 , Voy. n° 12.
Y. E. M. 86, Voy. n° 171.
969. v - v. wvrm. 1594 — C.
Schmitz; Schuermans.
970. * w. v. D. \ 1633] — C. Hetjens
(avéc les armes de la ville de
Dantzig) ; Minard, 1264 (cou¬
vercle.)
971. w. v. o (*) — C. Cussac.
972. # w z (w. N ?) [1583 ; 81 ; 1581]
— C. Minard, 949 (46) ; Slan-
ghen ; Michiels, 599. — E. Düs¬
seldorf, 1314; Vienne, 79 : 580.—
Demmin, 235 ; Maasgouv\ 86.
974. x x marci — C. Nelles.
975. (yhs). 1584. c. P — E. Cologne,
2414.
976. ysm - C. Nelles.
z.
977. zelant (?) — C. de Weekherlin, Paul, 2. — M. Bruxelles, 150. —
P*- E. Düsseldorf, corr : 1256.
z. m Voy. n® 368. __
979. zvric [zvrick] | 3ERN | i.vcern |
978. zo kan [kana] in gai.i. [galilea] scafhavsn [sciiafhays] I SCIIXVITZ
10HANNIS [IOHANES] Il [z] CAP. | YNTERWALDEN | BASKL — C.
[capit.] — C. d’Huyvetter, 24; Disch, 70; Thewalt, 12; Essingh,
C) D'après les armoiries, W(ilhelm ?) von Oirsbeck , de Cologne.
2G
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158
28 ; Vermeersch. — M. Bruxel¬
les, 86. - E. ibid., 268; Cologne,
1549,1563.
982. * ZWOL 1 | KAMPEN | DEVENTER ||
10HA(NE)S J P. S (‘) [l. z] — C.
Verhelst, 130 ; de Weckherlin,
pl. 5. — M. Kensington. — E.
Bruxelles, E, p. 37.
983. * * 25 april i653 — E. Vienne,
22 : 944.
(') Ce vase qui représente un mariage, est sans doute un Bruiloflwerk fabriqué à l’oc¬
casion de l’union de Peter Schwarzenberg de Raeren, avec Marguerite Crümmel de Nech-
tersheim (Voy. n*147). Les localités indiquées ici, comme pour le n* 807, compléteraient-
elles peut-être le souvenir du mariage par celui du voyage de noces ?
OBSERVATION. — Cette liste d'inscriptions des vases de grès était terminée depuis
longtemps ; mais l’impression a dû être retardée, et la liste s'est accrue dans l’intervalle
au point de présenter de nombreuses séries de numéros complexes. Pour parfaire les mille
inscriptions annoncées, on pourra recourir aux addenda.
L’auteur est persuadé qu’il existe dans les collections et musées, une série, au moins
équivalente, d’inscriptions inédites ; aussi sollicite-t-il le concours de tous les collectionneurs
et directeurs de musées, et il les prie de lui envoyer leurs catalogues annotés, ou des ren¬
seignements sur les inscriptions de leurs vases, avec croquis des blasons ou indication des
sujets représentés. Pareil appel a été adressé au public à propos des Sigles figulins de
l'époque romaine (Ann. Acad, archèol., II* série, III, p. 31 et 293,) et l’auteur, gr&ce à ces
renseignements, est à même de publier une nouvelle liste de marques de potiers romains, au
nombre de plusieurs milliers.
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COLLECTIONS. - MUSÉES. — EXPOSITIONS.
BIBLIOGRAPHIES.
COLLECTIONS. p)
Antwekpes, à Deutz. Becker, ihid. ;
KüHLKN.à Rome. Catalog... Anti-
quitâten (vente à Cologne, 22 Sept.
1881).
Asselberghs-Lequime, à Bruxelles.
Beck, vente à Cologne.
Becker, léon, Catalogue d'une collec¬
tion d'objets d'art, céramique, cruches
en grès de Flandre. .. (vente à Paris,
10 Janvier 1853.)
Becker, Voy. Antwerpen.
Bémol(L) r ), à Paris.
Bernal, lllwtlrated catalogue of lhe
Bernai collection of Works of art.
London 1857.
1d. A guide lo lhe knowledge of pottery,
porcelain ... comprising an illuslra-
ted catalogue of lhe Bernai collections,
etc. Londres 1865.
Beurdklky. Catalogue. Objets d'art -
(Vente à Paris. 9 Avril 1883.
Beuvkjnat, architecte à Lille.
Beyaekt, à Bruxelles.
BlEFVE (le), à Bruxelles.
Bodaert, Catalogue... grès flamand,
etc. (Vente à Gan 1, 0 Août 1856.)
Bohm, à Ypre>.
Briers. a Wellen.
Bureau, à Gand.
C. de H (baronne). Catalogue ... (Vente
à Gand, 8 Nov. 1883.)
Callion, Catalogue d'une belle collec¬
tion d'antiquités... (Vente à Gand,
12 Déc. 1867.)
Carpes, Voy. Deck.
Capron (Jules), à Ypres.
Cassinone (M lle ), Ritter, Hauchecorne,
Flebusch, à Cologne ; Weijekin, à
Hildesheim ; Schmitz, à Elberfeld
(Vente à Cologne, 22 Sept. 1879.)
Ciiestret (B on de), à Liège.
Coene (de), artiste peintre à Bruxelles.
Catalogne . (Vente à Bruxelles,
vers 1865).
Cogels, à Anvers.
Crassier (B on de), à Liège.
Cussac (Em ), à Lille.
Dahl, à Christiania.
Dansette (Paul), à Bruxelles.
Dauw, à Liège.
Deck, à Zurich ; Cappes. à Horstmar,
Nettenheim, à Geldern ; Dursch, à
Rottweil ; Mertens-Schaaffhausen
(Mad ) à Rome, Catalog der... Kunst-
sammlungen... (Vente à Cologne,
23 Avril 1883).
Dedeyn (Edmond), à Ninove.
Delaherche, à Paris.
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d'une précieuse collection.. .. (Vente
à Bruxelles, 4 Avril 1865.)
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(Vente à Cologne, 12 Mai 1881.)
Dornbusch, vicaire à Cologne ; Kôrfgen
(*) Il s'agit dans catte rubrique, môme des collections de grès où ont été seulement recueil¬
lies des armoiries (qui feront lobjet d’un travail spécial destiné au Bulletin des comm. roy.
d'art et d'archéologie.)
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■160
à Kerpen, Calalng der reichhaltigen
Kunst sammlvn gen.. . (Vente à Colo¬
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17 Déc. 1883.)
Firmans (VI 11 ®), à Anvers.
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Bruxelles et Château des Amerois.
Fleischhauer, à Colmar.
Florsueim et Bruck, à Aix-la-Chapelle.
Catalog einer reichhaltigen Kunst -
sammlung... (Vente à Cologne, 2 Nov.
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log der antiker Zimmer-Einrichlung
des Schlo8ses Commende Remersdorf
(Vente à Cologne, 19 Sept. 1881.)
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Goossens, à Liège.
Gouellain, a Rouen.
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de Flafidre et d’A llemagne... (Vente
à Bruxelles, 23 Déc. 1875.)
Hamel, à Ruhrort.
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Hauchecorne, Voy. Cassinone.
Heîm (secr. du duc d’Arenberg), à
Bruxelles.
Helbig (Jules et Henri), à Liège.
Hetjens, à Aix-la-Chapelle.
Huyvetter (Joan d’). Description des
antiquités et objets d’art. .. (Vente à
Gand, 20 Oct. 1851.)
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objets d’art. .. (Vente à Paris, 5 Mars
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d’art.. . (Vente à Gand, 20Juill. 1857.)
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reichhaltigen ... Kunstsammlung ...
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161
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Limburg-Stirum (c*«Th.DE), à Rumbeke.
Luesemans (de), à Liège.
Lyon (W.), à Haï tfort (Connecticut).
Mazk-Sencier, à Lille.
Mennicken (Jos.), à Eupcn. Album de
photographies.
Menzel, à Aix-la-Chapelle.
Merghelynck, à Ypres.
Mertens-Schaaffhausen, Voy. Deck.
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26 Nov. 18^7.)
Michielsvan Verduynen (B®“ A. C. H ),
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d'A llemagne... (Vente à Maestricht,
26 Oct. 1869.)
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fort s/m, 4 Juin 1883.
Minard (L.). Recueil descriptif des an¬
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quités... (Vente à Gand, 7 mai 1883.)
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Minutoli (B®* Alex, de), à Liegnitz.
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werken... (Vente à Cologne, 25 Oct-
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Mikbach (c** de),, château de Harff (Bid-
burg.)
Müller, à Bruxelles.
Neelemans-Lefebvrk, à Eecloo.
Nelles, à Cologne.
Nettesheim, Voy. Deck.
Neyt, à Gand.
ünghena, à Gand.
Oppenheim (B*° Alb), à Cologne.
Ort, à Maestricht.
Osterrieth, à Anvers.
Oultremont (c # * Eug. D*), à Warfusée
(H'*y )
Paul, à Hambourg, Catalogue des ob¬
jets d'art (Vente à Cologne, 16 oct.
1882.)
Pickkrt, à Nürenberg. Catalog der
Kunstsammlungen... (Vente à Colo¬
gne, 24 Oct. 1881.)
Piesens-Ryckaseis, Collection d'une
magnifique collection.... (Vente à
Bruges, 22 Août 1883.)
Plaidkau-Sauvage, à Menin.
Planquart, à Lille.
Polouet, à Bruxelles.
Poswick, à Engihoul (Liège).
Potesta (B 00 de), à Liège.
Renard-Soubre, ibid.
Renard fils, ibid.
Renessk (c 1 * Cléin. Wenc.). Catalogue
du magnifique cabinet.... n° 5, Anti¬
quités , objets d'art... (Vente à Anvers,
31 Mai 1836).
Renesse-Bkeidbacii (c 1 ® de). Catalogue
de la belle collection d'antiquités....
(3 séries, vendues à Gand,24 Déc.1863;
3 Mars 1864 ; 25 Avril 1861.
Renier, à Verviers.
Rombaut, à Nederbrakel (Grammont).
Ruhr, à Euskirchen et Terstappen à
Deutz. Die Zimmer Einrichtung ,
etc. (Vente à Cologne, 29 Oct. 1883).
27
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s
Sauvage (chev. de), à Liège.
Sauvageot, voy. aux Musées.
Schaepkens (Alex.). Catalogue des
collections... antiquités, objets d'art..
(Vente à Maestricht, 26 juin 1876).
Schauroth (b on von) à Rudolstadt ,
Graevk (von) à Coblence. Catalog dcr
reichhaltigen Kunstsammlungen....
(Vente à Cologne, 25 Sept. 1876).
Schlebusch et Schmitz, Voy. Cassinone.
Schmitz (vicaire), à Raeren.
Schollaert, à Louvain.
Scmombf.rg (c u de) Catalogue des objets
d'art... Grès de Flandre et d’Alle¬
magne (Vente à Paris, Janv. 1836.)
Schreiber (Lady), à Londres.
Schuermxns, à Liège.
Schumacher, à Raeren.
Schwarzschild, à Hambourg. Kunst -
sammlung .... (Vente à Cologne,
3 Déc. 1883).
Serrure. Catalogue du cabinet d’anti¬
quités... (Vente à Gand, 14Juin 1872.)
Simon. Catalogue (Rens. Pinchart.)
Six, à Amsterdam.
Slaes-Cockx. Catalogue de porcelai¬
nes... Grès de Flandre et d'Alle¬
magne.. . (Vente à Bruxelles, 27 Avril
1868.)
Slanghen, à Maestricht.
Soil (Eug.), àTournay.
Solon, à Stoke-on-Trent (Etabl. Min ton).
Soltykoff, à Paris.
Spitzer, à Paris.
Spronck, à Maestricht.
Stein. Catalogue de la collection de
porcelaines.. (Vente à Bruxelles, Mars
1864.)
Stroobant, à Bruxelles.
Suermondt, à Aix-la-Chapelle.
Terme (Antonin), à Liège.
Terstappen (H.), Kunstsammlungen....
(Vente à Cologne, 2 Nov. 1883.)
Tiiys (Ch.), à Anvers.
Tollin, à Paris.
Thkwalt (le Bourgmestre), à Cologne.
Van Bockkl, à Louvain. Catalogue de la
collection des objets d’art, d'anti¬
quité. .. . (Vente à Bruxelles, en Nov.
1861.)
Van den Corput, à Bruxelles.
Van der Kellen, Catalogue d'une col¬
lection choisie d'antiquités... (Vente
à La Haye, 25 Janv. 1877.) — Voy. à
la liste bibliographique.
Van der Maelen, à Molenbeek-St.-Jean.
Van Genechten. Catalogue deporrelai-
nés anciennes... Grès de Flandres
et d'A llemagne... (Vente à Turnhout,
20 Juill. 1881.)
Van Parys. Catalogue d'une belle et
riche collection d'objets d’art... (Vente
à Bruxelles, 3 oct. 1853.)
Van Zuylen, à Anvers et Liège.
Verhei.st (Benoni). Catalogue des objets
d'art... vases en grès flamand des
XVI', XV II' siècles.. . (Vente à Gand,
10 Mai 1859.)
Vermef.rsch, à Bruxelles.
Visser (de) , de La Haye ; Gramecia,
d’Amsterdam. Antiquitès,porcelaines
et faïences... (Vente à Amsterdam,
24 Janv. 1881.)
Vleeshuys, à Anvers.
Wauters-Nagant^ Liège.
Weckherlin, (b on de) à La Haye. Repro¬
ductions photographiques de vases en
grès des XVI' et XV11' siècles,...
(rangées pour les citations, d’après la
grandeur du 1 er n° de chaque planche :
41 pl. et non 62, comme le dit Demmin,
p. 324 ; mais l’exemplaire de M.
Gambard, acquéreur de la collection,
contient 48 pl.)
Wedekin , Voy. Cassinone.
Wertiieimber, à Ratisbonne.
Willett, à Brighton.
W t iderberg , à Christiania.
X. à Amsterdam (Rens. Six) ; Anvers
(vente Août 1857 ; Rens. Pinchart);
Arras ; Béthune ; Bruxelles (rue de
l'Ecuyer ; vente 28 mai 1880) ; Eupen;
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163
Gembloux ; Liège (veilles 18 Déc.
1879 et 22 Avril l^); Paris (Rens.
Dansette) ; X. (baron de), Cata¬
logue d'une jolie collection... (vente à
Paris, 14 Févr. 1880).
Zaïs , à Wiesbaden.
MUSÉES.
Aix-la-Chapelle.
Amsterdam (Coll, de la société royale
d’art et d’archéologie.)
IIayreuth.
Bruxelles. Catalogue des collections
du Musée royal d'antiquités , d'ar-
mnres et d'artillerie de Bruxelles.
1" e t édit, par Schayes (185V.)
Id. Catalogue, etc. Moyen âge et Renais¬
sance. par Juste, 1 r * édit. (186V) ; 2*
id. (1867); 3« id (18..); 4- id. (1878)
(retirée.)
Id. Collections de grès-cérames , par
SCHUERMANS (1880 )
Berlin.
Bois-le-Duc.
Bruges (Musée, et Hôpital S 1 Jean.)
Brunswick.
Ciiapleroy (Musée de la soci té archéo¬
logique)
Christiania.
Cluny (voir Paris).
C logne (Musée WalrafT-Riehartz.)
Compïègne, Musée Vivenel.
Darmstadt.
Hand, Musée de l'Ilôtel de Ville.
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lu. Id. de rUniversité.
In. Cloîtres de S* Bavon.
Kknsington (voir Londres)
Leeuwarden. Catulogus van het mu¬
séum van het friesch yenootschup
van geschied-, oudheid-en tualkunde
(1881 )
Liège (Musée de l’Institut archéolo¬
gique )
Lille.
Londres, British Muséum.
Id. Musée de South-Kensington.
Maestricht.
Mettlach, à l’établissement céramique
de MM. Bock et Villeroy. (à la liste
bibliographique, Voy. Jaennicke).
Namur (Musée de la Société archéolo-
gique.)
Nottingham.
Ni.mégue.
Nürenbero. Die Satnmlungen der ger-
manischen Muséums. Wechweiser
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O KEN.
Paris. Musée du Louvre. Catalogue du
Musée Sauvageot , par Sauzay. Paris,
1861.
In., Musée des Thermes et de l'hôtel de
Cluny. Édit, de 1878, et années anté¬
rieures. revisée en 1881.
In. Musée Carnavalet.
Ratisbonne.
Sauvageot, (voir Paris.)
Sèvres (près de Paris.)
Siümaringen. Kunstkammer S. K . H
des Fûrstcn Karl Anton von Hohen -
zollern-Sigmaringen , par J. H. von
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Trêves, Fïihrer durch das Provinzial
Muséum zu Trier (Zweite Auflage.)
Wiesbaden.
WORMS.
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164
EXPOSITIONS.
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Bruxelles. Exposition nationale (de
1880). Catalogue officiel. Céramique ;
classe E, n°‘ 151 à 271.
Carlsruhe. Bad. Kunst und Kunstge-
wer'je Ausstellung (1881.)
Cologne. Kunsthistorische Ausstellung
(1876)
Dusseldorf. Ausstellung dcr Kunstge-
werblichnn Alierthümer (1880). 11 a
paru un album de photographies de
cette exposition.
Francfort S/M. Kunsthistorische Aus¬
stellung Kunstgewerblicher Erzeug-
nisse (1875 )
Gand. Chambre syndicale et provin¬
ciale des arts industriels (12 Août
1877).
Id. Exposition (28 Août 1882.) (Les cita¬
tions concernent surtout celle-ci.)
Liège. Exposition de Part. ancien au pays
de Liège (1881.)
Louvain. Catalogue de l'exposition de...
céramique (1881).
Munich. Katalog für die Ausstellung
der Werke aelterer Meister , par le
^ Kuhn (1876.)
Munster. AusstellungWestfâlischer Al-
terthümer und Kunsterzeugnisse
(1879.)
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appliqués à l'industrie. Catalogue.
(Palais de l'industrie, 1865.)
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Catalogue général. Histoire du tra¬
vail.
Vienne. Katalug des spécial Ausstellung
von Krügen und Krugartige Gefdssen
im Oesterreichischen Muséum (1881.)
Dans les citations, le premier chiffre
indique la page, le seconde le numéro,
d’après la 2* édit, du Catalogue.
Zwolle. Ge8chicdkundiye Overyssel-
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1872.
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comte Nahuys.)
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Belgique , 2* série, X, p. 514 (article
du MÊMf.)
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Beffroi (le), par James Weale, 1872-73,
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tion des manuels du musée de Ken-
sington).
Df.mmin ( ! ), Guide de l'amateur de
faïences et porcelaines, etc. 1 er édit.
(1865) ; 4« édit. (1873.)
(*) Demmin est qualifié de Français par le Zeitschrift de Stegmann , 1877, II, 37* C’est une
erreur ; Demmin est établi & Wiesbaden, au moins depuis la guerre franco-allemande. Son
système de désigner toutes les localités par leur nom allemand (Lüttich pour Liège, etc.)
n'eût pas permis le doute.
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165
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1875.)
Dornbusch ('). Kunstgilde der Tôpfer
in der abteilichen Stadt Siegburg
und ihre Fabrikate (tiré à part des
Annalen des historischen Vereins für
dem Niederrhein, insbesondere Erz-
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Id., Voy. Abhandlung ûber das soge-
nannten « Flandrische Steingut » des
XVI und XVJl Jahrhunderts (mé¬
moire couronné par l’Utrechter Gesell-
schaft für Kunst und Wissenschaft,
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Hefner-Alteneck (von), Kunstwerke
und Gerdth8chaften des Mitlelaller
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Jaennicke, Grundriss der Keramik in
Bezug anf das Kunstgeiverbe. Stutt¬
gart , 1878.
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tur; ein zuverlàssiger Führer für
Liebhabcr , Gewerbebelreibende und
sonstige Interessenten zugleich ein
Supplément zu des Verfassers Grun¬
driss der Keramik, Stuttgart, 1882.
Id. N eue Forschungen über a Grès fla¬
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Vereins für Fabrication von Ziegeln,
Thon-vaaren, Kalk und Cernent, V.
n®dul2Nov. 1881.)
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Steinzeug bis zum Ende des XVIII
Jahrhunderts (Mayence, 1884.)
Jahrbucher des Vereins von A Uerthums-
freunden imRhein lande ( Bonn),V-VI,
242; VIII, 146; XIX, 152; XXII, 126;
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n°» 76, 86, 119, 125.
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(trad. par d’ARMAii.i.É et Salvetat,
préf. par Riocreux.)
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336; III, 303.
Müi.iær (Wilh), Das nassauische Krug -
und Kannenbâckerland und seine
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Stegmann, n 0 * • 1 er Janv., 1" Févr.,
l r * Août 1877 ; 1 er Janv., 15 Mars 1878 ;
15 Mai et 11 Juin 1878 (11,1 et 36 ; 242;
268; III, 123 , 224.)
Navorscher (de), 1852, p. 188.
Schmitz, Grès limbourgeoisde Raeren.
(Bull, des Comin. roy. d’art et d’ar-
chéol., XVIII, 368, 449; XIX, 33 , 65;
XX, 17, 79, 341 ; XXI, 61, 98, 159.)
Schorn (D r Otto von), kunst and Ge-
werbe Zeitschrift deulscher Kunst -
Industrie , herausgebe» vom Bayri-
schen Gewerbemuseum zu Nürnberg
XV, 1881 (sur l’exposition de Bruxelles,
en 1880.)
Schuermans. Anciens grès et verres lié-
yeoiô(Bull.Inst.archéol.Iiég.XlV,189.)
In. Grès dits flamands fabriqués pour
Liège (Ibid., XV, 481).
(*) Dornbusch était chapelain (ou vicaire) de l’église de Ste. Ursule à Cologne.
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IGG
Io. Grès-cérames à armoiries liégeoises
(Ibid., XVII, 17.)
Id. Calai, de l'exposition nationale de
1880, à Bruxelles, E. p. 22.
Id. Id. de l’art ancien au pays de Liège,
1881, VI, p. 13.
Id. Id. des Arts industriels à Gand, 1882,
2* partie, section D. 1 r * édit., p. 35;2 e
éd., p. 37.
Id. Grès flamands , limbourgeois et lié¬
geois (Bull, des Comm. roy. d'art et
d’archéol ., XVIII, 213.)
Id. Les g rès-cérames aux expositions de
1880. Bruxelles et Düsseldorf (Idid.,
XIX, 415).
Id. Médaillon s céramiques delà famille
d'Orange-Nassau. (Revue belge de
Nunusmatique. 1881, 239.)
Io. Les poteries de Raereyx aux armes
des gouverneurs et des nobles du
Limbourg. (Publications de la Société
historique dans le duché de Limbourg.
(XVIII, 383 )
Id. Grès limbourgeois de Raeren.
Paysans de Raeren. (Ibid., XIX,214.)
Voy. à la liste des Musées, v° Bruxel¬
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Seger (et Aron), Thonindustrie Zeitung
Wochenschrift fûr die Interessen der
Ziegel-, Terracotten-, Tôpferwaaren-,
Steingut-, Porcellan-, Cernent-, und
Kalkindustrie), Berlin.
Stkgmann, Zeitschrift fôr die gesammte
Thon waaren-Industrie und ver-
wandte Gewerbe , Brunswick, 1876 et
années suivantes.
(Tmewalt), Die Kunsthistorische Aus-
stellung (dans le Zeitschrift für bil-
dende Kunst de von Lützow , XII*
année, n° 5, p. 66.)
Van Bastelakr, Les g rès-cérames ornés
de l'ancienne Belgique ou des Pays-
Bas , improprement appelés « grès
flamands » 1 tr Rapport (Bull, des
Comm. roy. d’art et d’archéol., XIX,
98.)
lu. 2* Rapport (Document de la Société
archéologique de Charleroy, XL p. 3).
lu. 3 • Rapport (Bull, des Comm. roy.
d’art et d’archéol., XX, 127.)
Van deCasteele, Grès liégeois (Ibid.,
XVIII, 380 )
lu Grès wallons (Ibid., XIX, 84.)
lu. Grès namurois (Ibid., XIX, 193.)
Van df.r Kellen, Antiquités des Pays-
Bas Choix d'antiquités remarquables
du XllDuu XV1 IP siècles . faisant
partie de plusieurs collections tant
publiques que particulières. (Gravures
à l'eau forte) (La Haye, 1861.)
Van Duyse (Herm.). Conservateur du
Mu^ée de Gand. Catal. de ce musée
tirés-cérames (sous presse).
O L’auteur a réuni en outre des centaines de blasons imprimés sur les pots de grés. Il est
parvenu à les déterminer en grande partie : cela fera l'objet de publications ultérieures, des¬
tinées au Bull, des Comm. roy. d'art et d'archéol. 11 serait heureux de recevoir des collec¬
tionneurs et directeurs de musée, des croquis sommaires des blasons (avec ou sans inscrip¬
tions) qui se trouvent sur leurs grès.
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ERRATA ET ADDENDA.
P. 41 ligne 4 (du texte) au lieu de Steingut lire Steinzeug.
• 47 * 14 i b Sovignies » Savignies.
» 48 » 1 (de la note) b Holbron b Holburn.
b 59 b 2 b » Steigman b Stegmann.
» 70 » 17 (du texte) b Zôbel » Zobel.
» 70 i 18 » » Kollenfels s Collenberg.
» 79 add. n° 4 absolon. — M. Mettlach, 7,35.
t 80 b n® 17bU a. E. v. x. w. c. r — C. Oppenheim.
» 80 » n® 17t«r ahasveros, Voy. n® 277.
i 80 > n* 26 C. Dansette.
» 81 » n* 34 [1661 ; 1658] et Schmitz, n° 77.
• 81 » n° 37 an aller Voy. 463.
an ernst » n° 467.
» 82 » n° 46* C. Thewall.
t 83 î n® 50 M. Mettlach (36).
b 84 b n® 61 61W® * a. v. D. h — C. Hetjens.
ave gracia. . .] Voy. n° 253.
» 85 » n 0 79 Voy. n° 687.
» 85 » n® 84 — n° 84. E. Düsseldorf, 1284.
» 86 b n° 86 M. Mettlach (63, 66, 90) ; Amsterdam. — Rens. Six,
Brongniart, pl. xxix, 6.
b 86 b n® 86bi* b. k. 1557 — M. Mettlach (27).
b 86 » n® 88 Brongniart, II, 224, pl. xxix, 6.
b 87 b n® 95W* b. s. 1656 — Jaennicke (Mettlach), p. 86.
b 87 b n® 98 Mettlach (53, 90).
b 89 » u® 125 C. üansette.
b 89 b n® 130 C. Üansette.
b 89 b n® 133 C. Minard 887, 891. — E. Düsseldorf, omis : 1437.
b 90 » n® 136W» concordia ’ vis vnita fortior. 1676. — G. Spitzer.
Rens. Dansettk.
b 90 i n® 137 Rens. Six.
b 90 b n® 151 Daniel, Voy. salomon.
b 91 b n® 158bi8 dat gem. domine 1676 p. r — E. Vienne, 43 : 569.
b 91 b n® 160 G. Minard, 909.
b 91 b n® 165 [1575].
b 9*2 b n® 168 C. Génie (363). — Rens. Dansette.
b 93 b n® 183 G. Génie (362) ; Dansette. — Rens. In.
b 93 b n® 185 Ann. Nassau, XIV, 143.
b 94 b n® 190^* (*?) de r ivngling von nain. 1581. P. M — E. Munich,
1885. -
b 94 b n® 192M» * der l. stat kvellen— C. Schmitz.— Cfr. n®» 169 et 173.
B t 4 B n® I94bia * DER RECHTER BOVV»REN DANS — C. SchmitZ.
b 94 b n® 194ter * der son \ die docijter | d. k in f — C. Schmitz.
b 95 b n® 211 * die enhevtvng iohannis, Voy.n® 595. — Schmitz, n® 38.
b 95 * n® 215 G. Gedon, 35.
b 96 b n® 217W» (?) die vermaulvng der iil katharina | s. Barbara
1497 (?) - E. Munich, 1879.
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- I US -
P. 96 n° add. 222 [g. e] — C. X (Amsterdam). — Rens Dansette.
t 97 note tire Léonard Colrhon.
> 98 add. n® 240 drisck her. .. Voy. n° 542.
» 99 » II® 242bia DRINK TO PIOUS MEMORY OF GOOD QUEEN ANN il 29. (Grès
de Fulhain). — C. Solon. — Rens. Id.
i 100 » n° 265 (*) note : Elbert d’Isendoom de Blois, seigneur deCannen-
berg el Stoekhurn, épouse Hadewige-Marie d’Essen,
morte en 1646.
» 100 t n® 269 1 * england | holland | fligelant | sei.ande. . — Rens.
Dansette : C. Moreau.
» 10lcorr:n« 278 est vnd.
» 105 add. n® 328 C. Ort.
» 105 » n® 333W* gentlemen come try your skill. i will lay a wager if
YOU WILL THAT YOU D’ONT DRINK TRIS LIQUOR ALL UNLESS
you spill or let some fall. (Grès de Nottingham). —
C. Solon. — Rens. Id.
» 106 » n® 340bia *GERET DV MVS DANSENBLASEN SO DE! BVREN ALS WF.RF.N Si
rasen fr : vf sprecht bastor ich. 1596 — Vente à Liège,
1880. — E. Bruxelles, 334. — Sciimitz, n® 2.
i 107 b n® 354bi» god bless the queen and prince gorge drink be iiery
and mary b. b. ioiin mier maüe this cup. 1108. (Grès de
Nottingham). — Rens Solon.
» 108corr. n® 361 gott im herre. ..
» 110 add. n® 392bis 'havstdv mich so stech ich dich — C. Spitzer. — Rens.
Dansette. — Voy. n® 32.
» 112corr.n® 429 hispanif.n | dalmatie... a. 1596 (supprimer les autres
millésimes).
» 11*2 add. n® 430 C. Spitzer. — Rens. Dansette.
» 115 » n® 461bt* iab | eas. — C. Moreau. — Rens. Dansette. — Cfr.
n 01 207, 865.
» 1*23 » n® 554 C. Spitzer. — Rens. Dansette.
b 126 » n® 594bU *k. K. I F. n. | K. F. - C. Disc!», 52.
» 1*29 # n® 622M» 'léonard mennicken | sohn lkonads. 1832 (l’un des der¬
niers produits de Raeren). — C. Mennicken.
» 129 b n® 628bia l. k. 1633 — C. Widerberg. — Jaennicke, 436.
% l29eorr. note 1, 1.3. Seringen, lire Beringen.
» 131 » II® 65lbl« LYDIA DWK.IIT DYD MARCH 3 1613. — CHURCII, p. 44.
» 136 » n® 7 i7bU nec temere nec timide. — C. Dansette.
» 137 » n® 726bt* on bansted down a hare was found which led a smoking
round (Grès de Fulhain.) — C. Willett. — Rens. Solon.
Passim.n®» 157, 172, 177, 199, *238, 277*, 277», 506, 561», 607, 677,
add : M. Compiègne.
» 159 Collections add : Bamps, a Hasselt.
» 160 » » Félix , à Francfort.
» 160 » corr. Génie, au lieu de Génin.
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TRAZEGNIES
SON CHATEAU, SES SEIGNEURS ET SON EGLISE.
Communication de M. Léopold DEVILLERS.
Trazegnies est célèbre par ses légendes et par les tour¬
nois qui s’y donnèrent au XIII e siècle. Son château est très
important, et son eglise paroissiale possède des mausolées
somptueux.
L'auteur d’un livret rarissime 1 a écrit sur Trazegnies
quelques chapitres qui nous ont paru mériter d’être tirés
de l’oubli. Si cette petite publication est loin de contenir
1 Histoire véritable et merveilleuse de Notre-Dame du Sacré Rosaire, honorée
en Vèglise paroissialle de Trazegnies. Ce livret a été composé en 1737 par
Norbert Pouillon, religieux de l’abbaye de Floreffe et curé de Trazegnies.
M. Larsimont, bourgmestre de Trazegnies, en possède le manuscrit original
(109 pages in-i®) qu’il a eu l'obligeance de nous communiquer.
L’ouvrage est dédié à Charles Dartevelle, abbé du monastère de Floreffe, député
des états du comté de Namur. S’il a été imprimé, les exemplaires en sont introu¬
vables aujourd’hui. Ce qui le prouve, c’est que feu Auguste De Reume, qui a
tant recherché les livrets relatifs aux anciens pèlerinages, n'en a fait aucune
mention dans son volume ayant pour titre : Les Vierges miraculeuses de la
Belgique.
88
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170 , -
tous les faits qui concernent le village et ses anciens
seigneurs, elle a du moins le mérite de donner de curieuses
descriptions et de rappeler des noms et des dates historiques.
Tout en respectant le texte ancien des extraits qui vont
suivre, nous avons cru utile d’y joindre des notes.
f. De la situation du marquisat de Trazegnies.
« Le marquisat de Trazegnies est situé dans l’endroit le
plus fertile et le plus riant de ceste partie du Brabant que
les Romains nommoient Romandie et que nous nommons
aujourd’hui Walon-Brabant ; elle a le pays de Liège et le
comté de Namur au levant, la principauté de Chimai et la
Champagne au midi, le comté d’Haynaut à l’occident, le
duché de Brabant au septentrion. Cette terre si agréable¬
ment placée lait sortir une rivière de son sein; et elle donne
le mouvement au moulin du Piéton qui, pour cela, la
recognoit d’un cens signeurial, et l’erreur vulgaire a donné
le nom du Piéton à cette rivière qui deveroit estre nommée
la rivière de Trazegnies : elle lave Herlavmont, la Chapelle,
Gouy, Pontaselle, Gosselies, Sarlemoine et J omet, et puis
elle va se rendre dans la Satnbre vers Charleroy. La cense
nommée du Piéton qui est près de cette rivière, est une com-
manderie magistrale des chevaliers de Malthe qu’obtenoit
monsieur Baligant, grand écuier de Louis XV, lequel céda
cette commanderie en faveur du marquis de Vassé, son
neveu, colonel du régiment de Picardie infanterie. 11 faut
remarquer que, pour être reçu à cet ordre, le plus illustre
de la crétienneté, il faut faire preuve de noblesse de quatre
races, tant du côté paternel que maternel, et avoir vingt ans.
» Les forêts qui environnent le marquisat de Trazegnies
de toutes parts, sans l'étouffer, luy mettent une couronne de
verdure.
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II. De l’origine du nom de Trazegnies.
< Le peu de connoissance qu'on a du nom de Trazegnies
ne permet pas d’en parler clairement. On conte qu’une
dame de Trazegnies refusa l’aumône à une mendiante qui
portoit deux enfans jumeaux, luy reprochant que ce n’étoit
pas du fait d’un seul homme, l’accusant d’impudicité; que
ceste mendiante, faschée de l’injure qu’elle faisoit à la vérité,
luy souhaita d’en avoir d’une couche autant qu'une truie
avoit fait de porcelets, et qu’au bout de nœuf mois cette
dame, par une punition de Dieu, accoucha de treize
enfans quelle fit jetter dans la rivière, et que ce prodige
fut la cause du nom de Trazegnies. Mais ce monstrueux et
mémorable effect paroit faux, et les personnes de bon sens
n’ajoutent pas de foy au peuple qui grossit toujours les
objets *.
» Trazegnies est près de la chaussée qui passe de Bavay
à Mastrecht, d’un côté à deux lieues de Gharleroy et de
l’autre à trois lieues de Nivelle. Il y a plus de 600 ans, dit
Guichardin, que les très illustres Trazegnies régnent dans
ce domaine, qui est un fief de Brabant. Et Grammaye dit :
Quoique le Hainaut mette Trazegnies dans son comté *, il
est cependant certain que c’est un fief de Brabant, et que
les seigneurs de Trazegnies ont fait des alliances avec ces
1 Tout inepte et stupide que soit la légende de la dame de Trazegnies, elle a
été reproduite dans maints auteurs. «L'on tient, » dit Vinchant sous l'année 1276,
« qu’en la ville de’Bruxelles, la femme d'un seigneur de Trazegnies enfanta d'une
> ventrée treize enfants masles, et qu’à cause de ces treize nés le nom de Trazine
» ou Trazegnies a pris son commencement, l a mémoire de ces treize nés se
» descouvre encore de piésent sur quelque voierière de l'église Sainte-Goule en
» Bruxelles.» — Annales du Hainaut , éd. des Bibl., t. Il, p. 361. Arthur
Din aux , Singulière élgmologie du nom de Trazegnies , dans les Archives du
nord de la France et du midi de la Belgique , 3 B# série, t. VI.
1 Le sire Trazeguies était un des douze pairs du coraté de Hainaut.
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172
ducs. En effet, on est tellement convaincu de cette vérité,
qu’on nomme encore une rente de trente-six muids d’avoine
que l’illustre famille de Trazegnies reçoit annuellement sur
les domaines de Nivelle, les avoines des ducs.
» Le château de Trazegnies est situé sur une hauteur, et
le principal du bourg est dans un agréable fond. Au long
on y voit quantité de belles fontaines, et d’où l’on sort sur
une belle campagne qui présente d’abord la chapelle et la
maison riante de Saint-Joseph, fondée par Gilles Roland,
greffier de Trazegnies, l’an 1660, laquelle a été érigée en
bénifice avec tous les biens annexez à laditte chapelle.
Autrefois les hermites du lieu faisoient leur demeure auprès
de cette chapelle ; mais elle a été détruite et ruinée par les
guerres. De là on vient à l’église paroissiale de Trazegnies ’,
diocèse de Namur, située sur une petite montagne, où est
l’image de la Sainte-Vierge appellée du Sacré-Rosaire,
tenant son cher enfant sur son bras, tailliée en bois qui
inspire de la dévotion à tous ceux qui la regardent : ce
pourquoy laditte église est fréquentée par beaucoup de
peuple, et particulièrement par ceux qui sont affligez de la
vue, qui viennent implorer le secours de la Sainte-Vierge
dans leurs afflictions et reçoivent diverses fois la guérison.
» Le château est d’un côté du bourg et l’église de l’autre :
de sorte qu’il est aisé à se représenter la situation et la
composition du marquisat de Trazegnies, lequel est avantagé
de plusieurs privilèges que luy ont donné les souverains de
temps à autre, comme il paroît par la lettre de Jean, duc
1 Le 4 avril 118V, Othon de Trazegnies donna à l’abbaye de Floreffe la cure de
Trazegnies et les dimes qu’il possédait dans les environs. Cette donation fut con¬
firmée en 1188 par le duc de Brabant et les comtes de Namur et de Hainaut. —
Voy. Analectes pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Belgique , t. Vit,
p. 371 à 383.
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173
de Brabant, donnée à Bruxelles, en février l’an 4324, et
confirmée parCharle-Quint, le 26 de juillet l’an 1544, d’où l’on
connoit que Trazegnies est une terre libre et franche ,
laquelle relève du due de Brabant avec la principauté des
francs fiefs de Rognon, et l’archiduc Albert, frère de l’em¬
pereur Rodolphe, érigea la baronnie de Trazegnies en
marquisat l’an 4614, pour reconnoistre les mérites et
récompenser les services que Charle, baron de Trazegnies,
luy avoit rendus en l’accompagnant dans ses conquettes de
Cambray, de Calais et d’Ostende, et confirma les droits et
privilèges du dit lieu, comme il appert par ses lettres
données le 8 de février l’an 1614. Ce pourquoy, les habitans
de Trazegnies peuvent trafiquer en Brabant et au Namu-
rois, sans payer aucun droit. Il y a haute, moienne et basse
justice. Le duc de Brabant n’y a que le simple relief, et un
Brabanson exilé se peut tenir en asseurance sur la terre
de Trazegnies Et néanlmoins qui est banni de Trazegnies,
pour un crime, est censé banni de tout le Brabant. De
plus, on y tient une foire franche le 40 du mois d’aoust, à
laquelle un grand nombre des peuples des lieux circdn-
voisins s’y transportent. On y tient aussi marché et halle
quand la nécessité le requiert. Mais quoyque ce lieu ait
receu plusieurs privilèges des souverains, il n’a pas cepen¬
dant été exempt des misères de la guerre : au contraire,
il en a été très souvent le théâtre. De sorte que les habitans
ont éprouvé plusieurs fois la fureur des soldats et les
disgrâces de la fortune et ont été réduicts de temps à autre
dans un état déplorable , et même obligez de demeurer de
sept à huict ans sans pouvoir entasser dans les granges
aucune dépouille. Les mémorables bataille s de Seneff et de
Fleuru ont causé beaucoup de dommage et abbatu quantité
de maisons dans Trazegnies, entre autres, la belle cense
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174
nommée Deltenre, qui étoit bastie, pour parler selon les
anciens, au milieu de la franche ville et marquisat de
Trazegnies ; elle a été renversée à la bataille de SenefT.
Cette cense depuis n’a plus été remise en état.
« L’an 1643, lorsque les François vinrent siéger Binche
et la ruinèrent presque de fond en comble, ils firent des
courses dans Trazegnies, pillèrent plusieurs fois l’église,
emportèrent les papiers. Cette ville avoit encore été réduite
en cendres avec le château roial de Marimontpar Henry II,
rov de France, l’an 1554, au sujet que Marie, reine d'Hon¬
grie, sœur de l’empereur Charle-Quint et gouvernante des
Pays-Bas, avoit fait brûler Folembray, maison royale en
Picardie, bâtie par le roi François I.
III. Du CHATEAU DE TRAZEGNIES.
« Ce château est fort ancien et un des plus fameux du
Brabant-Wallon, sans contredit, qui conserve toutes les
marques d’une antiquité immémoriale et les beautez régu¬
lières de notre siècle. 11 est deffendu d'un large et profond
fossé, et le dedans qui est meublé très richement répond
à la beauté et à la magnificence du dehors. Avant que d’y
entrer, vous avez devant les yeux une place à course de
cheval, qui tient plus de la campagne que de la basse-cour,
où il y a plusieurs allées d’ifvres qui divertissent la vue
à droite et à gauche. En front vous avez un bâtiment
étendu et assez élevé pourestre pris pour un château. Mais
vous n’êtes pas sitôt revenu du charme de la basse-cour
que la gauche ne vous présente la porte du château où un
pont-levis vous mène dans un donjon de défense, et vous
en sortez pour entrer dans une cour curieusement pavée,
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qui, par sa grandeur et par l’amphitéàtre qui l’environne,
a servi selon toute apparence de carrière au tournois que
Gille de Trazegnies a fait publier dans son château, auquel
se trouva le comte Bauduiu d’Hainaut, comme nous asseu-
rent les histoires authentiques et les Annales de la province
d'Hainaut, au livre 4L A ce malheureux tournois, qui se
donna à Trazegnies, l’an 1251, Guillaume de Dampiere fut
tué par la trahison de Jean et de Baudoin d’Avesnes.
» La cour dont nous venons de parler, est entourée de
quantitez de bâtiments où un grand corps de logis se pré¬
sente en front avec des appartemens fort commodes, lequel
est capable de loger à l’aise un roy et ses ministres.
» La piété des marquis de Trazegnies reluit non-seule¬
ment dans la fondation du monastère de Cambron, qui a
été faite par Anselme de Trazegnies l’an 1148, mais encore
par la situation de leur chapelle domestique qui occupe le
beau milieu de l’édifice et en fait la salle la plus majes¬
tueuse, propre à recevoir les fidèles qui y viennent tous
les jours assister aux messes célébrées par les bénéficiers
dudit château. Le monastère de FlorefTe avoue aussi avec
sincérité d’avoir été bonifié de la cure et de la dime de
Trazegnies par la libéralité du très illustre et puissant
seigneur Otton, qui en fit la donation l’an 1184 au révéren-
dissime Hermand, quatrième abbé de Florefîe et confesseur
d’Henry, comte de Namur.
» Les abbayes de Bonne-Espérance, de l’Olive et les
f Le château de Trazegnies fut le théâtre de deux tournois célèbres, qui eurent
lieu l’un en 1170 et le second en 1251. — gislebekti, Chronicon Hannoniœ,
édit, du marquis du Chasteler, p. 74 ; édit. Arudt, p. 95 ; édit, du marquis de
Godefroy-Ménilglaise, dans les Mémoires de la Société historique de Tournai,
t. XIV, p. 152. — Jacques de Guyse, Annales du Hainaut , édit, du marquis de
Fortia, t. XV, p. 106. — l)E Rkiffenbkrg, Histoire du comté de Hainaut , t. 11
pp. 30 et 226.
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— 476
Guillemins de Nivelle, sans nommer plusieurs autres, les
reconnoissent pour leurs bienfaiteurs, aussi bien que l’église
de Notre-Dame de Hal, qui a été commencée par la libéralité
de Guilliaume, comte d’Hainaut, de Jean, duc de Brabant,
et de Gille, seigneur de Trazegnies, qui a laissé une rente
pour l’entretien de la ditte église.
» Cette illustre maison continue toujours à exercer ses
libéralités envers Notre-Dame de Hal, ayant même fondé
une chapelle à son honneur et de saint Joseph. De plus,
la confrairie du Sacré-Rosaire a été érigée à Trazegnies, à
la réquisition de l’illustre Charle, marquis de Trazegnies.
» Le marquis de Trazegnies est, depuis plusieurs siècles,
baron de Silly, pair de Hainaut, dont dépendent en fief
plusieurs terres de considération. De plus, le comté de
Villemont en Ardenne appartient aujourd’huy à la maison
de Trazegnies, lequel a été apporté par Catherine-Charlotte,
née comtesse de Mérode, dont elle estoit dame et héritière,
laquelle épousa Eugène de Trazegnies : ce pourquoy, on
nomme le second fils comte de Villemont.
> Je passe sous silence Gouy, la Chapelle à Herlaimont,
Henriamont, la Torneppe et les autres terres qui appar¬
tiennent présentement à la maison de Trazegnies, pour ne
pas oublier de faire connoitre que la maison de Trazegnies
a la dignité de sénéchal du pays de Liège, et de faire
remarquer que cette maison estant tombée sept fois en
quenouille, a été relevée par Arnoul de Looz-Chini, seigneur
d’Hamal et d’Elderen, à raison que Jean de Trazegnies
n’ayant pas eu d’enfans de Jeanne d’Ittre, surnommée
de Faucuez, laissa son hérédité à sa sœur Anne, qui se
maria audit Arnould de Looz, seigneur d'Ilamal.
» On soutient que les marquis de Trazegnies viennent
d’un cadet des anciens comtes de Bourgogne dont ils portent
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les armes, qui sont : trois bandes d’or sur un champ d’azur ;
pour se distinguer des ainez, ils ont adjousté sur les bandes
l’ombre d’un lion rampant, qui est encore aujourd'huy, et
leur devise est : Tant que vive , qui veut dire que le nom
de Trazegnies doit estre immortel. Si l’on voit plus souvent
le Plus outre que le nom de Charle-Quint sur les monu¬
ments de cet empereur invincible, on voit aussi plus souvent
Tant que vive sur les mausolées de cette maison que le nom
de Trazegnies. Cependant Trazegnies est le cri de guerre
de cette maison.
IV. Du jardin de Trazegnies.
» En sortant du château, vous avez en front le jardin ,
qui a serti de modèle aux lieux des plaisirs qui sont si
fréquents dans la Belgique et qui se glorifient de n’en pas
estre des copies totalement infidelles : ce pourquoy, outre
la régularité et la magnificence du château, la curiosité
doit porter les voiageurs à voir le jardin, car il mérite
d’être vu , et j’ose bien me promettre qu’ils y trouveront
beaucoup de satisfaction. Ils verront dans un jardin qui con¬
tient environ douze bonniers une belle disposition et des
sujets d’admiration. Ils y remarqueront quantité de belles
drefves, bocages , étoiles ; ils y considéreront des statues
et des beaux restes d’antiquitez, et ils y trouveront des
promenades agréables. Enfin, si le prince de Condé, sur¬
nommé le Grand, qui sortit de Trazegnies pour aller donner
la bataille de Seneff où les vaincus et les vainqueurs eurent
égallement à se plaindre, regretta publiquement de n’avoir
pas à son Chantilly mil beautez qu’il admiroità Trazegnies,
le duc de Luxembourg, le maréchal de Humière et plusieurs
de la cour de France, si accoutumée à voir des Versailles,
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178
des Marly et des Saint-Germain, Fontainebleau et Com-
pienne, et tant d’autres lieux enchantez que l’antiquité
aurait pris pour des véritables champs d’Elisée, ont toujours
eu des admirations pour le jardin de Trazegnies, et tandis
qu’elle abandonnoit à la fureur de Mars quantité d’autres
maisons de plaisance dans le Pays-Bas et dans le palatinat,
ils ont toujours eu du respect pour Trazegnies, non-seule¬
ment voiant leurs ancêtres dans cette généalogie, mais
encore parce qu’ils avoient en horreur de laisser corrompre
un original qui aurait si difficilement des copies parfaitès.
Ce pourquoy, à l’imitation de tant de généraux pendant la
dernière guerre, le comte de Tilly, général des troupes
d’Hollande, a donné ses soins et ses ordres pour conserver
le château et le jardin de Trazegnies comme il avoit été de
tout temps immémorial. Il faut remarquer que ce fut Gil-
lion-Otton, gouverneur de Tournay et marquis de Traze¬
gnies, qui mit le château en état et en ordre, parce qu’il
adjouta plusieurs appartemens audit château et y fit rétablir
le donjon. Auparavant la basse-cour estoit à la petite potte
où le nommé Gille Ghislain fait à présent sa demeure. On
convient que la chapelle et le jardin sont ce qui fait l’orne¬
ment du château de Trazegnies *.
V. Des hommes illustres sortis de Trazegnies.
« Puisqu’il est glorieux à Trazegnies d’avoir produit
quantité de grands hommes, tant prélats que seigneurs et
tant chevalliers de la Toison d’Or que de l’ordre de Maltbe
et de l’ordre Teutonique, et que, selon l’escriture sainte, la
1 Feu Charlé de Tyberchamps a décrit les jardins de Trazegnies, dans son
ouvrage : Notice descriptive et historique des principaux châteaux, grottes et
mausolées de la Belgique (Bruxelles, 1821), p. 8 et suiv.
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479
gloire des descendais» est celle des ancestres, ce pourquoy
je ne puis plus solidement travailler à l’immortalité de la
maison de Trazegnies qu’en exposant ses héros, la noblesse
qui se verra issue de cette maison. Cependant mon dessein
n’est pas de faire la généalogie de cette maison dans son
étendue parce que cela me mèneroit trop loin 1 ; mais seu¬
lement de parler des seigneurs qui se sont rendus mémora¬
bles par diverses charges qu’ils ont occupéez.
» Nous ne remonterons pas au-dessus d’un cadet des
anciens comtes de Bourgogne d’où la maison de Trazegnies
prend son origine. Nous nous glorifions d'une source aussi
brillante, et nous aimons mieux donner peu et certain que
beaucoup et douteux. Sans discourir davantage, nous disons
que Trazegnies est très illustre depuis plusieurs siècles, et
sur ce fondement les histoires, conviennent qu’il y a eu un
Gillion de Trazegnies, surnommé le Courageux, qui se
rendit digne de grands honneurs parmi les nations orien¬
tales , duquel le cœur fut porté à l’abbaye de l’Olive prez
de Marimont, pour estre déposé au milieu de ses deux
femmes dont une estoit Gratiane, fille du soldan de Babi-
lone, que Gillion avoit épousée dans la Sirie, comme
Ruteau l’a remarqué au chap. XIII, feuillet 241 *, et les
Annales de la province d'Hainaul rapportent que Gille,
seigneur de Trazegnies, qui se croisa l’an 1148 et vendit la
terre d’Alb au comte Baudoin d’Haynaut l’Edifieur, pour
mieux soutenir l’honneur de son caractère dans la guerre
sainte, et pour y paroistre avec plus d’éclat, s’acquit beau-
1 M. Charlé de Tyberchamps a publié une Notice historique et généalogique
sur l'ancienne et illustre maison de Trazegnies, dans les A nnalesde l'Académie
d'Archéol, de Belgique , t r# série, t. I.
* Voy. Monuments anciens, par le comte Joseph de Saint-Génois, t. I, p. 91 ;
— Le Bigame , par Aimé Leroy, dans les Archives du Nord de la France et du
midi de la Belgique, l r « série, t. III.
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coup de gloire par ce voiage de la Terre-Sainte qu’il
entreprit pour la défense de la religion et pour délivrer les
chrétiens de l’oppression des infidelles. Lequel, après son
décès, fut regretté universellement de tout le monde.
» On sçait qu’Otton, surnommé Miles 1 * * 4 * * de Trazegnies,
n’est pas moins célèbre dans l’histoire, parce qu’il se fit
aussi beaucoup d’honneur en se croisant pour l’avancement
de la religion et s’occupant à la visite des saints lieux, d’où
il apporta, à son retour®, une petite pièce de la sainte croix
du Sauveur 8 . Sous le règne de Saint Louis, l’an 1248,
Gille le Brun, baron de Trazegnies, homme de grande
valeur et de piété, surnommé le Brun à cause de sa mine
et couleur brune, eut assez de bonne fortune pour mériter
d’avoir part à l’amitié de Saint Louis, roy de France, qui
honora ledit Gille le Brun de la charge de connétable de
France* vacante parla morte de Beaujeu, comme l’illustre
autheur de l’ Histoire de Saint Louis l’a bien observé dans
le tome second, au livre dixième, feuillet 144.
» Quelque temps après, Anselme, baron de Trazegnies
et de Silli, fut gouverneur et grand bailli d’Hainaut, et l’an
1482 Jean de Trazegnies, chevalier de l’ordre de la Toison
d’Or, fut élevé au gouvernement d’Ath.
» Ensuite, sous le règne de Charle-Quint, un autre Jean,
aussi baron de Trazegnies, fut chevalier et doien de l'ordre
de la Toison d’Or. Lequel épousa, comme procureur du dit
empereur, madame Isabelle de Portugal, et luy amena,
1 Miles y chevalier, n’est pas un surnom, mais une qualification.
* Othon se croisa une seconde fois et mourut à la prise de Constantinople
en 1204.
9 Cette relique fut donnée à l’abbaye de Floreffe.
4 On a peint sur le plafond du salon d’entrée du château de Trazegnies, cette
inscription : Gilles , sire de Trazegnies 1 connétable de France sons le roi Saint
louis, en Van i229 ,
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comme Guicciardin l'a très bien remarqué en la Description
des Pays-Bas , au feuillet 556. Ledit Jean épousa, l’an 1513,
Isabelle de Werchin, fille aînée de Nicolas, baron de Wer-
chin, sénéchal d’Hainaut, et d’Yolende de Luxembourg. Il est
enterré avec Isabelle, son épouse, dans l’église de Traze-
gnies où ils ont leurs monumens érigés en leurs honneurs.
On voit ce chevallier avec la Toison d’Or, couché dans un
lit d’honneur, avec son épouse ; plus haut, les armes de
Trazegnies et de Werchin ; en bas du tombeau, le portrait
de la mort, et on lit ces mots :
Mors omnia solvit.
Nascentes morimur.
Mors ultima linea rerum.
Ortus cuncta suos repetunt matremque requirent ,
ET R EDIT AD NIHILUM QUOD FUIT ANTÈ NIHIL.
» Et puis, Charle, baron de Trazegnies, qui n’étoit que
cadet, succéda aux biens et aux dignitez de son père. Il
fut élu chevalier de la Toison d’Or et il suivit Charle-Quint
en AfTrique pour attaquer Barberousse qui s’étoit rendu
maître d’Alger.
» Après cela, Robert de Trazegnies retrace le glorieux
vestige de ses ancestres, puisqu’il fut gouverneur d’Ath,
l'an 1580, aussi bien que Jean de Trazegnies qui luy suc¬
céda dans ledit gouvernement, l’an 1589. De là on sçayt
que Charle, baron de Trazegnies, suivit l’archiduc Albert
dans ses conquettes de Doursans , de Cambrai, de Hulst
et de Calais, et que ce prince auguste, pour reconnoistre
ses mérites, érigea sa baronnie de Trazegnies en marquisat *.
L’an 1614, il épousa Adrienne de Gavre, fille aînée de
Charle, comte de Beaurieux, gouverneur d'Ath. Ledit
* Par lettres patentes du 8 février 1614, publiées dans les Document « et rap¬
porte de la Société archéologique de Charleroi , t. III, p. 107.
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Charte est enterré dans l’église de Trazegniesavec son épouse
où ils ont leurs mausolées, et on voit cette inscription :
PlÆ MEMORI.E
CAROLI MARCHIONIS DE TRAZEGN1E8 et Adrianæ de Gavre conjuqum
QUOS UTRIUSQUE STEMHA A1JRÆO VELLERE CLARUM ET PROPRIA VIRTDS
CCELO RECEPTA E MORI NON S1NUNT PRÆIV1T ILLA XV KAL. JUN1I 8ECUTUS ILLE
VI KAL. DECEUBRIS ANNI MDCXXXV.
» De ceste alliance sortit Gillion-Otton qui, ayant passé
par tous les degrets d’honneur dès sa tendre jeunesse, fut
récompensé du gouvernement de Philippeville et puis de
celuy d’Artois et de Tournai tout ensemble. Il fut gentil¬
homme de la chambre de l’archiduc Léopold etdedomJean
d'Autriche, fils du roy Philippe IV, premier commissaire
au renouvellement des magistrats de Flandre et député
pour les limites après la paix de Munster. Il eut pour épouse
Jaqueline de Lalaing douairière comtesse de Middelbourg,
fille aînée de Charle, comte d’Hoogstraten, chevalier de la
Toisor d’Or et gouverneur général d’Artois, de manière
que, par un concours assez rare, elle fut fille, femme et
soeur des gouverneurs d’Artois. Ledit Gillion-Otton paia le
tribut à la nature le 2 de septembre l’an 1669, et Jaqueline
de Lalaing, son épouse, mourut le 9 d’avril 1672. Ils sont
enterrez dans l’église de Trazegnies, et ce gouverneur est
représenté couché dans un lit d’honneur avec son épouse. Les
armes de Trazegnies sont d’un coslé du tombeau et celles
de Lalaing de l’autre Le tout en marbre d’un travail fort
exquis *.
1 Les deux statues couchées, plus grandes que nat ure et d’un travail admirable,
sont en marbre de Gènes. Les seize écussons des armes des familles alliées à celle
de Trazegnies se trouvent autour «le ce mausolée. Au ba> de ces écussons, du
côté droit, on lit les noms suivants : Trazegnies. Werchin. Pallant. Lalaing.
Gavre. Rubempré. Lesclatière. Branddayseau ; et du côté gauche : Lalaing. Rene-
bourg. Montmorency. £gmont. Langle-Wavrin. Ognies. Licoves. Withem.
* Un dessin du mausolée de Gillion-Othon de Trazegnies et de Jacqueline de
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» De ce mariage est né Eugène-François, marquis de Tra-
zegnies, maître de camp d’un régiment de cavallerie et
capitaine d’hommes d'armes au service de sa Majesté
catholique. En 1667, il entra à la tête de son régiment dans
Termonde, lorsqu’elle fut assiégée par les François. Il avoit
déjà montré sa valeur à la bataille de Rocroy où il fut grief-
fementblessé, et il mourut le 20 de novembre 1688. Il avoit
épousé Catherine-Charlotte, née comtesse de Mérode, héri¬
tière et dame de Villemont, de Clairmont et de Hemers-
bach au pays de Julliers , laquelle partit de ce monde l’an
1718. De cette alliance est sorti Gillion, époux de la prin¬
cesse de Croireux , qui mourut sans avoir génération de son
épouse, le 13 d’octobre l’an 1720.
» Avant de venir à Jean-Gérard, qui est le cadet, je ne
dois oublier Albert-François, prévôt de Nivelle, mort le
jour de la Toussaint l’an 1699, 1 ni Ferdinand, prévôt et
chancellier de l’université de Louvain, décédé le 2de décem¬
bre 1684, lesquels sont sortis de Trazegnies, de manière
que deux frères Trazegnies ont occupé en même temps les
Lalaing, son épouse, a été publié dans le tome II, p. 37, de La Belgique monu¬
mentale. Ce mausolée, chef-d’œuvre du célèbre sculpteur François Duquesnoy,
est, — d’après l’ouvrage qui vient d’être cité, — le plus beau de ce genre que l’on
possède en Belgique. Malheureusement il a été récemment posé sur un socle
beaucoup trop élevé.
1 « Le premier novembre 1699, mourut Albert-François, marquis de Traze-
• gnies, prévôt du chapitre de Nivelles. Il avait fait élever, dans la chapelle du
» Saint-Sacrement, à l’église collégiale, un magnifique mausolée pour son frère
» Ferdinand, marquis de Trazegnies, prévôt de l’église de Saint-Pierre, à
i Louvain, et chancelier de l’Université de cette ville. Les deux frères furent in-
» humés sous la même tombe. Ce monument remarquable représente Albert et
• Ferdinand de Trazegnies, à genoux et eu costumes sacerdotaux. Ces deux
• statues sont en marbre blanc, ainsi que les écussons qui rappellent les diverses
» alliances de la maison de Trazegnies; le reste du tombeau est en marbre noir.
» Ce beau travail est dû au ciseau de Guillaume Kerrick, qui naquit à Termonde
9 en 1657 et devint doyen de l’Académie d’Anvers. » Fr. Lemaire, Notice histo¬
rique sur la ville de Nivelles , p. 197.
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deux prépositures qu'il y a dans le Brabant. Ferdinand
repose dans le magnifique tombeau que son frère Albert
luy a lait dresser dans la chapelle du Saint-Sacrement en
la collégiale de Nivelle , sous cette épitaphe :
Albertus vivens monumentu.m EREXIT AMOR1S
PRÆPOSITO FRATRI PRÆPOSITOQL'E SIBI.
UT VIVIS MENS UNA FUIT, DOMUS UNA, COR UNUM
DEFUNCTIS UNAU SIC DECET ESSE DOUUU.
» Jean-Gérard, comte de Villemont, en Ardenne, quoy-
qu’il n’étoit que cadet, succéda cependant à son frère
Gillion l’an 1720 et mourut sans estre marié le 22 de jan¬
vier 1730, laissant par testament son hérédité à son cousin
Procope de la maison de Trazegnies, collonel d’un régiment
d’infanterie au service de Sa Majesté Impériale : ce qui fut
cause que ledit Procope revint d’Hongrie prendre posses¬
sion du marquisat de Trazegnies ; mais peu de temps après,
il mourut, aussi sans estre marié, le 4 de janvier 1738,
fort regretté de tous ses sujets. 11 fut enterré dans l’église
de Trazegnies, auprez de ses ancêtres, aux exêques duquel
j’ai fait l’oraison funèbre. Il s’avoit acquis beaucoup de gloire
dans la guerre où il avoit combattu en fameux héros ; non
seulement il se signala à la prise de L’isle ', mais aussi dans
les actions de Crémone * et de Bellegrade 3 . Aprez son décès,
son frère Philippe, colonel d’un régiment de dragons au
service de l’empereur, entra en possession de la maison de
Trazegnies. Quelques-uns veulent croire aujourd’hui que
laditte maison a perdu son lustre et de sa splendeur ancienne
1 II s’agit ici de la prise de Lille, en décembre 1708.
* En 1702, les impériaux, sous les ordre» du prince Eugène s’emparèrent de
Crémone et y firent prisonnier le maréchal de Villeroi.
1 Le prince Eugène s’empara de Belgrade, en 1717.
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par les ventes et alliances peu orthodoxes et par les terres
qui sont -détachées de ce marquisat. Cependant il faut avouer
qu’elle est toujours dans un éclat de gloire opulente et con¬
sidérée.
« Outre les monumens dont nous avons parlé cy-dessus
des marquis de Trazegnies, la noblesse françoise, remplie
de la renommée de Trazegnies, se fait aussi un honneur
d’avoir ses tombeaux dans son église, témoins le comte de
Chevriers, colonel des chevau-légers, le comte de Sirot,
ayde de camp de monseigneur le duc d’Enghien, le comte
Meurette, collonel de cavallerie, le marquis de Chambrulons,
enseigne des chevau-légers et neveu de monseigneur
l’archevêque de Paris, le s r le Brun, commandant d'hom¬
mes de garde du Roy, le s r Chaumille, capitaine de caval¬
lerie, le s r Husson, capitaine d’infanterie, le s r Augustin
de la Pierre, capitaine major, le s r Visi, capitaine de
chevau-légers, et plusieurs autres seigneurs ; ces victimes
héroïques de la bataille de SenefT de l’an 1674 reposent
dans son enceinte. On voit dans la nef le monument que
monseigneur le comte de Berlo a fait ériger à la mémoire
du comte de Chevriers avec cette inscription latine :
Addet fortüna decorem.
Nobiu et oeneroso d«» d : Humberto de Chevriers Ciiristianissimi
REGIS EQUITUM LEVIS ARMATURÆ MAGISTRO HlC E REOIONE SEPULTO DlONl-
sios de Berlo in suo regimento capitaneus et secundæ alæ dux in peri-
CULO S0CI03 ET SUPERSTES ILLUSTRI AMICO COLONELLO SUO MCE8TUS POSUIT
OBIIT XI AC GU STI ANNO 1674.
> Et dans la chapelle Notre-Dame on voit le tombeau
que la comtesse de Letouf a fait ériger à la mémoire du
comte de Sirot, son fils, avec cette inscription :
D. O. M.
Cl-DEVANT OIST MESSIRE PIERRE DE LBTOUP , CHEVALIER ET COUTE DE
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SlROT, AYDE DE CAMPS DE MONSEIGNEUR LE DUC D’EnOHIEN , LEQUEL A ÉTÉ
TUÉ A LA BATAILLE DE SENEF LE XI D’AOUST 1674 AGÉ DE XX . ANS ET VII
mois Lequel estoit petit-fils maternel de feu messire Glaude de
Lbtouf, chevalier, baron de Sirot, qui commandoit l’aile droite a la
bataille de Rocroy dont l’histoire de France fait mention , qui est
mort lieutenant général des armées du Roy et fils unique de messire
Jaque-François de Letouf, chevalier, comte de Pradine, lequel est
mort de douleur de la perte de sondit fils. Priez Dieu pour lut.
C’est la prière très humble que vous fait Charlotte de Letouf
Sirot, qui fut fille, mère et femme de la famille ci-dessus nommée
ET OUTRÉE DE DOULEUR.
» Sans parler davantage des monumens, on peut dire
avec juste titre que Trazegnies est encore célèbre par la
naissance du R d père Hiacinthe Du Mont, religieux de
l’ordre de Saint-Dominique, où son mérite et ses vertus
l’élevèrent diverses fois au provincialat de l’Allemangne
inférieure, lequel gouverna avec beaucoup de prudence et
mourut à Harlem en Hollande, l’an 1724, peu de temps
après avoir administré un missione de ses sacremens.
» De plus, l’illustre Antoine Havet, premier'évêque de
Namur, est considéré comme originaire de Trazegnies, où
il naquit selon les uns, ou au village de Simencourt en
Artois comme l’assurent les autres. Il fut tiré de l’ordre de
Saint-Dominique du couvent d’Arras pour gouverner l’église
de Namur. Il avoit choisi pour sa devise : Hoc âge , fais ce
que tu as entrepris. Il mourut l’an 1578,1e dernier jour du
mois de novembre *, comme il se voit par son épitaphe.
Ce qu’il y a de certain, c’est que son portrait a été con¬
servé à Trazegnies avec ‘beaucoup de soin par Charle
Havet et ses devanciers, dans la cense nommée vulgaire-
1 Charlé de Tyberchamps, Notice descript. citée , p. 12, dit 28 ans.
1 Le 31 décembre, d’après l’auteur précité.
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ment de Havet. Cependant depuis peu on l’a porté aux
Révérends pères Dominicains à Brunhault où il est aujour-
d’huy placé dans la salle de ce vicariat.
VI. De l’image de Nostre-Dame et de la confrairie du
Sacré Rosaire érigée en l’église de Trazegnies.
» Au temps que les hérétiques désoloient le duché de
Brabant et les pays circonvoisins, et taschoient d’abolir
notre sainte religion, je veux dire l’an 1566, ils vinrent à
Trazegnies et déchargèrent leur rage sur Dieu et sur l’image
de la Sainte Vierge. En effet, ces sacrilèges qui sembloient
estre sortis d’enfer pour ruiner l’Église de Jésus-Christ et le
culte de la Sainte Vierge, renversèrent une partie du temple,
foulèrent aux pieds les autels et jettèrent par terre l’image
de Notre-Dame. Un de ces malheureux quitta son épée et
voulut couper, par dérision, le nez à laditte image dont
elle a retenu une bleue couture, nonobstant que son visage
a été plusieurs fois repeint. Nos pères, à leur grand regret,
virent l’iniquité et la rage de ces impies , et furent les tris¬
tes témoins de leurs sacrilèges. Cependant ils eurent la
consolation de voir sortir ces enfants d’iniquité du pays,
sans avoir peu détruire aucunement ni arracher la religion
catholique du cœur de nos ancestres. Au contraire, on la
vit plus affermie, parce que l’an 1586 sa Majesté Catholi¬
que , pour remédier à tous ces désordres, ordonna à tout
officier public de faire profession de la foy catholique, apos¬
tolique et Romaine, et elle a voulu que laditte profession
seroit renouvellée chacun an par tous lesdits officiers. De
sorte que la guerre, qui estoit déclarée à Dieu et à ses saints
dans ce pauvre pays cessa et la dévotion envers la Sainte
Vierge fut remise en vigueur.
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» Celuy qui a commencé à écrire les œuvres surpren¬
antes de Notre-Dame de Trnzegnies, ce fut F. Louis de
Fosset, curé et natif de Trazegnies, lequel mourut le 11 de
décembre l’an 1525.
» Ensuite F. Élie Massart, originaire de Hanys (Aniche),
mourut pasteur de Trazegnies l’an 1550 le 13 d’aoust.
» F. Michel Jamoton, natif de Floreffe, mourut pasteur
de Trazegnies l'an 4561.
» F. Jean Bauchel, qui avoit receu la vie à Douay , paia
le tribut à la nature l’an 1603, après avoir gouverné la
paroisse de Trazegnies pendant 42 ans.
» F. Nicaise Haverlant, qui naquit à Beaumont, partit
de ce monde l’an 1618. Il se fit un honneur particulier de
contribuer à l’avancement du culte de la Sainte Vierge.
» F. Jean Jamart, originaire de Floreffe, a recueilliez les
œuvres les plus signalées advenues à Trazegnies par l’in¬
tercession de Nostre-Dame le 14 de septembre 1619, lequel
rendit sa vie le 8 de mars 1634.
» F. Nicolas Hamilton, natif de Namur, a administré la
paroisse de Trazegnies depuis 1634 jusqu’à 1650 ; ensuite
il fut prieur d’Herlaymont où il mourut l’an 4665, le
15 d’octobre. Il a donné des témoignages de sa piété par un
livre de dévotion qu’il a composé envers la Sainte Vierge.
» F. Martin Dupaix naquit à Fleurus et gouverna la
paroisse de Trazegnies pendant vingt-quatre ans ; après
quoy il fut prieur d’Herlaymont où il mourut l’an 1674, peu
de temps avant la bataille de Seneff. Il y a agi avec un soin
extrême pour la gloire et l’avancement de son église. En
effet, c’est luy qui a contribué beaucoup à faire bâtir un
nouveau cœur à Trazegnies.
» F- Benoit De Zornberg, natif d’Onain près de Valen-
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tiennes, a rempli les fonctions d’un véritable pasteur de
Trazegnies pendant vingt-sept ans. Après quoy il fut prieur
de Wanze et il mourut Tan 1704.
» F. Ernest Chavée avoit receu la vie à Namur ; il admi¬
nistra la paroisse de Trazegnies depuis 1701 jusqu’à 1715.
Ensuite il fut prieur d'Herlaymont où il mourut l’an^l724.
» F. Charle Dartevelle, natif de Trazegnies, gouverna la
paroisse de son lieu natal pendant vingt-deux ans. Aprez
quoy il fut élevé à la dignité abbatiale de Floreffe l’an 1737.
» F. Norbert Pouillon naquit à Fontaine-l’Évêque. Il com¬
mença à administrer la paroisse de Trazegnies l’an 1737 et
fit imprimer ce livret pour tâcher de contribuer à la conver¬
sion de ceux qui méprisent l’Eglise de Jésus-Christ et pour
augmenter le service de Nostre-Dame.
» Ce n’est pas icy mon intention de faire le dénombre¬
ment de ceux qui ont contribué à l’augmentation de l’hon¬
neur de la Sainte Vierge par dons et offrandes mémorables ;
cependant je ne puis oublier Gillion-Otton, gouverneur
d’Arras et deTournay, lequel, pour honorer Nostre-Dame
de Trazegnies et pour gage de son affection, luy envoia les
clefs d’argent qu’il avoit receues à son entrée aux dittes
villes, ni passer sous silence don Augustin Gonzalez, maître
de cérémonie de son Altesse sérénissime gouvernante actuelle
du Pays-Bas, lequel fit présent d’un riche ornementé laditte
vierge. 11 y a quantité d’autres donateurs dont on pourroit
faire mention. Mais je me contenteray de parler de la con¬
frérie qui a été érigée à l’honneur de Notre-Dame de
Trazegnies, favorisée de plusieurs indulgences et approuvée
par monseigneur François Buisseret, évêque de Namur 1 ,
en vue d’entretenir et d’augmenter la piété et la dévotion
vers cette Reine de tous les saints.
1 I* 26 mars 1614.
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» La procession se fait tous les ans par tout le circuit de
la paroisse, le dimanche après la Nativité de la Sainte
Vierge, et le lendemain on chante une messe pour tous les
confrères et consœurs trépassez.
» On chante tous les ans à l’autel Notre-Dame de Tra-
zegnies quatre services pour tous les confrères et consœurs
défunts, à sçavoir un le lendemain de la Purification et un
autre après l’Annonciation ; le troisième après l’Assomption
et le quatrième après la Nativité.
» Je pourrois aussi parler particulièrement d’un reliquaire
que nous avons, où sont enfermées plusieurs reliques très
prétieuses qui font l’objet de la dévotion des personnes
vertueuses, dont une seule relique est suffisante pour
opérer des miracles, comme l’on a vu plusieurs fois dans
d’autres églises »
A cette description nous ajouterons qu’il existe plusieurs
vues du château de Trazegnies. La meilleure est conservée
au cabinet des estampes de la bibliothèque royale ; c’est une
gravure (hauteur : 0 m 34 ; largeur : 0 m 46) signée : S. Thayesse
fecit, et dans le haut de laquelle on lit :
Castrum de Trazegnies.
Illio» dno Ægidio Ottoni Marchio.ni
DE TRAZEONIE3, PARI HaNNONIÆ , BARONI
DE SïLLY , VICE C011ITI D’ArMUYDEN
ET DE BlLSTEIN , ETC.
On voit au premier plan, à droite, le château dessiné
latéralement, et à gauche les jardins. Au second plan, se
trouve la basse-cour , et à l’arrière-plan, des avenues
d’arbres et de vastes terrains ; enfin, l’église, dominée par
des collines. Le blason de Trazegnies et celui de Lalaing
figurent dans chacun des angles supérieurs ; ils rappellent
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que Gillion-Othon deTrazegnies épousa Jacqueline deLalaing
en 1631.
Dans ses Monuments anciens , t. 1, le comte Joseph de
Saint-Génois a inséré une gravure représentant la façade
principale du château et les jardins.
Le dessin d’une façade du château construite par l'archi¬
tecte Beyaert, a été gravé en 1854.
Une très jolie vue de la façade principale a été publiée
dans le charmant recueil ayant pour titre : La Belgique
pittoresque. Les châteaux ; par Émile de Damseaux. Litho¬
graphies de Vasseur frères à Tournai. Mons, J. Dacquin ;
1872. Elle est accompagnée d’une notice de laquelle nous
détachons la phrase suivante. « A diverses époques, le
château a subi des transformations; son architecture militaire
a disparu, les fossés ont été comblés et un parc splendide
l’entoure. A l’entrée, le donjon est encore debout avec
tout son caractère féodal, moins le pont-levis.»
Récemment M. le comte François Vander Sraten-Ponthoz
a publié une étude fort intéressante sur L'Ombre de lion
des Trazegnies, dans les Annales du Cercle archéologique de
Mons, t.XVII, pp.457 et suiv. Il y a réuni une foule de notions
sur cette illustre famille l .
1 Pour compléter ce qui a été dit dans nos extraits, nous rappellerons que c’est
à titre de la terre de Silly que les sires de Trazegnies étaient pairs de Hainaut.
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AUBLAIN
PAR
M. LE COMTE de VILLERMONT ».
CHAPITRE I.
A l’extrême frontière de la province de Namur, du côté
de Chimay, à l’ouest de Mariembourg et dominant la vallée
de l’Eau blanche, se dresse, sur une colline élevée, le village
d’Aublain. Son église, construction du dernier siècle, l’an¬
nonce de loin au voyageur. Lorsque le soleil levant l’inonde
de ses rayons, en se réfléchissant sur les verrières et en
dorant sa haute toiture d’ardoise, l’effet est aussi pittoresque
que saisissant.
Le village d’Aublain est extrêmement ancien. Très pro¬
bablement les Romains y établirent un poste militaire,
suffisamment indiqué par les dispositions du terrain, d’où
l’œil embrasse de vastes horizons. 11 fit postérieurement
partie du Hainaut et plus particulièrement de la châtellenie
de Couvin, avec laquelle il fut vendu, en 10%, à l’évêque
Obert de Liège par le comte Baudouin de Hainaut. Aussi
loin que se puisse suivre son histoire dans le passé, on
trouve ses habitants en possession de toutes les franchises
et libertés que nous avons déjà reconnues chez les bour¬
geois de Couvin.
1 Mémoire couronné.
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— I9i —
Au XIV e siècle, on y constate l’existence d’une tour,
mentionnée dans un relief de 1335 ; cette tour appartenait
à la famille d’Aublain. Plus tard elle devint un château et,
selon toute apparence, ce fut Philippe de Senzeilles, vicomte
d'Aublain,qui le construisit, car il agrandit considérablement
ses domaines et il a rempli de ses actes d’acquêts les regis¬
tres d’Aublain.
Au nombre des apports attribués à Anne de Senzeilles dans
son contrat de mariage avec Jean de Groesbeck, seigneur
de Hoemen, du 23 septembre 1578, figure : « la maison,
b forteresse et château d’Aublain, environnée d'eau, et
» munie de bons et suffisants fossez allentour, avec une
b petite rivière costoyante la dite maison, b
Jean de Groesbeck continua à habiter Aublain. mais ses
successeurs, s’éloignant peu à peu et pourvus ailleurs d’ha¬
bitations vraisemblablement plus commodes, laissèrent le
château tomber en ruines.
Lorsque l’auteur des Délices du Pays de Liéye passa à
Aublain, la décadence commençait : « Le château d’Aublain,
b dit-il, est situé sur la rive droite de l’Eau blanche, qui
b se décharge dans les fossés. Il n’a rien de remarquable
b et est abandonné aux usages du fermier. Mais le jardin
» est un des plus beaux de la province. Une allée de
b charmille longue de 500 pas le borde au midi et côtoie
b un potager bordé de semblables allées. Des deux beaux
b vergers dont ce jardin est accompagné, celui qui occupe
b le côté occidental peut passer pour une promenade
b délicieuse. C’est un carré de 120 pas, dont le tapis uni,
b bordé d’allées de charmille, est orné au milieu d’un épais
b bocage de charmille, formant une espèce de niche
b double, b
11 y a lieu de douter que la « promenade b ainsi décrite parût
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aussi « délicieuse » à nos contemporains qu’à l’enthousiaste
auteur des Délices <lu Dans de Lié/je ; malheureusement,
on ne peut plus en juger. Promenades et château furent
détruits par les spéculateurs de la révolution et il n’en reste
aucune trace , pas même dans la mémoire des habitants
actuels, fort surpris d’apprendre aujourd’hui que leur
commune a possédé autrefois un château.
La seigneurie d’Aublain paraît avoir appartenu jadis aux
sires de Chimay. Ce point ne nous semble cependant pas
tout à fait démontré. Il se pourrait que les sires de Chimay
n’eussent eu réellement de droits seigneuriaux sur Aublain
qu’en leur qualité de Hauts-Voués de la Châtellenie de
Cou vin, et nous verrons tout à l’heure ce qui nous inspire
cette présomption. Un fait certain, c’est que la seigneurie
d’Aublain tout entière relevait de la baronnie de Floren-
nes, à l’exception d’un petit fief, dit le fief du Buisson ,
lequel était mouvant du château de Chimay.
Le document le plus ancien qui nous soit connu sur
Aublain, date de l’an 1188. C’est l’acte par lequel une noble
dame, nommée Hersende, donne à l’abbaye de FlorelTe
l’église d’Aublain et son patronage, qu’elle avait acquis des
seigneurs Albert et Adam de Machange '.
En 1224, à la prière de l’abbé de FlorelTe, l’évêque de
Liège affecta le tiers de la dime d’Aublain à l’infirmerie de
cette abbaye 2 .
En 1245, l’évêque de Liège autorisa la même abbaye à
faire desservir la cure d’Aublain par un prêtre séculier qui
reçoit, pour sa sustentation, la troisième partie de la grosse
dime et la moitié de la menue dime avec les offrandes des
1 Barbier. Histoire de l’abbaye de t loreffe , p. 64.
*Io., ld. % p. 10*2.
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196
deux autels de la paroisse. L’abbaye conserve les autres
parties des dîmes *.
En 1310, Nicolas de Gestial, abbé de Floreffe, déposé
par suites d’intrigues des moines de son abbaye, se retire
à Aublain. Il y meurt le 14 janvier 1319 et son corps est
ramené à Floreffe *.
Le 20 juin 1355, les mayeur et échevins d’Aublain recor¬
dèrent, par acte passé par devant le notaire Watier Huet, que
leur ville a toujours fait partie de la châtellenie de Couvin.
C’est le premier acte que nous fournissent les archives
de la commune.
Au commencement du XII e siècle, la seigneurie d’Aublain
était fort morcelée :
La moitié appartenait aux barons de Florennes.
Un quart, avec la visconlé , était la propriété de « Vail-
hans et Saige seigneur Rondeaux, dit le Hardy, de
Chimay. » Dans ce quart, un quart, soit un 10 e du fief,
était possédé par Thomas de Couvin.
Le dernier quart constituait le domaine de la famille
d’Aublain. Enfin, le fief isolé du Buisson était entre les
mains de la famille Martin.
La partie de la seigneurie, appartenant aux barons de
Florennes, tomba au XVI e siècle aux barons de Pesches et
nous la verrons réunie plus tard, sous forme d’acquêt, au
reste de la seigneurie par un seigneur de la maison de
Groesbeck.
Quant à celle de Rondeaux le Hardy de Chimay, voici ce
qu’en dit le registre des fiefs de Florennes :
« Rondeaux le Hardy tient en fiel du seigneur de Floren-
» nés la visconté de cerquemenaige sur les aysements et
! Barbier, Histoire de l’abbaye de Floreffe, p. 116.
* Ibid. p. 161.
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— ’ 197
» haults chemins de la mairie d’Aublain, si long que la
» mairie s’extent, le quart parchon de la ville d’Aublain,
» contre le seigneur de Florennes et la dame d’Aublain,
» excepté qu’en le parchon de Rondeaux at Thomas de
» Couvin le quart. Item a encore le dit Rondeaux prêts et
terres, assavoir, trois journaux de terre derrière le
» vaulx- Rem XX verges sous la haye d’Escrit. Rem à la
» spinet deux jours tout tenant à la dame d’Aublain.
» Rem at encore ledit Rondeaux un arrière-fief de
» coulture, cincque jours de terre qui furent Jean Rousin ,
» tenant à la dame d’Aublain. Rem encore deux jours là
» mesme, tenant à la dite dame d’Aublain. Rem environ
» VI" verges de terre tenans aux hoires Colaux Baslin. »
Nous connaissons donc d’une manière exacte en quoi
consistait la propriété possédée par Rondeaux à Aublain ;
il nous reste à déterminer la nature de la « Visconté » et
à tacher de faire quelque lumière sur Rondeaux lui-même
et sur son « comparsonnier » Thomas de Couvin.
Rucange, dans son Glossaire, prouve, par de nombreux
exemples, qu'au moyen âge le mot visconté était syno¬
nyme d’avouerie, de châtellenie, ou s’entendait comme
indiquant le droit de justice moyenne, dite en effet justice
Viscontière. Celte justice embrassait les actions personnel¬
les ou réelles, pétiloires ou possessoires, la surintendance
du castelle , des poids et mesures et des haults chemins
ou voirie.
Le visconté, dans le sens d’un titre conféré sur une
terre, est une expression relativement moderne, sauf en
Angleterre et en Normandie.
Au XVII® siècle, un procureur-général au conseil provin¬
cial de Namur, fort intrigué de rencontrer un petit fief décoré
du titre de Vicomté et cherchant à s’expliquer ce phéno-
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198 —
mène, ne trouva rien de mieux que de supposer, dans les
pièces mises sous ses yeux, un lapsus de plume et pré¬
tendit, que partout où se trouvaient écrit les mots Vice Cornes
ou Vice Comitatus, il fallait lire Vici Cornes ou Gomitatus.
Cela ne le menait pas loin , parce qu’il était entraîné à
identifier le Cornes avec le Dominas ; mais à défaut de
meilleure explication, il donna celle-là.
Ducange a mieux éclairci la question et a donné le véri¬
table sens de la visconté. La Champagne était peuplée de
ces villages dont les Vicomtes ne possédaient que la justice
moyenne et basse, la Belgique eu comptait aussi un cer¬
tain nombre ; quelques-uns ont gardé, comme signe d’une
dignité élevée dans la hiérarchie nobiliaire, l’appellation
qui constatait en réalité l’infériorité du fief.
Du reste l’article du registre des fiefs relatif à Aublain
est absolument conforme aux enseignements de Ducange.
Il dit très nettement que la vicomté d’Aublain est tout
simplement une visconté de cerquemenaige sur les ayse-
mens et lraults chemins de la mairie d’Aublain. 11 n’y a
pas à s’y tromper, il s’agit d’un simple fief de justice
viscomtière ou moyenne et de la surintendance de la voirie.
Aussi, ni Rondeaux, ni son successeur immédiat ne sont-
ils qualifiés de vicomtes.
11 importe de remarquer que la «Visconté » est distincte
de « la quart parchon de la ville d’Aublain » dans laquelle
Thomas de Couvin avait lui-même un quart. Rondeaux
avait pleine juridiction sur ce quart, il exerçait la justice
« viscontière » sur toute l’étendue de la mairie d’Aublain,
comme le dit expressément le registre des fiefs de Flo-
rennes. La nature originelle de la visconté d’Aublain est
donc clairement indiquée.
Quant à l’espèce d’enclave que Thomas de Couvin possédait
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199
dans le quart de seigneurie de Rondeau le Hardy, il s’ex¬
plique par le fait que tous deux appartenaient à la même
famille. En effet, le cartulaire des douze pairies du Hainaut,
rédigé en 1473, parlant d’un certain fief relevant de la
seigneurie de Chimay et sis à St. Remy, dit qu’il a appartenu
à Godefroid Rondeau de Couvin'. En l’année 1300, Jean
Rondeau est dénommé avec Gérardin ou Gérard de Couvin,
comme témoin d’un record de la justice de Couvin. Un
argument, de nature différente , a été invoqué à l’appui de
notre opinion. Au XVIII e siècle, le comte de Groesbeck,
uni à la communauté d’Aublain, soutint un très gros procès
contrôle fisc de l'évêque. Les jurisconsultes éminents, qu’il
chargea d’étudier les éléments de sa cause, poussèrent
leurs investigations aussi loin que possible. Ils constatèrent
que la partie du fief de Rondeau le Hardy, appartenant à
Thomas de Couvin,faisait partie intégrante de l’avouerie de
Couvin, au moment où celle-ci avait été rachetée à la famille
de Withem par le cardinal de Groesbeck. Ils en conclurent
que le fief entier de Rondeau, visconté comprise, était un
démembrement de l’uvouerie et que Rondeau, comme Thomas
de Couvin, étaient voués de Couvin, tout au moins descen¬
daient des anciens voués. Nous reviendrons sur ce point.
Il nous suffit de constater, pour le moment, que Rondeau
était gentilhomme, et son surnom de Hardy prouve qu’il
méritait largement l’épithète de « Vailhant. n La noblesse
de Thomas de Couvin ne fait naturellement pas plus de
doute.
Le plus ancien document que nous connaissions sur la
famille de Couvin nous montre les chefs des deux branches,
Jehan Rondeau et Gérard de Couvin, réunis comme
témoins d’un record de la justice de Couvin.
' f. XXXIJ verso f. xl.
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200
« En l’année de grâce 1317, le samedy après l’octave
St. Pierre, Jehan, maire de Peis (Pesches), frère à Godin
de Cou vin, relève un fief de quatorze «jours sis à Couving. »
En 1322, le jour de la Présentation Notre-Dame, Gérard
de Couvin, Gérard son tils et Godin de Peis font divers
reliefs.
La même année, le vendredi après la Quasimodo, Jean
Hanoteau de Peis, « fils à Godin de Couvin, » relève
plusieurs biens féodaux, gisants aux terroirs de Couvin, de
Pesches, de Dailly etd’Aublain, par suite du transport que
lui en a fait Jehan « fils jadis à Marie d’Otreppe. »
Un acte de 1343 mentionne « une cousine Gérardin de
Couvin, épouse de Roger d'Aublain. »
Le 31 août 1349, Gérard de Couvin est présent avec
Jehan de Boussu, chevalier, à un relief de Jehan d’Aublain
fils de Collin ou Colart d’Aublain.
Le 23 décembre 1360, Gérard de Couvin achète, de
Wantier de Wauroux, la moitié du bois des Parisonniers,
dont l’autre moitié appartenait à Roger d’Aublain.
Le 15 septembre 1361, le même Gérard, qualifié éche-
vin de Couvin, fait relief du dit bois *.
Le 8 juillet 1392, Gérard II de Couvin, relève le fief de
14 jours de terre déjà relevé en 1317 par Jehan de Peis,
« gisant en terroir de Couving et doibt faire le feu au chas-
» teal de Couving, quant monseigneur y est. » Gérard
avait une sœur nommée Marie, qui «menait le quart dans
» la tierce part des fours de Couving » dépendante du fief
de la Panneterie.
! Les registres de la cour féodale de Liège renferment un relief, en date du
27 mars 1382, de la moitié du bois des Parsonniers, contre Roger d'Aublain et de
Xlll journaux de terres, gisant à Pesches, par Gilles de Rinnon, à titre de mari
de Marie de Boussu, qui avait fait le même relief, comme veuve de Colart le
Camus, échevin de Couvin. Colard le Camus doit être te même personnage que
Gérard de Couvin, échevin de Couvin.
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201
Thomas de Couvin, fils et petit fils des deux Gérard
qui précèdent, apparaît pour la première fois le 19 avril 1414,
pour relever le fief dont nous venons de parler. Il est
seigneur de Petigny, seigneurie relevant de Florennes, et,
le jour des plaids généraux des Rois, en l’an 1425, il
assemble sa cour de justice de Petigny, se plaint devant
elle de ce que « privé, depuis longues années, de père et
» de mère , il trouve sa seigneurie fort anéantye et dimi-
» nuée » et lui demande un record de ses droits.
Très probablement il venait d'atteindre sa majorité, car,
le 6 novembre 1425, il renouvelle le relief des 14 jours de
terre à Couvin.
Le 15 septembre 1427, il assiste avec Gérard de Boussu
au relief fait par Gérard Renard du fief « de la porte
de Couvin. »
Depuis lors, on ne le retrouve nulle part. Selon toute
apparence, il mourut jeune. Après lui, c’est un Gavmand
qui prend le titre de seigneur de Petigny, ce qui permet
de supposer qu’un membre de famille Gaymand était le
proche parent, peut-être même le gendre de Thomas de
Couvin et hérita de ses biens.
Nous avons déjà vu que les avocats des comtes de
Groesbeck, frappés de la circonstance que la portion de
la seigneurie d’Aublain, possédée par Thomas de Couvin
était exactement la même que celle dévolue aux évêques
de Liège, en vertu de l’acquisition de la vouerie de Couvin,
et de toutes ses dépendances par le cardinal de Groesbeck,
en concluent que Thomas de Couvin était en son temps
Haut-voué de Couvin ou représentant du Haut-voué. La
première hypothèse ne se concilie pas avec les nombreux
actes de relief ou de vente de la vouerie de Couvin, qui
eurent lieu précisément à l’époque (1420-1424) où Thomas
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de Couvin est désigné comme co-seigneur, en partie
d’Aublain avec Rondeau le Hardy.
D’autre part, le représentant du voué était le prévôt et,
dans aucun acte, Thomas n’est pourvu de ce titre. Le
vraisemblable est que la seigneurie partielle d’Aublain vint
dans la famille par alliance ou acquêt, et que ses héritiers
le revendirent au voué de Couvin.
Nous arrivons à la portion de la seigneurie d’Aublain
possédée par la famille de ce nom. Voici ce que nous
lisons, à ce sujet, dans les registres féodaux de Florennes :
« Oste de Aubluin tient en fief du seigneur de Florennes
la thour et la motte, les foseis et la pourprinse d’Aublain,
d preitz et terres, au terroir de la dite ville, at aussi cens
» et rentes, four et mollin à parchon contre le dit seigneur
» de Florennes. Le 20 e jour d’octobre de l’an XXXV (1435)
i> releva Madame de Vierves ’, par son mambour, la terre
» devant dite tout entièrement, sauf tous droits, et en
» présence de Wautier de Moulin, Bailli de Florennes,
» Gérard de Romrée, comme homme de fief, Hubert de
» Wandrezée, Gérard de Villenfagne, et Jean Masille ».
Le nom du village d’Aublain devint naturellement le nom
patronymique de celui de ses seigneurs qui possédait « la
thour et la motte ».
Dans ce temps, où l’on ne cessait de guerroyer, il était
tout naturel que se créassent de nombreux fiefs plus ou
moins considérables , conférés par les grands barons à leurs
écuyers ou à leurs hommes d’armes. De là l’existence, dans
la châtellenie, de plusieurs familles nobles, vivant soit à
Couvin, soit aux environs et formant pléiade autour des
« Ti ès probablement Aëlis de Fontaine, Veuve en premières noces de Jean,
seigneur d’Oignies et de Vierves et dont le second mari, Hoste d’Aublain, fut tué,
comme on le verra, en 1435.
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203
grands seigneurs du pays. C’est ainsi qu’à côté des barons
de Florennes et de Vierves, des seigneurs de Boussu et
d’Oignies, vivaient les Chevalier, les d’Aublain, les Gay-
mand, les d’Orjo et quantité d'autres. La plupart de ces
familles se sont éteintes de bonne heure et le souvenir ne
s'en est conservé que dans les archives.
Le nom d’Ablaing ou d’Aublain se rencontre pour la
première fois dans un acte d’échange entre le chapitre
d’Arras et Daniel, seigneur de Béthune et avoué d’Arras,
en date de la St.-Vincent (22 Janvier) 1217. On voit en effet
figurer, au nombre des témoins, Nicolas d’Ablaing,chevalier 1 .
Plus tard, vers Pan 1320, Gérard d’Aublain releva le
fief de la porte de Gouvin, comme mari de * damoiselle
Marie, fille de feu Robert de Vierves »; il a pour successeur
Colart d’Aublain, qui, le 10 novembre 1345, relève un fief
de peu d’importance.
Le 30 avril 1349 apparaît Jean d’Aublain, fils de Colard,
puis en 1361 et 1382, Roger d’Aublain, possesseur de la
moitié du bois des Parsonniers. Le 10 avril 1391, Gérard
d’Aublain, II e du nom, relève quatre journaux de prés et
terres gisants à Boussu et un courtil situé à Couvin. La
famille d’Aublain arrive à l’apogée de son éclat avec Oste
ou Houste d’Aublain, brave et hardi chevalier, dont la
Chronique de Jean ri’ Outrememe raconte avec admiration
les exploits et la mort glorieuse 2 . Il est qualifié, dans
plusieurs actes, seigneur de Boutonville et semble avoir
joui d’une haute considération. La fortune lui étant venue
avec la gloire, Houste se trouva trop à l’étroit dans sa
1 Archives «le la cour des comptes de Lille, t. 1, p. 142, n° 313.
Dans le cartulaire des douze pairies du Hainaut f“ XLJ, il est question d’un
fief sis à Lompret, proche Aublain, nommé le fief de Salenval « qui fut Henry
d’Aublain ».
2 Couvin et sa châtellenie , p. 86.
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204
tour et sa motte et, profitant d’une occasion favorable, il
acheta la visconté et les deux autres fiefs que Rondeaux
le Hardy de Chimay possédait à Aublain.
Voici l’acte de vente, en date du 2 juin 1418, tel que
nous le trouvons dans les registres des fiefs de Florennes :
» A tous ceulx etc., comparut en propre personne vaillant et
» saige escuyer Rondeaux, dit le Hardy, de Chimay, d’une
» part et Hoste d’Aublain, de l’autre part, et là en notre
» présence fut le dit Rondeaux le Hardy sy conseillé qu’il
» dit, cogrieut et confessât qu’il avoit vendu bonnement et
» léallement audit Hoste d’Aublain, ce prendant et accep-
» tant, trois fiefs mou vans et descendans de ce chasteau de
» Florennes, gisant à Aublain ou au territoire du dit lieu
» cy après déclarez, c’est assavoir la visconté d'Aublain
» de cerquemenaige en agsemenls et haults chemins de
» toute la mairie d’Aublain, et la quarte part de la dite
» ville d’Aublain en toutes choses contre le seigneur de
» Florennes et le dit Hoste d’Aublain, excepteit que en
* ladite partie du dit Rondeaux, Thomas de Couving en a
» la quarte part. Item encore dist et cogneut le dit Ron-
» deaux, qu’il avoit vendu audit Hoste, estant au terroir
» d’Aublain, trois jours de terre derrière le Vaulx; Item six
j> vingt verges de terre dessoulz la Haye d’Escrit; Item
» aile Spinette deux jours, et peult valloir le dit fief par an
» l’unne an espeaullre et l’autre aveine, environ seize ou
» vingt melles, mesures de Chimay.
» Et encore pardevant nous, dist le dit Rondeaux qu’il
» avoit bonnement et léallement vendu audit Hoste un
» fief mouvant du chasteau de Florennes au dit terroir
» d’Aublain, c’est assavoir cinq jours de terre en appaul
* ou coulture, qui furent Jean Rausin tenant audit Hoste
>. d’Aublain ; Item environ deux jours là mesme tenant
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‘205
» au dit Hoste ; Item en ce mesme lieu, tenant aux hoyres
» Colar Bastin,six vingt verges de terre. Lesquels trois fiefs
» cv-dessus nommés ledit Rondeaux porta en la main de
» nous Batllieu dessusdit, et présents les ditz hommes
» de fief pour Hoste d’Aublain devant dit, pour la somme
» ensemble que ledit Hoste en payat de trois cent quatre-
» vingt sept florins et demy et dont ledit Rondeaux s’est
» tenu soulx et bien payé pardevant nous, et avecque ce
» at encore payé ledit Hoste pour les droictz du S' de
» Florennes que deu lui estoit pour le relief par accord
» faict, dix sept francs et deux tiers. Item au Chamberlain
» ung franc ; Item pour le droict de nous huissier et
» hommes de fief deux francs. Adonc tout ce faict et écrit
» ledit Hoste pardevant nous requist à nous Ëaillieu et
» hommes de fief que nous lui voulsismes rendre en fief et
» hommaige les trois fiefs dessus déclarez, et nous le dit
» Baillieu vu la requête à nous faite par ledit Hoste, tourna
» tout ce en faict et en droict sur noble chevalier, Messire
» Gérard de Boussu, là présent, homme dudit chasteau
» de Florennes, lequel sur ce luy bien et diligemment
» conseillez à ses pairs et compagnons dist et reportât par
» droict et jugement ces dictz trois fiefs entièrement dessus
» déclarez, tant comme à propriété d’héritaige audit Hoste
» d’Aublain.Furent présents et pour ce spécialement
» appelez, comme hommes de fief du dit chasteau de Flo-
» rennes, Messire Gérard de Boussu, chevalier, Jehan de
» Boussu, son frère, Gérard d’Yve, Messire Lambert de
» Briaulmont, prestre, chanoine de Florennes et Jehau del
» Boverie de Waudrecéez.l’an de grâce mil quatre
» cent et dix huictz, le second jour de juing. »
Non loin de Couvin, au milieu des forêts de la Thiérache,
florissait une famille puissante, celle des seigneurs d’Oignies,
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206
possesseurs d’un château, considéré alors comme très
fort, et dont il ne reste aujourd’hui ni un vestige, ni un
souvenir.
C'était une race de chevaliers, renommés par leur vail¬
lance et plus souvent à la guerre que dans leur manoir.
En 4298 , Jean d’Avesnes, comte de Hainaut, qui avait eu
l’occasion d’apprécier les services et les mérites de Guil¬
laume d’Oignies, seigneur d’Oignies en Thiérache, de
Vierves et du Franc-Mesnie, chercha à attirer ce seigneur
dans son comté et lui offrit des terres considérables, entre
Binche et Maubeuge, en échange de la seigneurie de Vier¬
ves, sous la condition que Guillaume tiendrait les dites
terres en fief d’un comte de Hainaut et recevrait, sa vie
durant, « les reubes, autèles et autant qu’il (le comte) don¬
nait à ses écuyers. »
Guillaume d’Oignies ne semble par avoir beaucoup sur¬
vécu à ce marché, qui démembra mille bonniers de bois de
la seigneurie d’Oignies. Son fils Jean apparait, le 42 décem¬
bre 4345, comme témoin dans le relief que Huart de Boussu
fit de sa seigneurie de Boussu en Fagne et, à coté de lui, se
rencontre Simon Monny, portier du château de Couvin.
En 1423, la famille d’Oignies n’était plus représentée que
par un autre Jean, seigneur d’Oignies, chevalier, père
d’un fils unique, comme lui nommé Jean et marié à Aëlis
de Fontaines Jean, le père, mourut cette même année
4423 et son fils le suivit de près dans la tombe. Très pro¬
bablement tous deux périrent sur les champs de bataille.
Jean II laissa derrière lui une fille, nommée aussi Aëlis et
et un fils qui mourut jeune.
En ces temps troublés, où la force du droit devait néces¬
sairement être doublée par la force du bras, la position
d’une veuve chargée d’enfants mineurs était pleine de périls.
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207
Le château d’Oignies, isolé au fond de bois épais sur la
frontière de France, était fort exposé aux attaques des
coureurs français et, en l’absence d’un maître redouté,
n’olTrait aucune sécurité. Aussi ne faut-il pas s’étonner si,
peu de temps après la mort de Jean d’Oignies, le fils, on
trouve Aëlis de Fontaine remariée avec le vaillant Houste
d’Aublain. Sous une pareille protection, elle n’avait plus
rien à craindre. Nous ignorons la date de ce mariage, mais
les registres féodaux de Liège nous apprennent que le
20 août 1430, Houste d’Aublain releva, au nom de sa femme,
le manoir et la moitié de la seigneurie d’Oignies, par suite
du décès de son jeune beau frère. Quatre ans plus tard, le
jour de Pâques 1434, il fit relief des vicairies et huniers
de sa femme en la terre d’Oignies; ce qui nous fait suppo¬
ser que c’est à cette époque qu’il maria Aelis d’Oignies
avec Jean de Senzeilles, écuyer, seigneur de Daussois en
partie et bailli de Chimay, gentilhomme appartenant à une
famille distinguée du comté de Hainaut ! . Houste ne sur¬
vécut pas longtemps à ce mariage, car il fut tué en 1435,
dans une rencontre des Liégeois avec Tristan de Morialmé,
qui venait de les obliger à lever le siège de Bosnove 1 2 .
Il nous reste à porter nos investigations sur le fief du
Buisson, plus connu sous le nom de fief Martin, nom de
ses propriétaires.
Nous avons vu que ce fief relevait du château de Chimay.
Aussi est-ce au cartulaire des fiefs de la principauté que
nous allons demander nos renseignements.
Nous y lisons ce qui suit : « Jean Martin, habitant au
» pays de Liège 3 tient un fief ample du château de
1 Voir à l'appendice une courte esquisse de la généalogie des Senzeilles.
* Couvin et sa châtellenie , p. 90.
3 11 habitait Petigny. Cart. des 12 pairies, P» XXVIIJ, 2° et v°.
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208
» Chimay, gisant à la vallée d’Aublain et au terroir, se com-
» prendant en une masure et jardin gisant dessoulbz le
» foui- à la haye dudit Aublain, ainsi qu’il se contient, le
t> grand et le petit courtil, en masure et tenables qui doibvent
ï redevances en argent et avoines et en plumes à l’ensei-
» gnement des dits tenables, qui se paient le lendemain du
» jour des Rois, et s’il y avoit faulte de paiement en la
» mairie des dits tenables, sy on s’en plaint, il y a six
» vieux gros d’amende, et s’il advenoit qu’il y eust débat,
j il doibt estre déterminé et cogneut par le bailli et les
» hommes de fief dudit Chimay. Item, s’il advenait en
i> ladite ville d’Aublain homicide et celuy l’ayant commis
» se retirasse sur le dit fief, il seroit en seureté.
» Item, se comprend encore ledit fief en une flache de
» bois que l’on appelle la Flache-Flechel, tenant au bois de
» Dailly.
» Item, un bonnier de preit au Silliot.
» Item, encore demy bonnier de preit dessoulz Blanche
v Fosse.
» Item, un tiers de bonnier de preit en Glayère.
» Item, au bois de Vaulx, le tiers d’un bonnier de preit.
# Item, un bonnier et demy de terre en Pasches tenant
» aux hoirs Hoste d’Aublain.
» Item, deux bonniers de terre en le Hennal, tenant à
» Bassy.
» Item, demy bonnier de terre emprès le Buisson du
» diable.
» Item, auprès de la mairie demy bonnier.
» Item, dessoubz la haie d'Escrit en deux lieux, demy
» bonnier.
» Item, au Mainbut demy bonnier.
» Item, à Grandmont demy bonnier.
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— ‘209
» Item, à Fontenelle , le tiers d’un bonnier.
» Item, dessoubz le Val , demy bonnier.
» Item à Gosseauchamp , un bonnier.
» Item au Battis de Dailly le tiers d’un bonnier, tenant
» à mous. d’Aublain, qu’il a relevé le 23 janvier 1502. »
Le point capital de ce dénombrement est le droit d’asile
qu'il constate. Ce droit est tout à fait exceptionnel dans la
châtellenie et ne se constate nulle part ailleurs. On ne voit
pas du reste qu’un seul homicide en ait profité. Mais, de
son existence même, on peut conclure avec assurance que
le fief du Buisson n’était qu’un démembrement de lavouerie
de Couvin, datant de l'époque où elle était aux mains des
seigneurs de Chimay.
Le fief Martin fut réuni en 1520 à la vicomté d’Aublain.
Toutes ces différentes portions de la seigneurie d’Aublain
comprenaient un certain nombre d’arrière-fiels, qu'il serait
trop long d'énumérer et dont un seul avait quelqu’impor-
tance. Nous voulons parler du fief de Vaudémont, dépendant
de la partie de la seigneurie appartenant aux barons de
Florennes. Il contenait une vingtaine de bonniers, terres et
prés, et jouissait de plusieurs redevances.
Jusqu’ici nous n’avons rencontré aucune mention des
droits de justice, autres que ceux de la justice viscomtière,
c’est-à-dire d'abornement et de voirie. Il est temps de nous
rendre compte de la manière dont ils étaient exercés par
les différents seigneurs d’Aublain et quelle part en revenait
à chacun d’eux.
C’est aux records que nous demanderont naturellement
les éclaircissements nécessaires. Il n’en existe pas avant le
partage de la baronnie de Florennes; le premier que nous
rencontrons ne remonte pas au-delà du 16 mars 1576, il
est donc postérieur de 19 ans à lu mort de Claude de Vau-
31
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détnont, dernier baron de Floretmes, de la maison de
Lorraine, et de 12 ans à la vente de la vouerie de Couvin
par la famille de Withem.
Henri de Ghoor, l’un des gendres de Claude de Vaudé-
mont, ayant reçu, en vertu du testament conjonctif de ses
beau père et belle mère, la baronnie de Pesches en partage
et se trouvant ainsi co-seigneur d’Aublain, consacra tous
ses soins à rétablir le bon ordre sur ses terres. Après avoir
mis la justice et l’administration de Pesches sur le meil¬
leur pied possible, il s’occupa d’Aublain. A sa requête, la
cour d’Aublain se réunit, le 16 mars 1576, pour recorder
sur les points suivants:
« 1° Auquel appartient la création delà haulte, moyenne
» et basse'justice dudit lieu d’Aublain et au nom duquel
» s’abannent les plaids généraux et autres ordinaires
» d’icelle.
» 2° Quel droit d’institution des justiciers et mayeur y
» peut avoir le Prince, aussy de quoi ils peuvent juger et
» avoir connoissance.
» 3° Quel mayeur et justice at en garde le ferme.
» 4° Auquel appartient la judicature et connoissance de
» tous cas en matière criminelle, ou faict d’enquestes et
» appréhension desdits malfaiteurs, mesmement de faire
» punition et reeepvoir les amendes de sang et de toutes
» autres fourfacbons par l’entière mairie dudit Aublain, soit
» sur le tréfonds du Prince ou celui des communs seigneurs,
» finalement estant quelqu’un qui a mort desservy, auquel
v en appartient l’exécution.
» 5° Aux recherches pour les criminels, quelle court est
» accoustumée d’y aller, celle de la haute justice ou celle
» des tenants.
s 6° Quv sont accoustumés de faire callenge, arrestz et
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211
» semblables exploits de baulteur, mesme lever les amen-
» des et fourfachons sur le tréfont dudit Prince.
» 7° Au nom et par la justice duquel se font les crys,
» édits et publications.
» 8° Sy chacun en son tréfonds n’at droit de lever les
» droictz seigneuriaux des transports et vestures quy se
» font, et sy le droict de mines et minières ne suit pas la
» nature du tréfonds.
» 0° Auquel appartient de donner congé des dédicaces an
» publicq et solennité/..
» 10° Quels sont ceux qu’on appelle les communs seigneurs,
» auxquels appartient le droit de cercleménage et visitation
» des clos et chemins.
» 41° Où se paie la bourgeoisie et certains aultres droictz
» appelez le retour des Bourgeoisies, mesmement les terrages
» rowaiges, droictz de mouches à miel et dismaige avec le
» cours d’eau auquel il appartient.
» 12° Si n’avez fresche mémoire qu’estant pardevant vous
» dressée certaine enqueste générale à l’instance du s r de
» Malle, lors officier bailli de Couvin, à laquelle le dict
» seigneur de Ghoor se seroit opposé tant pardevant vous,
» comme à la souveraine justice de Liège, où lesdites en-
» questes estoient apportées, et que finalement, afin de
» laisser là tous procez, s’accordât le dit s r de Malle, sauve
» le droict de sa Grâce, qu’elles fussent hosportées à l’in-
» stance et de la part dudit s r de Ghoor, moyennant
» remboursement de dix escus qu’il devoit avoir pour les
s fraiz qu’il avoit faitzà ladite enqueste, de sorte qu’il enat
» esté payé, hors quelques mesuz trouvez ès dites euques-
» tes, par l’ordonnance dudit seigneur, au nom duquel
» sont esté par vous hosportées, et d’autant qu’il n’y avoit
» excès digne de môrl, n’en fut faite autre poursuite,
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» seulement les mesuz y contenuz furent appoinctez et
» traitez dudit seigneur. »
Le cour, après avoir ponctuellement observé toutes les
formalités prescrites par la coutume, répondit :
* 1° Nous tenons par ouy dire et corne avons apprins
» de nos prédécesseurs que la création de la justice, de
» toute ancienneté, s’est faite par un baron de Florennes,
» comme aussy l’abannement des plaidz y mentionnez.
» 2" Nous tenons comme dessus que mons. le Prince
» institue mayeur et trois échevins, qui sont appelez
» tenants, lesquels quatre se prennent et choisissent hors
» du nombre de la haute justice, jugeant pour lesdils com-
» muns seigneurs, auxquels sont aussy bien sermentez
» comme audit Prince, jugeant, reconnaissant seulement
» du fond et action réelle, déminernent, vestures, trans-
» ports et semblables, et lui appartiennent les vertes
» amendes et celle de cens non payez sur son tréfond.
» 3' 1 Le ferme est en garde dans la maison du mayeur
» des communs seigneurs.
» 4° Nous tenons, comme desseuz, qu’en matière crimi-
» nelle l’appréhension et jugement appartiennent aux com-
» muns seigneurs, l’exécution au Prince, sans que ceux de
» Couvin y aient à cognoistre.
» 5" La haulte justice des communs seigneurs va au
» rencharge.
» 6" Appartient à la haute cour des communs seigneurs,
» mesme se lève et appartient aux dits communs seigneurs,
» toute amende qui se commet sur le tréfond de mon dit
» Prince, excepté, comme dit est, les vertes amendes, et
» de cens non payez sur le tréfond dudit seigneur Prince.
» 8°, 9" et 10“ Articles touchant les droits seigneuriaux,
» transports, vestures, droit des mines et minières, suivent
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» la nature du tréfoml : les communs seigneurs tenuz pour
» icy sont monsieur de Ghoor, monsieur de Fontaine et
» d’Aublain et les amendes appartiennent également aux
» communs seigneurs.
» 11° Les dites bourgeoisies se paient toujours à mon-
» sieur le Prince, mais il va autre droit appelé le retour de
* bourgeoisie qui se paie aux communs seigneurs, voire
» que monsieur le Prince en at la huitième parte, mais le
» cercleménage appartient aux dits communs seigneurs.
» 12° Les afforages, rowaiges, terraiges et aultres droictz
» contenuz audit article, appartiennent aux communs sei-
» gneurs.
» 13° Touchant les enquestes faites par monsieur de Malle.
» qu’elles ont esté hosportées à l’instance de monsieur de
» Ghoor et du surplus estre advenu selon que contient
» ledit article. Ainsi par nous fait et recordé tout ce que
» dessus disons et recordons que tenons par ouy dire et
» comme l’avons apprins de nos prédécesseurs et ancestres,
» monsieur l’Evesque et prince de Liège, souverain de la
» Châtellenie de Couvin, en laquelle est comprins le village
» d’Aublain, auquel la judicature et cognoissance de touts
» points, matières criminelles d’enquestes et aultres ap-
» parviennent et doibvent appartenir à la haulte justice,
» vulgairement appelée les communs seigneurs, instituée de
» toute ancienneté d’un baron de Florennes, en outre tenons
» comme dessus les enquestes, appréhensions, amendes,
» punitions et fourfachons sur le tréfond dudit seigneur
» Prince et mairie du dit Aublain debvoir appartenir à la
o connoissance des dits communs seigneurs et reçoivent
» communément les dites amendes et fourfachons du
» mayeur de la dite haulte court et justice, lequel at
» accoustumé d’en rendre compte et les départir moictié par
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214
> moictié entre lesdits communs seigneurs, mais si quelqu’un
» avoit mort desservy, nous tenons comme dessus que, par
» rencliarge de messieurs leseschevins de Liège, doibt estre
» livr é àCouvin par le mayeur de la haulte court et justice,
» où icelle se doibt trouver pour le malfaicteur, suivant
» ladite rencharge, juger, et ce faict, les mayeur et ésche-
» vins dudit Couvin le relivrent à l’avoué dudit prince ou
» à son prévost, pour en faire la loy du cas. suivant qu’ont
» entendu les chartes de Couvin. »
De tout ce qui précède, il résulte : que la juridiction haute,
moyenne et basse de la seigneurie d’Aublain était exercée
par une cour de justice, dite cour des communs seigneurs,
composée d’un mayeur et de sept échevins, tous à la nomi¬
nation exclusive des barons de Florennes, puis de leurs
successeurs les barons de Pesches, et qui avait pouvoir
de convoquer et présider les plaids généraux, comme
aussi de juger, au noms desdits seigneurs, en tout cas
d’action civile, de délit contre les personnes et de biens
réels.
Que cette triple juridiction haute, moyenne et basse était
indivise entre les différents seigneurs d’Aublain, ainsi que
tous les droits seigneuriaux autres que celui de bourgeoisie,
qui se payait au Prince et le droit dit retour de bourgeoisie
dans lequel le Prince avait un huitième.
Que le Prince (au titre de l’acquêt de la haute vouerie de
Couvin fait par le cardinal de Groesbeck) avait à Aublain
une cour particulière, dite cour des tenants, composée d'un
mayeur et de trois échevins, tous choisis par ledit Prince,
parmi les échevins de la cour des communs seigneurs, mais
dont la juridiction, purement foncière, se bornait à quelques
héritages particuliers et n’allait pas plus loin que certaines
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amendes pour défaut de payement ou autre cas sembla¬
bles. 1
Que la cour des communs seigneurs, bien que préten¬
dant au droit de haute justice, était en réalité une cour
subalterne, jugeant au civil, comme au criminel, sur la
rencharge des échevins de Liège, jouissant, à la vérité, du
droit d’appréhension des criminels, mais obligée de les
envoyer dans les prisons de Couvin et sans pouvoir de
procéder à l'exécution des sentences capitales.
Ajoutons pour compléter ce record que le greffier et les
sergents étaient à la nomination des barons de Pesches,
.mais que, les vicomtes d Aublain usurpèrent peu à peu ce
droit de nomination, négligé ou oublié par les barons de
Pesches.
Que les poids et mesures était ceux de Chimay,
Que le moulin banal d’Aublain était (du moins à cette
époque) une dépendance de la vouerie, mais qu’il était
chargé de renies au profit des communs seigneurs, et que
le cours d’eau leur appartenait.
Que la forge appartenait au vicomte d’Aublain.
Que le guet Couvin, imposé par les chartes de la
chàteilenie, se faisait, pour Aublain, par un ou deux hom¬
mes, auxquels était assignée une chambre.
Enfin que les communs seigneurs prétendaient au droit
de maltôte.
Le record du 6 mars 4576 avait eu pour but principal
1 Une déclaration de Marie Lebrun, veuve de Pierre Cordier, dernier prévôt
du haut-voué de Couvin, faite le 30 novembre 1564, devant Pierre Üigard, rece-
'eurde Marieinbourg. nous révèle qu’en 1561, Aublain comptait 39 bourgeois et
tiois veuves payant demi-bourgeoisie « que chacun bourgeois debvait au jour de
Si. Remy une rasière d’avoine, mesure de Chimay, un blanc et une poule, qu’en
outie les bourgeois devaient tous ensemble, le même jour, trois florins douze
patards pour la taille, dite mortemain. »
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216
d’établir clairement, et d’une manière aussi authentique que
possible, les droits particuliers du baron de Pesches dans
la seigneurie d’Aublain. Ce point essentiel acquis, Henri
de Ghoor édicta une sorte de règlement préparé de commun
accord avec les bourgeois d’Aublain et destiné à servir de
charte à la communauté, en même temps qu’à fixer désor¬
mais la situation respective tant de l’Evêque et de son haut-
voué, que des seigneurs et des bourgeois d’Aublain et leurs
obligations vis-à-vis les uns des autres.
En voici la teneur :
« L’an mil quinze cents septante six, le septième de mars
» personnellement constitué pardevantmoy notaire soubes-
» cript vaillant et généreux seigneur Henry de Ghoor, baron
» de Pesches, seigneur de Villart, Brovaine, Andrimont et
» Aublain d’une parte et messieurs les mayeurs justiciers
» et communauté dudit Aublain présents d’autre part,
» lequel dit seigneur leur remontra qu’il estoit comparu
» audit lieu, afin pacifier certaines difficultés esmeus entre
» laditte communauté et aviser d’un chemin les moyens
» pour en amiable communication et sans procéder eu
» rigueur de justice, ains nourir paix, union et concorde en-
» semble, traiter comment l’on pouroit pourvoir à plusieurs
» désordres qui se cominettoient journellement à l’endroit
» de leurs bois et aisements et autrement, suivant les remon-
» trances cy-devant à luy faictes, tant par les dits justiciers
» comme d’aucuns bourgeois en particuliers, dont pour effec-
» tuer les prémis furent levés quelques avis et résolution
» de la souveraine justice de Liège, sur le point des réfor-
» mations et enlrecours avec divers articles, cy-devant entre
# ledit seigneur et autres de ses sujets conceus et arrestés,
» tendants à même fin que dessus, lesquels par eux bien
» entendus, joint divers autres admonitives et remontrai!-
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217
» ces, qui lors leur furent par ledit seigneur faictes, après en
» avoir ensemble en son absence particulièrement traité et
» communiqué, lurent si conseillés et résolus d’arrester et
» conclure avec ledit seigneur de leur pure, franche et libre
» volonté sans force, contrainte et séduction quelconques,
» les poincts et articles suivants à charge qu’ils seront
» publiés, proclamés et mis en garde, etc.
» Premièrement. Il s’eslirat à l’avenir par l’avis dudit
» seigneur ou son commis, lesdits justiciers et bourgeois
» deux hommes de bien des plus idoines et qualifiés de la
» communauté, qui seront tenus parmi honnête et raison-
» nable salaire avoir regard aux bois de la mairie d’Aublain,
» soit ceux des communs seigneurs et particuliers ou ceux
» de la communauté, comme aussi aux chemins, hospi-
» talles, pauvres et autres semblables affaires, prestant
» solennel serment de fidellement et léatlemenl garder les
» droits, tant desdits seigneurs que ceux desdits bour-
» geois, suivant les capitulations de la commission qui
» leur serat à cet effet donnée, laquelle ne poudront refu-
» ser, sur peine d’estre bannis, et se devra dépécher par
» le greffier de la justice parmy salaire raisonnable aussy
» signée dudit seigneur ou son commis, sy deveront, lesdits
» deux esleus et députés, jurer expressément de fidelle-
» ment et léallement ensuivre et accomplir en tous ses
» points, chapitres et articles, en donnant, si besoin en est,
» bons et suffisants répondants, seront aussy tenus de faire
» tous rapports, calenges, attermements et autres dénon-
» ciations d’amendes, desquels seront creus par leurs ser-
» ments, tout ainsy comme les autres sergeants sermentés,
» et auront le tiers des amendes commises et par eulx rap-
» portées, tant ès francs bois desdits communs seigneurs
» comme ès bois, haies et aisements de ladite communauté.
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218
» Semblablement, se commetleront gardes et sergeants
» lorestlers compétents, lesquels prêteront serment eslroict
» etsolempnel de soy conduire fidellement à l’endroit de leur
» charge, d’effectuer et accomplir partout possibles moyens
» les points et devises portés à leur commission et instruc-
» tion qui leur sera à cet effect donnée, au moyen de
» quoy on avisera de recouvrer des plus idoines et quali-
» fiés lesquels, outre le tiers des amendes qu’ils auront des
» calenges ou attermements qu’ils feront des mesus qu’a-
» viendront tant ès francs bois desdits seigneurs comme de
» la communauté, auront tel salaire annuel duquel ledit
» seigneur, son commis, justice et bourgeois conviendront
» avec eux.
>• Et pour obvier aux très grands dégâts provenants
» volontairement ou par l’indiscrétion d’aucuns, est arrêté
» que personne de quelle qualité il soit, homme , femme,
» enfans, herdiers, pastureaux ou autres quelconques, ne
» se pouront avancer de faire ou mettre le feu èsdits bois,
» ne soit qu’ils y donnent si bon ordre que, tant au mars
» comme en touttes autres saisons, il soit tellement gardé
» que les francs et particuliers bois desdits seigneurs et
» aisements susdits en soient préservés, à peine de telle
» amende, fourfassons et réparations que les lois du pays
» ou ledit seigneur, son commis et justiciers en ordonne-
» ront.
» Aussy est ordonné, pour réprimer les malversations,
» foulles, insolences, témérités, et scandalles qui se com-
» mettent journellement par certaines façons et coutumes
» dépravées d’aucuns pervers qui ne portent aucune révé-
» rence à Dieu, ny à justice, qu’on dressera estât particu-
* lier auquel icelles seront distinctement exprimés pour
» sus avoir l’avis des eschevins de Liège ou autres jurispé-
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219
» rites et coutumiers, ensemble scavoir : quelle amende
» ou réparation escheit contre les blasphémants, ceux qui
> fréquentent trop tard les tavernes et les taverniers qui les
» soutiennent, harbaleurs qui invadent et provoquent ou
y> injurient autruy eus et hors leurs maisons ou sur leurs
» ouvraiges, usent de faulx poids et mesures, usuriers,
» forceurs des biens pannés hors des mains du sergeant qui
» poissent ouempoisonent les rivières, rompent les enclos
» des jardins, asportenl les Fruits d’iceux, dérobent ou
» font manger feves , vesses, naveaux, bleids , avoisnes,
» jarbes , tasseaux, soit à champs ou aux sarts, coupent ou
» asportent les greffes dé nuict ou de jour, tirent aux
» colombes, privées bestes ou volailles sauvages, chasseurs,
y> tendeurs aux lasserons , boutant feu dans les bois par
» meschance ou avec propos délibéré et autres semblables
» mesus, qui se pouront par ledit estât plus amplement
» particulariser pour après le publier et faire mettre en
» garde de loy, afin selon iceluy punir désormais les délin-
» quants à l’exemple d’autres ; ensemble éviter les dépens
> superflus qui se font souvent par prolongation de justices
» envoyant si souvent, quand il y a doute quelle amende
» y a, pour avoir conseil et avis de Liège.
* Plus encore pour éviter les périls et inconvénients de
* feu, lesquels fortuitement que Dieu ne veuille, et pour
» nonchalance pouroient survenir audit village , est résolut
> que ledit seigneur, son commis et justice feront visitation,
» quand il leur plaira et besoin sera, des cheminées, fours
» et maisons d’iceluy, afin si l’on y trouvoit quelque endroit
» apparent ou imminent de péril, ordonner lors aux posses-
» seurs d’y pourvoir promptement, à peine, si dommage en
» survenoit à autruy, d’estre repris et châtié comme volon-
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220
» taire autheur de tel inconvénient et faire réparation con-
» digne au forfait.
» Davantage, comme, entre les choses susdittes, soit le
» plus nécessaire l’ordre et règle desdits francs boisetaise-
» ments signament très malconduits et réglés jusque à ors,
» voire presque ruinés, est conclud afin y pourvoir à l’avenir
» que, par ordonnance dudit seigneur ou son officier et
» justice, serai désigné annuellement certaine flache et por-
» tion de bois en un tenant, par égalle portion, autant au
» pauvre comme au riche, auquel effect et pour les réduire
» plus seurement avec succession de temps en bon et
» suffisant estât, at esté trouvé bon et nécessaire de com-
» mettre certain nombre de bons et asseurés taillieurs chacun
» an, qui se payeront par l’ordonnance susditte au prix que
» on pourra convenir avec euk pour le plus grand soulage-
» ment desdits bourgeois, au moyen duquel seront, tenus
» couper lesdittes flaches en saison convenable pour le
» meilleur recroissance du bois, lequel se coupera du tout
» à blanche taille et au plus près de terre que faire se
» poura, nettoiant touttes haies, espines, buissons, viels
b brohons et réduisant en leignes et fascines tout ce qui
» se trouvera de bon et mauvais pour leur chaufage, en
» laissant sur chacun bonnier quarante ou du moins trente
» estaples des plus hauts, vigoureux, droits et mieux appa-
» rant chenaux qui se pouront trouver ; entendu qu’au lieu
» là il n’y auroit suffisamment, se laisseront faux ou autres
» stations de bois les plus duisables à édifier, tellement que
» ceux qu’on trouvera moins sur aucuns bonniers, on en
» poura laisser autant plus sur les autres pour rendre tou-
» jours s’il est possible le nombre entier. Néanmoins les
» leignes, ainsv que dit est, déparlyes, ne se pouront trans-
» porter ou vendre autre parte, là où aucuns en eussent,
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001
» outre leur nécessité, qu’aux combourgeois et surcéants du
» lieu qui les deveront avoir pour le prix qu’elles se vende-
» ront desseur ou dessoubz au temps d’allors, lequel, sy
» on ne leur donne, en pourront ailleurs faire leur prouf-
» fiet. Et s’ils en iaisoient aultrement, oultre la confisca-
» tion des teignes , escherront à 21 patards d’amende.
d Et quant aux closins, se prendront à l’advis et ordon-
» nance susdits en lieux moins dommageables et plus
» égarés, toutefois par ordre et certaine proportion, pour
» aussy les résuire en meilleur estât que faire se pourra.
» Toutefois pour éviter la superfluité des dits closins et
» que lesdits bourgeois et aysements soient mieulx solla-
» gés, feront durer trois, pour le moins deux ans leurs
» encloz, lesquels ne se pourront, comme du passé, soit
» de jour, soit de nuict, rompre ny asporter, sans
» condigne réparation à partie intéressée et 21 patards
» d’amende.
» Les foullés, viéelz brohons, bois tombés par tempestes
» ou aultrement se poudront prendre indifféremment sans
» fourfaire, ceulx d’édifice se prendront et enseigneront
» au contenu des medérutions faictes et passées par les
» Estalz, lesquelles aussy se publieront et mectront en
» gardes de loy, pour estre désormais inviolablement
» tenues et observées en tous leurs poinctz et articles non
» icy comprins, modérez ou adoulcis au regard des bour-
» geois du lieu seulement et point estrangiers ou circon-
» voisins qui du tout se debveront traiter en fourfaisant
» suivant lesdittes modérations, lesquelles, si elles fussent
» cy-après par notre Souverain seigneur et prince changées,
» modérées ou altérées à l’endroit de ceulx de Couvin et
» autres des villages en dépendants, on poura user de même
» si donc ne se trouvoit meilleur de se tenir, quant au faict
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y
» d’icelle et bourgeois dudit Aublain seulement, à ce qui en
» est, entre ledit seigneur et bourgeois arrestéet conclud.
» Or estant lesdits bois avec le temps réduits, réglés,
» quil y pouroit avoir paissons, at esté trouvé expédient que
» nuis bourgeois circonvoisins ou estrangiers s’advanceront
» d’y mettre pourceaux sans la marque du seigneur ny
v aussycueillir ny abattre paissons ésdits bois ou aisements,
» à peine de confiscation d’iceux et vingt et un patars d’a-
» mende autant de fois qu’il aviendra. Entendu que, quant
» à la paisson, on y mettera tel nombre quelle poldra
» porter, auquel en aura autant le pauvre comme le riche,
» à charge que ceux qui n'auront le nombre de leur con-
» tingent le debvront vendre aux combourgeois et en user
*> comme à l'article prémentioné en l’endroit de leur
» chauffage et à même peine et amende, ou doncque sy au
» futur il s’y trouvoit plus de paisson que l'ordinaire
» nécessité des bourgeois requiert, ou en fera par Tor-
» donnance et advis susdit pour un meilleur et se metteront
» les deniers es mains des députés prédéclarez, afin les
» emplier et rendre compte, ainsy qu’il en sera cy-après
* plus amplement touché ; le pareil se debvra faire des
» deniers procédants de la vente des bois desdits aise-
» ments, si aulcune s’en faisoit laquelle se debvra faire
» par l’ordre et proportion tousjours au plus grand
» sollagement et proulfiet de la communauté , ainsy que par
» l’advis et ordonnance susditte se trouvera convenir, à
» peine si l’on en abusait et faisoit autrement de fourfaire
» comme par justice s’ordonnera et sera trouvé le cas le
» requérir.
» Au semblable ne poudrent sarter sinon à la flache et
» couppe de bois faitte pour Tannée sans aller ailleurs,
* n’estoit par l’avis et ordonnance susditte, à peine de con-
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2‘23
» fiscation des sarts qui se pondront faire autre parte à
» charge qu’en les brûlant et aecoustrant prenderont
» extrême et soigneux regard de destourner partout pos-
» sible moyen et contregarder le feu, armant les estaples
» de sacques de terre etwason afin n’estre endommagé, à
» peine de dix patars d’amende pour chacune desdittes
» estaples de laquelle seront atteint ceux qui se trouveront
» négligents et défaillants à ce faire, et là où il se trouvera
» des gastées on en debvra laisser pour récompenser autant
» plus sur la taille de l’année suivante.
» Les bourgeois qui sarteront seront tenus se trouver à
» certain jour limité pour tous ensemble et chacun en son
» quartier mettre le feu, et se secoureront l’un l’autre afin
» qu’ils puissent tant mieux pourvoir aux rneschances et
» inconvénients lesquels dudit feu poudroient advenir ; là où
j> toutefois tel feu volontaire ou non procédant desdits sarts
» ou autre mescheit, ainsy que souvent l’expérience s’est
» montrée au très grand et irréparable dommages desdits
» bois, aisements et forêts et ceux des circonvoisins, est
» arresté et trouvé bon que, eu ce cas (que Dieu ne veuille)
» tous bourgeois et manants demeurant en la hauteur et
» seigneurie dudit Aublain sont et seront tenus et obligés à
» la première semonce qui leur sera faitte par leurs voisins
» ou son de cloche, soy trouver au lieu promptement en
» touttc célérité où que le danger sera pour à leur possible,
» l’empêcher, à peine aux défaillants d’escheoir en l’amende
y> de vingt un patars et d’estre reprimés et punis à l’exemple
> d’autres exemplairement par voye de loy, comme fauteurs
» et complices d’iceulx desquels la faulte seroit advenue
» trouvant aussv que l’ordre prescripte servira bien peu ou
» rien, n’est que les jeunes tailles soient gardées et préservées
» einque ans, et accordé et oonclud quelles deveront estre
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22i
» gardées au contenu des modérations à peine d’encourir
» par les défaillants aux amendes y mentionées.
» Finalement, afin osier toutte division et raéconten-
» tements procédants pour les ventes qui se font aucune
» fois desdits bois et aisements, est conclud que nulle ven-
» dition au futur se poudra faire n’est par l’advis et eonsen-
» tement dudit seigneur, son officier et justice, pour ne
» estre abusé comme du passé et que telles vendrions se
» fassent et emplient par les députés et choisis pour cette
» année aux plus urgentes nécessités du village, comme
» réfection d’église, voire d’autant qu’ils y seront tenus et
* pas autrement, conservation des ponts, chemin réal,
» assistance des nécessités, occurence, indigence ou cherté
» de vivre ou autrement comme parl’advis dudit seigneur,
» son officier, justiciers et députés susdits, se trouvera
» expédient, entendu que restitution debvra estre faitteaux
» dits députés par ceux qui en nécessité, comme dit est,
v auront estés secourus desdits deniers au terme qui leur
» sera donné pour les rendre entiers et arriéré emplier,
» l’occasion se donnant, aux autres commodités et affaires
» dudit village à peine que les défaillants ou leurs caution-
» naires seront tant par fautte de restituer comme dommage
» et intérests qui se pouront engendrer promptement exé-
» cutés sans aucunesolempnités de loy, seront touttefois, les
» dits officiers ou députés, tenus et obligés rendre compte
» aux dits seigneurs, leurs officiers et justiciers, pour sçavoir
» s’ils ont estez profitablement et justement empliez et
» convertis, à fautte de quoi seront comme dessus contraiuct
» par prompte et pareille exécution.
» Et pour effectuer tous les points, articles et conditions
» susescrits et les observer inviolablement comme loy, lesdils
» justiciers et communauté tous indifféremment sans qu’il
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225
» y eut audit jour aucun contrariant ou opposant comme il
» fut, en présence de nous notaire soubsigné, demandé s'il
» y'avoit quelqu’un non content qu’il eusse à le dire, qui
» fut répondu par une entière voix arrêtée qu’ils condes-
» cendiont librement et purement, sans aucune constrainte
» à tous les points, articles prédéclarés même et surabon-
» damment fut à l'instance desdits seigneur et justiciers,
» envoyé le sergeant sermenté par toutes les maisons et
» signamment à quelques trois ou quatre qui n’estiont lors à
» laditle assemblée, sçavoir s’ils estiont contents ou non
> de tenir ce que dessus, lequel sergeant témoignai par
» son serment n’avoir trouvé aucuns contrariants. »
Quelques années plus tard, en 1591, le baron de Pesclies
régla certains points dilficultueux entre lui et le vicomte
d’Aublain par la déclaration suivante :
« Le seigneur baron de Pesches est commun seigneur
» d’Aublain avec le s r vicomte, auquel lieu ils partagent
» toutes les amendes et fourfachons et il lui est deu sur le
» moulin d’Aublain, six melles d'épeautre payables au jour
» de la recepte. »
Enfin un record du 14 avril 1622, atteste que la seigneurie
d'Aublain appartenait alors en toute hauteur, jurisdiction,
justice et prédominence aux seigneurs barons de Pesches,
auparavant barons de Florennes, et au visconte d’Aublain,
par portion égale et indivise.
« Si bien est-il vrai, continue le record, que les seigneurs
» viscontes d’Aublain ont des cens, rentes, héritage, bois,
» et biens particuliers auxquels le seigneur baron de Pesches
» n’a part, ni portion, estant iceulx dépendant de ladite
» visconté d’Aublain, ou bien d’acquest, etc.
« Est-il encore vérité que les feu hauts-voués de Cou-
32
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y'
226
> vin, présentement S. A. de Liège, a une cour et justice
» foncière en ce lieu d'Aublain, soubz un mayeur et quattre
» échevins, nomméz tenants, qui ont cognoissance d’aulcuns
» fonds et héritages particuliers et non plus, sur lesquels
» sadite Altesse at des cens et des rentes, mesme en lève
» et reçoit les droits seigneuriaux, lorsque se fait vendaige
* d’iceux, auquel Prince appartiennent les bourgeoisies que
» doibvent les manants et bourgeois du dit lieu, sans que
» pour cela il ait aulcune part aux amendes et aultres
* droits de haulteur appartenant aux communs seigneurs ».
En outre, d’un accord survenu entre le baron de Pesches
et le vicomte d’Aublain, il résulte que ces « communs
seigneurs » possédaient :
« Les afîorages, droits de marché et de désinage, que
> les plaids généraux se tenaient et s’abannaient par le
i mayeur du baron de Pesches.
» Que les cris et publications se faisaient par la justice
» des communs seigneurs.
» Que les dédicaces et feux publics se solempnisaient par
» leur congé.
» Que la justice et les bourgeois d’Aublain n’étaient
» sujets au ressort de Couvin, n’estoit qu’ils sont accou-
» tumez de se rassembler à la requeste des bourgmestres
» (de Couvin).
» Que la mesure de breuvage et des grains est celle de
» Ghimay.
> Que le marteau d’Aublain appartient présentement au
» vicomte, mais que le censier qui le tient paie les droits
» de rowaige de toutes les marchandises qui en sortent aux
» communs seigneurs.
» Qu’il y a un petit bois appelé la flasche de Vaudémont,
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227
■» appartenant à M île Pesches, lequel est franc. Toutefois
» les bourgeois doivent y avoir leur pâturage.
» Que les terrages se paient aux communs seigneurs.
» Qu’ils ont de tout temps les droits de maltôte.
» Que les droits de cerquemenage et visitation des cloz
» appartiennent aux communs seigneurs, ainsi que les
» enquestes et droits d’informer. »
Le 10 mars, la charte ainsi consentie unanimement fut
mise en garde de loi par la cour, c'est-à-dire solennelle¬
ment déposée dans « le ferme » ou coffre des archives, et
le 1*2, qui était un dimanche, elle fut proclamée à haute
voix par le curé, sur la place publique, au sortir de la messe
paroissiale, en présence de tous les bourgeois assemblés et
sans que personne y contredit.
Plus tard, quelques abus s’étant manifestés de nouveau,
la cour de justice d’Aublain ne trouva rien de mieux, tant
le règlement avait été jugé utile et salutaire, que de le
faire promulguer de nouveau solennellement, sans modifi¬
cation, le jour de Pentecôte de l’an 1731.
On légiférait alors moins que de nos jours, mais on appor¬
tait à la confection des lois et réglements plus d’attention
et moins de passion, plus de bons sens et de jugement
sain et moins de préoccupation des intérêts de parti et du
moment. Aussi les lois de ce temps avaient-elles des con¬
ditions de stabilité et de durée qui trop souvent manquent
aux nôtres.
Le 16 juillet 16*25, damoiseau Herman de Mettecoven ,
admodiateur de la terre et visconté d’Aublain, obtint au
nom de Gérard, baron de Groesbecket vicomte d’Aublain,
de la cour d’Aublain un record touchant le droit de donner
et conférer les estats et offices de mayeur, eschevins et
greffier des communs seigneurs.
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Les questions posées par Mettecoven tendaient à faire
attester par la cour que ce droit appartenait exclusivement
au vicomte d'Aubiain, en l'invitant à constater que, depuis
Gilles de Senzeilles, les offices en question avaient été con¬
férés constamment par les vicomtes d’Aubiain seuls.
La cour comprit parfaitement ce que l’on voulait tirer
d’elle. La plupart des faits, avancés par Mettecoven, étaient
exacts, mais il avait soin de ne pas rappeler que, si les
offices de mayeur, d’échevin et de greffier avaient été don¬
nés depuis plusieurs années par le vicomte d'Aubiain, c’est
que les procès et litiges mus à la suite de la mort de
Hanscraft de Millendonck et de la longue minorité de Claude,
avaient mis obstacle à ce que les barons de Pesches, absorbés
parleurs démêlés usassent de leurs droits à Aublain. Elle
déjoua les calculs de l’admodiateur par sa franchise et la
droiture de ses réponses.
Elle refusa de reconnaître que Gilles de Senzeilles eut
fait des nominations d'échevins ou de greffier.
Elle établit que son gendre, le seigneur de Groesbeck, et
son petit fils, avaient procédé seuls à la collation de cer¬
tains offices, mais elle eut soin de dénier les conséquences
qu’en voulait tirer Mettecoven et rappela un record antérieur
qui attribuait la nomination des échevins et du greffier au
seul baron de Florennes.
Mettecoven échoua donc dans sa tentative d’usurpation
contre l’honnêteté et le bon sens des échevins. La vente que
le baron de Pesches fit au vicomte d’Aubiain de la partie
de la seigneurie qui lui appartenait, donna légitimement .aux
Groesbeck ce que leur admodiateur avait voulu leur pro¬
curer d’une façon médiocrement délicate.
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CHAPITRE II.
Nous venons de voir que, au commencement du XV e
siècle, la seigneurie d’Aublain, jusque-là fort morcelée, se
trouvait partagée seulement entre les barons de Florennes
et Hosle d’Aublain, seigneur de la tour d’Aublain et acqué¬
reur de la vicomté du même lieu.
Hoste périt comme il a été dit en 4435, sans laisser
d’enfants. Sa veuve hérita de ses biens et les laissa avec
ses propriétés personnelles à sa fille Jeanne ou Aëlis
d’Oignies, femme de Jean de Senzeilles.
C’est du moins ce que nous induisons de l’inscription
placée sur la tombe dudit Jean de Senzeilles, mort le
24 juin 4 456 et enterré dans le chœur de l’église d’Anthée.
Ce chœur fut démoli en 4762, mais le curé d’Anthée,
homme d’ordre et de sens, ne permit pas qu’on touchât
aux pierres sépulchrales avant qu’il en eut fait le reeole-
merit authentique. Grâce à lui, l’inscription de la tombe
qui renfermait Jean de Senzeilles et sa femme nous a été
conservée dans l’état où elle se trouvait en 4762.
La voici :
Cy gist Jehan de Senzeilles.Daussois, Anthée,.
et d’Aublain, Fontaines et de la moitié du ban d’Anthée,
qui trespassa l'an mil quatre cent cinquante-six , du mois
de juin le 24° '.
1 Vers la même époque, il est fait mention dans les Archives de la cour féodale
de riainaut d’un autre Jehan sire de Senzeilles, écuyer, lequel tenait du château
de Beaumont, la forteresse, ville, terre et seigneurie de Senzeilles et après la
mort duquel « nul n’avoit osé relever cetief pour les debtes qu’il debvoit, et telle-
» ment que. passé xx ans, ceste terre estoit en mains de justice, qui recevoit les
* levées chascun an pour aller ès dites debtes. »
Le même Jehan de Senzeilles possédait à Florennes un autre fief, que sa veuve
avait relevé après son trépas, « combien qu’elle ne eust nulz enfants et le tenoit
>■ par force et tellement, que les créanciers qui l’avoient fait arrester n’en polloient
i rien avoir. » (Cartulaire des fiefs tenus du duc de Bourgogne formé en 1473-74,
tome 1, fol. II e 1111 xxl.)
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230
Cy gist noble Damoiselle Jeherme d’Oignies, sa compagne,
qui trespassa l’an mil quatre cent.
Jean de Senzeilles est simplement qualifié, lors de son
mariage, bailli de Ghimay et seigneur de Daussois Après
son mariage, il ajoute à ces titres celui de seigneur d’Oignies ;
toutes les autres seigneuries marquées sur sa tombe lui
viennent incontestablement de sa belle-mère, Aëlis de Fon¬
taines, dame d’Anlhée et de Fontaines par ses propres,
dame d’Aublain, par succession de son second mari.
11 eut trois enfants :
4° Jacques, qui fut vicomte d’Aublain.
2“ Jean, seigneur d’Oignies, qui épousa Marie Delle
Malaise, sœur du seigneur de Donglebert et mourut en
1495, laissant :
a. Everard, qui releva la seigneurie d’Oignies, le
15 mars 1495, et mourut en 1496.
b. Marie, religieuse au couvent de S l Gengoul, à Huy.
c. Béatrix, femme de Gilles d’Eve, auquel elle apporta
la seigneurie d’Oignies après la mort d'Everard.
3” Rolrnd, seigneur de Jamblinne, mort sans hoirs.
Jacques de Senzeilles, vicomte d’Aublain, épousa Catherine
de Boussu, fille de Gérard de Boussu, seigneur de Boussu
en Fagne, de Boutonville et de Matagne la Petite.
Il ne fut pas le seul mari de Cathérine de Boussu. En
effet, le carlulaire des fiefs du Hainaut, formé en 1473 et
1474, mentionne Cathérine de Boussu, reliclede Jehan de
Bonelle , seigneur de Daussois.
Qui de ces deux maris de Catherine fut le premier? qui
le second ? En 1479, elle était assurément veuve de tous
1 Hoste ou Hostaux de Senzeilles était prévôt de Chimay, en 13U0. On peut
admettre qu’i] était le père de Jean.
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231
deux, comme on le voit par un acte que nous cite¬
rons tout à l’heure. Mais la qualification de seigneur de
Daussois donnée, dans le cartulaire des fiefs de Hainaut,
à Jehan de BonefTe donne lieu de croire qu’il avait succédé
près de Cathérine à Jacques de Senzeilles, seigneur de
Daussois comme d’Aublain, par succession de son père.
En ce temps de guerres incessantes, les maris disparais¬
saient rapidement et se succédaient de même. L’intérêt des
familles, les dangers qui entouraient les veuves, obligées
d’ailleurs de faire desservir leurs fiefs par des hom¬
mes agréés des cours féodales, ne permettaient pas
les longs veuvages. Jamais ne s’est mieux appliqué le
Uno auulso, non déficit alter. Du reste la question est
peu importante. Un point est certain, c’est qu’en 1479
Cathérine n’avait plus de mari pour mambour.
Un record, dressé le jour de S te Cathérine, en l’an 1480,
par la justice d’Aublain, nous apprend effectivement que,
le ‘2 janvier 1479, le baron de Florennes, représenté par
son receveur, Colle, et madame d’Aublain, représentée
par M® Jehan le Mareschal, Jehan Magoteaux et Colard
Martin, seigneur du Buisson *, firent publier, à l’église
d’Aublain, la criée suivante :
» On vous fait assavoirde par les communs seigneurs
» d’Aublain, qu’on a mis à cry, proclamation et à semonce
» une place sur le cours de l’eau d’Aublain pour faire un
» moulin.et ont mis les premiers marchands de'ladite
» place, du premier Denier Dieu, à dix huit melles
» d’épeautre de rente par an, mesure du lieu, assavoir :
1 La généalogie de la maison de Senzeilles donne pour femme à Colard Martin
Jeanne de Senzeilles, fille d’un frère d’Hoste de Senzeilles et, par conséquent,
cousine germaine de Jean de Senzeilles, seigneur d'Oignies,de Fontaines et
d’Aublain.
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232
» aux communs seigneurs douze melles et à monsg r l’advoué
» six autres melles par an, pour les manières et conditions
» qui s’ensuivent :
» Et assavoir que le marchand à qui la marchandise
» demeurera sera tenu eri nom d’about et de contrepans de
» faire un moulin sur la dite place dans le terme de trois
» ans, après la demeurée faite, entendu que si le dit moulin
» estoit mis à moulage avant lesdits trois ans, payer la
» rente à l’advenant de l’année où y commenceroit à moul-
» dre et devra-t-on aller au moulin par les voyaulx et
» seront encore tenus ledits marchands à qui la marchan-
» dise demeurera. de faire un pont entrevers de
» l’eau pour passer chariots, à pied et à cheval et toutes
» les bestes et ledit pont entretenir, et faire sailler deux
» costés sans malengien; et avec ce doibverit faire, lesdits
» marchands meuniers, un chockier parmi la fange jaune
» d’eau et entretenir et doibvent lesdits meuniers livrer
* tout habillement tel qu’il appartient à un moulin pour
» servir les bourgeois et bourgeoises de laditte ville d’Au-
» blain, à savoir : Un reige, un tamis, deux vans, une
» melle, un sotiau et un demy sotiau, ruinons, escouvettes.
» Et aussi conditionné que le meunier sera tenu d’aller
» quérir les moulsinées desdits bourgeois et bourgeoises
» en leurs maisons pour mener à moulin, myeure et ramener
» là parmy il aura prins.
» Et doibt avoir, de esqueure et myeure, de douze melles
» descoussis un melle et tousjours à l’advenant et du
» menu grain qu’il ne fault point esqueure de dix huit
» melles un et ly huissinier qui tenrat le dit moulin sera
» tenu d’estre bourgeois de la ville d’Aublain et fera ser-
» ment de gouverner chaque bourgeois et bourgeoise à son
» orne et faire communaulté et règle de bourgeois comme
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233
» les aultres bourgeois de laditle ville d'Aublain.
• entendu que les bourgeois et bourgeoises de laditte ville
» d’Aublain seront tenus d’aller myeure audit moulin par
» ban , ainsi qu’il at esté d’usage et de coustumedu temps
» passé et sur l’amende de VIII aydants, à savoir la moitié
» aux seigneurs et l’autre moitié à l'huyssinier.
» Et aussy que, toutefois et chaque fois que les bourgeois
» et bourgeoises sommeront le meunier d’aller quérir leurs
» mouznées, qu’il en soit tenu ce jour là ou le lendemain au
» plus long et selon qu'il leur sera mestier et sur l’amende
» de VIII aydans, comme desseus est dit, et si le meunier
« ne le faisoit, bourgeois ou bourgeoise pourroil aller myeure
» à aultre moulin, sans rien méfaire.
t Et aussy entendu que les bourgeois ou bourgeoises de
» laditte ville doibvent estre aornez audit moulin l’un après
» l’autre.
9 Conditionné que si le curé de la dite ville d’Aublain va
» au moulin, qu’il peut myeure avant tout, s’il y plait.
» Et aussy les seigneurs de la dite ville d'Aublain, et
» aussy pareillement myeure pourra une femme gisante
» après ce qui sera sus, par nécessité, et de là en avant
» tout bourgeois ou bourgeoise à son orne, comme dit est.
» Et aussy s’il y a aucun qui voulsisse mettre empêche-
» ment à ladite marchandise, ce le dise devant le recours
» passé, afin que le marchand. puisse démorer pai-
» sible. »
11 parait que les enchères furent peu animées, car le
record constate qu’il fallut faire boire pour trois florins de
vin, somme relativement forte, et que la criée se conti¬
nua pendant « trois jours solennels. »
Jehan Pety et Colard Jehennot demeurèrent adjudica¬
taires, moyennant « 18 melles d’épeautre par an, dont
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douze melles aux communs seigneurs et les six autres à
monseigneur l’advoué. »
La même criée fut faite à Couvin et Dailly, sans attirer
beaucoup de chalands.
Ici intervint le tuteur des enfants de madame d’Aublain,
honoré écuyer Roland de Senzeilles, pour approuver les
opérations de la criée. La même formalité ayant été accom¬
plie par les représentants des autres seigneurs d’Aublain,
les adjudicataires, en signe de leur satisfaction du marché,
déclarèrent donner au lunimaire de l’église une rente
annuelle de six melles descoussis par an.
A la requête du seigneur de Boussu et de ses co-pro¬
priétaires de la forge d’Aublain, les meuniers s’engagèrent
à tenir l’eau assez basse pour qu’elle ne fit pas de tort à
la forge.
Enfin, il fut acté que les poids et mesures du moulin
seraient visités par la justice d’Aublain et que, si le meu¬
nier venait à mécontenter les bourgeois, et, que la plainte
fût trouvée juste par la cour, le meunier paierait un florin
de Rhin, dont moitié pour les communs seigneurs, moitié
aux plaignants.
Dans cette occasion, Cathérine exerce en son propre nom
ses droits seigneuriaux sur Auhlain, Il n’y est en aucune
manière question de mari, et le seul personnage du nom
de Senzeilles qui soit mentionné, est Roland, tuteur et
mambour des enfants de son frère.
Jacques était donc mort à ce moment et c’est son fils qui
figure dans un acte de 1486, comme mambour d’Antoinette
de Boussu, fille de Lancelot, seigneur de Boussu *.
1 La Seigneurie de Boussu , p. 50.
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Jacques de Senzeilles avait en effet laissé trois enfants
de son mariage avec Cathérine de Boussu :
1. Jean, mort en bas âge.
2. Jacques II, dont nous parlons ci-après.
3. Marie, femme d’Antoine du Bois.
Qui était cet Antoine du Bois ? Nous ne le connaissons
que par un document très intéressant dans sa naïve sim¬
plicité, et par lequel il appert qu’en l’an 1500 le dit Antoine
du Bois se présenta devant la justice d’Aublain et « sy
» demanda le devant nommeit Antoine du Bois, s’il avait
» justice cyl (celui) qu’en avoit à faire et le maire dist (oui).
» Adonc dist le dit Antoine du Bois : Maire et vous, .
» Messieurs de justice, c’est bien vray et vériteit que
» Madame d’Aublain, ma belle mère (et moi) avons eu de
» grants différents l’ung à l’aultre, touchant le mariage de
» sa fille que j’ai espouzée. Mais par le moyen de Deuys
» Brousmiche, son mambour et procureur, quy est tant de
» l’ung à l’aultre allé que traicté et appoinctement est fait
» entre ma dite belle-mère et moy, et par ce dit moyen
» de traicté et d’appoinctement, toutes choses faictes par cy
» devant entr’elle et moy sont enconcylliéz et moindres que
» de valeur »
Cette déclaration permet de supposer que la dame
d’Aublain et son gendre avaient procédé l’un contre l’autre
devant la cour d’Aublain.
Malheureusement les archives de cette cour ne fournis¬
sent pas d'autres renseignements, et nous en sommes
réduits aux conjectures. Selon toute apparence, le mariage
de Marie de Senzeilles s’était fait contre le gré de sa mère
1 Cette pièce a déjà été publiée dans la monographie de la seigneurie de Boussu.
11 m'a semblé utile de la reproduire ici, pour établir la situation de famille de
Cathérine de Boussu.
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236
et avait eu pour conséquences les « choses faites entre
* Catherine et son gendre avant la réconciliation de 1500. »
11 y a du charme à étudier une époque où les procu¬
reurs, au lieu d’alimenter les procès de famille, ne prenaient
pas de repos qu’ils n’eussent réconcilié les plaideurs. Denis
Brousmiche est un caractère à mettre en lumière ; il honore
son nom et son pays. Du reste les hommes de cette trempe
n’étaient pas rares et l’on retrouve jusque chez les simples
paysans une touche d’originalité et de franche saveur, qui
attire et séduit.
A Jacques I de Senzeilles succéda Jacques II, qui joua
un rôle important dans le comté de Namur II fut en effet
bailli de Montaigle de 1488 à 1505. Lieutenant de Jean de
Berghes, gouverneur du comté, il assiège, à la tête d’une
troupe nombreuse, le château de Boneffe, où quelques
gentilshommes avaient conduit une jeune fille enlevée par
eux, le prend et délivre la jeune prisonnière. Le 14 août 1509,
il est appelé aux fonctions de châtelain de Bouvignes. En
1515, il figure comme lieutenant bailli du comté, dans la
députation qui reçut à Namur l’archiduc Charles, depuis
Charles-Quint.
En 1485, pendant qu’il bataillait avec les bandes du San¬
glier des Ardennes, celles-ci envahirrent Aublain et emme¬
nèrent prisonnier Guillaume de Blisia, religieux de Floreffe,
pourvu depuis 147*2 de la cure d’Aublain ; le malheureux
moine ne pouvant marcher assez vile, les soldats de la Marck
le massacrèrent inhumainement. Il fut remplacé par frère
Jean de Velaine, qui mourut à Aublain le 23 mars 1494.
Jacques II se maria deux fois : 1° avec Jeanne d’Ève,
fille de Godefroid d’Ève, seigneur de Loyers et de Fraire
la Grande et de Marguerite de Bruelle, dite de Bossimel,
dame de Loyers ; 2° avec Agnès de Berghes, fille naturelle
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237
de Mgr. Jean de Berghes, à laquelle, en 1498, il donna un
douaire.
Il mourut en 1524.
Du premier lit vint :
1. Philippe qui suit.
Du second lit, il eut :
2. Jean de Senzeilles, seig r de S 1 Martin, mort sans
alliance en 1583.
3. Pierre, seig r de S 1 Martin après son frère, fut capitaine
du château de Namur. Il reçut commission de lever 370
hommes, prêta serment de capitaine du château de Namur,
le 25 mars 1555, entre les mains du comte de Berlaymont
gouverneur du comté, et mourut le 6 janvier 1559, 1 laissant
quatre filles de Jeanne de Hun, morte en 1592. 2
4. Antoinette, femme de Jean de Hosden.
5. Agnès, femme de Guillaume de Crehen, seig r de
Thon.
6. Jacqueline, femme de Pierre delà Fontaine, seig r de
Francdouaire et gouverneur de Gharlemont. Il mourut le
26 novembre 1566; elle l’avait précédé dans la tombe le
17 décembre 1558.
Pendant que .Jacques de Senzeilles servait son souverain
à Namur, la seigneurie d'Aublnin était agitée par de grands
troubles. Pur ses ordres, ses officiers avaient établi ou fait
élire deux bourgmestres chargés d’administrer la corn-
1 Epitaphe de Pierre de Senzeilles.
4 Les quatre filles de Pierre de Senzeilles furent :
1. Catherine, femme de Henri d'Yve, seigneur d’Yve, Neuville, Villers deux.
Eglises et Vodecée, (ils de Catherine de boussu.
2. Marie qui épousa 1° Georges de Berlaimont, seig r de Chockier. 2® Paul de
Stor, chevalier, seig r de Biesme-la-Colonoise. 3° Jean Jacques Barbiano , comte
de Bellejoyeuse. Elle mourut en 1603.
3. Ad tienne, femme de Denis de Berloo, seig r de Brus , morte en 1619.
4. Anne, femme de Philibert de Marhais, scig p de la Haye, moite en 1611.
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munauté. Un certain nombre de bourgeois s'opposa vive¬
ment à cette élection, prétendant qu’elle n’était pas valable
et « qu’aux communautés et surcéants appartenait le droit
» d’élection des maîtres de la ville, pour maintenir, résister
» et défendre lesdits surcéants contre les emprinses et
» factions qui journellement se font par les seigneurs, leurs
» officiers et justiciers sur et contre lesdits habitants, leurs
» privilèges, aysements, chartes, possessions et usages, et
» qu’ainsi si lesdits seigneurs, leurs officiers et justiciers
» avoient pouvoir de, malgré les communautez et surcéants,
>' eslire telz des communautez qu’ils voudroient pour
» représenter les corps d’icelles et estre tenus d’agréer
» et tenir pour valide ce que tels establiz accorderoient
» consentiraient et donneraient aux seigneurs, ce serait
» parles dites communautez et surcéants donner, céder
>• et transporter leurs personnes, libertés, privilèges, ayse-
» ments, droictz et possessions. » L’affaire n’alla pas d’abord
plus loin. Quelque temps après, les bourgmestres, ayant
fait publier une ordonnance qui dérogeait au règlement
ordinaire des coupes de bois, l’orage éclata. L’autorité
des officiers du seigneur fut méconnue et les mécontents
maltraitèrent quelques gardes. Jacques de Senzeilles, instruit
de ces discordes, intenta des poursuites contre les princi¬
paux meneurs et, sur rencharge des échevins de Liège, la
cour d’Aublain les condamna « appréhensibles. »
Les mécontents protestèrent énergiquement et, s’appuyant
sur des avis fournis « par les plus experts et fameux avocats
» de Liège », demandèrent cassation de la rencharge. Les
esprits étaient surexcités et prêts à se livrer à des excès,
lorsque tout-à-coup les chefs des opposants, quatre frères
du nom de Bourlart, secrètement pratiqués par les agents
de Senzeilles, « déclarèrent faire le gré du seigneur, payer
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239
» leur part des frais et abandonner le procès. » Les autres
opposants, effrayés de leur isolement, s’empressèrent aussi
de faire leur paix avec le seigneur et Jacques de Senzeiles
resta maître du terrain.
Les embarras et les ennuis que le mauvais ménage de
ses officiers lui avaient attirés, semblent avoir déterminé
Jacques de Senzeilles, constamment retenu à Namur par
ses fonctions, à céder dès l’année 1518 la terre d’Aublain à
son fils aîné Philippe. Philippe était majeur depuis quel¬
ques années et il parait avoir fait, dès lors, sa résidence ordi¬
naire à Aublain. C’était un homme d’ordre, soigneux,
économe, fort entendu dans l’administration de sa fortune
et digne à tous égards de la confiance de son père. Les
archives d’Aublain nous le montrent achetant, le 16 mars
1516, probablement avec les épargnes de la succession
maternelle, un muids d’épeautre de rente annuelle. L’année
suivante, 1517, le 12 juin, il fait mieux encore. Il achète de
compte à demi avec son père à Gérard Martin, qui habi¬
tait alors Petigny, tout ce que ce dernier possédait à Aublain,
y compris la moitié du fief du Buisson moyennant 80 florins,
paiement de Hainaut.
L’acte de vente du 12 juin 1517, confirmé par une
« déclaration faite par Gérard Martin, fils de Jaspar Martin *,
nous révèle deux particularités: la première que Jacques
de Senzeilles avait déjà acheté précédemment du même
Gérard Martin l’autre moitié du fief du Buisson, la seconde
que ledit fief avait changé de suzerain.
Nous avons constaté, en effet, qu’il relevait du château de
Chimay; or, l’acte de vente du 12 juin 1517 est réalisé
t par devant les prévost et hommes de fief de monsieur
l’abbé de Floreunes, séants à Bourbes ». Il y a évidem¬
ment mutation de hauteur. D'où venait-elle? Rien ne l’ex-
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‘240
plique. Il faut recourir aux conjectures et admettre que les
seigneurs de Chimay avaient aliéné leurs droits de suze¬
raineté aux abbées de Florennes, car il n’était pas au pouvoir
d’un vassal de changer, à son gré, de suzerain, ou de
réaliser ses ventes devant telle cour féodale que bon lui
semblait.
Quoiqu'il en soit, le marché donna lieu à un litige assez
vif entre les Senzeilles et une famille Clochereux, d’Aublain,
qui avait arrenlé , c’est-à-dire pris à bail, le fief du Buisson,
» disant le dit Philippe que les héritages vendus par Gérard
« Martin étaient masuables et hors du fief Buisson, et pré-
* tendant le dit Clochereux que les héritages susdits fai-
» saient partie du fief. » Au fond, c’était une question de
plus ou moins de loyer. Le fief du Buisson ayant été arrenté
globalement ; il s’agissait de savoir si certains biens faisaient
ou non partie du fief et imposaient ou non à Clochereux
une augmentation de rendage.
Pour éclaircir la situation, Philippe demanda et obtint
de la cour d’Aublain , sous la date du 9 juillet 1520, un
record qui constata « que Gérard Martin, alors seigneur en
» aucune partie d'Aublain, avoit bonnement et léalement
» vendu à Philippe de Senzeilles tout ce et de quant qu’il
» avoit en la puissance et mairie d’Aublain, à savoir, cens,
» rentes en grains, argent, chapons et poules, sans rien
» réserver, et avec ce tous les héritages qui seroient trouvés
* hors du dénombrement du dit fief, combien que les lettres
» ne fissent pas mention des dits héritages, par vice de
» clercq et depuis que les dits vendages ont esté faitz, le
» dit Gérard Martin est venu personnellement et devant la
» cour, lequel Gérard déclara, dist et cogneut de sa pure
» et franche volonté qu’il regratioit et accordoit bonnement
» et léalement audit Philippe tous les vendages qu’il lui
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241
» avoit faits, à savoir cens, rentes en grains, argent, cha-
t pons, poules et tous les héritages qui seroient trouvés
» hors du dénombrement dudit fief à champs et à ville
» tenus du prince de Chimay. »
Malgré cette déclaration si nette, les Clochereux poursui¬
virent le procès qu’ils avaient intenté à Philippe de Senzeilles ;
mais, le 15 décembre 1522, intervint entre les parties un
accommodement. Clochereux, qui payait pour la location
perpétuelle du fief du Buisson neuf muids d’épeautre par an,
consentit à donner en outre, pour les terres en litige, une
rente perpétuelle d’un muids d’épeautre, rédimable, avec le
consentement de Philippe ou de ses hoirs, moyennant vingt
florins de vingt patards.
Le 20décembre 1524, Philippe, qui venait de perdre son
père 4 et qui avait hérité de la seconde moitié du fief Buisson,
adressa à l’abbé de Florennes une requête pour obtenir la
permission de réunir les deux moitiés en un seul fief, « le
» tout valant par an deux chapons, deux poules, trois
i setiers d’avoine et douze patards en cens d’argent, estimé
9 le dit tout à un florin d’or des Electeurs ®.
Par acte du 3 mars 1525, l’abbé agréa la « requeste de
> son bon ami et voisin Philippe de Senzeilles et consentit
» à ce que les deux moitiés du fief Buisson fussent réunis
» en un seul fief procédant de son fief de Pourbes, nommé
» d’ancienneté le fief Bosigneau ».
C’est l’unique fois qu'il soit question, dans l’histoire
d’Aublain, d’une suzeraineté quelconque des abbés de Flo¬
rennes sur une partie de la seigneurie d’Aublain.
Philippe avait aussi ses jours de générosité. En 1518, il
1 Jacques II de Senzeilles mourut en 1524, au château de Fontaine, et fut
enterré dans le chœur de l'église d'Anthée.
33
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242
fit don à l’abbaye de Gembloux de sa part dans une rente de
42 muids d’épeautre et d’avoine qu’il possédait à Rostenne,
comme héritier de sa mère, Jeanne d’Ève, sous condition
que Jacques, son père, jouirait sa vie durant, de la moitié
de cette part.
Mais si Philippe de Senzeilles savait être large à ses
heures, il se montrait aussi, comme nous l’avons dit,
excellent administrateur de sa fortune. Depuis 1518 jus¬
qu’en 1539, il ne se passe pas d’année que nous ne le trou¬
vions achetant quelqu’enclave de sa propriélé, ou arrondissant
ses domaines. Il ne manque aucune occasion de mettre ce
qu’il possède en valeur, il défriche, il défonce, il encourage
l’agriculture. C’est un homme véritablement intelligent,
qui, tout en faisant la guerre èt en servant son prince,
n’oublie pas l’amélioration de ses biens et la prospérité de
ses vassaux.
Remarquons qu’il est un type des gentilshommes de son
temps et non une exception, n’en déplaise aux détracteurs
modernes de la noblesse. Nous allons le prendre sur le
fait et nous aurons ainsi l’occasion de constater la nature .
de ses rapports avec ses bourgeois d’Aublain.
Le dernier jour de janvier, il se présente devant la cour
de Boussu, accompagné de « nobles écuyers Frédéric et
» Gilles, ses enfants légitimes, qui de la dite viscomté et
» appendances mesmes .... estoient et debvoient estre
■» vrais eschéanciers, et làdist, cogneut et remonstra com-
» ment pour la plus grande augmentation et accroissement
» de sa seigneurie d’Aublain il avoit donné, cédé et concédé à
» cens perpétuel et à toujours à Jehan Bonnier le jeune, demo-
» rant à la maison qu’on dist du bois, trente jours d’héritz
» estant à la maison du bois et que ledit Bonnier polrat
•• prendre à son meilleur prouffict, tenant au grand jardin
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243
» ... moyennant de chascun jour un patar de VI gros,
» chascun an à la St.-Jehan l’apostre ».
Quoi de plus contraire aux préjugés de notre époque
sur « le bon vieux temps » et la prétendue oppression des
paysans par leurs seigneurs ? C’est que l’esprit chrétien
animait la vie sociale comme la vie privée et planait sur
tous les actes de l’existence. Aussi la foi, en créant partout
la bonne harmonie et en développant la notion de la vraie
liberté, produisait-elle des merveilles. En 1566, un homme
d’Aublain, fut condamné à mort. Le jour de l’exécution
on le plaça sur un cheval, pieds, bras et mains liés et la
corde au cou. Le paLent ayant invoqué Notre-Dame et
détesté ses péchés, le cheval prit le mors-aux-dents et
l’emporta jusqu’à l’église de Walcourt. C’était le mercredi
des Quatre-Temps de la Pentecôte, au moment où la pro¬
cession des pèlerins regagnait le sanctuaire vénéré.
La justice renonça à poursuivre celui que Notre-Dame
avait pris sous sa protection et le condamné, rendu converti
à la société, l’édifia par son repentir jusqu’à sa mort, sur¬
venue plusieurs années plus tard *.
La sollicitude avec laquelle Philippe s’occupait de ses
propres intérêts et de ceux de ses vassaux, ne l’empêcha
nullement de prendre sa part du service public. Il fut
mayeur de Natnur et se distingua dans cette charge. En
1552, lors de l’invasion du comté de Namur par les armées
du roi Henri II, il travailla énergiquement à relever les
fortifications de Namur et sauva cette ville des ravages du
monarque français. Au mois d’août 1554, la reine de
Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, le chargea de forti¬
fier Florennes où elle voulait mettre une garnison, mais il
1 Le souvenir de ce fait, consigné dans les annales de la collégiale de Wal¬
court , se trouve rappelé dans l’une des verrières de cette église.
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répondit que tout le quartier d'Enlre-Satnbre et Meuse
était tellement ruiné qu’il serait impossible d'entretenir
une garnison à Florennes, que, partant, fortifier à nouveau
cette ville serait une dépense inutile. Enfin, en 1557, il
représenta la noblesse aux États Généraux.
Pendant qu’il était occupé à Namur, les bourgeois de
Couvin, d’accord avec le haut-voué, firent une entreprise
assez grave contre ses droits de seigneur hautain, c’est-à-
dire de seigneur haut-justicier d’Aublain.
Le 20 février 1550, le prévôt du haut-voué, Antoine de
Withem, seigneur d’Isque, cita les échevins d’Aublain
devant la cour de Couvin, et commença par leur demander
» s’ils voulaient demeurer en suivant la procédure faite
» par lesdits de Couvin et en communauté ensuivant les
» chartes et privilèges de la Châtellenie, comme les autres
» circonvoisins ».
Sur leur réponse affirmative, le prévôt posa une seconde
question plus précise, celle de savoir « s’ils ne tenaient pas
Mgr. le haut-voué pour seigneur hautain ». Soit que les
échevins d’Aublain fussent intimidés, soit qu’ils n’eussent
pas compris la portée de la question, ils déclarèrent qu’ils
reconnaissaient en effet le voué pour seigneur hautain.
Mais les conséquences immédiates et très-logiques qu’en
tira le prévôt leur ouvrirent les yeux.
Il leur reprocha d’avoir usurpé les droits de la justice
du haut-voué, en faisant citer devant eux le meunier
d’Aublain, « bourgeois dudit haut-voué, pour quelque con-
» travention par lui commise » et les somma de renvoyer
cet homme devant la cour du haut-voué. Sur leur refus,
il déposa plainte contre eux devant la cour de Couvin et
conclut à ce qu’ils fussent condamnés à un voyage de Rome,
de St.-Jacques ou de Roo-Amadour. Au même instant, il
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les mit en demeure d’accepter pour co-échevin un certain
Antoine Denis, bourgeois d’Aublain, et leur réclama note
de leurs ventes de bois pour savoir s’ils avaient acquitté
les droits seigneuriaux du 10 e denier. Les échevins, fort
contrits de lu malheureuse concession qu’ils avaient faite,
repoussèrent l’admission à l’échevinage de Denis et répon¬
dirent sur le second point qu’ils apporteraient tous leurs
papiers devant la cour de Couvin *.
Prévenu à temps , Philippe fit défendre à ses échevins
de déférer davantage aux sommations et citations faites au
nom du haut-voué et protesta énergiquement contre l’at¬
teinte portée à ses droits.
Quelque temps après, un certain Vétian, bourgeois
d’Aublain, s’avisa d’enlever quelques bêles à cornes au
sieur Liénart, bourgeois de Neuville. Liénart porta plainte
au grand bailli d’Lntre-Sambre-el-Meuse , qui fit prompte¬
ment justice. La herde saisie par les sergents du grand
bailli fut remise entre les mains d'Ancelot de la Marck,
alors bailli de Couvin, et Vétian jeté en prison.
Philippe ne perdit pas de temps pour revendiquer ses
droits. Le 5 novembre 1560, il fit amener Vétian et Liénart
avec lui devant la cour de Couvin, débuta par se faire
délivrer un record de ce qui s’était passé, fit constater la
qualité de bourgeois d’Aublain de Vétian et, ces prélimi¬
naires accomplis, « protesta solennellement, tant en son
» propre et singulier nom, comme un des seigneurs com-
» muns d’Aublain, de ce qu’on le vint intéresser ,^quant à
1 C'est probablement à ces débats que se rapporte une ordonnance sans date
de Georges d'Autriche, mandant à Wathier \Vathar,son procureur général,
de se transporter « en bonne et briefve diligence pardevant la justice d’Aublain »
pour faire une enquête générale et prendre les mesures nécessaires, afin de faire
trancher les procès et difficultés depuis longtemps émus, par la haute justice de
Liège (Conseil privé. Dépêches. Rég. k. 20, fol. 65, v°. Archives de l’Etat à Liège).
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246
» sa juridiction, vu qu’il avait sa justice à Aublain', pour
» faire droit à chacun de tout, selon les lois du pays, et
» principalement à raison des bestes prises par Jean Vétian,
» manant et habitant d’Aublain, détenu ès prison de l’offi-
» cier de Couvin, etc. ».
La cour de Couvin, émue par cette ferme attitude, con¬
sentit à casser sa procédure et à renvoyer Vétian devant
la justice d’Aublain, qui le condamna à l’amende et au
bannissement.
Ce ne fut cependant qu’une accalmie apparente. Au fond,
les bourgeois de Couvin n’avaient nullement renoncé à
leur antique prétention d’établir leur suprématie sur les
villages de la châtellenie.
Les archives d’Aublain nous font connaître une coutume
curieuse usitée par les parents qui, ayant sujet de redou¬
ter l’inconduite de leurs enfants, voulaient se débarrasser
de toute responsabilité civile.
Elles nous apprennent en effet que le 15 février 1550,
un certain François Baudouin, bourgeois d’Aublain, se
présenta avec son fils Remy devant la cour du lieu et là
s bouta son dit fils hors de sa marnbournie et lui bailia
® pour son pain une écuelle d’étain et une cuiller, afin
» que, s’il faisait quelque débat ou querelle, ledit François
» ne tut de rien responsable. »
En celte même année les bourgeois d’Aublain, en l’absence
de leur seigneur, firent dresser par la justice un record
établissant qu’ils tenaient Mgr. d’Isque, haut-voué de
Couvin, pour leur hautain-seigneur, déclarant qu’ils n’en
connaissaient pas d’autre.
Ce record fut probablement demandé à l’instance du haut-
voué; quoiqu'il en soit, il n’eut aucune suite sérieuse.
Philippe, comme son père, se maria deux fois. Il épousa
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1° Marguerite de Longchamp *, 2° Gillette de Carnières.
Du premier lit, il eut : 1° Frédéric, mentionné dans des
actes de 1525 et de 1550. Il fut bailli de Chimay par com¬
mission du 27 février 1542 et mourut le 5 janvier 1554.
2. Philippe, nommé dans un acte de 1550, vivant encore
en 1606, année où il fit relief du winage d’Auberive.
3. Jean qui, vivant encore en 1562, mourut avant le
30 décembre 1564, sans laisser d’enfants de son mariage
avec Jeanne d’Eve, fille de Godefroid d’Ève, seigneur de
Walzin, bailli de Beauraing et de Louise de Landas.
Après la mort de Jean de Senzeilles, Jeanne se remaria
avec Michel de Warisoulx, chevalier, lieutenant gouverneur
de Namur, capitaine et bailli de Samson. Elle mourut en
, 1601.
4. Gilles qui succéda à son père dans la seigneurie
d’Aublain 4 .
1 Le 23 mai 1532, Henri de Lougchamps, écuyer, déclare que Messire Philippe
de Senzeilles, chevalier , mari de Marguerite, fille dudit Henri de Longchamp,
a fourni hypothèque pour une rente qu’il a promise par contrat de mariage.
2 Le document qui suit nomme les quatre fils de Philippe.
In nomine domini.arnen ... Par le terme de cestuy présent public Instrument,
à tous soit chose manifeste et évidente. Corne ainsy soit que en l’an quinze cents
cinquante, du mois de febvrier le vingtz qualtriesme jour, en la présence de moy
notaire et des témoins cy dessoubs escriptset dénommés (comparut 9 ) personnel-
ment honorable et vaillant homme escuyer Frédéricq de Senzeilles, filz aisnez
de Messir Philippe de Senzeille, chevalier et vicomte d’Aublain. Lequel Frédé-
ricq, de sa bonne pnte et libre volonté, sans contrainte nulle , à la bonne foy et
sans malenghien, at promis, gréé, juré et accordé de tenir pour bons, ferme,
stable, agréable et immutable touttes et telles les convenances et traité Dou
mariage dedamoiselle Jacqueline de Senzeilles, sa sœur, faict, conclud , ordonné
et devisé comme espeuse à Mons r de Furnau. Et ce en telles sorte, substance et
manière que ses trois frères, assavoir M re Philippe, M re Gielle,,M re Jan Thomas
Senzeilles ont conjoinctement et liberallement consenty et accordé ledit mariage,
si corne il appert par le instrument du notaire fui ce faict auxquelles convenances
et traicteinentsde mariage, de reliefs et d’abondance sans nulles et quelconques
contradictions al avanchement de sadite sœur et al appaisement dudit Mons r de
Furnau, il ledit Frédéricq sy est conjoinctz descendu et accordé.
s
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248
5. Jacqueline, mariée en 1550 à Gérard, seigneur de
Fenal ouFurnau et de Petigny, mort le 18 août 1583.
Du second mariage vint :
6. Anne, veuve en 1585 de Hubert de Montjoie, seigneur
de Wasseiges, Evrehailles, Carnières, etc.
Nous ignorons la date de la mort de Philippe, mais nous
savons que, le 9 août 1559, Gilles fut admis, par résigna¬
tion de son père, à remplir les fonctions de mayeur de
Namur, que, le 26 avril 1557, il releva avec Jean, son frère
les biens délaissés par leur mère et que, le 21 décem¬
bre 1564, il fit relief de la seigneurie d’Aublain par décès
de ses père et mère et de Jean, son frère.
Au moment de ce relief, la querelle suscitée entre les
deux gendres du dernier baron de Florenne et de Pesches,
Henri de Ghoor et Jean de Glymes, était dans sa période
la plus aigüe. Ce dernier prétendait à l’héritage entier et
eût certainement déclaré nul tout hommage fait à son
beau-frère. Dans l’impossibilité de savoir de qui il devait
relever valablement sa terre d’Aublain, Gilles, qui parait
avoir été pressé de régulariser tant bien que mal sa situa¬
tion , eut recours à un expédient fort compromettant pour
lui-même : il s’adressa à la cour de Couvin , qui, dans l’acte
de relief du 30 décembre 1564, prit bravement le titre de
seigneur d’Aublain 1 et le reçut à serment.
Cette imprudence fut féconde pour lui en désagréments
et en difficultés. Les bourgeois de Couvin, qui avaient déjà
prétendu exercer les droits de suprématie sur Aublain,
du temps de Philippe de Senzeilles, s’autorisèrent de l’aveu
1 La pièce débute en ell'et comme suit : Nous, mayeur eteschevins de la haulte
cour et justice de Couvin, seigneur d*Aublain, etc. Gilles y est qualifié Viscomte
d’Aublain, seigneur du ban d'Anthée, de Mesnil Eglise, mayeur de la bonne ville
de Namur.
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de Gilles pour revenir à la charge et empiéter sur la juri¬
diction de la cour d’Aublain. En l’an 1566, deux surséants
d’Aublain, Hubert Noël et Jean Muteaux, ayant commis
nous ne savons quel crime, le bailli de Couvin intenta des
poursuites contre eux et les assigna devant la cour de
Couvin. Sur la rencharge des échevins de Liège, du
45 mars, la même cour les condamna à mort et leur exé¬
cution eut lieu par les soins du bailli.
A chaque instant les sergents de Couvin accomplissaient
des actes de leur office sur la juridiction d’Aublain, tant
et si bien que Gilles de Senzeilles s’en irrita et commença
à résister.
Ses relations avec Couvin s’envenimèrent et de gros
procès surgirent à l’horizon. C’est du moins ce que nous
autorise à croire certaine enquête dressée par la cour de
Couvin, le 26 avril 1577, sous l’impulsion du bailli et qui
mit au jour les faits suivants :
1° Qu’au temps ou Jean de Mastaing était bailli de
Couvin, les sergents du prince allèrent opérer deux saisies
successives à Aublain, sans éprouver le moindre empêche¬
ment.
2° Qu’au temps ou Mg r de Risbourg (Henri de Withem)
était haut-voué de Couvin, les mêmes sergents, accom-
gnés du mayeur d’Aublain, arrêtèrent à Aublain un per¬
sonnage appelé Henry le Besgue, et le menèrent à Couvin,
où il fut exécuté : que, peu après, ils retournèrent à Aublain,
avec le haut-voué en personne, pour contraindre les bour¬
geois du lieu à faire afficher une certaine proclamation
relative à l’écorçage des chênes, que les dits bourgeois ne
voulurent pas laisser passer.
3° Qu’au temps que Charles Chevalier était bailli de
Couvin, les dits sergents, sur son ordre, escortèrent Jean
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de Courtejoie seigneur de Grâce, lieutenant bailli, qui allait
à Aublain « présenter le feu, suivant la coutume du pays,
» en une maison d’un bourgeois d’Aublain, pour cause d’un
» homicide par icelui perpétré. »
4° Qu’au temps que Jean Pité, seigneur de Malle, était
bailli de Couvin, ils allèrent à Aublain « appréhender les
» personnes de Jean Champenois et de Hubert Noël, mal-
» faiteurs, et les ramenèrent prisonniers à Couvin, où ils
» furent exécutés. » Que plus tard ils allèrent encore
appréhender la femme de Roch de Gozée, bourgeois d’Au¬
blain , et la menèrent aux prisons de Couvin.
5° Que le haut-voué leva, à différentes reprises, plusieurs
amendes et fourfaçons sur les bourgeois d’Aublain.
6° Que du temps où Jean de Marotte, seigneur de Boussu,
était bailli de Couvin, les sergents du prince allèrent appré¬
hender à Aublain un personnage appelé Le Permentier et
le menèrent prisonnier à Couvin.
7* Enfin, que depuis que Hercules Aux-Brebis, seigneur
de Samart, était bailli de Couvin, les mêmes sergents
avaient été saisir, sans empêchement, à Aublain, des bêtes
à cornes qu’ils avaient menées à Couvin et que, tout récem¬
ment, ils avaient été appréhender au dit Aublain Barthélemy
le Charlier, Jean Quaingnet et Jean Doutremont, comme
contrevenants à certaines défenses que le feu sieur de Malle
avait fait faire en qualité de son office, pour les grains qu’on
emportait hors du pays.
Si l’on considère que la législation du pays se formait de
coutumes, c’est-à-dire, d’une série de faits établissant peu
à peu une somme de précédents qui finissait par s’imposer
et prendre un caractère légal, on comprendra l’importance
de la constatation officielle de ces divers actes de pouvoir.
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accomplis sans résistance ni protestation par les officiers
du prince à Couvin.
Mais ici la cour de Couvin et le bailli Hercules Aux-
Brebis rencontrèrent devant eux un nouvel adversaire,
beaucoup plus énergique et puissant que Gilles de Sen-
zeilles. Henri de Ghoor, après avoir gagné son procès contre
Jean de Glymes, était entré en possession de la baronnie
de Pesches et s’occupait activement de rétablir l’ordre
depuis trop longtemps troublé sur ses domaines. Intéressé
par les droits qu’il avait, au double titre de suzerain de Gilles
et de seigneur de la moitié d’Aublain, à combattre les pré¬
tentions de Couvin, il déploya dans son action une vigueur
telle que le bailli et la cour de Couvin renoncèrent à leurs
poursuites, moyennant que Ghoor leur remboursât le coût
des enquêtes, montant à dix écus, et s’engageât à porter
remède à certains abus intéressant les Couvinois.
Henri de Ghoor s’empressa d’opérer le remboursement
promis et ce fut pour accomplir l’engagement de faire dis¬
paraître les abus constatés par les enquêtes à Aublain,
qu’il édicta, de commun accord avec les bourgeois du lieu,
le règlement du 10 mars 1576, véritable charte de la com¬
mune d’Aublain *.
L’absence de toute intervention de Gilles de Senzeilles
dans ces documents importants s’explique par les déclara¬
tions du record, constatant que le droit de création de
mayeur et échevins d’Aublain, ainsi que la convocation aux
plaids généraux, appartenait exclusivement au baron de
Pesches, puis encore par la suzeraineté du dit baron sur
la vicomté de Gilles. Cette lacune doit avoir inquiété ses
successeurs, car, sur plus d’une copie, ils ont fait apparaître
1 Voir appendice.
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Gilles dans le titre du règlement, afin de sauver au moins
les apparences.
Cette situation inférieure vis-à-vis de l’énergique et actif
Henri de Ghoor, parait avoir déterminé Gilles à quitter le
château d’Aublain, bâti par son père, pour habiter celui de
Fontaine, sous Antliée, qui le mettait hors de contacts trop
fréquents avec son remuant et puissant voisin de Pesches.
Mais il n’en continua pas moins à s’arrondir en propriétés
à Aublain, comme l’avait fait son père. Les registres
d’Aublain mentionnent d’assez nombreuses acquisitions de
terres et prés faites par lui.
C'est ainsi que le 14 août 1571, il acheta de François de
Romignon, abbé de Waulsort et d’Hastière, tout ce que
l’abbaye possédait de propriétés tant à Aublain, qu’à Dailly
et Gonrieux, moyennant une rente annuelle de 24 florins,
qu’il racheta un peu plus tard pour la somme de 400 florins.
A la mort de son père, il avait payé la légitime de sa
sœur par une modique rente de 25 florins, dont Pierre de
Fena), mari de cette sœur, se déclara satisfait.
En 1570, le 28 mars, il passa avec son censier Colard
Gillet un bail qui nous fournit l’occasion de quelques ren¬
seignements intéressants.
L’objet du bail est la grande cense d’Aublain, dont mal¬
heureusement l’étendue n’est pas indiquée; sa durée est
de 9 ans, les conditions sont les suivantes :
Le censier paiera annuellement en une fois 140 11.
Brabant.
Il livrera chaque année à son seigneur 110 livres de beurre.
Il entretiendra à ses frais quatre bestes à cornes pour
son seigneur.
A sa sortie, il laissera les terres versées.
11 entretiendra les dessous-trains, paillons et justaiges
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de la dite cense. Si le seigneur fait travailler à la dite cense
pour la commodité dudit eensier, celui-ci devra charrier
toutes les terres, le sable, les pierres et bois nécessaires.
Si le seigneur fait travailler à la cense pour son parti¬
culier, ledit eensier devra faire une vingtaine de corvées
par an, soit en bois ou autres matériaux. Le eensier
devra fournir foings et estrains au seigneur pour ses che¬
vaux, si le dit seigneur vient à Aublain, de même pour
les chevaux de Madame, pourvu qu’elle reste au moins
six mois.
Il devra lever la dime que le dit seigneur tient du curé,
tant que ledit seigneur la tiendra, et sous la condition que
le eensier paiera au curé son dû. Le dit seigneur relient à
son profit le pré du marteau et le courtil, le pachis au-
delà de l’eau, nommé Hanzée, sous la condition que le
eensier sera tenu de bien renclore et aussi de charrier les
foins du prés et courtils retenus par le seigneur.
Durant le temps que le seigneur sera à Aublain, le
eensier entretiendra deux vaches pour aller aux pâturages,
comme les autres, plus une herte de 140 moutons, qu’il
nourrira au commun profit et qui seront achetés par le
seigneur.
Quand le seigneur sera à Aublain, il pourra prendre
pour son service des moutons au prix qu’ils auront été
achetés, sous condition que l’avoine, nécessaire pour en¬
graisser lesdits moutons, sera par moitié à la charge des
parties.
Le eensier sera encore tenu de charrier les bois pour le
chauffage dudit seigneur et de son épouse. Il laissera à sa
sortie les fourrages, pâturages et pastures s’il en estoit
de reste.
Par contre, ledit seigneur sera tenu de luy rabattre et
défalquer la somme de 45 florins, à vingt patards pièce,
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254
à la fin du bail, moyennant que Collard sera tenu de
les remettre au départ à ladite dame.
Enfin, le censier sera tenu de « passer douze chapons et
de les nourrir, son seigneur les lui livrera ».
Cette location en argent, nouvelle pour le pays, eut-elle
des résultats peu favorables soit pour le seigneur, soit pour
le censier? 11 faut bien le croire, car le 28 mars 1G08,
Gérard de Groesbeck, gendre et successeur de Gilles de
Senzeilles , ayant à renouveler le bail, abandonna le système
du rendage en argent et revint aux anciens errements, qui
consistaient en ce que seigneur et censier partageaient
par moitié la dépense de la culture, des ensemencements
• et la moisson.
Nous avons vu que, du vivant de son père, Gilles de
Senzeilles avait été mayeur de Namur. Il exerça ces fonctions
jusqu’en 1573, époque où il fut pourvu du gouvernement
de la ville et mairie de Bois-le-Duc *.
11 avait épousé Geneviève de Hun, sœur de Jeanne de
Hun, allié à Pierre de Senzeilles, son oncle. 11 mourut le
3 mars 1578, laissant trois filles *.
1. Anne, qui hérita des biens de son père et épousa, six
mois après le décès de ce dernier, Jean de Groesbeck,
seigneur de Hoemen.
2. Catherine, prévote d’Andenne, morte en 1609.
3. Marie, écolàlre d’Andenne, morte en 1626.
* Ce poste, fort honorable d'ailleurs , exigeait, vu le triste état des finances de
l’Espagne , qui payait fort mal ses soldats . d’assez fortes dépenses. Pour y satis-
iaire,Gilles vendit à Jean Marotte, seigneur de Boussu,deux parts de la cinquième
partie du bois des Parsonniers, dont Marotte possédait déjà plus de la moitié.
- Son corps fut enterré dans l’église d’Anthée, où se voit sa tombe avec
l’épitaphe suivante : Cy gist noble homme messire Gilles de Senzeilles, chev.
visconte d'Aublain, seigneur de Fontaine, du Ban d’Anthée, Daussois, Mon
église, etc., gouverneur de la ville et mairie de Bois-le-Duc, qui trépassa le
IIP de mars de l’an 1578, et noble dame Madame Geneviève de Hun, son
espouze, dame de Goisnée, qui trépassa...
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255
CHAPITRE III.
Jean de Groesbeck, seigneur de Hoemen, Malden et
Berke, descendait d’une aucienne famille du duché de
Gueldres. Il était fils de Jean de Groesbeck, seigneur des
mêmes lieux et, de Sophie Stommel, dame de Stockhem et
de Nieuwenhove 1 et neveu de Gérard de Groesbeck, prince
évêque de Liège, créé cardinal en 1578 par le pape
Grégoire XIII. On l’a souvent confondu à tort avec son cousin,
Jean IV e du nom, créé comte de Groesbeck et du Saint
Empire, en 1010, par l’empereur Rodolphe II et dont la
fille cadette, Maximilienne-Marguerite, apporta le comté
de Groesbeck dans la famille de Mérode par son mariage
avec Ferdinand, baron de Mérode et de Jehay. Jean,
seigneur de Hoemen, fut très-probablement élevé près de
son oncle, le prince évêque de Liège ! , et dut à sa haute
parenté l’alliance qu’il contracta, le 23 septembre 1578,
avec Anne, fille aînée de Gilles de Senzeilles et l’une des
plus riches héritières du pays de Liège.
Comme les coutumes du pays favorisaient le partage
égal des successions, on peut facilement croire que la per¬
spective de procurer à sa fille aînée une brillante alliance, ait
fortement influencé Gilles de Senzeilles dans la détermi¬
nation qu’il prit de lui laisser toute sa fortune, à peu de chose
près. Ce qui nous confirme dans cette pensée, c’est que
les contenances de mariage renferment une autre déro-
1 11 avait une sœur, Marie, qui épousa en 1572, Adlophe, seigneur de
Meerveldt.
4 Son père fut tréfoncier de Liège par résignation de son oncle en 1525.
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— ‘256 -
galion aux coutumes ordinaires, la donation par Anne de
Senzeilles à son mari de la viscomté el terre d’Aublain.
Le mariage fut célébré au château d’Aublain avec une
grande solennité , en présence de Messire Wynand de
Wyngarde, doyen de la cathédrale de Liège, des nobles
seigneurs Jean de Horion, chanoine de la dite église, et
Adrien de Rhede, grand-rnaître-d’hôtel du prince-évêque,
« expressément députés par S. A. le prince. »
Nous ne connaissons que l’apport d’Anne de Senzeilles.
Il consistait en « la viscomté d’Aublain avec toute juridic-
t tion haute , moyenne et basse, s’extendant par tous les
» chemins d’icelle viscomté. Item, la maison forte et forte-
» resse du dit lieu, environnée d’eaux, de murs et de suf-
» fisants fossez. A la dite visconté appartiennent encore
» une maison, ensemble plusieurs et diverses pièces de terre,
» viviers, prairies en notable quantité et est le dit fief de
> 1300 bonniers de bois, réduits à 18 ans de coupe, soit
» 80 bonniers par an.
» Item un bois appelé la Flasche fresche.
» Item la terre , hauteur el seigneurie de Daussois, où
» le seigneur a le droit de justicier ou rémissionner les
» délinquants, à laquelle seigneurie appartiennent 120 bon-
» niers de bois. ><
Jean de Groesbeck fit relief de la visconté d’Aublain, le
6 février 1580, en son propre nom. On ne sait, du reste,
rien d’Anne de Senzeilles, sinon qu’elle lui donna quatre
enfants et mourut à la peine, jeune encore, sans que l’on
connaisse la date de son décès.
Jean ne resta pas longtemps veuf. Il se remaria bientôt
avec une parente d’Anne, Hélène d’Yves, dame de
Francwaret, chanoinesse de Maubeuge, fille de Henri
d’Yves, chevalier, seigneur d’Yves, de Neuville et de
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257
Taviers, lieutenant-gouverneur de Namur, et de sa première
femme, Cathérine de Senzeilles, dame de S 1 . Martin-Ghoy
et de Mesnil-Église.
11 ne parait pas avoir possédé les vertus d’économie des
Senzeilles, car un de ses premiers actes de propriétaire fut
de charger la terre d’Aublain d’une rente de 40 florins, au
profit de la demoiselle Jeanne Fardin, fille de Jacques Fardin,
écuyer.
Notons cependant à sa décharge que, en 1584, il
racheta une rente de 25 florins, hypothéquée sur son
moulin d’Aublain, moyennant la cession de neuf jours de
prés sis à Dailly et provenant originellement de l’abbaye
de Waulsort.
En 1604, le 10janvier, la communauté d’Aublain, ruinée
d’exactions par la garnison de Chiinav, vendit pour 10 florins
Bb l , payés comptant « et dont on avait urgente nécessité ,
» à Lambert Rifflart, une ruelle, nommée la ruelle Lagelle,
» prendant aux Arzillières et allant jusqu’à la rivière, à
» condition que le dit Rifflart devra laisser une piésente
» pour aller les personnes à la rivière et, en cas de guerre,
> devra livrer passage pour réfugier les bestes au château. »
Ce cas de guerre était journalier. Il se réalisait parfois
d’une manière absolument imprévue. C’est ainsi qu’un
beau jour, à la fin de juin 1607, les habitants d’Aublain
furent stupéfaits et consternés de voir arriver quatre com¬
pagnies espagnoles des mutinés de Diest qui, après avoir
parcouru sans obstacles le Brabant et le comté de Namur,
vinrent prendre quartier pendant quelque temps dans la
commune et s’en allèrent de même, après avoir complète¬
ment dépouillé leurs hôtes forcés. Ce fait inoui nous est
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258
révélé par un acte de vente de la communauté d’Aublain,
en date du 3 juillet 1607, à François de Gosée, seigneur
de Macquenoise, d’une pièce d’herdal, moyennant 20florins
de Brabant « pour subvenir spécialement à l’entretenement
» de quatre compagnies espagnoles, mutinez de Diest ».
Le fondateur de la dynastie de Groesbeck à Aublain y a
laissé peu de traces de son existence. Certains faits donnent
lieu de croire qu’elle fut troublée par des dissensions de
famille.
Ainsi, le 7 décembre 1607, il figure dans les convenances
de mariage de Gérard, son second fils, avec Marie de Poitiers,
fille de feu Charles de Poitiers, seigneur de Fenfle,
Thiange, Annevoie, etc. et de Cathérine de Berlo, et lui
donne la vicomté d’Aublain, avec la seigneurie de Daussois.
Or, Charles, l’aîné, n’assiste pas à ce contrat et il n’était
pas marié. Deux ans plus tard, le 6 octobre 1609, il se
trouve à Ochain, chez sa sœur, madame d’Argenteau, et
y fait son testament, dans lequel il déclare que, étant au
moment de prendre part à la guerre de Juliers, sous le
colonel de Grazine, il veut disposer de ses biens et les
laisse à ses sœurs, Anne Géneviève (Madame d’Argenteau)
et Françoise. Pas un mot de son père Jean, ni de son frère
Gérard dans cet acte de volonté dernière, sorte d’adieu
définitif qu’il adresse à ceux qu’il aime, et après lequel il
disparait en effet.
Sa mort passe inaperçue. Plus tard, une série d’actes des
années 1617,1618 et 1620, dressés entre Jean de Groesbeck
et son fils Gérard, et par lesquels le premier abandonne
au second tantôt la terre de Hoemen , tantôt d’autres droits
ou biens, révèlent une situation difficile, embarrassée et fort
tendue.
Nous n’avons guère que l’indication de ces actes, dont
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259
le dernier, constituant une convention entre Jean et Gérard,
ratifiée par le Conseil provincial de Namur, ne se retrouve
pas dans les archives de ce corps.
Jean assista aux funérailles de l’Archiduc Albert, en
1622. Il y conduisit le cheval de Groeningue.
Il mourut le 16 août 1623. Hélène d’Yves lui survécut
jusqu’au l r mai 1631 ; tous deux furent inhumés à Franc-
waret.
Nous avons dit que Jean eût quatre enfants d’Anne de
Senzeilles :
1» Charles, dont nous venons de parler.
2° Anne Geneviève, d’abord chanoinesse d’Andenne,
puis mariée à Claude d’Argenteau, seigneur d’Avenne,
voué de Méhaigne, devenu, à la mort de son frère aîné,
seigneur d’Ochain et de Paire, premier pair de Moutaigu,
gentilhomme de l’état noble de Liège, fils de Claude, seigneur
des mêmes lieux et de Marie de Brialmont, dame d’Avenne.
Il mourut au château d’Ochain, le 7 février 1649; sa femme
le 18 octobre 1655.
3° Gérard, qui succéda à la vicomté d’Aublain.
4° Françoise, chanoinesse de Maubeuge.
Du second mariage de Jean de Groesbeck, vinrent :
5° Paul Jean, seigneur de Francwaret. tréfoncier de la
cathédrale de Liège, reçu, en 1619, abbé de Dinant, puis
grand prévôt et grand chancelier { .
1 Paul Jean de Groesbeck, grand prévôt du chapitre St. Lambert, grand chan¬
celier du prince-évêque Ferdinand de Bavière et président de sa chambre des
comptes, joua un rôle important dans sa famille, comme dans l’état de Liège.
Lors d’une iraeule à Liège, en 1648, il reçut douze coups de poignards et fut laissé
pour mort sur la place; se sentant près de trépasser, il invoqua la Sainte
Vierge et guérit miraculeusement. En reconnaissance de cette faveur insigne, il
fit bâtir, sur la neuve voie de Huy. une petite chapelle dédiée à la Sainte Vierge,
sous le vocable de Notre-Dame du Bon conseil. Cette chapelle existe encore.
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2C0
6° Hélène, chanoinesse de Nivelles le 4 octobre 1660.
7° Marie, chanoinesse de Maubeuge.
Un acte d’attestation de la cour d'Aublain, donné le
3 septembre 1627, constate que Gérard était né le l r mail585
et qu’il fut baptisé, le même jour, à Aublain, ayant pour
parrains le sieur baron de Vierves et le sieur de Bryas,
gouverneur de Mariembourg, pour marraine Madame
l’abbesse de Maubeuge, tante de sa mère.
En le mariant, son père, ainsi qu’il a été dit plus haut,
lui avait abandonné la vicomté d’Aublain et la seigneurie de
Daussois. C’est en vertu de cette cession qu’il apparaît pour
la première fois, comme seigneur d’Aublain, dans un acte
de transport du mois de septembre 1611.
Le 6 avril 1613, il fait un étrange et curieux marché. 11
achète à Aublain neuf quarterons de terre, moyennant un
cheval bai, estimé 200 florins, plus un muids et demi
d’épeautre, une fois donné, et sept inelles d’épeautre de
rente viagère au profit du vendeur.
Le 29 novembre 1621, il rachète sept florins de rente
dus sur la terre d'Aublain à Antoine Brant, seigneur de
Vichenet, mari de Catherine de Fenal, laquelle tenait celte
rente, comme légataire de Jacqueline de Senzeilles, dame
douairière de Fenal, héritière de sa sœur Jeanne, veuve
de Gérard de Waternas.
Malgré ces acquisitions, il n’habitait pas Aublain et
résidait ordinairement à Fontaine. Les relations avec son
suzerain, voisin et co-seigneur, le baron de Pesches, ne
Il testa le 23 avril 1675 et mourut dans les derniers jours de juin de la même
année.
Il institua pour héritier universel de tous ses biens son neveu Gérard Jean,
seigneur de Perwez et de Pumode, alors encore chanoine tréfoncier de Liège,
avec fédei-commis jusqu'à la cinquième génération, en laveur des entants du
second iils du comte de Groesbeck-Wcmling et fit de nombreuses largesses, tant
aux églises de Liège qu'aux communautés religieuses et à des parents pauvres.
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261
semblent pas avoir été dépourvues de froissements, qui lui
rendirent le séjour d’Aublain peu agréable. En plus d’une
circonstance, le baron de Pesches avait fait constater et
valoir ses droits avec une raideur qui ne pouvait être que
déplaisante pour le vicomte d’Aublain. Lacbasse, cet éter¬
nel engin de querelles , avait augmenté et aigri les premiers
dissentiments.
Aussi Gérard et sa femme avaient pris le parti de faire
administrer leur terre d’Aublain par un admodiateur, qui,
ainsi que nous le verrons, fut loin d’y faire sa fortune.
Leur rêve était d’acquérir, dès qu’ils le pourraient, la
partie de la seigneurie d’Aublain qui appartenait aux barons
de Pesches. Malheureusement leurs besoins étaient trop
grands pour que la réalisation de ce rêve fut prochaine.
Loin d’économiser, ils empruntaient et nous les voyons, en
1622, hypothéquer leurs biens d’une rente de 200 florins
vendue à Charles de Poitiers, frère de la vicomtesse
d’Aublain, pour 3000 florins 1 .
La même année, et probablement à la suite d’un nouveau
conflit, la baronne de Pesches, Marguerite de Joyeuse, fit
dresser par la cour d’Aublain un record de nature à être
fort déplaisant aux seigneurs de Fontaine.
En voici la reproduction :
« L’an de grâce 1622, du mois de juillet le 14 e jour, com-
» parut personnellement le seig r Pierre de Cappe, partie
» faisant et sy que commis de haulte et noble dame Mar-
» guerite de Joyeuse, dame baronne de Pesches, lequel
» requist de nous avoir ung bon, certain et juste record ou
* attestation en forme authentique et probante soubz la
» signature de notre greffier sermenté et aultrement, sy
1 En 1636, ni cette rente, ni d’autres n’avaient un commencement de paiement,
ce qui amena des poursuites qui ne furent apaisées qu’en 1055.
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262
» besoin est, touchant les droictz, haulteurs et prééminen-
» ces que les seigneurs barons de Pesches ont, et paravant
» les barons de Florines, poloient avoir en ceste haulteur,
» mairie et juridiction d’Aublain tant en droictz de haulteur,
» justice, amendes, comme en toutes aultres manières
» et façons que ce soit, le tout ainsy qu’en avons veu user
» ou avons entendu de nos prédécesseurs, requérant, pour
» le dessus plus amplement faire et attester, de vouloir
» ouvrir notre coffre et ferme de justice, pour y récupérer
» tous documens et tillres, sy aulcuns s’en retrouvoient,
» mesme d’ouïr, d’examiner aulcuns des plus anciens ma-
i nans et bourgeois, en cas de besoing, touchant le dessus,
» à quoi y condescendans et voulans à ladite dame Baronne
» et tous aultres, administrer droict et justice, en tant
» qu’est de notre pouvoir et debvoir, disons et attestons
» avoir trouvé en notre coffre de justice, premièrement:
» un certain record donné par nos prédécesseurs en office,
» en date de l'an 1576 du mois de mars le 40 e jour, du-
» quel avons ordonné à nostre greffier sermenté d’en faire
» coppie et l’authentiquer soubz sa signature. Item de nostre
» pleine science disons et attestons ceste seigneurie d’Au-
» blain appartenir en toute haulteur, juridiction, justice
» et prééminence aux Barons de Pesches (paravant Barons
» de Florennes) et viscomte d’Aublain, tel qui est à présent
» Monsieur Gérard de Groesbeck, seigneur de Fontaine-
» Château, et par portion égale et indivise, quant touche
» les dites haulteur, prééminences, cens, rentes, amendes,
» droilz seugneuriaux de vendaiges et toutes aultres parties
» casuelles appartenant à seigneurs directz, en quelz lieux
» et places que ce advienne, soit ès chemins, places pu-
» blicques, bois, aysémens, et partout ailleurs, soubz
> cette mairie, haulteur et juridiction. Mesme que toutes
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263
» enquestes, qui se font et ont esté piéça faictes se procu-
» rent et ont esté procurées, soubz l’authorité des com-
» mungs seigneurs d’Aublain, sçavoir les Barons de Pesches,
■» cy devant Florennes et viseomtes d’Aublain, voir que le
» tiltre dont usons en tous nos estatz et lettraiges est de
» court de justice des commungs seigneurs d’Aublain, du-
» quel tous nos registres, lettraiges et escriptz sont et
» ont été de touts teir.s inscrpitz et tiltrez. Bien est-il vray
» que les seigneurs viseomtes d’Aublain, tel qu’estprésen-
* tentent Monsieur Gérard de Groesbeck, seigneur de
d Fontaine Chasteau, etc., ont des cens, rentes, héritaiges,
» bois et biens particuliers et auxquels le seigneur de Pesches
» n’a part ni portion, comme estant iceulx dépendants de
t sa dite visconté ou bien d’acqueste, laquelle viscomté
» on soloit tenir en fief et relever les feux seigneur de
» Florennes, présentement des seigneurs de Pesches, de
» quoy avons trouvé dans notre coffre et ferme de justice
» certain pappier contenant le relief d’icelle et duquel avons
» donné copie signée de notre greffier.
» Est-il encore vérité que les feuz liaullz voués de Couvin
» présentement son Alteze prince de Liège ont une court
s de justice foncière en ce lieu d’Aublain, soubz un mayeur
» et quattre eschevins aultrement nommez tenants , qui ont
» cognoissance d’aulcuns fonds seignoriaux, lorsque se
» fait vendaige d’iceulx , auquel Prince appartiennent aussy
» les Bourgeoisies que doibvent les manans et bourgeois
» dudit lieu, mais que pour ce il ayt aulcune part aux
» amendes et aultres droietz de haulteur aux deux sei-
» gneurs dessus nommez, n’en avons aulcune notice ny
» connoissance. Au surplus disons avoir en notre coffre et
» ferme les réformations et règlemens touchant noz bois,
» aysémens et aultres faietz concernant l’ordre que se doit
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» tenir pour le bien commung des bourgeois dudit Aublain,
» en date de l’an 1576, le 7* jour de mars, lesquelles dites
» réformations et règlements sont esté faitz advenuz à l’or-
t donnante de vaillant et généreux seigneur, Henry de
» Ghoor, baron de Pesches, seigneur de Willart, Brouyaine,
» Andrimont et Aublain, comme porte le tiltre au chef
» d'icelles, sans qu’en tout le contexte de l’escript d’icelles,
» il soit fait mention du seigneur viscomte, ny que pour
» ce faire aullre soit intervenu qu’iceluy s r de Ghoor,
» avec la justice et bourgeois du lieu, lequel règlement
» nous avons veu garder et observer jusques à présent,
» à peiue des amendes y establies contre les contraven-
ï teurs, mais qu’icelles en tant qu’elles touchent au
» seigneur se poursuivent et lèvent par les deux seigneurs
d conjunctement et soubz leur nom commung ; et quand
» au droit de la chasse, dès sy longtems qu’avons mémoire,
» avons tousjours veu feu honorable Toussaint Robaulx,
» Bailly et recepveur de Pesche et de ce lieu d’Aublaing et
» ses domestics venir chasser partout ceste jurisdiction et
» mairie aux lièvres, perdrix, chevreux et aultres bestes
» faulves et sauvaiges, quy se trouvent aux bois et aysemens
» et partout ailleurs, sans oultre ce savoir par nous rien de
» plus déclarer. Mais, ayant ce jourd’huy examiné sur leur
» serment les personnes de Grégoire Bouchart, jadis
» eschevin de ce lieu, d’age de 84 ans, et Jacques Colbau,
» aussy bourgeois de ce lieu, en l’âge de 94 ans, iceulx nous
» ont attesté et tesmoigné avoir bonne cognoissance de feu
» Monsieur Henry de Ghoor, baron de Pesches, lequel
» aveu ses gens, domestics et suitte, ils ont veu plusieurs
» fois venir à la chasse en ceste mairie et ayséments d’Au-
» blain, tant aux perdrix, lièvres, chevreulx et aultres bestes,
» nommément ledit Colbau nous at déclaré avoir administré
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265
» du pain pour les chiens dudit seigneur et avoir veu revenir
» des ehevreux sur des chariotz à Pesches, qu’est tout ce
» que sçavons quant au présent et de quoy, soubz la cor-
» rection de noz supérieurs, avons enchargé à notre greffier
» sermenté en donner acte authentique soubz sa signature,
» ayant esté présents à ce faire, Jean de Robesies, mayeur,
» André Baudart, Martin Bertrant et Jean Martinelle, les
» aultres de noz confrères absents et hors de ce lieu, les
» an, mois et jour dessus escripts. Signé Gobert Regnier,
» greffier. »
La seule levée de ce record révèle une situation très
tendue entre les barons de Pesches et les vicomtes
d’Aublain.
Gérard de Groesbeck y fut d’autant plus sensible que la
déclaration de la cour d’Aublain le plaçait dans une sorte de
situation inférieure vis-à-vis de son co-seigneur. Il venait
d’être créé baron de son nom et cette circonstance rendait
son humiliation plus cruelle. Aussi ne l’accepta-t-il pas.
L’occasion d’affirmer son droit ne tarda pas à se présenter.
Vers la fin de 1624, le s r Gobert Regnier, greffier de la
cour d’Aublain étant venu à mourir, sa place fut demandée
par deux concurrents dont l’un , Jean Regnier, sollicita la
baronne de Pesches, tandis que l’autre, François Motuyer,
s’adressait au vicomte d'Aublain.
Chacun d’eux ayant obtenu une commission de greffier,
la cour se trouva fort en peine. Les deux rivaux se répan¬
dirent en protestations ; il fallut toute une négociation pour
déterminer Regnier à céder.
L’année suivante, un s r Bodart, échevin d’Aublain, ayant
présenté à la cour une commission de mayeur délivrée par
la baronne, Gérard, averti, nomme un autre mayeur, ce
qui motive une protestation du mayeur de Pesches repré-
S'
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sentant la baronne. Cette fois encore il l’emporta, car Bodart
retira sa commission.
Après la cession de biens faite, comme nous le verrons,
par Gérard à son fils aîné, les curateurs de ce dernier ne
négligèrent pas de sauvegarder les droits plus ou moins
réels des vicomtes d’Aublain. Le 20 mars 1630, ils nom¬
ment un mayeur à Aublain, mais cet acte a pour suite une
plainte des officiers du baron de Pesches aux échevins de
Liège. Le litige était encore pendant, quand le baron de
Pesches prétendit nommer et installer un mayeur de sa
façon à Aublain.
La protestation énergique du facteur des Groesbeck
empêcha la cour d’admettre ce mayeur au serment, et l’in¬
cident alla se joindre au fond du litige déjà porté devant
les échevins de Liège.
La décision des échevins de Liège ne nous est pas connue ;
mais on peut croire qu’elle ne fut pas défavorable aux
Groesbeck, car le 2 novembre 1644, Philippe Lorain fut
établi greffier de la cour des communs seigneurs par Jean
baron de Groesbeck et vicomte d’Aublain.
L’année 1624 fut des plus désastreuses pour la châtellenie.
Un capitaine de cavalerie espagnole, Don Diego de Luna,
était venu loger sa compagnie àNismes, d’où il faisait
rayonner ses cavaliers sur les villages des environs. Pour
faire comprendre à quel point les habitants étaient pressu-
rés,nous donnons les déclarations faites par les bourgmestres
deNismes, de Dailly et de Dourbes. Elles sont d’une rare
éloquence dans leur simplicité et se peuvent passer de
commentaires.
« Déclaration faite par Gaspard Le Lorrain et Godefroid
» Bourlard , bourgmestre d’Aublain, de la Despense extra-
> ordinaire faite par les soldats estant audit Aublain.
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267
» 1* Le capitaine de la compagnie logée à Nismes a fait
» donner pour ung soldat n’estant audit Aublain, qu’il ap-
» pelait place morte, quarante patards monnoye du Roy
» par jour et ce pour quinze jours entiers, ce qui fait pour
» ces quinze jours en monnoye de ce pays .... 79 fl. 4 p.
» Item. Comme le capitaine avait retiré deux soldats hors
» de Aublain et fait aller à Nismes auprès de luy, dist
» qu’ils étaient pour sa garde : il fit donner pour la nourri-
» ture pour ung, cinq réaile par jour et ce pour quinze
» jours entiers, quy font en tout.... 75 fl.
» Item ayant fait rester à Aublain ung caporal, soubs
» titre officier, at ordonné, oultre ses despensde bouche,
» de luy donner ung pot de vin par jour, pour dix-neuf
» jours.... 77 11. 16 p.
» Item, comme il y at ung soldat qui n’a pas de cheval,
» le capitaine néantmoins at voulu la nourriture que feroit
» le cheval s’il y estoit, ce qui fait par jour deux réalles.
» Sans compter, ni comprendre les despensde bouches
» et de leurs chevaux faites par les soldats logés à Aublain,
» quy sont grands et importants sy avons, à la requeste
» des prénomés Bourgmestres, et suivant leur attestation
* de serment pour ce presté, ordonné à notre greffier de
» signer.
» Déclaration faite par Philippe Baudart et Laurent
» Giloteau , Bourgmestres de Dailly , de la Despense exlra-
* ordinaire faite par les soldats estant à Dailly.
» Le capitaine estant logé à Nismes se fait donner pour
» ung soldat n’estant à Dailly trengte patards par jour,
» disant l’avoir payé pour 14 jours.... xxi fl.
» Item, comme il y avait l’ung des soldats, estant logé
» eu ce lieu, quy avoit pris ung cheval au seigneur de
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268
» Biémerée, et estant iceluy recognu et repris, on at esté
» constraint de donner trois patagons.
» Item, le caporal estant en ce lieu de Daillv soubs
» ombre d’estre officier, les at constraint de luy donner
» oultre ses despens.... x fl. xv p.
» Plus corne il y at un soldat lequel n’at point de cheval
» il se fait payer par jour pour la nourriture.... xv p.
» Déclaration faite par Hubert et Jean Sanlonier, bourg-
» mestres de Nismes, le 15 janvier 1624, de la Despense
» faite par Don Diego de Luna et sa suite avec ses soldats
» logés à Nismes.
•» Ont payé pour vin au pardessus des vivres qu’il at
» convenu fournir à grandissimes frais.... I e V R xiv p.
» Item pour six places qu’il demande lui payer.. I e xvm,
[R xvm p.
» Et voyant les despenses si exhorbitantes, on at traité
» avecq ledit capitaine seulement pour sa suite, et luy
> donné par jour 5 patagons, surquoy il a reçu trente-deux.
[xxxii p.
» Adjoustant au surplus que comme il y at 6 soldats
» entretenus par le villaige, l’ung se fait donner argent
» par dessus la nourriture, aultres n’ayant point de cheval
» se fait donner par jour 12 pat. et autres oppressions
» qui seroient trop prolixes à rédiger.
» Déclaration de l’Estat du règlement des Espagnols logez
* au village de Dourbe, Le Mont et Vaux depuis le 10*
» de décembre de Van 1623 qu’ils y sont venus.
» Est-il que l’ordre donné par le seigneur bailly de
» Pesches estait de douze et ne sont arrivés qu’à six avec
» six chevaux, contribution journalière pour les six autres.
» Au dessus de la nourriture d’eux et de leurs chevaux,
» leur ont les bourgeois et habitants dudit village contribué
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— ‘269 -
» en somme jusqu’à ce jour, 9 janvier 1624, trois cent,
> trente-trois florins, 13 pat.
» La cornette d’entre eux, ayant demandé trois bourgeois,
» un à une fois et à aultres fois, les at détenus en sa
> chambre pour les constraindre à luy donner de l’argent.
» Fait et passé le 9 de Janvier 1624, présentie mayeur
» du Mont, Nicolas d’Engin, Antoine d'Engin, Evrard de
» Cossoul, Jacques Toussaint, Arnould Gérard, eschevins
> et aultres bourgeois de la part de leurs envoyés par les
» maveurs Nicolas Jacqmar eschevins bourgeois, Nicolas
» Maillard et aultres ».
Quoi d’étonnant que les mœurs des habitants se ressen¬
tissent de ces scènes de violences quotidiennes.
Au commencement de septembre 1624, deux beaux-
frères, Jean Cogneau et Godefroid de Robechies, fils du
mayeur des communs seigneurs, se prirent de querelle.
Cogneau, maltraité , jeta une grosse pierre à la tête de son
adversaire et le blessa grièvement, au point que la famille
de celui-ci le fit transporter à Nismes, afin de le confier
aux soins de M e André Martin, chirurgien du lieu. Le cas
devenant « vilain », Cogneau prit peur ; il se hâta de faire
accomodement avec la victime et s’engagea à lui céder une
part de maison.
Peu après, le dimanche de Lœtare, Frédérik Clochereux,
bourgeois notable d’Aublain, eut quelque différent avec
Servais de Biesmes, autre bourgeois, qui, à bout d’argu¬
ments, lui lança des pierres, sans toutefois l’atteindre. Le
soir, vers minuit, comme le dit Clochereux s’en retournait
chez lui, il fit rencontre de Servais accompagné de Jean
Bertrand. A la vue de son aggresseur, Clochereux, qui était
probablement échauffé par l’abus de la cervoise, dégaina
sou épée et courut sus à Servais. Ce dernier essaya vaine-
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270
ment de faire tomber l’arme de Clochereux en frappant son
adversaire d’un coup de bâton sur la main, il eut le corps
traversé de part en part, tant l’attaque avait été violente, et
il mourut le lendemain, en pardonnant à son meurtrier.
Le 12, Clochereux tremblant de se voir poursuivre par
la justice, alla faire enregistrer sa confession par un notaire
et « demanda merci ».
Le parents du mort se montrèrent d’assez bonne compo¬
sition. Le 13, eut lieu par devant la justice et en présence du
curé et d’Herman de Mettecoven, admodiateur de la terre
d’Aublain, un accomodement en vertu duquel le père de
Clochereux s’engagea à céder à la famille de Servais une
rente de cinq florins, rédimable par 75 florins, plus à payer
20 florins, tant pour les obsèques que pour faire prier pour
le repos de l’àme de Servais. De son côté la famille se
déclara satisfaite pour ce qui la concernait, laissant intacts
les droits de la justice.
En même temps que les mœurs devenaient plus rudes ,
l’industrie tombait dans la gène et l’admodiateur de Gérard
de Groesbeok se ruinait. C’est ce qui ressort des faits
suivants :
Le 22 octobre 1625, les bourgmestres d’Aublain firent
saisir les approvisionnements et les produits que le sieur
Benoit Poschet avait à la forge d’Aublain, jusqu’à satisfac¬
tion de 435 florins qu’il devait pour 150 cordes de bois
achetées par lui.
L’année suivante, autre saisie par Herman de Mettecoven ,
à cause de 100 florins dûs pour le loyer annuel de la
forge.
Herman de Mettecoven, à son tour, n’était guère moins
dans l’embarras. Son admodiation le mettait en perte et,
le 23 avril 1626, il se présentait devant la cour d’Aublain,
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afin d’en obtenir une sorte de record, constatant la fâcheuse
situation de ses affaires et sa bonne volonté de liquider
honorablement avec le seig r viscomte d’Aublain.
Ces sortes de documents sont trop rares et trop carac¬
téristiques de l’époque pour que nous hésitions à citer
celui de Herman de Mettecoven. Le voici:
< Le 23 e jour d’avril 1626, par devant la court et justice
» des communs seigneurs d’Aublain, comparut damoiseau
» Herman de Mettecoven , admodiateur de la terre et vis-
» comté d’Aublain et en icelle qualité at remonstré que, par
» son contract d’admodiation, il povoit prendre sa repentise
* de tenir ou laisser sadite admodiation, au devant des
» trois premières années qui s’escouleront au may prochain,
» au jour St. Jean-Baptiste, en suivant selon qu’il a venu
» et entré en sa résidence, et, comme le remontrant, oul-
» tre ses debvoirs, ne treuve rien pouvoir proffitter (c’est la)
» cause qu’il (pour laquelle il) at esté divers fois au lieu
» de Fontaine, pour parler et pourparler avecq Mgr. le
» baron de Groesbeck, viscomte dudit Aublain, à effect de
i continuer ou de laisser son dit contract comme achevés.
» Et ne l’ayant treuvé audit Fontaine , at esté meu d’aller
» expressément (le) trouvera Liège, et ayant eu devises
» et communication par ensemble sur (le point de savoir)
» sy le dit s r baron de Groesbeck voldroit modérer le
» rendage de la dite admodiation et en faire nouveau con-
» tract de continuation. Et ayant le dit Mettecoven obtenu
» (comme disoit) responce favorable , ce pourquoy et affin
» de s'obliger à la maintenue ultérieure du contract de sa
» dite admodiation at desclaré et (il) déclare par ceste s’en
» désister avant son temps escheu et par conséquent con-
» sentant et accordant au dit s r baron et viscomte de faire
» de sa dite terre et seigneurie au dit Aublain et des reve-
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272
» nus son bon et singulier plaisir et proffiot. Il at espoir
» toutlefois que le dit s r baron ne luy voldra déssyer terme
» compectent pour faire proffit des bestiaux que le dit
» s r de Mettecoven at au dit Aublain, comme pour compter
» et descompter, voire liquider par ensemble, qu’il offre
» faire à la première opportunité. Or comme le devandit
» remontrant est pressé de partir demain à la liaste pour
» St. Trond ou Liège pour affaires preignantes et qu’il n’at
» peu s’en excuser ny différer, et d’aultant que sur propoz
» et devises qu’il at eu et tenus en Liège avec Madame la
» baronne de Groesbeck, sur ce qu’il avoit requis qu’à son
» retour à Fontaine il en puisse être adverty, affin que sa
» femme l’allast trouver pour comptes et décomptes et
» liquider, sur quoy la dite dame baronne avoit respondu
» n’estre besoing de prendre ceste paine, que Mgr. le baron
» viendroit à Aublain et qu’alors il luy diroit ce qu’il avoit à
j> lui dire. Et doubtant par le dit remonstrant qu’en son
» absence ledit s r Baron se poldroit transporter au dit
» Aublain, ieeluy remonstrant supplie par la pfite le dit
» s r Baron, sy sa commodité autrement le permet, de dif-
» férer le tout jusques à son retour de S 1 Trond ou de
» Liège, quy se raie plus brief que faire se poldra, et comme
» ledit remonstrant présume et appersoit que le s r Baron
» et Madame sa compagne ne prennant de bonne parte sa
» semonce à eulx donnée, selon que leur samble, au tard,
» icelluy remonstrant offre et présente, pour ne leur don-
» ner occasion de mescontenternent, de continuer encore
» ung an entier seulement le contractd’admodiation que pour
» par le dit s r Baron se pourveoir d’aullre ou donq de
» nouveau s’accorder et prendre tel regard d’ung costé et
» d’aultre qu’il appartiendrai, n’entendant faire par cest
» aucun préjudice audit s r Baron, laquelle remonstrance
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273
» et déclaration ledit s r administrateur en at requis acte
» pour l’envoyer audit s r Haron au lieu de Fontaine, cas
» de besoing. »
Les archives d’Aublain ne contiennent rien qui puisse
nous faire connaître le résultat de la démarche assez étrange
d’Herman de Mettecoven. Le vicomte d’Aublain avait beau¬
coup de souris plus graves et son élévation à la dignité de
baron du S l .-Empii e n’avait apporté qu'une faible consola¬
tion à ses chagrins. La santé de sa femme déclinait sensi¬
blement et il ne recevait d’ailleurs que de tristes nouvelles
d’Aublain.
En effet, le séjour prolongé des soldats espagnols dans
le pays y devenait de plus en plus écrasant pour les com¬
munautés chargées de leurs logements et de leur entretien.
Nombre de bourgeois, absolument épuisés, n’étaient plus
en état de payer leurs quotes-parts de ces charges, d’autres
avaient tout abandonné pour aller se faire enrôler soit à
Mariembourg, soit à Philippeville ; plusieurs familles ne
pouvaient plus vivre que de la mendicité de leurs enfants.
Dans cette extrémité, la communauté d’Aaublain ne vit plus
d’autre ressource que dans la vente extraordinaire de
quelques coupes de bois et envoya demander l’autorisation
nécessaire au baron de Groesbeck, au château de Fontaine.
Mais ce seigneur était absent et, pour comble de malheur,
Herman de Mettecoven était lui aussi en voyage. Or les
soldats réclamaient avec insolence et menaces ce qu’ils pré¬
tendaient leur être dû et, pressée par l’urgence, la com¬
munauté se disposait à passer outre, quand Mettecoven
revint et approuva la mesure *. Elle dépêcha aussitôt aux
1 Cette approbation, donnée le 18 janvier 1626, fut très mal vue du baron de
Groesbeck, qui avait déjà sur le cœur un autre fait plus grave. Peu de temps
35
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-274
différents maîtres de forges pour oflrir ses bois, ou tout au
moins trouver de l’argent à intérêt sur le corps des bour¬
geois. Ses démarches furent infructueuses. Elle se résigna
à une adjudication publique, où parut un seul amateur, le
sieur Florent Poschet, qui acheta 200 cordes de bois à
52 patards la corde, argent franc, outre les droits de la
cour et deux patagons de vin.
Sur ces entrefaites, la baronne de Groesbeck, qui avait été
demander aux eaux de Spa une guérison que les médecins
ne pouvaient lui donner, se trouva plus malade. Le 13juillet
1626, de concert avec son mari, elle fit appeler le curé et
un notaire et, en présence d’Ernest de Billehé, chanoine
de Liège, de Jean Godart, chanoine gradué de la cathédrale
de Namur, de Bernard Candidus, avocat à Liège et de
Charles Ogier, son médecin, elle fit un testament conjonctif
avec son mari.
Par celte pièce, après avoir élu leur sépulture dans l’église
d’Anthée, auprès de leurs devanciers, les deux époux
prirent les dispositions suivantes :
IlslaissèrentàJean,leurfils aîné, les seigneuries d’Anthée,
de Fontaine, la cense de Gochenée et la visconté d’Aublain.
Le paragraphe relatif à ce dernier legs révèle clairement les
visées et les espérances que nous avons déjà signalées chez
les testateurs. Le voici :
« Laissent encore au dit Jean, leur aîné fils, la visconté
» et seigneurie d’Aublain... ensemble ce que le dernier
auparavant, en effet, le 30 novembre 1625, Mettecoven avait autorisé la com¬
munauté d’Aublain à aliéner une partie de ses bois, aün d’assister les manants
d’illecq à payer leur contingent des tailles exigées par les soldats en garnison à
Aublain. La vente fut empêchée, l’admodiateur ayant dépassé la limite de ses
pouvoirs ; mais l’adjudication des coupes, conséquence forcée de l’opposition du
baron à l’aliénation de certaines parties du fond , fut jugée régulière.
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175
» vivant acquerra de madame la comtesse de Grandpré,
» baronne de Pesches et de M. le comte de Grandpré, son
» mari, pour l’augmentation du visconté, at fin que,
» audit Aublain, il n’y ait qu’un seigneur, arrivant que ladite
» dame comtesse et son dit mari le veuillent vendre à piix
» juste et raisonnable. »
Après avoir légué à François Charles, leur second fils, la
seigneurie de Purnode, héritage de M. de Brus, leur oncle,
ils stipulèrent que « quant aux seigneuries de Hoemen,
» Malden, Beecke et autres biens qu’ils avaient aux Pays-
» Bas.... de quelle nature ils soient, le dernier survivant
» les devrait vendre, de l'avis des exécuteurs testamentaires,
» lorsqu’ils le trouveront être le plus convenable, pour le
» meilleur profit. Entendu toutefois que hors desdits biens
» ou rentes à acquérir du résidu, leur aisné filz Jean aura
» un tiers, Gérard leur dernier fils un second tiers et leurs
» quatre filles le dernier tiers, à répartir entr’elles égale-
> ment >
Ils choisirent pour exécuteurs testamentaires Paul Jean,
baron de Groesbeck, seigneur de Franc Waret, chanoine
de la cathédrale de Liège, abbé de Dinant, frère du testa¬
teur; Denis de Poictiers, s r de FenlTe et des Abyes, gou¬
verneur du château et souveraineté de Bouillon, frère de
la testatrice, et Adrien Conrad de Bourgogne, s r de Bredam,
chanoine de la cathédrale de Liège, grand Pénitencier de
S. A. et Prévost de Notre Dame de Maestricht. Madame
de Groesbeck mourut peu après ce testament.
Sa mort amena dans la fortune du ménage un effondre¬
ment, qui ne pouvait avoir rien d’imprévu. Le train de
maison était très considérable, l’administration des biens
sans ordre, la dépense sans règle. Les rentes n’étaient
pas payées; on ne se soutenait qu’à force d’emprunts faits
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276
de toutes mains et, partout où l’on vivait, à Liège, Aublain,
Namur, Fontaine, Maubeuge, Mons, la présence du baron
et de la baronne de Groesbeck pouvait se constater à la
traînée des dettes laissées chez les fournisseurs. 11 serait
cependant injuste de taxer Gérard de Groesbeck et sa
femme d’un excès de prodigalité. La gène était alors une
situation très commune chez la généralité des grands sei¬
gneurs. A cette époque, en effet, la possession d'une
grande fortune territoriale entraînait des charges énormes,
successivement créées par plusieurs générations, soit pour la
légitime des cadets ou des filles, soit à l’occasion de services
funèbres que les coutumes du temps rendaient très onéreux,
soit pour suppléer au défaut de payement des traitements
attachés aux services militaires. De plus, tandis que les
rentes dues se devaient payer en argent et à échéances
fixes, et qu’elles ne variaient pas avec les prospérités ou les
malheurs du temps , les revenus se recueillaient avec plus
ou moins d’exactitude. Ils diminuaient, disparaissaient
même, à la suite de guerres, d’incendies, de calamités; ils
passaient par une foule de mains qui toutes en retenaient
quelque chose. Le propriétaire était-il à l’armée, à la Cour,
aux États, des dépenses considérables, quelquefois énormes,
lui incombaient, selon sa position. Il y devait pourvoir
lui-même et faire des avances qui, dans les cas les plus
heureux, lui rentraient toujours avec une lenteur ruineuse.
Dans l’histoire de la baronnie de Pesches, nous avons eu
occasion de raconter comment la terre de Pesches, l’une
des plus considérables du pays de Liège, se trouva un beau
jour écrasée de rentes qui dépassaient son revenu. Nous
allons donner tout à l’heure un nouvel exemple de ce
phénomène moins rare qu’on ne peut le croire.
Il ne faut donc pas tirer de conclusion fâcheuse absolue
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277
contre la mémoire de Gérard de Groesbeck et de Marie de
Poitiers, du triste état de l’héritage qu’ils laissèrent à leurs
enfants ; mais il explique les stipulations de leur testament
et les incidents qui suivirent le décès de madame de
Groesbeck.
Né au plus tôt en 1608, Jean, le fils ainé de Gérard,
n’était par majeur quant il perdit sa mère. Cependant il
était déjà lancé dans le monde et son père l’avait même
envoyé à Paris, avec la très forte somme de 500 patagons,
pour se produire à la Cour de France. Il parait néanmoins
que le père et le fils ne vécurent pas en bonne intelligence
et que « des différents s’étaient esmeus » entr’eux, causés
tant par le désordre des affaires du baron que par les velléités
prononcées qu’il témoignait de se remarier. La situation
devenant aigue, la famille intervint. La comtesse de Belgio-
joso, sœur de la feue baronne de Groesbeck, mit un grand
zèle à amener un rapprochement entre le père et le fils.
Elle trouva un concours très actif pour cette bonne œuvre
chez les tuteurs légitimes de Jean, Jean de Groesbeck,
chanoine de S 1 .-Lambert, et Denys de Poitiers, gouver¬
neur de Bouillon.
Un premier arrangement fut pris le 26 août 1628 et ratifié
le 16 janvier 1629, par lequel Gérard abandonna à son fils
les seigneuries de Hoemen, Malden et Berck.
Enfin, après diverses conférences et communications
* par l’entremise de leurs bons amys » et dans une réunion
finale, qui eut lieu le 14 mars 1630, en l’hôtel de la con-
tesse de Belgiojoso , sur les cloitres de S^-Pau^eii Liège,
les parties souscrivirent un acte dé transaction, qui fut
enregistré, le 5 mars 1631, au souverain baillage de Namur.
En voici les clauses :
1° Gérard confirme sa précédente renonciation aux
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278
seigneuries de Hoemen, Malden et Berck, en faveur de
son fils.
2° II renonce, en outre, « purement et absolument
* tant aux seigneuries et biens de Fontaine et visconté
» d’Aublain et Guuhenée qu’à tous droits et actions qu’il a
» aux seigneuries de Neuhoven , Otochum et à tous biens,
» cens, rentes etc., soit en propriété, soit en usufruit,
» en efiets ou espérances, à quelque titre que ce fut,
* présent, passé ou à venir, soit en vertu du testament de
» feue madame sa femme, auquel quant et quant il renonce
» qu’à tous autres provenant de ses feux père et mère et
» autres parents ou prédécesseurs quelconques, direc-
v tement ou collatéralement... tant en pays de Clèves,
» Juliers, Coloigne et autres provinces des Pays-Bas qu’en
» Pays de Liège, Raynaut, etc., etc. »
3° 11 renonce à tous chirographes, contreleltres, subsides,
et autres obligations personnelles et réelles que peut lui
avoir donnée son dit fils... « pour l’effet desquelles renun-
» ciations il consent que dez à cette heure, le dit visconté,
» son fils, avec ses dits oncles et curateurs puisse vendre
» et aliéner les dits biens ou telle part qui sera nécessaire
» pour fournir aux clauses, réserves et conditions faites
» par le dit seigneur de Hoemen, père.
Ces conditions sont :
» 1 u Que, hors les premieis deniers qui procéderont de
» la dite vente et avant tout, soient comptez au dit seigneur
» de Hoemen la somme de quarante-neuf mille florins
» Brabant avec l’intérêt qui court dès ce jourd’hui jusqu’au
» jour de la numération à faire, au denier seize.
» 2° Que le dit sieur visconté, son fils, avec ses curateurs,
» prendront à sov, » toutes ses dettes et obligations, dont
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279
l’état est annexé à l’acte, à l’entière décharge du seigneur
de Hoemen.
» 3° Que le dit visconte, son fils, prendra à sa charge
» d’entretenir, doter et donner la légitime, compétente au
» dire des tuteurs et plus proches parents, aux autres
» enfants du dit seigneur de Hoemen, sœurs et frères
» germains du dit sieur visconte... »
» 4° Que, bien que le dit visconte puisse vendre les biens
» comme est dit ci-dessus, toutefois il ne pourra en rendre
» la vesture ou livrer la possession, qui restera au dit
» seigneur de Hoemen, (sans qu’il puisse toucher aux bois
» ou aux revenus des dits biens), jusqu’à ce que le paye-
» ment des quarante neuf mille florins et de leurs intérêts
» ait été complètement effectué.
5° Que le dit seigneur de Hoemen devra encore perce¬
voir sur les grains produits par les dits biens quarante muids
d’épautre et trente muids d’avoine
6° Que le dit sieur visconte remboursera au dit seigneur
de Hoemen trois cents patagons, sur cinq cents que le dit
seigneur de Hoemen lui a avancés pour aller à Paris et que,
moyennant ce payement promptement fait, le seigneur de
Hoemen le tient quitte des deux cents autres patagons.
7° Que le dit seigneur de Hoemen se réserve et retient
tous bestiaux et tous meubles généralement quelconques.
8° Que le dit seigneur de Hoemen sera obligé de rem¬
ployer, incontinent après leur payement, les dits quarante
neuf mille florins « en achat de quelque terre, héritage,
» ou rente, lesquels , en cas qu’il vienne à soy remarier
> et avoir hoir parvenant à parfait âge de quinze ans, suivront
» à ses dits enfants seconds , après la mort de luy et de la
» dame qu’il prendra. »
* 9° En cas qu’il ne se remarie pas ou que, se remariant, il
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> n’aye hoir tel que dessus, il luy sera libre de disposer au
» profict de sa dite dame ou de quy bon luy semblera de la
» valeur de cinq cent florins brabant de rente rédimible
» au denier seize et de doter encore sa femme , en usufruit,
o de ce qu’il trouvera convenir , et ce qui restera au-dessus
» des dits cinq cents florins, il sera en sa faculté d’en dis-
» poser au profit de ses enfants, de quy il aimera le mieux,
» et n’en disposant pas spécialement au mqurant intestat,
» iceux suivront à tous ses enfants également. »
» 10° Que si le dit seigneur de Hoemen soy trouvait en
» quelque nécessité, il pourra, à proportion, aliéner les
» dits biens, comme bon luy semblera. »
Finalement que les dits quarante neuf mille florins seront
payés au seigneur de Hoemen avant le jour de St. Remy
prochain (l r octobre), sous peine de nullité du présent acte
et des renonciations qui l’ont précédé.
Il est aisé de s’apercevoir, en lisant entre les lignes de
ce contrat, que Gérard de Groesbeck le subissait contraint
et forcé, et que la lutte entre le père prodigue et le fils pré¬
voyant avait été acerbe. Les stipulations faites en faveur de
la seconde femme éventuelle du seigneur de Hoemen ouvrent
un champ assez vaste aux hypothèses des esprits curieux
qui, dans les effets, veulent chercher les causes. Gomme
nous faisons de l’histoire et non du roman, nous nous garde¬
rons d’aborder ce champ périlleux.
D’ailleurs notre attention est absorbée par l’état des dettes
du baron Gérard de Groesbeck, état annexé au contrat que
nous venons d’analyser et constituant une étonnante et
monumentale mosaïque.
Le total des rentes dues pour emprunts se monte à
6,082 florins, somme fort considérable pour le temps et qui
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281
suppose une charge en capital de plus de cent mille florins,
fournis par une trentaine de créanciers divers.
La plus grande partie de ces rentes sont au denier seize,
ce qui était lourd pour emprunter, trop lourd évidemment
puisqu’il négligeait de payer.
Quant aux dettes personnelles, comptes en souffrance de
fournisseurs, traitements de gardes, honoraires d’avocats,
notes d’auberges, elles se montent à la somme énorme de
40,000 florins, et nous sommes obligés de convenir que ce
chiffre effrayant explique suffisamment et les plaintes du fils
aîné de Gérard et les précautions prises par la famille pour
ne plus laisser au seign r . d’Hoemen l’administration de sa
fortune.
Il n’y a pas moins de 90 créanciers de petites sommes,
depuis deux florins, jusqu’à 2,000 florins.
Le plus gros est le sieur Polchet, maître de forges, à
Chimay, le seigneur de Hoemen lui doit 4,000 florins pour
fers livrés. A quoi bon cette provision de fer? Ne serait-ce
pas un emprunt déguisé? Nous en avons eu des exemples.
Puis viennent les marchands de draps de soie. Un seul en
a fourni pour plus de 2,000 florins, trois autres respective¬
ment pour 4G1 florins, 350 et 154. Le premier est de Mons,
qu’habite aussi un orfèvre créancier de 213 florins. C’est dans
cette ville, faut-il croire, que Gérard a déployé le plus de
luxe. 11 a un cordonnier à Bruxelles, un cordonnier anglais
à Liège, et leur doit à chacun 20 florins. Le compte non payé
de l’apothicaire de Liège monte à 350 florins, ce qui donne
lieu de supposer que la famille a laissé beaucoup à désirer,
au point de vue de la santé. Nous ne pouvons distinguer
le médecin dans l’interminable liste des créanciers, mais
nous constatons qu’il est dû à l’épicier de Liège plus de
150fl., à l’hôtel du Mouton blanc, à Liège, 32 fl. et à celui
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du Ravet, aussi à Liège 117 fl., ce qui pourrait bien n’être
pas sans rapport avec les dépenses faites chez l’apothicaire.
Enfin, il y a les dettes criardes, de 2, 4, 6 et 7 florins qui
révèlent, par leur nombre, une négligence et un laisser-
aller lamentables, celles entr’autres faites chez les bouchers
d’Anthée et de Givet, les emprunts piteux aux curés du
pays, etc.
Depuis cet appointement, on n’entend plus parler
de Gérard. Le nobiliaire des Pays-Bas est très sobre sur
son compte et ne lui donne d’autre femme que Marie de
Poitiers. Très probablement il mourut peu de temps après
l’année 1630.
Marie de Poitiers lui avait donné sept enfants, dont nous
ne connaissons que quatre :
1° Jean, vicomte d’Aublain.
2° François Charles, qui fut lieutenant-colonel de cava¬
lerie.
3° Marie Begge, qui fut chanoinesse de Nivelles.
4° Gérard, seigneur de Hoemen, colonel d’un régiment
de mille cuirassiers.
Ce dernier mérite une mention spéciale et le lecteur sérieux
nous pardonnera de saisir au vol l’occasion d’égayer l’ari¬
dité du principal objet de ce travail, par quelques épisodes,
d’ailleurs profondément caractéristiques des mœurs et des
habitudes de l’époque.D’autre part, ce Gérard, fils de Gérard,
a été trop souvent confondu avec son père, voire avec son
frère , Gérard-Jean, pour que nous ne dégagions pas sa
très-intéressante personnalité.
Il avait passé sa jeunesse dans les camps et s’était suffi¬
samment distingué par ses actions d’éclat pour devenir,
vers 1630, colonel d’un régiment de mille cuirassiers. Nous
le trouvons, en 1633, marié avec Marguerite de Waha-
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Baillonville et menant grand train à Namur, en concurrence
amicale avec son cousin, Ernest de Groesbeck, seigneur
d’Estaignières et de Lavaulx S le . Anne, aussi prodigue que
lui.
Le 2 février, il. traitait à dîner quelque compagnie en
laquelle étaient le Procureur-général du conseil provincial,
le seigneur de Marbais, mayeur de Namur, et ses sœurs,
mesdemoiselles Jeanne, Anne et Eruestine, Jean de Charlet,
seigneur de Pontillas, Jean Son, pensionnaire des États,
Charles de Souliav, seigneur de Rosée etdeLesves, le
seig r . de Royers, capitaine au régiment du marquis de Léde,
et autres personnages.
Pendant le repas, la conversation fut fort animée du côté
où siégeait la jeunesse. Il y était grandement question d’une
demoiselle Sicheron, demoiselle de la baronne de Vierves.
d’une grande beauté accompagnée d’infiniment d’esprit,
et fort en vogue dans la haute société namuroise.
Mademoiselle Jeanne de Marbais, racontait « que le
» dimanche précédent, étant à la messe aux Cordeliers, avec
» ses sœurs, étaient illecq survenus M. de Maisières, lieu-
* tenant-colonel du régiment de Léde, avec M. de Royers,
» Charles de Souhav, seigneur de Rosée et Gilles d’Aquin,
» gentilhomme, servant comme simple soldat au même
» régiment de Léde. La messe finie, ces quatre messieurs
» accompagnèrent les demoiselles de Marbais à leur logis.
» Là le capitaine de Royers commença à dire que d’Aquin
» avait appelé la Sicheron carogne et jeté au feu une
» sienne faveur, en disant que s’il eut tenu la personne
» même de Sicheron, il l’eût jetée au feu. Sur ce propos,
» d’Aquin s’écria : ho ! ho ! je n’ai rien dit de pareil, mais
» poussé à bout, il convint de tout.
> M. de Rosée, continua l’aimable narratrice, n’a rien
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284
» dit, il s’est contenté de sourire. Mais il est parti
» presqu’aussitôt et a été conter à sa sœur Jacobine ce
» qu’il venait d’entendre. Jacobine n’a eu rien de plus
» pressé que de courir chez la Sicheron. Elle y a trouvé
» précisément d’Aquin, plus enflammé que jamais, et a
» dit à la Sicheron : Mademoiselle, il ne faut pas vous fier
» à semblable serviteur ; il vous a traitée de carogne et a
» brûlé vos faveurs. Là dessus d’Aquin s’est répandu en
» protestations, mais Jacobine m’a dit qu’il avait l’air fort
» embarrassé.
» Sicheron, interrompit Anne de Marbais, a néanmoins
* cru aux protestations de d’Aquin et a fini par croire que
» le propos était de M. de Rosée. Je n’ai pu m’empêcher
d de lui dire que je ne comprenais pas qu’elle fit tant d’état
» d’un homme qui la traitait de carogne. »
Pendant ce petit commérage, Rosée, très flatté de se
voir le héros de l’entretien des jeunes filles, s’épanouissait
d’aise et affectait une mine quelque peu dédaigneuse.
Mis en demeure de s’expliquer sur le bruit qui courait
d’une provocation de d’Aquin, il tira un papier de sa
poche et tout en le dépliant lentement, répondit :
« A quoi bon s’occuper d’un visionnaire que je ne con-
» nais pas ? Mais puisque l’aventure vous intéresse, je
» n’éprouve aucune difficulté à vous dire que, ce matin, le
» lieutenant-colonel de Maizières est venu en mon logis et
» m’a conté que Sicheron avait obligé d’Aquin à m’ap-
» peler, lui disant ces mots : Vous ne devez jamais mettre
» les pieds au logis si vous n’avez querelle avec le s r de
» Rosée et, si vous le faites, vous pouvez vous assurer de
» mon alliance. »
« J’ai affirmé au colonel que ce devait être un conte de
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285
» notre mère l’oie, puisque je n’avais aucune nouvelle de ce
» d’Aquin. Mais quelques instants après, vers 9 Va heures,
» étant allé à la messe aux Jésuites, où était le d’Aquin, et
» revenant à mon logis, je me suis croisé avec lui. 11 m’a
» salué fort courtoisement et, en rentrant, j’ai trouvé une
» lettre qu’il m’écrivait, la voici : elle contient en effet un
» appel conçu en termes assez ridicules et affectés, provenant
» de quelque poète mal timbré. »
Tout en parlant, il brandissait la missive. La curiosité
des jeunes filles, violemment excitée, se traduisit en vives
instances de la leur faire voir. Mais, à cet instant, Rosée
s’aperçut que le Procureur-général l’observait et venait de
parler basa un domestique. Cet incident le rendit prudent.
Il donna la lettre à l’un de ses voisins et affecta d’en faire
des gorges chaudes, assurant bien haut qu’il ne saurait se
ressentir d’un pareil appel pour ne vouloir affaire avec des
fous.
La missive du s r . d’Aquin mérite d’ètre conservée
comme un curieux échantillon du style précieux et amphi¬
gourique, selon la mode de Paris, parmi les cercles
élevés de la capitale du Namurois. Elle était conçue en ces
termes.
« Monsieur, l’assurance du venin de votre langue empoi-
» sonnée parcourant les carrefours de Namur au désadvan-
» tage de mes amours at percé mes oreilles.
y> Puisque je suis assuré de la mesme bouche, dont je
y> respecte et adore les oracles, entre les plus brillants soleils
j> de cet émisphère, que, selon vos rapports, j’aurois indigne-
» ment acharogné celle qui nourrit la vie et l’ardeur de mon
» àme, ce qui m’a tousché et tousche vifvement, que je ne
» peux vivre en repos sans en avoir tiré la satisfaction que
* vous ne pouvez refuser à un homme de bien et soldat
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b d’houneur, qui at paru tel, en sy braves occasions qu’on
» ne luy sçauroit rien reprocher.
» Je vous attends accompaigné seulement de mon espée,
b laquelle (si vous persistez en ces médisances) je veux em-
» pourprer de votre sang.
» Le champ de notre combat sera sur la Grande Herbatte,
» hors de la porte de St. Nicolas de ceste ville de Namur où
» je vous attendrai avec grande impatience, depuis les
b 12 heures, jusqu’à 4 heures de l’après-midi.
» Du 2 e jour de ce présent mois de lévrier 1633.
» Par l’amy et l’ennemy des braves, en l’honneur des
dames. b
(Signé) Gillis d’Aquin, seig r de la Buissière.
La lettre fut l’objet d’une vive controverse parmi les
dames. Les unes se pâmaient d’admiration, les autres
essayaient de la tourner en ridicule ; mais elle était trop
dans le goût du jour pour ne pas finir par faire fortune, et
Rosée, piqué du succès littéraire de son rival, se laissa, de
dépit, aller à dire « qu'il se trouveroit au lieu pour ne
» donner occasion au monde, qui ignoroit la folie de son
b provocquant, de croire qu’il auroit manqué de se trouver
b là par quelque lâcheté, ce dont la compagnie ne fit que
b rire, le voulant divertir de se rencontrer avec un fou. »
Sur ces entrefaites, la table fut levée ; le baron de
Groesbeck observa que Rosée s’échauffait grandement et
continuait à parler de son duel.
Il vit que le Procureur-général avait entendu les propos
du jeune homme et alla lui défendre de se rendre au lieu
convenu. Ce magistrat avait déjà fait prévenir son clerc,
Jean Warzée, qui dînait à l’office, d’aller vitement cher¬
cher un huissier pour garder Rosée. Malheureusement le
clerc était gourmand. 11 avait devant lui une oie grasse
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'287
de mine appétissante, à côté un pot d'excellent vin et il
pensa que la chose n’était pas si urgente qu’il n’eût le
temps de manger la moitié de l’oie et de vider le pot de viu.
Pendant qu’il se délectait dans son péché favori, le lieute¬
nant colonel de Maizières, suivi de quelques officiers,
se présenta à l'hôtel de Groesbeck. Le léger brouhaha
causé par son entrée dans le salon permit à Rosée de
s’éclipser à la dérobée. Maizières raconta qu’il venait d’en¬
voyer ordre au poste de la porte St. Nicolas de se saisir de
d’Aquin, s’il venait au lieu, et de le mettre en prison pour
lui faire passer sa fièvre.
Le pensionnaire s’aperçut alors que Rosée avait dis¬
paru , mais il n’en fit aucune réflexion, pensant que le
tout ne se passerait qu’en risée du dit d’Acquin.
Cependant Rosée était arrivé à la Grande-Herbatte, suivi
de loin par Warzée. Il ne tarda pas à voir arriver d’Aquin,
accompagné de six ou sept personnes, tant soldats que
valets. D’Aquin lui cria : Allons, messieurs, l’épée à la main !
— et le chargea. Rosée eut à peine le temps de mettre
sa capote bas et de se défendre. A.près quelques passades,
il reçut un coup à la joue. A cet instant, le poste de la
porte St. Nicolas accourut, sépara les combattants et emmena
d’Aquin en prison, selon les ordres reçus.
Rosée alla se faire panser de son estafilade et, tout fier
de son exploit, retourna le soir chez M. de Groesbeck. Le
baron racontant, dans sa déposition, cette visite tardive
a un mot épique. « En le regardant, dit-il, je m’aperçus qu’il
était blessé à la joue, je lui dis : Vous êtes blessé? Et je
m'en allai coucher. »
Le Procureur-général intenta des poursuites : Rosée se
sauva et eut ses biens confisqués ; d’Aquin en fut quitte
pour demeurer eu prison plus de temps qu’il n’en fallait pour
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288
le faire oublier de la belle Sicheron, à laquelle il avait
écrit, du fond de son cachot, ce billet qui fut vu par le
s r de Pontillas et cité, lors de la déposition de ce person¬
nage, dans les termes suivants :
« Ma Daphné, j’ay fait ce que vous m’avez commandé et,
» si c’est peu, je suis prêt à faire davantage. »
Ernest de Groesbeck eut aussi maille à partir avec le
Procureur-général de Namur. L’anecdote est aussi typique
que celle du s r de Rosée, mais elle s’écarte trop de
notre sujet et nous nous bornons à la mettre en note 1 .
Outre son hôtel de Namur, Gérard II de Groesbeck pos¬
sédait encore la seigneurie de Haltinnes. 11 y bâtit un
château neuf, avec « porte forte, » pont-levis et fossés.
Rien ne lui coûtait, car il dépensait sans compter. Aussi
lorsqu’il mourut, vers 1643, laissa-t-il à sa veuve une for¬
tune des plus obérées. Il fallut vendre cette terre de Hal¬
tinnes, dont l’embellissement lui- avait occasionné tant de
sacrifices. L’inventaire des charges constata qu’elle était
hypothéquée de vingt cinq rentes diverses depuis 40 sols
jusqu'à 340 florins. Ou y trouve, entr’autres singularités,
1 Ernest de Groesbeck parait avoir demeuré à Namur avec son beau-frère
Godefroid d’Ève, baron de Wassenbach et seigneur de Loyers. Ernest de
Groesbeck avait épousé Anne de Witzleben et Godefroid d’Eve, baron de Loyers, la
sœur de cette dame , qui possédait un hôtel proche l’église Notre-Dame. Tous
deux étaient de caractère passablement violent, surtout Loyers et ce dernier avait
eu, dans sa jeunesse, maille à partir avec la justice ecclésiastique, qui, par
sentence du 22 avril 1622, l’avait condamné, pour adultère, à jeûner chaque jour
férié , pendant trois mois, à réciter ès mêmes jours , six psaumes avec litanies,
à un pélérinage à N.-D. de Foy et à quarante tlorins d’amende.
Vers 1636, l’un et l’autre perdirent un procès qu’ils soutenaient contre un
certain Vanesson, suppôt du conseil provincial de Namur. Loyers paya sans trop
tarder sa part de frais,mais Groesbeck se üt tellement tirer l’oreille que Vanesson,
à bout de patience, résolut de lui envoyer un huissier.
Donc un beau matin Zoude, vieil huissier , bien connu à Namur, et l’un de ses
confrères, se présentent à l’hôtel de Loyers, demandant à parler à M. et M mt
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une rente de 340 œufs, « quand l’année est paire, » des¬
cendant à 170 œufs, « quand l’année est impaire, » une autre
de deux poules, une de 7 l / î chapons, etc.
La seigneurie fut achetée à la criée par Jacques Zualart,
seigneur de Bonneville , pour et au nom de Ferdinand,
baron de Mérode et de Jehay, gouverneur de Huy, qui,
toutes charges déduites, n’eut à verser que 7400 florins en
argent.
La liquidation de la fortune laissée par Gérard I de Groes-
beck à son fils Jean, ne coûta pas de moins durs sacrifices.
Pour satisfaire aux engagements qu’ils avaient pris et
de Groesbeck. Ils rencontrent M. et Madame de Loyers qui répondent que leur
beau-frère est absent, qu'il doit diner dehors avec sa femme et que tous deux
rentreront à 4 heures. Mais, ajoute Loyers, qu’est-ce que M. de Groesbeck
peut encore avoir à démêler avec Vanesson ? — C’est, réplique Zoude, que le
s r Vanesson veut savoirsi M. de Groesbeck est intentionné de fournir, pour sa part,
aux mêmes sentences et actes de taxes que vous avez fourni pour votre
contingent.
— Vanesson doit avoir beaucoup d’argent et de respargne, observe ironique¬
ment Loyers, puisqu’il reçoit de si bonnes parties de nous.
— 11 en dépense, en effet, beaucoup pour ses poursuites, repartit Zoude.
— Je ne le savais si commodieux, reprend Loyers , pour, de son chef, trouver
tant d’argent, mais je suppose qu’il est assisté d’autres personnes.
— Je ne sais, se hâte de dire Zoude, qui craint que la conversation ne tourne
mal, mais nous nous retirons pour ne pas vous incommoder et nous reviendrons
après 4 heures.
En effet, le même jour à 4 */* heures, Zoude et son collègue reparaissent de
nouveau. Ils trouvent à la porte de l’hôtel des domestiques, entr’autres le « caro-
cher » de M. de Loyers , auquel ils s’adressent :
— M. et Madame de Groesbeck sont-ils à la maison ?
— Oui. En disant ces mots, le cocher interpelle l’un des domestiques et lui
crie: Voilà des personnes qui cherchent M. et Madame de Groesbeck pour parler
à eux.
Le domestique fait un signe d’assentiment et les deux huissiers, pénétrant da ns
la cour, le suivent jusqu’à l’antichambre où ils aperçoivent le jeune Loyers assis
sur un banc et causant avec le sieur de Taviers. Ils lui demandent si M. et
Madame de Groesbeck sont à la maison.
— Oui, répondit le jeune homme.
Sur cette affirmation, Zoude acheva de monter les marches du perron,
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S
290
hâter la liquidation des dettes de Gérard, les tuteurs du
vicomte Jean d’Àublain vendirent, le 18 août 1631, les terres
de Fontaine et de Gochenée à Ferdinand de Boisehot,
baron de Saventhem, plus tard comte d’Erps, chancelier
de Brabant, pour le prix de 105,600 florins, sous la condition
que, « en diminution de cette somme, le dit baron pourrait
» défalquer le capital et les arrérages de toutes les rentes
» et obligations assignées sur les dits biens et verserait le
» reste, en deniers clairs, en la ville de Bruxelles. » Or, à la
suite de règlements de comptes faits à Huy, les 4,5 et
traversa l’anti-chambre, vers le salon, et ouvrit la porte. Le salon était plein de
inonde. A cette vue, Zoude recula. Mais avant qu'il eut pu faire un pas, Loyers
courut à iui, le visage altéré et lui demanda brusquement :
— Que venez vous chercher ici !
— M. de Groesbeck , dit Zoude. Nous désirons parler à sa seigneurie pour les
affaires que nous avons en mains pour M. Vanesson. Lt tous deux montrèrent
leurs sentences avec leurs bâtons d'armes.
— Vous êtes des coquins , cria Loyers en colère, vous venez dans ma maison
pour de méchants larrons et...
— Je proteste, réplique Zoude, je proteste du tort que vous me faites,
monsieur, de tant que nous venons icy par ordre de justice et que madame votre
compagne nous a dit que nous reviendrions envers les 4 heures et que nous pour¬
rions parler au dit seigneur de Groesbeck.
— Taisez-vous, reprit Loyers, de plus en plus furieux, et sortez de ma maison,
coquins que vous êtes.
En joignant le geste à la parole, il saisit Zoude à la poitrine et le fit chanceler.
— Holà ! holà ! monsieur, s’écria le second huissier, il ne faut pas traiter ce vieil
homme de la sorte, car il est fort caduc et débile.
— Vous me tourmentez mal à propos pour des méchants. —
— Monsieur, repartit le compagnon de Zoude, nous n’avons pas à nous infor¬
mer si les personnes qui nous requièrent sont méchantes ou non , nous ne faisons
que le devoir de notre office quand nous exécutons les mandats de justice.
La scène avait attiré l’attention des hôtes et des domestiques de Loyers , qui
sentant la fausseté de sa position, ferma la porte au nez des huissiers.
Ceux-ci se retirèrent et le lendemain portèrent plainte contre Loyers et
Groesbeck. Le procureur-général ouvrit des informations, mais les deux seigneurs
s’étant hâtés de faire satisfaction à Zoude et de payer Vanesson, les poursuites
furent abandonnées.
(Archives de Namur. Enquête. Le Procureur-Général contre le baron de
Groesbeck et le sieur de Loyers.)
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6 avril 1632, entre les curateurs de Jean de Groesbeck et
les représentants du baron de Saventhem, il fut constaté que
les charges en question dépassaient 97,000 florins, M. de
Saventhem pouvait donc se libérer en versant une somme
d’un peu plus de 8000 florins. Ce résultat créait aux cura¬
teurs de grands embarras, car loin d’être en mesure d’offrir
au baron de Groesbeck les 49,000 florins qu’ils s’étaient
engagés «à lui donner, ils ne pouvaient même pas lui pré¬
senter un à-compte sérieux.
De son côté, Gérard, perdant patience, actionna Saven¬
them devant le Conseil provincial de Narnur, pour le voir
condamné à lui verser les 49,000 florins promis, avant de
solder n’importe quel créancier. A son tour, Saventhem
appela les curateurs en garantie. Le procès évoqué au grand
conseil de Malines fut l’objet de diverses procédures et
sentences, à la suite desquelles fut ordonné par la cour
de réviser la liquidation de Huy.
Ce nouveau travail, accompli-avec soin, ramena à
fr. 72,888 florins et 3 sols la somme que Saventhem s’était
réservé le droit de retenir et porta à 33,000 florins celle
que Gérard de Groesbeck pouvait recevoir de l’acquéreur.
Afin de tranquilliser Gérard et de lui faire accepter la
transaction, les curateurs s’obligèrent solennellement à lui
solder, au dernier seize, chaque année, les intérêts de 16
à 17,000 florins, formant la différence entre les 32 ou
33,000 florins versés par Saventhem et les 49,000 stipulés
dans la convention du 14 mars 1630, jusqu’à ce que cette
différence fût comblée.
Toutes les autres difficultés existant entre les parties
furent aplanies dans la mesure du possible par le même
acte et le baron de Saventhem entra en paisible possession
de ses acquêts.
y
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2Ü-2
Il est fort probable, comme nous l’avons dit, que Gérard
ne survécut guère à celte transaction, car on ne trouve
plus trace de son existence.
Jean, devenu majeur dans l’intervalle, fut obligé de sou¬
tenir encore de nombreux procès avant d’obteuir un
équilibre complet dans sa fortune. Nous nous bornerons à
citer ce fait qu’une action judiciaire, entamée dès l’an
1620 par un créancier qui poursuivait le remboursement,
en capital et arrérages, d’une rente de 350 florins
vendue par Gérard et sa femme en 1614 — et dont pas
un seul terme n’avait été payé — durait encore en 1670 et
occasionnait la saisie de la terre d’Aublain.
Les tuteurs finirent par avoir eux-mémes litige avec leur
ancien pupille, au sujet de leur décharge et des avances
considérables qu’ils avaient faites. En novembre 1636, nous
les voyons assigner Jean de Groesbeek devant la cour du
duché de Gueldre, en paiement des arrérages d’une rente
de 400 écus. Jean promit de leur donner satisfaction, mais,
comme il ne tint pas parole, ses anciens tuteurs l’obligèrent,
en 1655, de leur donner tous ses biens en hypothèque et,
plus tard, en 1659, après avoir opéré quelques rembourse¬
ments partiels, il fut réduit à vendre une rente de mille
florins pour solder leurs créances.
11 faut convenir que les habitants d’Aublain ne facilitèrent
pas aux tuteurs des enfants de Gérard la pénible tâche
dont ils étaient chargés. Ce n’est pas qu’ils fussent,
par nature et par caractère, plus turbulents et plus vicieux
que leurs voisins; mais ils se ressentaient, comme nous l’avons
dit, des temps calamiteux au milieu desquels ils vivaient
et les actes de violence ou d’emportement étaient fréquents
chez eux. D'autre part, on peut dire à leur honneur
que leur moralité était excellente. Bien que des habitudes
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d’intempérance se fussent malheureusement trop répan¬
dues, à la faveur des désordres amenés par les guerres,
et qu’ils fussent trop faciles à se laisser dominer par la colère
et par l’intérêt, ils surent conserver dans leurs mœurs une
dignité chrétienne qui ne s’est point démentie, même dans
les circonstances les plus propres à favoriser le relâchement
et la corruption.
En 1624, il semble qu’un souffle de discordes et de vio¬
lences eut passé sur Aublain. Le clergé même en fut atteint
dans la personne du chapelain ou vicaire d’Aublain, homme
irascible et plus prompt à appuyer ses paroles du poing
qu’il ne convenait à sa robe.
Ce chapelain, nommé Clément Le Barbier, avait eu
quelque altercation avec un bourgeois, du nom de Bérode,
un peu vif aussi, mais au demeurant sans fiel ni rancune.
Le deuxième jour des fêtes de Noël, Bérode étant dans la
maison de Jean Pascot, y buvait de la cervoise en devisant
avec quelques joyeux compagnons. Au milieu de ces devis,
le chapelain entra. A sa vue, Bérode, que la cervoise avait
mis de bonne humeur, se leva et dit: « Bonjour, monsieur
» le chapelain, nous avons eu quelques hauts propos en-
» semble ces jours derniers, mettons-les sous les pieds
» et buvons de bonne amitié ».
Le chapelain prit fort mal cette invitation, qu’il croyait
faite pour le braver. Ses sourcils se froncèrent et il menaça
son interlocuteur de le frapper. « Pourquoi me ferez-vous
» cela, répliqua Bérode, puisque je ne vous demande rien
» et que je vous invite à boire avec moi ».
En parlant ainsi, il salua de son verre. « Auparavant,
» cria Le Barbier d’un ton furieux, il faut que tu aies de
» mon poing » et il allait se lancer sur lui, lorsqu’un des
assistants, Gaspard Le Lorrain, intervint. « On sait bien,
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» dit-il, qu’il ne faut gourmander les hommes, ni les bat-
» tre de cette façon ». Cette immixtion, loin de calmer
Le Barbier, l’exaspéra. Il fondit sur Bérode et le souffleta.
Bérode, à titre de revanche, brisa son verre sur la tête
du chapelain et le blessa. Les spectateurs se mirent de la
partie et une bataille générale s’engagea ; coups de poings
et coups de pieds furent échangés pendant quelques minutes
et, dans la bagarre, Bérode frappa le chapelain avec un
chandelier.
Au bruit, les voisins accoururent et séparèrent les com¬
battants. Le plus maltraité de tous était le chapelain. Comme
il était * blessé à sang coulant », le cas de Bérode devenait
assez grave. Aussi s’empressa-t-il de proposer une transac¬
tion, tout en faisant plusieurs actes de contrition. Mais
Le Barbier ne voulut rien entendre. Il porta plainte devant
la cour, qui condamna Bérode à deux amendes de 3 fl.
3 pat. chacune, plus une demi livre de cire à l’église et
aux frais du procès.
L’affaire se plaidait encore, lorsqu’un incident des ph.s
ordinaires amena un conflit très violent entre les gens et
le seigneur d’Aublain d’une part, la communauté et le
seigneur de Boussu de l’autre.
Un paysan de Boussu, Hubert Bastin, dit Simon, fut,
pendant l’hiver de 1G‘29, surpris, emportant du bois, parles
gardes d’Aublain qui l'arrêtèrent et voulurent l’emmener.
Mais Simon se jeta à terre et se roula en faisant tous ses
efforts pour atteindre la limite de séparation des juridictions
de Boussu et d’Aublaiu, dont il était très proche. Comme
il en fut empêché de force, enlevé et mené en prison, il se
plaignit bruyamment d’avoir été battu et maltraité.
Le seigneur de Boussu, qui était alors Jean deKiévrain,
intervint en faveur de son bourgeois et envoya à Liège
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une protestation qui fut communiquée à la cour d’Aublain.
Celle-ci se déclara compétente et le facteur du vicomte
d’Aublain requit plusieurs amendes de 40 florins d’or
chacune.
Le seigneur de Beaumont, fils du seigneur de Boussu,
se présenta devant la cour, d’abord pour nier sa compé¬
tence, puis subsidiairement pour offrir d’administrer la preuve
que Simon avait été pris sur la juridiction de Boussu et
demander sa relaxation immédiate, afin qu’il put venir en
aide à sa femme et à ses enfants, qui, au dire du seigneur
de Beaumont, étaient réduits à aller mendier leur pain.
Mais comment vérifier la preuve offerte par le seigneur
de Beaumont ? Le bon sens indique qu’il fallait pour cela
se rendre sur les lieux. Le fait est acquis, objectaient les
avocats d’Aublain, nous ne pouvons consentir à le laisser
mettre en question et nous n’irons pas au lieu de l'arres¬
tation.
Pas du tout, répondaient les orateurs de Boussu , car
c’est précisément le fait que nous contestons. La cour
d’Aublain ne peut d’ailleurs être juge et partie. Il faut
renvoyer le procès à Liège et relâcher le prisonnier.—Comme
personne ne voulait céder, un tiers émit l’avis de se réunir
dans un endroit neutre. Le conseil parut sage et l’on convint
de se retrouver au lieu dit Hallet, sur le territoire de
Dailly.
Pendant ces débats, le prisonnier, qui se plaignait d’être
mal nourri et mal logé, s’échappa de sa prison, mais sans
s’éloigner autrement du pays. Ses combourgeois de Boussu
déclarèrent qu’il se reconstituerait prisonnier de lui-même,
pourvu qu’on lui donnât une chambre honnête et qu’on le
nourrit au grand pain jusqu’à décision du juge, ou bien
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qu’on lui payât 15 patards par jour, pour tenir lieu de
nourriture.
Le 2 mai, Simon vint à l’audience et déclara qu’il consen¬
tait à être jugé par la cour d’Aublain, à condition qu’elle
fut composée d’échevins et de greffier non suspects.
Mais à l’audience suivante, où il parut accompagné du
seigneur de Beaumont, il se rétracta et demanda le renvoi
de la cause à Liège.
Le 20 octobre — on voit qu’elle y mit du temps — la
cour décida que l'officier des communs seigneurs d’Aublain
serait invité à fournir des preuves et remit à prononcer
ultérieurement sur la visite des lieux.
Comme les procès-verbaux des audiences ne parlent
plus de Simon, on ignore si cet étrange prisonnier, qui
prenait la clef des champs parce qu’on ne le logeait et
nourrissait pas à son gré, daigna consentir à rentrer en
prison.
C’est le seigneur de Boussu qui cette fois intervient. 11
proteste de nullité du décret de la cour, en demande le
retrait, et soutient que la visite des lieux est indispensable
avant que l’officier d’Aublain fasse ses preuves.
Le 5 novembre, la cour maintient son décret. L’officier
d’Aublain fait compaiaitre des témoins.
Là-dessus, nouvelles protestations du seigneur de Boussu,
qui parle de dénégation de justice parce que la visite des
lieux n’a pas précédé la production des témoins de l’officier
d’Aublain.
Enfin, le 11 janvier 1630, la cour déboute le seigneur de
Boussu et condamne Simon, sur la rencharge des échevins
de Liège.
A peine cette affaire est-elle terminée, que la cour d’Aublaiu
est appelée à s’occuper d’une plainte contre Philippe Pelsart,
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lequel « avec épée dégainée a troublé pendant la nuit la
» sécurité des vies, couru sus à Jacques Haye et blessé
» Antoine Thomas d’un coup d’estoc. »
Pour obtenir sa liberté, Pelsart fut obligé de nantir 6 fl.
et 12 patards.
Le jour de la Toussaint 1630, autre méfait. Jean Guyot,
un des plus turbulents bourgeois d’Aublain, attaque ci coups
de pierres un de ses combourgeois et le blesse. Celui-ci
porte plainte et Guyot est condamné à une amende de
10 florins d’or. Guyot, qui est un des affidés du vicomte
d’Aublain, s’empresse de payer les 31 patards revenant à ce
dernier sur les 10 florins d’or et se tient coi pour le reste.
A propos de ce Guyot, — que nous retrouvons plus tard
condamné à une nouvelle amende pour avoir détourné la
rivière, afin d’y mieux pêcher, — il est à remarquer que
l’habitude de se battre à coups de pierres semble spéciale
à Aublain. Il n’y a pas de querelle sans que les pierres ne
soient mises enjeu, et les plus huppés en usent tout comme
les autres. Les exemples abondent :
Le dimanche 16janvier 1633, Lambert Bertrand, mayeur
de la cour des communs seigneurs et créature des Groes-
beck, était dans le cimetière appuyé sur la muraille, lorsque
les bourgmestres appelèrent les bourgeois à se réunir sur
la place pour donner leur avis sur une proposition qu’ils
avaient à faire. Les bourgeois assemblés, l’un des bourg¬
mestres, Jean Pascot, exposa que le pastureau du lieu
ayant mené la herde banale paître dans les jeunes tailles
des aisances, les gardes du baron de Pesches l’avaient mis
en contravention et qu’il s’agissait de savoir si on voulait
maintenir ledit pastureau dans sa charge et le décharger
personnellement de l’amende qu’il avait encourue. Là-dessus
le turbulent Jean Guyot, toujours prompt à tempêter,
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s’écria : que ceux qui avaient envoyé le pastureau aux
jeunes tailles n’avaient qu’à le maintenir et à payer son
amende. Aussitôt il se fit grand tapage, tout le monde
criant au plus fort. De fait, le pastureau avait mené son
troupeau dans les jeunes tailles sur l’incitation de quelques
fanatiques partisans des vieux abus, opposés à l’exécution
des nouveaux règlements des bois, et qui jugeaient l’occa¬
sion favorable pour essayer de revenir pratiquement aux
anciens errements. Ils avaient sous main garanti le paslu-
reau contre toute amende. Le secret de cet accord s’était
ébruité et on savait parfaitement quels en étaient les auteurs.
Or le chef de ces obstinés fauteurs du vieux système, si
nuisible aux bois, Charles de Virelles, se tenait à l’écart,
de l’autre côté de la muraille sur laquelle le mayeur était
accoudé. Il écoutait en spectateur silencieux de la scène,
lorsque le mayeur l’interpella < Veux-tu tenir et tiens-tu,
» lui dit-il, l’appointement fait avec le pastureau ? » Virelles
se redressa: « Quel appointement a-t-on fait? répondit-il.
» — Quel appointement ? reprit le mayeur, mais tu le sais
» mieux que moi, puisque c’est toi qui l’as fait. — Tu
» mens, cria Virelles furieux, je n’ai pas fait l’appointe-
» tement ; mais, toi qui parles, veux-tu payer les dépens
» du soldat que tu as mis chez moi? — Je n’ai pas mis
» de soldat chez toi ; que ceux-là qui l’y ont mis le paient. »
Virelles, de plus en plus emporté, renouvela ses démentis ;
le mayeur se mit, à son tour, en colère, appela des témoins
et leur dit : « cet homme me dément mal à propos, je suis
» aussi bon que lui et je dis que c’est lui qui ment. »
A ce mot, Virelles levant la main frappe le mayeur à la
tête. Aussitôt un frère de Bertrand, qui était accouru au
bruit, se jette sur Virelles, et son pied ayant glissé, tous
deux roulent par terre. Le mayeur ramasse une grosse
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pierre et, courant hors du cimetière, la lance de toutes ses
forces dans le dos de son antagoniste.
Des amis de Virelles intervinrent et l’un d’eux ayant crié :
tue ! tue ! tout en jetant des pierres au mayeur, une bataille
générale s’engagea. L’issue en fut tragique, car Virelles,
retiré de la bagarre fort maltraité, mourut peu après et
d’autres bourgeois furent relevés couverts de plaies et de
contusions.
Conformément aux coutumes, les coupables, effrayés des
conséquences que pouvait avoir pour eux la mort de
Charles de Virelles, allèrent faire acier leurs confessions
chez un notaire, en ayant bien soin d’exprimer leurs regrets
et de se décharger le plus possible ; puis ils cherchèrent à
s’appointer avec la famille, qui ne se montra pas trop récal¬
citrante.
Si, du moins, les coups de pierre avaient exclu les coups
d'épée, mais il n’en est malheureusement rien.
Les archives d’Aublain nous rapportent en effet que, au
mois d’octobre 1635, Jean Maudoux ayant voulu mettre le
bien dans une querelle entre Jean Pierson, mayeur de
Ëoussu et Pierre Lemaire , qui dégainaient l’un contre
l’autre, reçut de ce dernier un coup d’épée dont il mou¬
rut, non sans avoir eu le temps de faire son testament.
Les appointements des meurtriers avec les familles de
leurs victimes ne touchaient en rien aux droits de la justice,
qui restaient entiers. Mais, la plupart du temps, en l’absence
de plainte, le bailli ou l’officier du lieu fermait les yeux
et se bornait à s’assurer que les coupables remplissaient
fidèlement leurs engagements. Quand, chose rare, il inten¬
tait une action, elle n’allait pas plus loin que l'amende.
Les archives d’Aublain fournissent deux de ces appoin-
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300
tements qui sont pleins d’intérêt. Le premier date de 1625,
le-second de 1642.
Voici le premier :
c Le 26 février 1625, noble seig r Messire Charles de
> Bryas, chevalier, seig r dudit lieu, Hennecourt, et du con-
» seil de guerre de S. M., gouverneur et capitaine de la
» ville de Mariembourg, suyvant le rapport que luy at fait
» Françoise Renard , vefve de feu Jacques Moreau, vivant
» soldat de la compagnie dudit seigneur de Bryas, qu’elle
» auroit avecq ses parents fait paix et accord de la morte
» et occision commis en la personne de son dit mari par
» Jacques Tenré, manant d'Aublain, tué paravant le jour de
» St. André dernier, le dit seigneur de Bryas, autant que
» son pouvoir peut, et pour ce que luy peut toucher pour
» le délit de justice, advoue et tient pour bon et vaillable le dit
» apointement, sans que au futur il puisse faire faire
» quelcque recherche audit Tenré, attendu le dit appointe-
» ment quy debvra sortir ses effects, en tesmoingnage de
» quoy advons signé ceste pour valoir ainsy qu’il appar-
» tiendra.
» / Signé) Bhyas. »
Un acte de la cour d’Aublain, passé en conséquence de
cette autorisation, constate que Teuré a payé à la veuve et
à ses enfants 80 florins, monnoye du Roy.
Le second appointement offre un caractère plus touchant.
Louise de Lettre, veuve de Nicolas Bertrand, déclare
devant la cour d’Aublain que, « pour la plus grande gloire
» de Dieu, pour le repos de l’âme de son mari, vu la
» grande componction de Pierre Rourlart et sa très instante
» requeste et prière, elle accorde la paix que lui demandoit
» le dit Pierre, touchant l’occision qu’il avoit inconsidéré-
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» ment en-la personne de Nicolas Bertrand perpétrée... de
* quoy avant tout et du plus profond de son âme il demande
» à Dieu, son créateur, pardon et mercy, à son Altesse
» Sérénissime et à tous ses officiers et à la dite Louise,
» proposant d’amender ce forfait, si Dieu lui en donne la
» grâce et de vivre en toute amitié avec elle, ses enfants et
» ses parents. Il donne un muid d’épeautre pour subvenir
» au pain des exêques et funérailles, plus cent florins de
» Brabant, plus encore 200 autres florins , dont il hypothè-
» que les biens de sa mère qui y consent. »
Dussions-nous être traités de rétrogrades, nous confes¬
sons sincèrement que cette manière de réparer un acte de
violence et d’emportement, tranchons le mot, un crime,
nous parait mille fois préférable au progrès moderne de la
prison cellulaire et des cours d’assises. Du reste, ainsi que
nous l’avons déjà fait remarquer, les habitants d’Aublain
étaient, en dépit des passions qui parfois les emportaient
à de regrettables excès, des gens de cœur et de foi. Leur
piété était sincère et ils aimaient à la ténioigner publi¬
quement.
Au mois de février 1632, leur curé, le Révérend Gilles
Taxillis 1 , était allé à Liège acheter des ornements
d’église, au nom de la communauté Lorsqu’il revint, les
bourgeois, auxquels il montra ses acquisitions, trouvèrent
qu’il n’avait pas fait les choses assez largement et, à la suite
d’une délibération prise aux plaids généraux, il fut convenu
que le curé tâcherait de faire reprendre au marchand une
chasuble et deux tuniques que les bourgeois estimaient
peu dignes de leur église, qu’en cas de refus du marchand,
1 II fut le premier curé d’Aublain. appartenant à l’ordre des Prémontrés. 11
venait de Louvain et succéda au Rév. Jacques Boileau , doyen du concile de
Chimay.
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ces ornements resteraient à l’église et que la communauté
paierait au curé 50 fl. Bb l ; que quant aux autres chasubles,
devant d’autel, aubes, etc. achetés par le curé, tous ces
objets seraient conservés, « à condition que les manants
» se montreraient ci-après autant plus zélés pour la déco-
» ration et ornement de leur église et que si le marchand
» reprend la chasuble et les tuniques ci-dessus, les 50 florins
» seront employés à de plus suffisantes et môme on y
» suppléera ».
A cette occasion, la communauté alloue à son curé 25 fl.
pour la déservitude des messes qu’il célébrera pour la
communauté les dimanches et fêtes pendant l’année.
« En 1646, Messieurs les pasteur et principaux de la
» vicomté d’Aublain, ayant appris les grands profits et
» biens spirituels que l’arcbiconfrérie du St.-Rosaire apporte
» ès lieux où elle est canoniquement érigée, et étant d’autre
» part assurés des pouvoirs que le St.-Siège Apostolique a
» donnés par privilège à l’ordre de St.-Dominique, dit des
*■ Frères prêcheurs, d’instituer la dite confrérie, ont supplié
» humblement les supérieurs du dit ordre, en leur nom
» et de tous les habitants, de leur concéder ladite archi-
» confrérie pour être érigée en leur église paroissiale, avec
* les induits, indulgences, privilèges et pardons, déter-
* minant pour les exercices d’icelle leur ancienne chapelle
» de Notre-Dame, promettant de l’entretenir d’images et
» d’ornements requis pour y faire le saint service divin, à
» quoy inclinant les dits supérieurs après avoir approuvé
» et louangé le zèle et dévotion des dits suppliants, ont
» envoyé le Rév. Père Gilles Parmentier, religieux du
» même ordre, du couvent de Valenciennes, quia institué,
» érigé et planté la dite archiconfrérie avec ses privilèges,
» induits, indulgences et pardons en ladite église et chapelle
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le dimanche de l’octave de l’Assomption Notre-Dame,
» 19 avril 1646, et ce au milieu de la prédication faite à la
» grand’messe de la dévotion du Saint Rosaire, chantée par
» le révérend doyen du district, M re Jacques Marchant,
» licencié en théologie, pasteur de la ville de Couvin, etc.
» A condition que si, à l’avenir, son ordre avait maison
» ou couvent en ce lieu, ladite archieonfrérie y sera à
» l'instant transportée, ce que lesdits suppliants ont accepté. »
Depuis lors la piété des habitants d’Aublain et leur
dévotion envers la mère Immaculée du Sauveur ne s’est
pas démentie, et il n’eu est point qui ne se fasse honneur,
comme leurs ayeux, de faire partie de l’archiconfrérie du
St.-Rosaire.
Le 21 mars 1637, Allard d’Aublain acquiert de la com¬
munauté, sous l’approbation des communes de la châtelle¬
nie , le droit de conserver et de soustraire à la vaine pâture
ses prairies de Montfusil. Il paie pour cela 400 florins de
Brabant et stipule que jamais on ne pourra hausser les
tailles qui chargent les dites prairies.
Le 15 mai 1638, Jean, baron de Groesbeck et vicomte
d’Aublain, épousa Gathérine de Smidt. fille de Jacques
Smidt, riche marchand d’Anvers, seigneur de Baerlands,
Dierickxlands et Bouchout. A dater de celle époque, le
château d’Aublain commence à voir plus souvent ses pro¬
priétaires dans l’enceinte de ses vieilles murailles Malheu¬
reusement la mort de la baronne de Groesbeck, survenue
en 1643, jeta un voile de deuil sur ce retour et bientôt la
guerre y ajouta de nouvelles causes d’angoisses.
Le 2 juin 1638, vers midi, arrivèrent à Aublain dix huit
à vingt cavaliers de la garnison (espagnole) de Chimay,
qui forcèrent la porte du mayeur et pillèrent sa maison.
Déjà, six jours auparavant, des soldats d’iufanterie de la
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même garnison avaient enlevé des bœufs appartenant à un
bourgeois d’Aublain, qui fut contraint de les racheter pour
le prix de 22 patagons.
Mais nous n’en finirions pas si nous voulions entrer dans
tous les détails de ces misères, qui se continuèrent de longues
années. 11 suffira, pour indiquer le degrés de vexations
ruineuses que la guerre imposait aux habitants d’Aublain,
de citer le compte rendu en 1653 par Jean Ghins, bourg¬
mestre d’Aublain.
Le chapitre des recettes mentionne d’abord le produit
d’une taille qui avait été mise pour payer certains arré¬
rages, « mais, ajoute-t-il mélancoliquement, la nécessité
» l’a fait appliquer ailleurs. »
Vient ensuite le produit d’une taille extraordinaire assise
sur chaque chef de famille, au nombre de63, pour subve¬
nir aux frais des sauvegardes.
Les libellés des dépenses sont parfois gros d’éloquence.
Les sauvegardes sont terriblement coûteuses. Celles placées
au château pendant le siège de Rocroy ont été fort exi¬
geantes. Les chefs donnent l’exemple. « A Jean Desnoyer,
» pour un pot de brandevin , pour le capitaine de la sauve-
» garde, ci 3 florins.
» A un autre pour 6 muids d’avoine, présent fait à M r le
» colonel Chasseriette... Au même pour 3 melles d’avoine
» présent fait au sous-lieutenant, pendant le siège de Couvin.
» Payé pour deux bécasses, pour envoyer au Gouverneur
» de Couvin... 20 patards.
» Au serviteur du capitaine, sauvegarde deux escalins
» pour l’obliger à modérer le traitement des chevaux.
» Payé à un cornette, pour deux jours qu’il a fait
» office de sauvegarde, 28 Q. (...) au capitaine Wilbouk, à
» bon compte de ses officiers, 13 pistoles ; au même 12 id.
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» Eté à Mariembourg rechercher le cheval du meunier
» que les sauvegardes avaient enlevé (!!).
* Pour avoir été trouver le bailli à Couvin m’informer
» ce qu’il se faisait touchant les prétentions que les Fran-
» çais avaient contre nous.
» Pour avoir été à Couvin et à Pesches, au mandement
» du s r baron , sur le fait du passage de l’armée qu’il
» prétendait détourner au moyen d’une somme à laquelle
» on n’a pu s’entendre.
» Pour avoir été à Rance et à Froidehapelle vendre des
» bois pour fournir la composition du colonel Brens et
» éviter l’incendie qu’il voulait faire, etc. »
En 1650, Jean baron de Groesbeck, vicomte d’Aublain
et de Cautelet, seigneur de Hoemen, Malden, Beeck, etc.,
se remaria avec Jacqueline Claire de Montmorency, veuve
de François de Tournay, baron d’Oisy et fille de Guillaume
de Montmorency, seigneur de Neuville, Vitasse, Amougies,
Huissignies, etc., et de Marie de Montjoie, vicomtesse de
Roulers, dame de Vendegies.
Le contrat fut réalisé à la cour d’Aublain, le 12 mars 1650;
il ne figure au greffe des éohevins de Liège que sous la date
du 13 septembre 1659.
La même année 1650, le baron de Groesbeck fit relief
d’Aublain, par Jean de Frahan.
Le 12 mars 1669, il se fit donner par la cour d’Aublain
un record constatant que le prince évêque ne peut préten¬
dre terrage, amende ou forfait. Il semble ainsi avoir prévu
le grand procès qu’un de ses petits fils eut à soutenir le
siècle suivant.
Par diplôme du 20 avril 1674, l’empereur Léopold créa
le baron de Groesbeck, comte de Groesbeck, du St. Empire
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et de Wemling. Cet honneur fut peut-être moins sensible
au vicomte d’Aublain que la bonne fortune, que Dieu lui
réserva, de voir accomplir à la fin de sa vie le rêve de ses
parents, à savoir la réunion des deux grandes parts de la
seigneurie d'Aublain en une seule. A la vérité, son fils
Jacques fut l’instrument de cette œuvre depuis si longtemps
visée et désirée par les membres de la dynastie de Groes-
beck et à peine est-il fait mention de lui dans l’acte. Soit
que sa santé le condamnât à la retraite, soit qu’il fût devenu
faible d’esprit, il ne comptait plus guères au dehors ; si le
diplôme de l’empereur Léopold porte son nom, ce n’est
évidemment que pour la forme et afin de faire de Jacques,
son fils, le second comte de Groesbeck-Wemling.
Déjà, à cette époque, c’est-à-dire, en 1074, son valet de
chambre Claude Durieux, qui fut « misérablement tué par
les soldats, le 13 avril,» tenait une place plus considérable que
son maître, qui mourut le 25 mars 1086, tenant encore l’of¬
fice de grand bailli de l’Entre-Sambre-et-Meuse, et fut
enterré dans le chœur de l’église d’Aublain, le 27 du
même mois.
Sa tombe a disparu comme son souvenir.
Jacques, qui lui succéda, était issu du premier mariage de
Jean de Groesbeck et né en 1640.
11 avait un frère et une sœur. Ce frère, qualifié
vicomte d'Aublain, fut capitaine des gardes du comte de
Monterey, gouverneur-général des Pays-Bas. 11 se tua, à
Gand, d’un coup de pistolet, le 3 septembre 1670.
Sa sœur, Marie-Louise, plus âgée que lui, avait épousé,
en 4655, Guillaume Albert d’Anneux, second marquis de
Wargnies.
Jacques avait 25 ans, lorsqu'il épousa la sœur de son
beau-frère Albert, Claire-Albertine d’Anneux, chanoinesse
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de Mons, fille de Philippe d’Anneux, premier marquis de
Wargnies, baron de Crèvecœur, gouverneur d’Avesnes,et
d’Alberline Claire Schellart d’Oberndorf, dame de Gur-
zenich. Celte alliance lui apporta une grande fortune et lui
eût donné des ressources suffisantes pour rétablir ses
affaires, s’il eut été meilleur ménager.
Il débuta, comme nous venons de le dire, par acquérir
les droits et biens des barons de Pesches, à Aublain.
Par acte du 27 mai 1683, Louis Herman François, comte
de Milendonck et baron de Pesches, vendit, moyennant
dix mille florins comptant, à Jacques comte de Groesbeck
et de Wemling. résidant alors à Malines, tous les droits,
actions et propriétés qu’il possédait dans la seigneurie
d’Aublain, y compris « quelques vingt-cinq bonniers de
» bois, en fonds de raspe et sartages. »
11 résulte de cet acte que le comte de Milendonck avait
pour co-propriétaires son frère, Maximilien Henri, comte
de Milendonck, major de cavalerie au service du roi
d’Espagne et ses sœurs la princesse de Radie et la mar¬
quise de Forest. En outre, le vendeur fait réserve expresse
de son droit de suzeraineté sur la vicomté, de douze florins
de rente sur le fief de Vaudémont et de plusieurs pièces
de prairies non autrement désignées.
A cette époque, la terre, seigneurie et vicomté d’Aublain
se composait comme suit :
< Le titre de vicomté et haut cerqueménage de la sei-
» gneurie. La justice des communs seigneurs, consistant
» en mayeur, recettes, échevins et greffier.
» La recette particulière qui se tient au château, sur
» amende, le jour de S*-Étienne, de tous cens et-rentes
» seigneuriaux dus au vicomte en argent, poules et chapons.
» La moitié des autres recettes qui s’appellent des
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» communs seigneurs, la moitié des amendes de sang.
* La moitié de la recette, au jour de S l -Étienne, des droits
» de grains et autres droitures, rapportant 42 florins et
» 5 patards.
» La grosse disme de Lompret, de laquelle les fermiers,
» avant la guerre présente, rendaient 160 florins.
» Le fief de Chalons à Chimay, relevant du château de
» Chimay, consistant en recettes de poules, chapons,
» nommés les retours qui se payent en avoine, par chacun
» bourgeois, deux melles avec autres et mêmes rentes.
» La moitié des droits seigneuriaux qui se paient au dou-
» zième denier, c’est-à-dire, de douze florins un, des
» vendues judicielles des héritages dépendants de la juris-
» diction d’Aublain.
» Le château avec les vergers, jardinages, pâtures,
» viviers, deux autres jardins dans le village, contenant
» avec les prairies environ 50 journaux (cent verges au
» journal de 22 pieds la verge, pied de S l -Lambert).
» Un droit de terrage.
> La place de la forge.
» Le moulin banal d’Aublain duquel le meunier moderne
» rend 400 florins.
» La labeure tant cerisaie que féodale d’Aublain, en
» trois royes, l’une contenant environ 48 journaux et les
deux autres chacune 36.
» La cense de Dailly consistant en prés et terres, pour
b laquelle le nouveau fermier doit rendre en épautre sept
» muids et en avoine trois muids et demi.
» Le bois appelé la Flache Fresche, contenant 23 Va
» bonniers et 3 verges.
» Le bois nommé le bois Madame, planté de beaux
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» stalons ou billardeaux, contenant 300 bonniers, moins
» 25 verges.
» La recette S‘-Jean-Baptiste qui se paie au château sur
» les héritages tenus du vicomte, dépendant des arrente-
» ments de son bois, nommé le bois Madame portant
* environ cent florins.
Le marché conclu le 27 mai eut le grand avantage de
faire disparaître les points de froissement existant entre le
comte de Groesbeck et le comte de Milendonck, baron de
Pesches; aussi Jacques, qui succéda à son père dans l’office de
grand bailli d’Entre-Sambre-et-Meuse,se fixa-t-il à Aublain,
dont le séjour cessait de lui être désagréable.
Mais s’il avait renoué avec son voisin et ancien co-seigneur
d’Aublain des relations amicales, il n’était cependant pas
tout à fait sans difficultés dans sa seigneurie, qui lui sem¬
blait incomplète tant qu’il n’aurait pas effectué l’achat du
fief deVaudémont, alors entre les mains de Paul Lefèbvre,
échevin d’Aublain.
Lefèbvre était riche ; mais son caractère vain, remuant
et irascible l’avait plus d’une fois brouillé avec la famille de
Groesbeck.
Un jour entr’autres , ayant été chargé de faire le compte
des bestiaux et des chevaux du village, pour asseoir une
taille destinée à payer une contribution de guerre, il se
rendit chez le bourgmestre Delsaux qu’il trouva dans sa
cuisine. « Compère, dit-il, combien avez-vous de chevaux?
» — J’en ai dix, répondit le bourgmestre, en activant son
» feu. — Dix ? reprit Lefèbvre étonné, et depuis quand
» n'en avez-vous que dix ? — Depuis toujours, répliqua le
» bourgmestre. Allez compter, si vous voulez. » Or Lefèbvre
savait parfaitement le contraire. Il se souvint alors d’avoir
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aperçu le fils Delsaux sur le chemin du bois avec trois
chevaux.
Cette petite improbité l’irrita et il la reprocha aigrement
au bourgmestre, qui lui donna un démenti brutal et l’accusa,
à son tour, d’avoir fait tort à la communauté. —
» J’ai été deux fois bourgmestre, s’écria Lefebvre au
» comble de la fureur, j’ai rendu mes comptes et celui qui
d m’accuse est un coquin. »
A cette insulte, Delsaux leva la main, mais il n’eut pas
le temps de l’abaisser. Lefèbvre se jeta sur lui, le renversa et
le laisa à moitié mort de coups de poing et de coups de pied.
Le comte de Groesbeck, informé du fait, commença
contre Lefèbvre des poursuites, auxquelles ce dernier crut
mettre un terme en faisant ses excuses à la justice. Mais le
comte ne se contenta pas de si peu et, grâce à ses
instances, Lefèbvre fut, sur rencharge des échevins de
Liège, condamné à un voyage de Walcourt et aux frais.
L’irritation de Lefebvre contre le grand bailli, auquel il
attribuait, non sans raison, l’humiliation de cette flétrissure
judiciaire, se soulagea par de « hauts propos. » De son
côté, le comte Jacques, d’un caractère impétueux, hautain
et entier, jugea la peine trop douce pour un homme qui
se permettait de lui tenir tête et de proférer contre lui des
paroles insolentes. Entre le riche bourgeois et le grand
seigneur revêtu des plus hautes fonctions du pays, se creusa
un abîme de haine. Dans la lutte qui s’engagea, le grand
seigneur ne fut pas toujours le plus fort, et le triomphe final
du bourgeois contredit singulièrement les prétendus récits
historiques fabriqués tout exprès, pour prouver à nos géné¬
rations que la liberté individuelle, l’égalité de tous devant
la loi et l’impartialité de la justice sont autant de conquêtes
de la Révolution.
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D’abord le comte Jacques crut avoir trouvé une excel¬
lente occasion de satisfaire à la fois son ressentiment et la
passion de s’arrondir qu’il tenait de son père.
Lors de la vente faite à Lefebvre par Lambert de Goreux
du fief de Vaudémont, celui-ci s’était formellement réservé
le droit de retrait conventionnel. Grâce à l’amiable inter¬
vention du comte de Milendonck et du seigneur de Lis¬
bonne, Goreux consentit à vendre ce droit au comte de
Groesbeck et profita même de l’occasion pour le vendre
fort cher. Voici la teneur de l’acte :
« Le 20 mars 1687, Lambert de Goreux, collateur des
* cure et chapelle de Couvin, commissaire de S. A. S. trans-
» porte à Messire Jacques comte de Groesbeck et de Wem-
» ling, vicomte d'Aublain, grand bailli d’Entre-Meuse-et-
» Sambre moyennant mille patagons une fois et 50 pata-
» gons pour un bijou à sa femme, le droit de retrait con-
» ventionnel qu’il a à la maison et fief de Vaudémont qu’il
» avait cédé au profit de Paul Lefèbvre, sous la condition
» de ce retrait conventionnel, le 3 mars 1676, parmy le
>» prix et somme de 2935 florins et 5 patards déboursez par
» la dame supérieure de S l .-Sépulcre de Mariernbourg,
» laquelle somme de 2935 florins sera refurnye au bon
» plaisir dudit seigneur comte, en tant moins des dits mille
» patagons, et le surplus sera délivré au dit s r Goreux au
» mois de juin prochain, et au pardessus de laquelle somme
» de 1050 patagons, ledit seigneur comte devra de plus
» rendre les impenses et améliorations de la réparation de
» la grange, faites par ledit s r Lefèbvre, autant bien que
» les frais d’agriculture, selon droits et coutumes de ce
» pays de Liège, parmy quoy ledit s r de Goreux le subroge
» à ses lieu, place et degré.
» Passé au château de Pesches, dans la grande salle, en
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» la présence de vénérable maistre Nicolas Bertrand et du
» s r de Lisbonne (Robaulx), témoins. »
Fort de son droit de retrait, le comte obligea Paul
Lefèbvre 1 à lui transporter le fief de Vaudémont et le lui
paya la somme de 5000 florins, somme assurément énorme
si on la compare au 2935 fl. payés par Lefèbvre, même en
faisant la part de la réserve faite par Goreux. Le marché
fut réalisé à la cour d’Aublain le 27 juillet suivant. Selon
l’habitude des grands propriétaires de cette époque, le
comte Jacques n’avait pas les 5000 florins à la main. Pour
se libérer il chargea sa terre d’Aublain d’une rente de
312 7î florins au profit de Lefèbvre.
Paul Lefèbvre et surtout ses deux fils, jeunes gens intel-
1 Voici un document qui prouve qu'au XVII siècle, plus d’un bourgeois de la
châtellenie possédait comme les Lefèbre sinon l’opulence, du moins une plantu¬
reuse aisance :
Par testament fait le 7 septembre 1650, en présence du curé de Dailly, du
vicaire d’Aublain et des échevins de la cour et justice de Dailly, Pierre Colin,
raeulnier propriétaire à Dailly,
Ordonne à son héritier de faire dire 300 messes pour le repos de son âme.
Lègue à Antoine Clignart, son neveu, l'usufruit du moulin de Fagnolles, dont
la nue propriété est léguée aux filles de feu Martin Colin , son frère.
Laisse à Jeanne Colin, sa nièce, tous ses biens du duché de Luxembourg,
notamment à Veraine.
Laisse à Anne Colin, épouse Phil. Henrion, deux vaches.
Laisse à Elisabeth Colin, épouse à Philippe Pierlot.le rendage écheu de sa cense
de Baileux, qu’elle lui doit.
Laisse à Hubert Clignart, son demi frère, les biens qu’il a achetés sur Nismes.
Laisse à Béatrix Wilmot, sa servante, quatre vaches.
Fait à Jean Clignart, son neveu, héritier universel de ses biens meubles et
immeubles consistant dans le moulin de Dailly, maisons et cense de Baileux,
près, terres et héritages à Aublain, cens, rentes échues en argent, droits et
actions, crédits et debtes actives.
A condition de payer à Catherine Colin , femme de Nicolas Gérard , sa nièce,
la somme de mille florins complétant la somme de 1500 florins qu’il avait
promise à son traité de mariage.
Comme aussi de faire célébrer ses exèques , les 300 messes et 6 reids
descoussis pour les pauvres.
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ligents et instruits, ressentirent vivement l’espèce d’affront
fait à leur famille et devinrent des ennemis acharnés de
leur seigneur.
Un jour, comme il se rendaient à Boussu, armés de
fusils, ils rencontrèrent sur leur route André Guillaume,
échevin d’Aublain, grand partisan du comte. Ils l’abor¬
dèrent et, après un échange de gros mots, le bourrèrent de
leurs fusils et le blessèrent gravement. Le comte entama
aussitôt des informations contre eux et fit même arrêter
le cadet. Mais les échevins de Liège ne trouvèrent pas
les faits suffisamment prouvés et donnèrent gain de cause
aux deux jeunes gens, le 24 octobre 4689.
Or, durant le cours du procès, le comte se trouvant à
Philippeville, apprit de M. de Naves, gouverneur de \a place,
qu’un personnage, se disant Monsieur d’Aublain, avait arrêté
un cheval de M. Bosquet, commissaire du roi. D’après les
renseignements qu’il recueillit, il crut reconnaître l’un des
Lefèbvre. Son indignation ne connut plus de bornes et il
l’exhala dans le billet suivant qu’il expédia à l'instant même
à Lefèbvre, par un commis.
Philippeville ce 6® de may 1689.
« Monsieur de Naves, gouverneur de cette place, me dit
* qu’une certaine personne se disant Monsieur d'Aublain
» avoit arresté quelque cheval au nommé Bosquet, com-
» missaire du Roi. Je fus surpris qu’un autre que moi fut
» sy téméraire que de prendre ce titre. Je vous avertis,
» Lefèbvre, que je ressens l’affront que vous me faites en
». prenant mon titre, à vous faire donner cent coups de
* baston et vous faire le village d’Aublain trop petit, ne
» voulant souffrir dans un si bon lieu des gens qui ne sont
» bons en aucun endroit ! Je vous ferai repentir de vos
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» témérités, infâme que vous êtes et indigne que je mette
» la plume à la main pour vous escrire ces lignes, que je
» suis obligé pour vous faire connoistre mon ressentiment
» comme vostre maistre. »
(signé) Le comte de Groesbeck.
La suscription portait : « pour Lefèbvre, perturbateur du
» repos publicq. »
Le même commis porta aux bourgmestre, mayeur et
échevins d’Aublain, la lettre suivante :
Philippeville, ce 6 e de may 1689.
« Messieurs, j’apprends qu’il y a des gens qui n’aiment
» qu’à brouiller la paix dans mon lieu d’Aublain : comme
» cela est contre la charité chrétienne et justice, je vous
» envoyé ce billet, vous commandant de ne souffrir en
» aucun billet ny de procureurs qui viennent troubler le
» repos bien nécessaire, et sy ces sortes de gens sont sy
» hardis d’y procéder contre mon commandement et prin-
» cipalement les Lefèbvre, dont l’un par son avarie insa-
» tiable, et l’autre, par son peu de respect et emportement
» portent le désordre parmv nos bons subjects, je sauray
» les chastier en son temps, espérant, avec la grâce de
» Dieu, estre bientôt à Aublain et vous rendre la tranquillité,
» laquelle je tacheray maintenir autant qu’il me sera
» possible. »
* Vostre affectionné
(signé) Le comte de Groesbeck.
Les Lefèbvre produisirent ces lettres devant la cour des
échevins, où elles furent habilement commentées par leur
avocat.
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Le comte de Groesbeck, loin de comprendre combien il
s’était compromis par ces lettres écrites ab irato et que
pouvait seul excuser un premier et violent accès d’in¬
dignation , aggrava sa position par une nouvelle faute.
Exaspéré par le succès évident de la défense de ses adver¬
saires, il prit une mesure qui revêtit la couleur d’une sorte
de défi à la cour, en ordonnant à la justice de ne plus
reconnaître Paul Lefèbvre comme échevin. Cet ordre,
donné sous l’influence évidente de la passion du moment,
était ainsi conçu :
< Nous soubsigné, pour des raisons à nous connues,
» défendons à Paul Lefèbvre de plus se mêler d’aulcune
» fonction eschevinale dans notre cour et justice d’Aublain,
» l’absoudant de son serment à ce sujet; ordonnons à nos
» bourgmestres et eschevins dudit Aublain de plus cognois-
» tre pour tel ledit Lefèbvre, ny de le plus souffrir dans
» leur corps, ce que nous voulons estre ponctuellement
» observé, faulte de quoy serat agi contre l’un et l’autre,
» comme nous trouverons convenir. ®
« Fait à Liège le 16 de juillet 1689. »
Les Lefèbre n’eurent rien de plus pressé que de placer ce
mandement seigneurial, absolument illégal et contraire aux
lois coutumières du pays, sous les yeux de leurs juges, qui
s’en montrèrent scandalisés. Us obtinrent en même temps
(11 août) de M. de Naves, à qui ils donnèrent des explica¬
tions , parait-il, satisfaisantes, un certificat, dont il n’existe
malheureusement plus que des débris, mais dont leur
avocat prétendit tirer la preuve qu’ils ne s’étaient jamais
qualifiés de seigneurs d’Aublain.
Ce que les rais ont bien voulu laisser de ce certificat ne
permet de lire que ces mots :
«Je certiffie à qui il appartiendra que. Lefèbvre,
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» d’Aublain, lequel ayant.qu'il avait.le s r Bos-
* quet.seigneur d'Aublain. c’esl s ans y prendre
» garde, t
« Fait à Philippeville le 41® d’aoust 4689. »
lsigné) Naves.
Les derniers mots semblent impliquer cependant un
aveu du fait et seulement la dénégation d’une intention
formelle.
Quoiqu’il en soit, le comte de Groesbeck apprit à ses
dépens la valeur du proverbe verba volant, scriptamanent.
En dépit de toutes ses démarches, il perdit son procès
comme nous l’avons dit plus haut, et eut le cruel chagrin
de voir triompher ses adversaires.
A en juger par son caractère, le coup dut lui être sen¬
sible. Mais tout passe en ce monde, et d’habitude les
caractères les plus vifs sont les plus généreux. D’ailleurs,
il y a lieu de croire que les Lefèvre revinrent aussi à réci-
piscence, car le plus ardent des fils de Paul, celui-là même
que le comte de Groesbeck avait fait mettre en prison,
entra dans les ordres et, en 4703, il était curé d’Eppe 1 .
Un indice plus sûr encore de ce retour à de bons rap¬
ports, se rencontre dans le fait que le comte François de
Groesbeck nomme, en 4701, Toussaint Lefèbvre, l’autre fils
de Paul, mayeur d’Aublain.
Toussaint manifesta sa reconnaissance de ce bon procédé,
en consentant, au nom de son père, le 49 septembre 4705,
sur l’intervention du comte de Groesbeck, à transiger avec
la communauté d’Aublain, dont il réclamait 4255 fl. et 6 pat.
et à se contenter de 653 fl. 6 pat. Mais ce qui milite le
plus en faveur de la réconciliation, c’est que le comte de
1 Paul Lefèbvre mourut à Chimay, le 26 décembre 1707.
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Groesbeck oublia bientôt de payer la rente qu’il avait con¬
stituée à Paul Lefèbvre pour le fief de Vaudémont et que
celui-ci prit patience pendant plusieurs années. Cependant,
au bout de ce laps de temps, Paul Lefèbvre crut avoir suf¬
fisamment usé de longanimité : il réclama et, ne recevant
pas de réponse satisfaisante, il obtint saisie légale de la
terre d'Aublain, le 4 mai 1702. Ce fut plus d’un an après,
qu’il parvint enfin à se faire payer du capital, des arrérages
et de ses frais par Marie-Jospèhe d’Harscamp, femme du
comte Jacques François de Groesbeck, le tout montant à
6005 florins 17 pat. et 16 deniers.
La faculté de créer les rentes et l’insouciance avec laquelle
on recourait à ce moyen, entraînaient, on le voit, de graves
et dangereuses conséquences. Une fois que ces rentes étaient
créées, les gentilshommes ne s’en inquiétaient guère ; mais
ils avaient beau faire attendre les créanciers, un jour arri¬
vait où ceux-ci, aidés de la justice, prenaient une terrible
revanche. A l’époque où le comte Jacques faisait, à des
prix onéreux, l’acquisition du fief de Vaudémont, il négligeait
de payer, depuis plusieurs années, diverses rentes consti¬
tuées par son père ou son aïeul. Aussi eut-il des embar¬
ras assez pénibles. Le 13 octobre 1690, sa terre d’Aublain
fut saisie à l’instance de Conrad de Méan, créancier d’une
rente de 73 florins. La saisie était à peine levée, qu’Arnold
de Senzeilles-Soumagne, seigneur de Fraisneux, obtint un
arrêt de saisie pour une autre rente non payée. Mais lors¬
qu’il voulut le faire signifier, les sergents d’Aublain
refusèrent de s’en charger, disant qu’ils perdraient leurs
places, et Soumagne fut obligé de prendre son recours aux
échevins de Liège-
En 1694, nouvelle saisie par Everard Lavalle, créancier
d’une rente de 100 florins depuis longtemps non payée.
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A la vérité, les temps étaient durs pour tous, grands et
petits, car Aublain eut fort à souffrir de la guerre, durant
les années 4692 et 4693.
Les' armées françaises l'écrasèrent de réquisitions et, à
plusieurs reprises, la communauté fut obligée d’emprunter
des sommes assez élevées à Jacques Bosquet, mayeur de
Mariembourg. Son bourgmestre, André Malacord, fut même
jeté en prison pour quelque retard dans la fourniture des
rations commandées.
Le 25mars4686, mourut à Aublain le comte Jean, depuis
plusieurs années malade et oublié '.
Son fils Jacques releva, le 44 mai, à Chimay deux fiefs
amples dits le fief Gérard Martin et le fief du Buisson, entre
les mains de Henri de Preumont, seigneur de Tourpes,
gouverneur de Chimay, bailli des fiefs en relevant.
Lecomte Jacques avait en 4676 perdu sa femme, morte
à Anvers. Dans le contrat de mariage de son fils Jean
Joseph, il est mentionné comme époux, en secondes noces,
de Marie Françoise de Berghes, comtesse de Grimberghe. Ce
second mariage ne le rendit pas plus économe et, en 4689,
le 24 septembre, obligé de rendre ses comptes de tutelle à
son fils, Jean-Joseph, il se trouva avoir disposé des biens
maternels de ce dernier et lui céda en remplacement la
vicomté et terre d’Aublain, avec le moulin, les meubles, les
chevaux et bestiaux y appartenant.
Ce fils, Jean-Joseph, épousa par contrat du 26 janvier 4690,
Guilhelmine de Mérode, héritière du comté de Groesbeck *.
Dans le contrat, Jacques est titré comte de Groesbeck, de
1 Sa femme, Jacqueline de Montmorency, chargée, en 1686, de 64 hivers, se maria
pour la troisième fois, en 1692, par conséquent, à l’âge de 70 ans, avec Ferdinand
Joseph comte de Hamal, baron de Vierves.
* Ce comté, créé en 1610 par l’Empereur Rodolphe en faveur de Jean IV de
Groesbeck, chef de la branche ainée, était passé dans la maison de Mérode par le
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Wernling et du St. Empire, visconte d’Aublain, baron de
Cbémelies, libre seigneur du pays et château de Saftingen,
Bellaert, Hestel, Vudekenskerke, Ostende, Wenighen,
Stermesant, Serveskerke, Eynliesen, Vueshank, Calishveck,
en partie souverain de Hengerseyck, gouverneur et grand
bailli d’Entre-Sambre-et-Meuse.
Guilhelmine est comtesse de Groesbeck, dame de Masac-
ker et Apelter, chanoinesse de S te . Waudru à Mons ; elle
est assistée de sa mère Albertine Madelaine Bonne, née
marquise de Westerloo, comtesse de Mérode, baronne de
Bronckhorst et Battenbourg, de Petersem, comtesse douai¬
rière de Groesbeck, relicte de feu Maximilien Ferdinand
comte de Mérode et de Groesbeck, baron de Jehay, Gous-
sencourt, Murer, seigneur de Masacker, Apelter, vivant,
grand mayeur de Liège, premier officier de Son Altesse et
chef de la noblesse du pays de Liège. Le contrat ne cite en
dehors du père du futur et de la mère de Guilhelmine
qu’une seule personne, Lambert de Liverloo, chanoine et
archidiacre de Hesbaye, en la cathédrale de Liège, prévôt de
St. Feuillen à Fosses, en la maison duquel se passe la
réunion.
Jean-Joseph apporte la seigneurie et vicomté d’Aublain,
dont son père abandonne l’usufruit qu’il s’était réservé 1 ,
mariage (1631) de Maximilienne comtesse de Groesbeck, fille unique de Jean IV,
avec Jean II, baron de Mérode , seigneur de Golzenhofen, Jehay, Mheer, etc., co¬
lonel d'un régiment de cuirassiers et gouverneur de Huy , dont elle fut. la pre¬
mière femme.
Guilhelmine était leur petite fille.
Le savant auteur de la généalogie allemande de Mérode nous apprend que la
mère de Guilhelmine se remaria en 1695, à l’àge de 48 ans, avec Théodore Fer¬
dinand de Waha-Baillonville. Dès 1699, les nouveaux époux étaient séparés et la
mère de Guilhelmine mourut en 1717 ou 1718.
1 Le comte Jacques, trouvant sans doute l'appoi t de son fils un peu maigre
en présence de la dote de M 11 * de Mérode, crut lui donner un peu plus d*étolle,
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Guilhelmine le château, comté, terre et seigneurie de
Groesbeck, sa part dans la dime de Nil et la collation de
la cour du dit lieu, relevant de la cour souveraine d’Arnhem,
la moitié des terres et seigneuries de Masacker et Apelter,
la cense d’Onraet, au quartier de Waha, etc.
Ce mariage comblait les vœux du comte Jacques et fai¬
sait rentrer le comté de Groesbeck dans la famille. Mal¬
heureusement ce bonheur n’eût que la durée d’un éclair,
car Jean Joseph fut enlevé par la mort, le 10 février 1694,
sans laisser d’enfants. La veuve, le 30 mai 1692, fit avec
son beau-père une transaction par laquelle elle renonça à
ses droits sur Aublain. Le 14 mai 1695, elle se remaria
avec Engelbert Frédéric, comte de Bryas, marquis de
Molinghen, baron de Moriamez et d’Hernicourt, seigneur
de Fumay et Revin, colonel au service d’Espagne. Ce sei¬
gneur fut tué en 1703 au combat d’Eckeren. Incapable de
supporter le veuvage, Guilhelmine contracta une troisième
union à S l -Jacques, à Bruxelles, le 13 mai 1706, avec don
Thomas Gaétan d’Aragon, colonel au service d’Espagne.
Elle mourut le 4 octobre 1739 et a été enterrée à Namur
dans l’église des Franciscains.
Elle eut maille à partir avec sa sœur Cathérine-Thérèse,
mariée en 1688 à Maximilien François, comte de Mérode,
seigneur de Nalines et de Solre, au sujet du comté de
Groesbeck. Mais elle gagna son procès en 1696.
du moins à la vue, en stipulant en outre, qu’il cédait à son fils ses prétentions
contre M. le duc de Ventadone (?) sur la comté de Tournan, Albon, Roussillon
et autres biens lui appartenant à titre de feu Madame la marquise de Rye Balan-
çon, comtesse douairière de Wiltz (desquels le dit seigneur Jacques, comte de
Groesbeck, se réserve l'usufruit pour lui et pour haute et puissante dame Marie
Françoise de Berghes, née comtesse de Grimberghe, sa femme actuelle).
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En l’année 4699, elle vendit au baron de Wachtendonck
le comté, qui, en 1788, est devenu la propriété des États
de Gueldres. Marie Françoise de Berghes, seconde femme
du comte Jacques, étant morte peu après son beau-fils,
une transaction intervint le 6 mars 4693, entre le comte
Jacques et le prince de Berghes, au sujet des biens délaissés
par cette dame.
Le seul acte que nous connaissions de Jean-Joseph est
un emprunt contracté par lui conjointement avec son beau-
frère, le comte de Mérode, d’une somme de 3000 patagons,
soit environ 6330 florins, moyennant une rente de 300 florins.
Tous les deux engagèrent leurs biens en hypothèque à
leur prêteur Michel Henri de Rosen, seigneur de Chinstrée,
échevin de la souveraine justice de Liège et député aux
États.
Comme cette hypothèque est donnée sous forme de vente
ou transport, suivant les us légaux du temps, l’auteur de
la généalogie allemande de Mérode, épouvanté de la dis¬
proportion des biens vendus avec leur prix, en conclut à
un besoin extrême d’argent. Son étonnement eût été plus
grand encore, s’il eut eu connaissance de l’engagement
simultané de la vicomté d’Aublain ; mais la réflexion l’eût
assurément éclairé.
Selon toute probabilité, cet emprunt appartient à la caté¬
gorie de ceux faits pour compte de corps constitués,
ainsi que nous en avons vu plusieurs exemples.
Dans l’année même du mariage de Jean-Joseph, en 4690,
le 49 juin, eut lieu celui de son frère Jacques-François,
avec Marie-Joseph deHarscamp, fille de Ponlian, baron de
Harscamp, et d’Anne-Catherine de Hovyne. Le comte
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Jacques avait promis au contrat une somme de mille florins;
mais il ne les avait pas plus à la main en ce moment que
lors de l’achat deVaudémont. En 1699, après l'accord fait
avec la veuve de Jean Joseph, redevenu maître d’Aublain, il
céda le 24 juin, à Jacques-François, les meubles et la basse-
cour du château d’Aublain, estimés à6000 florins, et s’en¬
gagea à lui payer mille florins par an et les intérêts, jusqu'à
la concurrence de 4000 florins.
Jacques-François fit relief d’Aublain par la mort de son
frère, le 19 juin 1709. Dans cet acte, il est qualifié grand-
bailli d’Êntre-Sambre-et-Meuse.
Il n’est plus guère question depuis lors du comte Jacques,
qui vécut encore près de trente ans et mourut en 1727,
âgé de 87 à 88 ans.
En 1702, Aublain était encore au pouvoir des Français,
ainsi que le constate un ordre du commandant français
de Mariembourg, enjoignant aux bourgmestres d’Aublain de
mettre au clocher un veilleur chargé de sonner le
tocsin à l’approche de l’ennemi, afin que les habitants
eussent, en cas d’alerte, le temps de prendre les armes.
Couvin, bien que démantelé, avait alors une garnison
liégeoise que commandait un sieur Le Beau, capitaine au
régiment de Dobbelstein, et qui s’entretenait aux dépens
des villages de la châtellenie.
On constate à cette époque que le jeu favori des habi¬
tants d’Aublain était le jeu du fer, consistant « à planter
» deux buttes d’une distance convenable, après lesquelles
» les joueurs jetaient à qui serait le plus près. »
En 1714, Aublain respire et pense à payer ses dettes.
Le 13 mai, la communauté vend, avec la permission
de l’évêque, 230 bonniers de raspes de divers âges au
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s r Jacquier de Châlons, moyennant l’engagement pris par
celui-ci de rembourser au comte de Groesbeck deux rentes
ensemble de 298 florins, constituées pendant les guerres et
dont le capital avait servi, en 1706, à retirer des mains du
s r Desmanet, maître de forges à Virelles, cent bonniers
de bois des aysements engagés à des conditions très-
onéreuses.
Les circonstances s’étant ainsi améliorées par la bonne
administration des biens de la communauté, celle-ci fit
rebâtir à neuf les murailles du frontispice de l’église. On
fut obligé pour cela de démonter les cloches et de démolir
le petit clocher qui menaçait ruine. La communauté réso¬
lut ensuite de bâtir l’année suivante une tour pour y
pendre les cloches. Les bourgeois consentirent à se priver
de leur chauffage afin de subvenir aux frais. D’autre part,
.le comte céda quelques pieds de la cour d’une maison qu’il
possédait près de l’église.
Un record du 23 août 1728, fait à l’occasion du procès
soulevé par Baillet, fournit d’utiles indications sur le
ménage intérieur de la communauté d’Aublain.
» Tous les ans, y est-il dit, à la conduite de nostre
» mayeur, nous allons visiter tous les grands chemins de
» ceste juridiction, le 25 may, pour voir sy toutes les
» hayes sont bien réparées et bouchées; à quel effet
» nostre mayeur donne à la justice 48 patards pour la dite
» visite, et ceux qui sont trouvez en défaut paient amende
» ou s’en accomodent avec ledit officier mayeur.
» Personne de ce lieu ne peut mettre son fumier sur le
» chemin du seigneur, à peine d'amende arbitraire ; mais
» un chascun le doit déposer sur son héritage, et ceux qui
» se sont émancipez de faire autrement ou en ont eu la
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i> permission du seigneur comte ou de ses prédécesseurs,
» ou en ont payé l’amende et cela de tout temps immé-
» morial et nous n’avons aucune connoissance du contraire.
» Le gros du village d’Aublain estant sur une colline ou
» plutôt sur une montagne, les eaux qui s’écoulent sur les
» grands chemins ne peuvent estre prises par les particu-
» liers pour dériver des rigoles sur leurs jardins ou pâtis,
» sans la permission dudit seigneur ou de ses prédécesseurs,
> de temps immémorial, lesquelz l’ont accordée quelquefois
» à titre onéreux et de reconnaissance.
» Quand aux poids et mesures chez les marchands,
» disons et recordons que nous avons toujours vu de noz
» prédécesseurs que la justice des communs seigneurs et
» celle du seigneur comte a été visiter les poids et
» mesures et mettre à l’amende tous ceux qui se sont
» trouvez en défaut, et les ont très souvent payées à ses
» officiers mryrur ou procureur d’office.
s Que presque tous les ans, à l’exemple de noz devan-
» ciers de temps immémorial, nous allons avec un maître
» maçon ajourné visiter les cheminées et fours du lieu
» d’Aublain et qu’à l’avis dudit expert, nous les avons fait
» enfoncer et réparer soubz amende.
» Disons, recordons et attestons que nous avons de tout
» temps, duquel il n’y a pas de mémoire du contraire,
» vu payer par tous les cabaretiers dudit Aublain un
» pot, mesure de jauge, au seigneur ou à son officier à
» chaque pièce de bière, au mayeur demy pot appelé droit
» de tente, puis à chaque eschevin ou sergent de justice
» une pinte à chaque pièce. »
Un acte passé devant la cour d’Aublain en 1731, nous
apprend que, le 30 août 1726, le feu du ciel étant tombé
sur la maison de Guillaume François, la réduisit en cendres,
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ainsi que plusieurs autres et spécialement la grange, l’écu¬
rie et une partie du presbytère ; « que pour éviter à l'ave-
» nir un pareil danger, le révérend Joseph Herkenne,
» religieux de Floreffe et curé d’Aublain, acheta des héri-
» tiers de feu Gaspard Cuvelier une maison, jardin et
> courtil pour y bâtir une grange séparée des autres bâti-
» ments, que, bien que cet achat eut été fait sous le nom
» de feu son frère, François Herkenne, échevin de la cour
» souveraine de Huy, il l’avait fait de ses propres deniers
» et que la grange serait toujours la grange du curé. Or pour
» assister le dit curé à bâtir la dite grange, la communauté
s d'Aublain a consenti à lui donner cent écus qu’il confesse
» avoir reçus... Pour éviter toutes difficultés à l’avenir pour
» les bâtiments pastoraux, le dit curé, qui, depuis son entrée
» à la cure d’Aublain, en 1713, a toujours fait bâtir et agran-
» dir ses édifices, déclare par le présent acte qu’il les a tou-
» jours faits sans aucun secours de la communauté, pour son
» plaisir, et que, si le cas advenait que les dits bâtiments
» viendraient à être consumés par le feu ou autre accident,
» la communauté dudit Aublain ne pourrait être obligée à
» les rebâtir sur le même fondement, mais qu’elle ne
» serait tenue qu’à l’édification et entretien des édifices
» pastoraux, conformément aux statuts archidiaconauz, se
» conformant à l’usage des villages de Dailly, Gonrieux,
» Boussu et autres de la châtellenie de Couvin. »
On ne peut que louer la prudence des administrateurs
d’Aublain, en regrettant qu’elle soit si rare parmi les édiles
de nos communes.
Ce curé Herkenne mérite d’attirer notre attention; mais
avant de parler des divers incidents qui ont marqué son
passage à la cure d’Aublain, il convient de dire quelques
mots de ses prédécesseurs.
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Nous avons déjà vu que le frère André Taxillis avait été
le premier religieux prémontré investi de la cure d’Aublain,
dont la collation appartenait à l’abbaye de Floreffe. Ce
digne prêtre s’imposa de très grands sacrifices et se donna
mille peines pour restaurer le presbytère et ses dépendances,
pour le meubler et pour enrichir la sacristie de l’église de
vases sacrés, d’ornements, etc.
Il ne demeura cependant par longtemps en fonctions,
car le jour de S l -Jean Baptiste de l’an de grâce 1633, il fut
remplacé par le frère Arnould de Condé, religieux de
Floreffe, lequel nous apprend qu’il acheta de son prédéces¬
seur, moyennant 200 florins, une certaine quantité de
linge c qui, écrit-il dans le registre des dimes, appartenant
» à la cure, ne valait pas grand chose. *
Ces curés moines se ressentent des habitudes régulières
du couvent. Ils ue négligent aucun détail, notent exacte¬
ment tout ce qui leur parait de quelqu’intérêt et tiennent
leurs registres avec un ordre parfait, inconnu avant eux.
Ils remontent même dans le passé et aiment à se renseigner.
Par eux, nous savons que le curé Messire Jacques
Boileau, nommé vers 1599, n’ayant pas trouvé de maison
pastorale, fit compeller la communauté devant l’official de
Liège pour la contraindre à édifier un presbytère avec
granges et étables, et que, le 5 avril 1600, les parties s’étant
rapprochées, la communauté acheta à François Moituyer,
greffier d’Aublain, et à la veuve Roland, « une maison
> cure, bastie de pierres, avec grange et jardin*, pour être
i à toujours la maison d’un curé d’Aublain, parmi l’acquit-
» tement par la communauté de 12 florins de rente, dus
» au bailly de Pesches » et réserve faite au profit du curé
du droit de contraindre les manants de Longpret de four-
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nir leur quote-part, laquelle sera employée par lui à l’édi¬
fication et réfection de la maison susdite.
Au temps d’Arnould de Condé, en 1645, un grand incendie
dévora plusieurs maisons du village et entr’autres les bâti¬
ments de la cure. Les circonstances ne permettant pas à
l’abbaye de Floreffe de venir en aide ou frère Arnould,
celui-ci se résigna à supporter la dépense des reconstruc¬
tions nécessaires, dépense qui monta à plus de quatre mille
florins. La communauté lui fournit pour toute assistance un
subside de 30 florins.
Le frère Arnould est très minutieux. Quand il engage
une servante, il appelle des témoins et dresse une sorte de
contrat ; ce qui nous permet de savoir qu’à cette époque,
les gages d’une bonne servante consistaient en une somme
annuelle de 24 florins, plus une paire de souliers.
Après le frère Arnoulx de Condé, apparaît le frère A. de
Compère. Les régistres paroissiaux conservent de ce curé
une * notule des molestations et que le nommé Toussaint
» Lefèbvre a prétendu lui causer depuis l’année 1692.
La voici :
« La première année 1691 s’est passée tranquillement;
» mais en 1692, il a présenté requête à M. l’Intendant
» Voisin, pour m’obliger à payer la contribution. La copie
» de la requête m'a été envoyée, elle était pleine de faus-
» setez et on la peut encore trouver dans mes papiers.
» Il a voulu aussi me faire loger (des soldats) comme les
» autres. Même il avait persuadé à la justice de faire un
> billet pour venir loger chez moi à M. de Letflar, capi-
» taine de cavalerie. Il s’est présenté. Je lui ai dit que
» jamais je n’avais été logé et que, s’il trouvait bon de
» prendre logement chez moi, je le ferais déloger II s’est
» retiré, disant qu’en France on ne logeait pas les curés.
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328
» Il (Toussaint) s’est plaint à Mgr. de Rosen notre archi-
» diacre, ayant émendiqué la veille de Noël des fauxtesmoi-
* gnages, allant de maison en maison, de nuit. Il avançait que
» j’avais laissé mourir des personnes sans être administrez
» des sacrements, par ma faute ou négligence, et alléguant
» trois ou quatre articles encore très faux. J’en parlai
» publiquement à l’église, en présence de monsieur le
» comte et de madame, d'un capitaine et de toute la com-
» pagnie qui assistaient à la messe, et fis voir clairement
» ses impostures. Ensuite j’écrivis à Mgr. l’Achidiacre. Il
» fut conseillé de me demander pardon. Il avait, en même
» temps, écrit une lettre à notre très-révérend prélat
» Fl. de Hert, par où il diffamait injustement mon vicaire,
» F. C. Descliamps. Monsieur l’abbé m’envoya sa lettre,
» et j’eus l’honneur de lui écrire qu’il se reposerait sur
» moi et que je prenais à ma charge la justification du
» confrère. Je n’en ai plus oui parler. Il menaçait, dans
» sa lettre, d’avoir recours au Général, en cas que monsieur
» l’abbé ne lui ferait pas justice.
» Il a prétendu de ne pas donner la dîme des oignons,
» même l’a refusée. Mais sachant que j’avais écrit à Liège
» pour le contraindre, il envoya sa servante, avec une
» gironce d’oignons, disant que j’en prendrais ma disme et
» qu’il n’en avait pas davantage. Je dis à sa servante que
» je ne me gouvernais pas par intérêt et que ce m’était
» assez qu’il pliait. J’en pris une poignée et renvoyai la
» servante.
» Il a refusé la disme des chaperons, qu’on couvre les
» tassiaux des blancs grains, en août, pendant que j’étais
» à l’élection d’un prélat. Il a voulu persuader M. le comte
» de Groesbeck, père, qu’on n’en devait pas la disme.
» M. le comte s’en fit informer. Il apprit qu’elle était due.
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329
» Le dit Lefebvre en avait déjà levé 14 ; il a dit des injures
» au sieur Malsan, mon vicaire, prestre séculier; enfin il
» fut conseillé de rendre les chaperons, avant que je serais
» de retour de Floreffe.
» Il a refusé de payer le disme des herbes qu’il faisait
» pasturer par ses bestes, ou faucher pour leur donner. Je
» l’ai tiré en procès à Liège et quant il a vu qu’on faisait
> les informations, il a employé M. l’avocat Bosquet afin
* de s’accommoder. Il a toujours payé la disme et l’ac-
» commodément est entre les papiers de la cure, à Floreffe.
» Il avait fait une emprise sur l’un de mes douaires ; nous
» sommes encore venus aux informations et il a prié d’un
» accommodement, qui est dans mes papiers. Il me laisse
» mon douaire, comme il doit.
» Il a travaillé trois ans pour chasser Lambert Wauthier,
» mon magister. Enfin à la première feste de Pâques, de
» l’an 1709, il a présenté le clercque de Renué, qui ne
» valait guères et qui était ivroigne. La communauté ne
» l’a pas voulu. Mais notez que quand la communauté
» l’aurait accepté, pourveu que j’aurais eu un seul avec
» moi, j’étais maître, puisque je fais autant, en ce cas, que
» la communauté tout entière, et si la communauté tout
» entière, nul excepté, était contraire, il faudrait avoir
» recours au supérieur. Cette famille a aussi tasché de
» troubler le repos de mon prédécesseur. Plut à Dieu
» qu’ils se convertissent et que leurs héritiers soient bons,
» justes et raisonnables ; j’espère que les confrères, mes
» successeurs, seront toujours telz. »
Dans un autre endroit, le Fr. de Compère revient sur ses
» démêlés » avec Lefebvre et brosse en quelques coups de
pinceau vigoureux le portrait de ce spécimen curieux des
tyranneaux de village.
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330
Nous citons :
* Notule des frais de procez contre Lefebvre, mayeur
» d’Aublain, homme perturbateur, qui m’a molesté autant
» qu’il a pu depuis douze ans que je suis ici. Plut à Dieu
» qu’il n’en eut voulu qu’à moi. Mais je crois qu’il n’y a
» point de famille dans Aublain qu’il n’ait insulté par une
» maudite avarice, jointe à une ambition connue à tout
» le monde. Et cependant le comte François l’a fait
» mayeur d’Aublain, en 4701, pour être le fléau de son
» village et peut-être qu’un jour il sera le sien. »
Lorsque le Fr. Herkenne prit la place du Fr. de Compère,
Toussaint Lefebvre n’était plus mayeur ; mais son carac¬
tère, tel que nous l’a tracé si énergiquement le curé de
Compère, ne s’était modifié en rien, ainsi que l’atteste le
document suivant, tiré des mêmes registres paroissiaux.
» L'an 1716, en présence du haut et puissant seigneur
» Jacques comte de Groesbeck et de frère Joseph Her-
» kenne, est venu dans la maison pastorale du dit François
» Herkenne, curé d'Aublain, le s r Toussaint Lefèbvre,
» practicien et bourgeois du dit Aublain, lequel a donné là
» même verbalement la maison de feu son frère, prestre
» et, en son temps, curé d’Eppe, dans le diocèse de Laon,
* pour être à perpétuité la demeure d’un chapelain séculier
» pour servir la paroisse de la basse messe et instruction
» de la jeunesse, en qualité de maître d’école, sous condi-
» tion que le dit curé lui permetterait le banc qu’il avait
» accordé à feu son frère, dans la chapelle de Notre-
» Dame du Rosaire, dans l’église paroissiale du dit Aublain,
» à quoi le dit curé a bien voulu condescendre, en vue
» d’une donation pareille et d’un bienfait si utile à sa
» paroisse. Et de fait le dit curé a souffert que le dit Lefèbvre
» se serait placé de temps en temps, en attendant patiem-
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33-1
* ment l’effet de ses promesses, mais inutilement, puis-
» qu’il a loué la susdite maison et la loue encore actuelle-
* ment. Ce pourquoy, pour l’engager à donner réellement
1 et se déshériter judiciellement de la dite maison, en
» faveur de que dit est, il a été trouvé convenable d’enlever
» le dit banc et de le renvoyer à sa maison, ce qui a été
* fait le 25 juillet 1722, par Jean Gamand, sergeant du
» seigneur, protestant les dits seigneur et curé soussignez
» d’estre toujours prêts à luy laisser remettre, en accom-
» plissant la condition pour laquelle on luy avait permis.
» Ainsi déclaré et attesté, le 18 juin 1724 par les sous-
> signez. >
lSignéj Le Comte de Groesbeck ,
Fr. Herkenne, curé r’Aublain.
Le silence des registres paroissiaux, après l’inscription
de cette intéressante pièce, prouve que Toussaint Lefèbvre
continua à oublier ses promesses de hâbleur et à louer la
maison de son frère, préférant ainsi les satisfactions de
< sa maudite avarice à celles de son ambition connu à tout
» le monde. »
Un peu plus tard, en 1733, le curé Herkenne faillit être
la victime d’un attentat, sans exemple dans le pays.
Un matin du mois de mai, entre 4 et 5 heures, une
femme d’Aublain, nommée Barbe Martinelle, se présenta
à la cure et demanda si le curé était chez lui. L’une des
deux servantes, Jeanne Barbier, lui répondit que M. le curé
était sorti. La femme Martinelle s’informa s’il rentrerait
bientôt et Jeanne ayant voulu savoir si elle avait donc
quelque chose de pressant à communiquer au curé, elle
dit qu’il y avait chez elle des hommes qui désiraient lui
parler.
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332
Peu après, la femme Martinelle se présenta de nouveau
au presbytère, suivie de quatre hommes étrangers à la com¬
mune et, rencontrant la seconde servante, Catherine, seule
à la cuisine, lui demanda si M. le curé était rentré. Cathérine
répondit affirmativement et voulut mener son interlocutrice
à la chambre de son maître ; mais celle-ci déclara qu’elle
saurait bien se guider seule et monta immédiatement l’es¬
calier avec deux des quatre étrangers, laissant les deux
autres avec Catherine dans la cuisine. Quelques minutes
après, la femme Martinelle redescendit et rentra dans la
cuisine.
Au même instant, les deux voleurs entrés dans la
chambre du curé, se jetèrent sur lui à l’iraproviste et, lui
mettant le pistolet sur la poitrine, le sommèrent de leur
remettre son argent. Le curé, homme vigoureux et brave,
se défendit en appelant à l’aide.
Catherine, entendant les cris de son maître, voulut mon¬
ter ; mais Barbe Martinelle l’en empêcha, disant que le curé
se disputait avec des visiteurs, et sortit aussitôt.
Le bruit de la lutte augmentant, Cathérine n’y tint plus.
Elle se précipita dans l’allée de la maison, appelant à grands
cris le vicaire, M. James, logé dans une autre partie du
bâtiment. Elle n’eut pas le temps de renouveler ses appels,
car les deux hommes restés à la cuisine la saisirent et, bran¬
dissant d'énormes bâtons, voulurent la forcer à se taire et
à rentrer dans la cuisine ; mais elle se jeta à terre en con¬
tinuant ses clameurs. Au bruit, le vicaire d’un côté, Jeanne
Barbier de l’autre, accoururent: ils trouvèrent les deux
hommes le bâton levé sur la tête de Catherine, qui, en
apercevant le vicaire, lui cria bravement : « Par ici, M. James,
» à la chambre de M. le curé, on l’assassine. »
Le vicaire se précipita vers l’escalier ; aussitôt les deux
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333
hommes qui tenaient Catherine, s’élancèrent sur lui. le
jetèrent de côté et allèrent sans doute prévenir leurs com¬
pagnons, car un instant après, ils descendirent tous les
quatre et s’enfuirent.
Les paysans les poursuivirent vainement. Une instruction
fut ouverte, la femme Martinelle arrêtée, mais les registres
de la justice sont muets sur les suites de l'affaire.
Le 7 juillet 4727, mourut le comte Jacques de Groes-
beck, chargé d’années, rare exemple de longévité dans la
noblesse du pays. La même année, le 49 août, son petit-
fils Alexandre-André-François épousa Elisabeth-Catherine
Barbe, baronne van Schuren de Haeghorst et du S l -Empire,
dame de Dussen et de Dussen-Munsterkerk, fille unique
de Jean-Louis et d’Anne-Elisabeth Heerman de Zuydwyck.
Lors de ce mariage, Jacques-François, fils du comte
Jacques et père d’Alexandre-André, était chambellan de
l’électeur de Cologne, prince-évêque de Liège, conseiller
en son conseil privé, grand-bailli de l’Entre-Sambre-et-
Meuse, député de l’Êtat noble de la province de Namur,
poste qu’il occupa pendant dix-huit ans.
C’est contre lui que le s r Baillet, receveur général des
décimes dans la châtellenie de Couvin, souleva en l'année
4725 un procès des plus importants, réclamant le 40
denier de toutes les ventes qui s’étaient faites à Aublain
depuis un temps très-éloigné. Cette réclamation ne tendait
à rien moins qu’à la ruine totale de la communauté,
dont le comte Jacques-François épousa chaudement les
intérêts.
Comme Baillet s’appuyait sur les anciennes chartes de
la châtellenie, les besoins de la défense obligèrent les
avocats du comte à des recherches historiques, auxquelles
nous devons la plupart des documents qui nous ont servi
dans ce présent travail.
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334
Le procès fut soutenu de part et d’autre avec beaucoup
de vigueur, et les différents actes forment une montagne
de dossiers.
Baillet exhiba cinq copies du record de l’an 1300, charte
de la châtellenie. Les avocats du comte contestèrent leur
authenticité, en faisant remarquer des différences assez
sensibles. Au risque de quelques répétitions, nous repro¬
duirons brièvement les différents points qu’ils établirent,
parce qu’ils peuvent servir de renseignements utiles.
Le haut-voué percevait à Aublain les revenus que touche
aujourd’hui le prince. Observons ici que, pour les avocats
du comte, Thomas de Couvin était haut-voué. Il avait une
partie de la seigneurie foncière sur certains héritages et
fonds particuliers, sur lesquels il pouvait percevoir des
cens, des rentes, voire le 10* denier de tout vendage.
Il y créait une justice foncière, qui jugeait des censives
lui dues sur son tréfond.
Cette justice s’appelait la cour des Tenants et consistait
en un mayeur et trois échevins, lesquels se prenaient hors
du nombre de la haute- cour par les communs seigneurs
d’Aublain.
Aux communs seigneurs appartenaient l’action et l’appré¬
hension en criminel et le jugement à leur justice, à la
rencharge des échevins de Liège, et l’exécution au haut-
voué , à l’officier duquel on remettait le criminel à Couvin.
Ni à Boussu, ni sur le bois du Parsonnier (200 bonniers)
le prince n’a prélevé le droit du 10 e denier.
A Boussu, il n’avait pas le droit de terrage sur les
aisances.
A Gonrieux, le prince levait seul le 10 e denier.
A Nismes, le haut-voué seul.
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335
A Nismes et à Dailly le haut-voué était seul seigneur.
Le procès dura plus de vingt ans. Jacques-François
n’en vit pas la fin ; mais il eut la consolation d'obtenir,
en 1729, un premier triomphe devant la cour des échevins
de Liège.
Ëaillet, débouté de ses prétentions, forma appel devant le
conseil ordinaire. 11 succomba de nouveau le 16 décembre
1745. Le comte Jacques-François était mort l’année précé¬
dente.
L’intraitable receveur-général porta alors la cause devant
la chambre des comptes ; mais celle-ci, animée d’un sage
esprit de conciliation et probablement peu convaincue
que Baillet eut chance d’avoir raison de deux instances
différentes, s’eflorca d’appointer les parties. A la suite de
nombreuses conférences, le comte de Raigecourt, prési¬
dent de la cour des comptes, réunit chez le comte de
Groesbeck, muni des pleins pouvoirs de la communauté
d’Aublain, le bourgmestre Rauk de Liège et l’avocat de
Jaren, conseiller à la chambre des comptes ; une trans¬
action définitive fut conclue, en vertu de laquelle Baillet
se désista de ses prétentions. La communauté d’Aublain
fut maintenue dans la liberté de disposer, comme autrefois,
de ses bois communaux et les frais et dépens furent
compensés entre parties, moyennant payement une fois
fait de 3000 florins au comte de Groesbeck.
Le prince ratifia cette transaction le 20 mai 1747, et la
chambre des comptes l’enregistra le 26 du même mois.
D’autres soucis non moins grands troublèrent les der¬
nières années du comte Jacques-François. Depuis quelque
temps, un souffle d’autonomie administrative semblait avoir
agité les villages de la châtellenie. Nismes, Gonrieux,
Dailly, puis successivement Boussu, Pesches, Petigny et
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Olloy, avaient réclamé et obtenu, avec ou sans le consen¬
tement de leur seigneur, l’autorisation de faire administrer
les biens de la communauté par un corps électif, en
dehors de l’influence seigneuriale.
Les bourgeois de ces villages se plaignaient que la
justice scabinale, chargée jusqu’alors des soins de cette
administration, fut trop dans la main du seigneur, qui en
nommait les membres et prétendait en faire des instru¬
ments. Les habitants d’Aubiain n’avaient pas échappé à
cette influence, que propageaient avec ardeur les Lefèbvre
et autres notables, naturellement hostiles au comte.
A les entendre, leur seigneur abusait de son autorité,
nommait échevins des hommes sous sa dépendance absolue,
comme le fils de son jardinier, et commandait en souverain
à Aublain.
Un de leurs principaux griefs était d’être gênés dans
l’exercice de leurs droits d’abattre des chênes pour bâtir.
En outre, la lutte soutenue avec succès par le comte, en
leur nom, contre le fisc princier, avait fait germer dans leur
imagination le désir de se soustraire à certaines charges
seigneuriales qui leur paraissaient écrasantes. C’est ainsi
qu’ils en étaient venus à nier au seigneur le droit de com¬
mettre un officier bailli et d’exiger des amendes pour les
délits commis dans les bois communaux.
Il suffit d’avoir lu les lettres du comte Jacques aux
Lefèbvre, pour se rendre compte de la manière dont ce
seigneur et son fils envisagaient leurs droits. Les conces¬
sions faites à leurs voisins et quelques difficultés avec le
comte sur l’exploitation des bois aysements, les détermi¬
nèrent à adresser à l’évêque une supplique, qui, grâce
aux démarches du comte, fut mal accueillie.
Le comte Jacques-François crut calmer cette agitation
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en promulguant fie sa propre et souveraine autorité un
nouveau règlement, bien fait assurément pour conserveries
bois et donner satisfaction aux plaintes sur la dévastation
des forêts d’aisements.
Mais eût-il été cent fois meilleur, que son origine le
rendait suspect. D’ailleurs, les peines comrninées parurent
exorbitantes et les bourgeois tenaient avant tout à être
maîtres du marteau. En d’autres termes, ils préféraient
moins de précautions contre eux-mêmes, en faveur de leur
postérité, et plus de jouissance immédiate.
Voici ce document :
« Nous Jacques François, né libre baron et comte de
» Groesbeck, Wemmeling et du saint Empire, seigneur et
» vicomte d’Aublain, seigneur de Franc- Warct, Gelbres-
» sée, Purnode, Caloz, Roly, Sart en Fagne, etc.
» Estant parvenu à nostre connoissance que, nonobstant
» plusieurs réglements émanez des seigneurs vicomtes
ï> d’Aublain, nos prédécesseurs, au sujet de la conservation
» des bois, tant de fulaye qu’autres, en nostre terre et sei-
» gneurie d’Aublain, nos liabitans et subjels dudit lieu se
» seroient relâchez sur l’exécution d’iceux, en sorte qu’il
» se trouve beaucoup de désordres et mauvais réglements
» et voulant y pourvoir et remédier par un réglement plus
» précis et dont l’exécution ne sçauroit trop mériter les
» attentions de nos officiers, nous avons ordonné en faveur
» du bien publicq, par forme de règlement, les points et
» articles suivants :
» 1° Qu’il devra y avoir en nostre village d’Aublain un
» marteau publicq pour servir à marquer les bois de haute
b fustaye pour les bâtiments, qui portera les lettres : G et A,
» signifiant Groesbeck et Aublain.
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» 2° Que le dit marteau sera déposé en ferme publique
» de la justice, où il y aura au moins deux clefs, et ne
» devra sortir des mains d’un membre de justice, lorsqu’on
» ira marquer les arbres pour les bâtiments.
» 3° Que ceux de noz sujetz qui seront dans le cas
» d’avoir besoin de réparer leurs bâtiments, ils devront
» faire visiter leurs bâtiments par un charpentier qui devra
» déclarer en justice, sous son serment, la quantité et qua-
» lité d’arbres dont ils auront besoin pour les susdits bâti-
» ments, le tout pour la plus grande conservation des bois.
» 4° Qu’après la dite déclaration signée, le mayeur ou
» un échevin se transportera sur les bois pour marquer
» dudit marteau tant au pied qu’au corps, et ne marquera
» que ce qui sera précisément et absolument nécessaire en
» veillant à la plus grande conservation des dits bois et
» tiendra un mémoire de la quantité et pour qui, conte-
» nant le jour qu’il les aura marqués, pour y avoir recours
» en justice au besoin, en payant par le bourgeois qui aura
» les dits arbres pour tout salaire du membre de justice
» qui ira marquer les dits arbres, deux esoalins courant
» pour chaque voyage.
» 5° Qu’il ne pourra marquer aucun arbre pour autres
» particuliers dans le mesme voyage, ne fut qu’ils l’ayent
» obtenu par enseignement de justice, comme dessus,
» auquel cas de permission accordée les deux escalins seront
» répartis par quantité d’arbres à proportion du temps.
» 6° Qu’il ne sera permis de marquer aucuns arbres
» dans les bois dont la raspe ou taillis ne sera âgée de plus
» d’un an de recroissance.
» 7° Que les arbres ainsy accordez et marquez devront
» estre coupez, abattuz et transportez hors des bois au plus
> tard trente jours aprez la dite marque, à peine de con-
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339
» fîscalion et d’amende de troiz florins d’or pour chaque,
» outre la privation de n’cn pouvoir prétendre d’autres.
» 8° Qu’il ne sera permis de marquer ni couper aucuns
» jeunes baliveaux de belle expectation, pour faire gistes
» et chevrons, mais bien des arbres de mauvaise essence,
» propres à scier pour les convertir ès dits usages, sans
» aussy en pouvoir couper pour ourdages des granges ny
» autres.
» 9. Que lesdils arbres estant transportez hors dudit
» bois dans le temps susdit devront estre mis en œuvre
» dans les six mois ensuivants , après le transport, aux
» mesmes peines et amendes que dessus, dont on pourra
» demander le renseignement et faire conster de l’aplicat
» destiné, ne fut pour cause légitime de prolongation qu’ils
» devront aussy représenter en justice pour obtenir une
» prolongation de délay pour mettre leurs bois en usage.
» 10. Que lesdits arbres ne seront employez qu’à la
» charpente nécessaire pour les bâtiments de logements et
» non pour aucunes huisines, ouvrages de menuiserie,
» ny meubles, sous peine de confiscation et amende de
» cinq florins d’or.
» 11. Que tous branchages desdits arbres et bouts d’iceux
» qui seront marquez par les charpentiers et qui resteront
* sur les bois seront passez au plus offrant au profit de la
» communauté.
» *12. Que quiconque coupera, abattera ou fera couper,
b abattre et emmener hors des dits bois aucuns arbres de
» fustaye ou baliveaux, sans observer ce qui est icy réglé et
» prescrit, eschéra en l’amende de cinq florins d’or pour
» chaque arbre, outre le dommage ou double dommage à
» la communauté.
* 13. Que les charretiers , pères et mères pour leurs
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* enfants, maîtres ou maîtresses pour leurs valets et
» domestiques, seront recherehables pour toute faute par
» eux commise ès dits bois, soit en coupant, ou brûlant et
» les faisant périr.
» 14. Que tous ceux qui contreviendront à chaque article
» du présent règlement, auxquels il n est déterminé de peine
d et amendes, entoureront celle de cinq florins d'or pour
» chaque aibre, oulre le dommage et double dommage à
» la communauté et ce, pour la première fois, de double
» pour la seconde et de plus griève, en cas de préjudice
» ultérieur. »
Loin de calmer le mouvement, ce règlement, que le comle
considérait comme topique, le développa, parce que les ma¬
nants d’Aublain y virent non des satisfactions et des garanties,
mais une affirmation hautaine des droits et de la volonté
du maître. Au mois de juin 1741, ils envoyèrent à l'évêque
une nouvelle supplique dans laquelle, après avoir exposé
que les membres de Injustice M'étaient que les instruments
aveugles du seigneur et que le nouveau règlement de
celui-ci enlevait le marteau aux mains des bourgmestres
pour le remettre à la justice, c’est-à-dire au seigneur, ils
sollicitèrent l'autorisation d’élire une régence, composée de
cinq personnes qui administreraient les intérêts commu¬
naux, conjointement avec les bourgmestres.
Le comte, informé de cette démarche, écrivit de son
côté à l’évêque pour tâcher de faire échouer la demande.
Il consentait bien disait-il, à ce qu’on accordât aux
bourgeois l’établissement d'un corps de six personnes élues
pour administrer les intérêts communaux, sans l’interven¬
tion de la justice ; mais il eut soin de faire suivre cette
concession d'observations de nature à l’annuler et émit, en
terminant, l’espoir que Son Altesse bornerait sa réponse
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à maintenir la légitime autorité du seigneur. Il fit remar¬
quer qu’à Oignies, il y avait un conseil d’administrateurs
renouvelable tous les ans, mais nommés par le comte de
Hamal sur une liste double de candidats élus, et il insinua
qu’à la rigueur il se plierait à une combinaison de ce
genre.
Les habitants, connaissant l’opposition de leur seigneur,
profitèrent d’une absence de celui-ci pour se réunir, mal¬
gré la défense formelle qu’il leur en avait fait faire avant
de partir, et insistèrent auprès du prince-évêque en s’ap¬
puyant sur ce qui était fait pour les autres communes.
Sans attendre d’ailleurs la réponse de l'évêque, ils élu¬
rent, le 25 juin, Georges François et Nicolas Dams pour
bourgmestres, et six autres personnes, chargées avec
lesdits bourgmestres, de régir et administrer les biens,
droits et actions de la communauté, pendant un an, à
partir des plaids généraux des Rois prochain, après lequel
terme ils seraient obligés de faire assembler les habitants,
chaque année, aux dits plaids des Rois, pour procéder à
l’élection de nouvelles personnes, sauf que les bourgmes¬
tres seraient encore un an en exercice pour renseigner
les nouveaux élus.
Ils décidèrent aussi que le corps des élus aurait un coffre
à trois clés et devrait rendre compte de sa conduite, des
sommes perçues et dépensées, deux mois au plus tard après
sa sortie.
Devant une attitude aussi résolue, le comte crut devoir
s’incliner. Il ratifia donc l’élection du 25 juin et se contenta
de réclamer pour l’avenir la faculté de nommer la moitié
des élus, comme le comte de Hamal et le marquis de
Florennes.
Mais le prince-évêque approuva purement et simplement
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le recès des habitants d’Aublain, par apostille du 16 sep¬
tembre 1741.
Le 2 novembre suivant, les bourgmestres, les élus et la
généralité des habitants s’étant réunis, décrétèrent en pré¬
sence de la cour de justice, qui en donna acte, le règle¬
ment suivant :
* Ce jourd’huy, 2° de novembre 1741, par devant nous la
» haute cour et justice d’Aublain, ensuite de l’advertance
» publique donnée par son de cloche, à l’effet soubscript,
» sont comparu sy que spécialement convoqués les élus de la
» communauté dudit Aublain, savoir Georges François
» bourgmestre du dit lieu. avec le reste de
» l’université de ladite communauté, à la réserve de quel-
» ques-uns qui ne s’y sont pas trouvés, lesquels voulant
» autant qu’ils peuvent remédier aux abuz qui s’étaient
» glissez touchant le réglement de leurs bois communs, se
» sont accordez aux points et articles suivants, avec pro-
» messe que ceux qui pour le futur seront élus de la eom-
» munauté, prêteront serment de faire leur possible pour
» qu'ils soient inviolablement observés, et à cet égard seront
» maintenus par le reste de la commauté , dont venant
» premièrement à la raspe, ils sont convenus ensemble
» et unanimement accordés que les coupes qui se font d’an
» en an devront être abattues au premier de may, au plus
» tard, à peine de n’y plus rien prétendre cette année là ;
* que ceux qui seront trouvez avoir arraché quelques
» plantes de bois, ou même notablement endommagé la
* racine, devront restituer à la communauté cinq sols cou-
» rants pour le blanc bois et dix pour le chêne, avec fraix de
» visite; que ceux qui auront besoin de clayes ou lattes à
» couvrir pour leurs édifices, devront s’adresser aux élus qui
» dénommeront lieu où il faut les prendre ; que tous char-
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343
» tiers qui auront besoin d’arbres pour louches ou timons de
» eharriot devront le déclarer aux dits élus, qui leur en
» feront marquer pour trente sols la louche et quinze sols
» le timon ; que s’ils se présument d’en abattre sans per-
» mission, seront tenus à restituer le dommage aussi haut
» que pourra s’estimer ; le même sera observé pour avoir
» des râteliers, échelles et civières qui seront accordés gratis.
» Quant au pâturage, il sera permis aux chevaux de
» pâturer à cinq ans et aux bestes à cornes à sept ans de
» recroissance. Le fagotage et arrangement des leignes
» devra être achevé au 15 e jour de juin et voituré au
» premier de novembre de la même année, par les chemins
» anciens, sans en faire des nouveaux, à peine de répara-
» tion desdits chemins et de prétendre l’intérêt commun
» contre ceux qui seront en défaut de fournir à leur part
» de corvée, comme appert des édits de S. A. Chaque
» bourgeois devra au surplus laisser en sa portion huit
» estaples de la taille des plus belles et apparentes, sans
» toucher aux autres surâgées, à peine de perdre l’intérêt
» de leur portion pour cette année là, et quand, par com-
» mun accord, on sartagera la coupe des portions, on
» devra avoir tel égard que si le feu les faisoit périr, sera
» faite restitution du dommage, comme sera trouvé par
» visite l’année suivante.
» Revenant au bois de futaye, est semblablement accordé
» que les élus se transporteront gratis pour la première
» fois marquer quarante estaples des plus belles et appa-
> rentes, qui seront réservées à chaque coupe pour les
» nécessités publiques.
» A quel sujet y aura un marteau, qui sera mis au coffre
» de la communauté muni de 3 clefs, et n’en sortira hors
f des mains d’un des dits élus ou charpentiers qui se devront
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344
» transporter une fois sur le bois gratis, en nombre de
» deux pour le moins, pour marquer les bois convenables
» aux bâtimens des bourgeois, lesquels devront aux plaids
» des Pâques remontrer leur nécessité et la faire exami-
» ner par le charpentier, qui. après serment, se devra
» joindre aux dits élus et frapper la marque A B sur ce qui
» sera destiné aux requérants avec le plus d’économie que
» faire se pourra; qu’il ne sera permis comme a été cy-
» devant de couper de jeunes baliveaux de belle expecta-
» tion pour faire des chevrons ou gîtes, mais bien des
» autres de mauvaise essence ou propres à scier pour les
» convertir ès dit usage.
b Que tous bouts d’arbres ou de branches qui resteront
» sur le bois séparez de leurs corps seront vendus au plus
» offrant et au profit de la communauté. Qu’il ne sera
» permis d’en user pour ordage autrement qu’en distance
» égale à celle des gîtes sur lesquelles on mettra les clayes.
» Qu’il ne sera permis de couper aucun arbre dans des
» tailles de plus d’un demy an de recroissance sans grande
» nécessité; que les estaples ainsy accordées, marquées et
» abattues devront être transportées hors la taille en 40 jours
» de temps et être mises en œuvre 6 mois après, ne fut-ce
» que pour cause légitime on voulut accorder plus long
» terme à ceux qui le demanderont.
» Ne sera aussi permis sans nécessité remontrée ou re-
» connue d’abattre aucun arbre après le 1 er de mai et si,
» après ce terme, il convenait d’en marquer, le requérant
» devra payer aux élus chacun un escalin pour leur vaea-
» tion et, afin qu’on ne les dissipe, brûle ou prodigue, les
b dits élus devront tenir notule de ce qu’ils auront mar-
» qué ; le particulier devra en rendre compte l’année sui-
b vante pour que le superflu coupé par erreur soit remis
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345
» à ceux qui en auront nécessité parmy indemnisant le
» charriage.
» Quiconque sera, contre ce que dessus, trouvé avoir
» mésusé, sera recherehable pour la double valeur par la
» communauté, celuy qui sera en défaut de renseigner le
» bois lui accordé sera tenu à pareille restitution, ne fut-il
» qu’il prête serment de ne savoir ce qu’est devenu ledit
» bois et qu’il a apporté bonne diligence pour le conserver.
» A l'égard du salaire des élus, ils auront chacun deux
» esquelins pour vacation de leur visite sur le bois, qui
» sera payé par celui ou ceux qui seront trouvés en défaut ;
» pour les autres vaccations comprises sous le mot gratis,
» comme est cy dessus dit, de même que les assemblées
» tenues dans le village, discussions publiques, renseigne-
» ments de deniers, publications d’ordonnances et sem-
» blables, ils auront un écu vieux par au de gage, et comme
» dorénavant les assemblées publiques seront, à la réserve
» des plaids généraux, tenues chez le bourgmestre des
» élus, il aura un écu à raison du feu qu’il devra fournir.
» Ainsi fait, etc. »
Ces mesures, qui anéantissaient le règlement du comte
Jacques-François et constataient l’indépendance de la com¬
munauté, au point de vue des intérêts communaux, ame¬
nèrent naturellement de nouveaux froissements entre le
seigneur d’Aublain et ses bourgeois. Toutefois, on finit par
s’entendre et, le 3 septembre 4743, une transaction eut
lieu sur les bases suivantes :
1° La communauté reconnaît Monseigneur le comte de
Groesbeck comme seigneur haut-justicier d’Aublain, ayant
droit d’établir des officiers baillis dans la juridiction d’Aublain
pour veiller à la bonne discipline.
2* Elle confesse qu’il lui a dûment compété une action
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346
à cause des délits et amendes commis dans les bois com¬
munaux ; que la communauté avait voulu mal à propos se
soustraire à « la juridiction du seigneur, qui appartient à
» lui seul, à l’exclusion de tous autres, déclarant de plus
» qu’ils n’ont aucune part ni connaissance à certain écrit
» de montrance servi de leur part, le 16 mai 1743, qui
» demeurera anéanti et non avenu, d’autant que dans cet
» écrit ils auraient voulu en quelque façon contester la
» juridiction hautaine dudit seigneur, à cause du procès
» agité entre lui et le sieur Baillet, receveur général du
» prince de Liège, au sujet du 10 e denier; ils déclarent au
» contraire que ce procès n’est agité qu’au profit de la
» communauté, pour laquelle ledit seigneur a intervenu,
» s’obligeant lesdits bourgeois d’Aublain qu’encore qu’ils
» veuillent établir un sergent, qu’il sera tenu de prester
» le serment en tel cas requis par devant la haute cour de
o justice d’Aublain; de plus que ledit sergent devra faire
» tous ses rapports de même que le sergent du seigneur
» au greffier dudit Aublain, pour en prendre inspection,
» tant pour leurs dommages, que l’officier dudit seigneur
» pour l’amende.
» 3°. En condescendance de ladite déclaration et soumis-
» sion, le seigneur comte veut bien modérer les amendes
» à cause du pâturage commises dans les bois communaux,
» seulement pour et en faveur des habitants d’Aublain et
» non autres,tant pour le passé que pour l’avenir, à la somme
® de 25 patards pour chaque rapport d’amende de pâturage
» dans les bois communaux.qui se feroit du jour et le double
» pour amende de nuit. »
Ainsi se termina, à la satisfaction des deux parties, un
débat qui avait paru très-menaçant à l’origine.
Cette transaction en amena une autre. Depuis longtemps
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347
des contestations s’élevaient au sujet du droit d’afforage
dû par les cabaretiers tant au seigneur qu’à la justice. Sur
l’initiative du comte Alexandre de Groesbeck, le I7avril 1749
un accord se fit sur les bases suivantes : « Il sera payé,
» pour chaque brassin, 24 pots de bière, qui se répar-
» tiront comme de coutume, petits ou grands brassins,
» parmy quoy chaque cabaretier jouira du droit d’exemption
» d’un demi brassin annuellement. Des 24 pots, 6 au
> seigneur, 3 au mayeur, 3 au corps de justice et 12 aux
» échevins et sergents. A l’égard des pièces d’eau-de-vie
» ou brande-vin de la contenance de 60 et 100 pots, sera
» payé 3 */ a pots, à répartir comme dessus. Les pièces ou
» tonneaux au-dessus ou au-dessous du nombre de 100 pots
» paieront à proportion, sur pied de 80 pots, de même
» que toutes autres liqueurs et boissons, parmy aussi
» payant à chaque brassin certain droit appelé fouyas, con-
» sistant en un quartier de pain et un quartier de fromage
» pour le corps de la justice. »
En 1747, Aublain eut à subir encore des passages de
troupes françaises. Le 21 mai, logèrent deux bataillons du
régiment de la Marck, le 22 un bataillon du même régiment,
le 24 deux bataillons de Courten, Suisse, et deux escadrons
du régiment de cavalerie de Talleyrand.
Une ordonnance du baron de Laire, intendant du Hainaut,
fixait pour chaque jour les entretiens suivants : Pour un
lieutenant-général, 34 rations fourrages de cavalerie et
*/ï corde de bois ;
Pour un maréchal de camp, 24 rations fourrages de cava¬
lerie et '/* corde de bois ;
Pour un brigadier, 16 rations fourrages de cavalerie et
7« corde de bois ;
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348
Pour un major-général, 16 rations de fourrages de cava¬
lerie et ‘/s de corde de bois ;
Pour un aide-major-général, 8 rations de fourrages de
cavalerie et 7 10 corde de bois ;
Pour un commissaire-provincial, 8 rations fourrages de
cavalerie et 7s corde de bois ;
Pour un commissaire ordinaire, 6 rations fourrages de
cavalerie et Vio corde de bois.
Ainsi que nous l’avons dit, le comte Jacques-François
était décédé en 1744.
Il laissa sept enfants, deux fils et cinq filles, tous non
mariés, sauf un seul, Alexandre-André dont nous avons
rapporté le mariage.
Alexandre-André avait fait relief des seigneuries d’Au-
blain, Roly, Pesches, Treigne dès le 20 mai 1744, par
la mort de son père. Il renouvela ces reliefs les 7 sep¬
tembre 1770, 2 août 1773 et 24 novembre 1785.
Il eut la bonne fortune de recueillir le fruit des efforts
de son père dans le procès suscité par Baillet.
Le 7 janvier 1756, aux plaids généraux d’Aublain, la
communauté recesse que le comte Alexandre a racheté,
moyennant cent écus, une rente d’un demi-cent de fer et
d’une livre de cire et qu’elle abandonne audit seigneur le
regain et le pâturage de la prairie dite-glacière , sous con¬
dition qu’il la fermera, en reconnaissance des dons qu’il
a faits pour la construction d’une église neuve.
C’est pour meubler cette église neuve que, le 2 novem¬
bre 1755, les bourgmestres firent marché avec Jean Mugo-
leau, menuisier à Pesches, « pour deux autels collatéraux
» et deux confessionnaux, plus la façon d’un banc commun
» pour garnir l’église et quelqu'autre baqalelle , pour 165
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349
» pièces à couronne de six livres de France chacune, paya-
s blés à mesure que l’ouvrage se fera. »
L’église meublée, il fallut penser à garnir le clocher de
cloches convenables.
Une difficulté se présenta. Le village de Lompret faisait
partie de la paroisse d’Aublain et, à ce titre, devait contri¬
buer à la dépense des cloches.
Mais lorsqu’on demanda aux habitants de faire leur quote-
part dans la nouvelle dépense, ils s’y refusèrent, sous prétexte
que, séparés d’Aublain par une montagne prodigieuse (sic)
et hérissée de bois, ils n’entendaient jamais la cloche.
D’ailleurs, ajoutaient ils, on n’a qu’à s’adresser aux décima-
teurs qui sont tenus à l’entretien de la cloche décimale, la
seule nécessaire.
Un arrêt rendu contre eux par le conseil souverain du
Hainaut ne les rendit pas plus souples. A ce sujet, nous
rencontrons dans les pièces une note d’où il résulte qu’en
1770, Aublain comptait 108 feux, non compris Lompret;
que le village avait seulement deux cloches, l’une pesant
200 livres l’autre décimale du poids de 400 livres, qui
était insuffisante et que le curé décimateur refusait de
faire grossir.
Une apostille du 9 mai 1770, rendue par le prince-évêque
sur une supplique des gens d’Aublain, déclara la cloche à
la charge des paroissiens non suffisante et ordonna aux
bourgeois de Lompret de sommairement fournir leur con¬
tingent, les condamnant aux frais. En même temps, la
communauté d’Aublain fut autorisée à vendre deux parcelles
de terrains communal pour subvenir aux frais des nouvelles
cloches.
Déjà elle avait conclu marché pour le travail avec le
s r Duforêt, maître fondeur, qui avait fait des cloches
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350
pour la commune de Neuville. Un an plus lard, Duforêt,
qui avait probablement trop de commandes, s'adjoignit,
avec le consentement de la communauté, le s r Bérard,
autre maître fondeur de cloches. Nous reproduisons ce
marché comme pièce curieuse et intéressante :
» Ce jourdhui, 30 juin 1769, le soussigné Claude Duforêt,
® maître fondeur de cloches, déclare d’être convenu avec
» mayeur et échevins et bourgmaitres et autres sousignés
» de la communauté d’Aublain, en suite des plaids généraux
» de la S 1 Remy dernier, lequel il a été résoudé et recessé
>, de faire de neufs cloches ; en conséquence, nous la court
» et autres adjoints, avons conclu en la forme et manière
» suivante, savoir que desdites cloches la première pèsera
» douze cent, la deuxième neuf cent et la troisième six
» cent ou environ, dont il sera payé audit fondeur trente
» deux sols argent de France de chaque livre de tout le
» métal qui sera nécessaire en la dite fonde et deux sols
» argent dit de chaque livre de notre petite cloche ; il est
» convenu avec le dit Duforêt, qu’il refondra la cloche déci-
» male pour le prix d’un louis, parmy luy livrer le bois,
» charbon et briques nécessaires à cet usage et quant au
» métail qu’il soit en dit d’expert. Il est conditionné que
» ledit fondeur devra mettre telles lettres sur les dites
» cloches que la communauté trouvera convenir.
» Quant au paiement, on est convenu qui se ferait dans
» deux ans datte de cette, je dis du jour que lesdites cloches
» seront pendues, que ledit fondeur s’engage de garantir
» les dites cloches pendant le terme d’un an, à commen-
» cerdujour qu'elles seront pendues en place pour les faire
» sonner, que les dites cloches devront être pesées au poids
» de Mazée à l’agréation des dit mayeur et échevins etbourg-
» maîtres et autres de ladite communauté ; que les dits
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351
» pourront faire voir et visiter les dites cloches pendant la
» dite année qu’elles seront pendues par quel maître et
» expert qu’ils trouveront convenir, que ledit fondeur se
»• soumettra à leur censure avec obligation de réparer à
» ses frais les défauts ou manquemens qui pourroient, à
» leur jugement, s’y trouver.
» Il est aussy convenu de se conformer au marché que la
» communauté de Neuville ont fait avec ledit Duforêt. Nota :
» que ledit fondeur ne se rendra audit Aublain pour faire
» les dites cloches que lorsqu’on le fera venir.
Suivent les signatures.
» Le s r Bérard, maître fondeur en cloches, est convenu
» d’être pour le présent marché avec ledit Claude Duforêt,
» pour faire les dites cloches d’Aublain, lequel les sousignés
» s’obligent de faire un accord en dit d’expert et musicien. La
i grosse cloche pèsera 14 ou 15 cent environ et les autres à
» proportion. Nota : que le premier paiement se fera par
» moitié à la Toussaint prochain et l’autre dans un an à
» datte de cette, en pareil jour, étant convenu que les dites
» cloches seront faites pour le dernier jour d’août. Ainsi
» fait le 8 juillet 1770. »
En 1766, un malfaiteur, nommé Barvels, de Gonrieux,
ayant été mené en prison à Couvin, pour y voir faire son
[irocès, le comte de Hamal, en qualité de grand-bailli,
donna l’ordre aux communautés d’envoyer des hommes
pour garder la prison. Elles obéirent. Leurs hommes furent
logés dans une maison voisine de la prison et y demeurèrent
tant que dura le procès de Barvels, qui fut condamné à
mort et exécuté à Gonrieux, le 22 septembre 1766. La cor¬
vée avait été lourde; mais quelle ne fut pas la surprise
des communautés, lorsque la ville de Couvin réclama do
chacune d’elles sa part des frais d’hébergement, sous pré-
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352
texte que l’obligation d’héberger les hommes appelés pour
faire le guet et défendre les remparts ne s’étendait pas à la
garde des prisonniers, La plupart résistèrent et un procès
s’engagea, qui se trouvait en 1784 pendant devant la cour
impériale de Wetzlaer.
Ce litige se compliqua d’autres procès intentés, l’un par
les seigneurs d’Aublain et de Boussu , à propos des tailles
sur les bois ordonnées par la communauté de Boussu et
auxquelles ils n’entendaient pas se soumettre, l’autre par
le comte de Hamal, qui, posant en fait que les chartes de
Couvin étaient altérées, interpolées, partant faussées, pré¬
tendait en conclure que les bourgeois n’avaient aucun droit à
la chasse et que celle-ci appartenait exclusivement au prince
et aux seigneurs. Pour tâcher d’obtenir quelqu’appointe-
ment sur le procès des gardes, les gens de Couvin con¬
vièrent les bourgmestres des villages à une assemblée à
Couvin.
Informé de cette convocation, le comte de Groesbeck
défendit aux bourgmestres d’Aublain de se rendre à l’as¬
semblée. Mais ceux-ci passèrent outre et déclarèrent à la
réunion qu’il n’avaient pas connaissance qu’un des leurs se
fut jamais plaint à leur seigneur. Le comte fit aussitôt une
protestation solennelle, datée de Franc-Waret, le 7 jan¬
vier 1784, et de plus exiga un acte des bourgmestres,
mayeur et justice d'Aubluin, où étaient consignées les plaintes
de ses bourgeois.
Comptant sur le gain du procès, il s’opposa à tout appoin-
tement; mais la révolution survint avant que la chambre
impériale se fut prononcée.
De l’année 1771, date la fondation par le comte Alexandre-
André de Groesbeck d’une messe pour le repos de son âme
et de celles de ses ancêtres, parents et bienfaiteurs de sa
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353
famille, avec recommandation au prône et quelques
autres prières. Cette fondation devait être desservie par le
vicaire moyennant une rente de 86 livres, achetée 1600 livres
à un s r Ëultot d’Aublain, dont 83 livres pour le desservant,
2 au luminaire et 1 au marguillier.
Le comte Alexandre-André de Groesbeck testa le 20 juin
1789 et mourut peu après. Il n’eut qu’un fils nommé
Jacques-François, créé chambellan impérial en 1750, qui
décéda sans alliance *. De ses deux filles, l’une mourut
sans alliance en 1782; l’autre Marie-Anne-Françoise, mariée
le 3 juin 1750 à Alexandre-Louis-François de Croix, mar¬
quis de Heuchin, comte de Bucquoy, chevalier de l’ordre
de S‘ Louis, député de la noblesse des États d’Artois en
1747, capitaine de cavalerie au régiment de Beauvilliers,
né le 31 janvier 1725, hérita de tous les biens de sa
famille et mourut à Louvain le 25 décembre 1762.
Nous ne pouvons mieux terminer cette étude que par la
reproduction d’un document des plus remarquables, inti¬
tulé : Devoirs des bourgmestres et élus, élaboré le 7 jan¬
vier 1790. Il donne une haute idée de l’esprit de foi, de
respect et d’ordre qui animait, à la fin du siècle dernier,
la bourgeoisie d’Aublain et ses magistrats. Elle peut encore
être présentée de nos jours comme un modèle de règlement
aux fonctionnaires de tous les rangs.
Conditions à mettre sous les yeux des nouveaux élus aux
plaids généraux, dits le plaid des roys, le 7 janvier 1790,
à Aublain :
1 Jacques-François de Groesbeck, seigneur de Heyndonck, Numelghem et
Steenockerzeel, qualifié baron de Schueren et d’Haeghoort, capitaine au régi¬
ment de Ligne, fut tué à la bataille de Gorlitz, le 7 septembre 1757, et inhumé
aux Minimes à Prague. Il n’avait que 23 ans.
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Messieurs,
1. Pour vous acquitter de cet office en qualité de con¬
seillers et en faire fruit, vous devez trouver les moyens les
plus propres pour conserver et faire profiter les biens de
la communauté de ce lieu avec économie et en bons pères de
famille tels que vous êtes constitués.
2. Avant tout, vous arranger en conformité des édits et
mandements de notre évêque et prince et de ses États.
3. Vous devez avoir sous les yeux les devoirs et condi¬
tions qui vous sont prescrites sur les contrats et actes de
l’établissement de notre conseil ou régie, passé par devant
feu M e Dinot, pour vous arranger en conformité de la con¬
duite et marche que lesdits États doivent tenir.
4. En conséquence, serez obligés de connaître en quel état
sont les bois et chemins pour remédier aux dégradations qui
pourraient s’y commettre.
5. Pour quant aux chemins desdits bois comme autres,
tous bourgeois seront toujours tenus aux ordres du bourgue-
maître pour procéder aux réparations, afin que l’on ne puisse
sous aucun prétexte faire des nouveaux chemins. Cecy
affaire de sergent lequel pourra en faire rapport à la charge
des délinquants.
6. Le bourgmaistre nouveau sera tenu de faire rendre à
ses devanciers leurs comptes, et s’il se trouvait quelques
affaires non finies par quoi ils pourraient prétendre impos¬
sibilité de renseigner leurs dits comptes, le dit nouveau
bourgmaistre régent pourra s’en charger en prenant les
notes qui lui seront nécessaires pour les finir le plus tôt
possible, en tout comme la justice et la bonne foi l’exigent.
7. Ne devront rien entreprendre de conséquent et extraor¬
dinaire sans au préalable avoir consulté la cormnunautéde
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355
ce qui est expédient, et conçu entre eux, pour que la plus
saine partie de la dite communauté puisse y acquiescer
pour quant à la régie aller en avant.
8. Quant au serment qu’on est nécessairement obligé de
prêter par devant les officiers, il n’est pas moins nécessaire
d'en connaître la délicatesse, ayant dans tous les temps été
respecté pour un des actes les plus sérieux de notre reli¬
gion, puisqu’il doit être si formel et conditionné qu’il faut
que le jugement, la justice et la vérité s’y trouvent en tout
rencontrés.
9. Il y a quelque chose de plus sérieux encore dans la
solennité de cet acte, c’est que dans toutes vos gestions,
Dieu, la S te Vierge et tous les saints doivent y concourir
puisque vous les invoquez à votre secours, faisant votre
serment en disant: Dieu m’aide, etc.
Partant vous jurez d’accomplir ce que dessus et, après
ce, ont les soussignés demandé que la présente soit icy
réalisée et promologuée et rester au greffe pour servir
devant qui il appartiendra en cas de besoin.
Ce fait est passé à ladite assemblée en présence de la
cour au lieu ordinaire devant qui ils ont prêté serment et
après ont signé.
Etait écrit au dos :
Serment et devoirs des bourgmaitre et élus du 7 jan¬
vier 1790.
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ÉPILOGUE.
A la vie du comte Jacques-François de Groesbeck,
vicomte d’Aublain, se rattache un incident du plus grand
intérêt pour l’observation des choses et des hommes an
commencement du xvm e siècle.L’histoire des familles éclaire
d’une vive lueur celle des peuples et, pour qui veut avoir
l’intelligence complète des événements même les plus
importants, il est indispensable de plonger le regard en
dessous des surfaces officielles et d’étudier les petits inci¬
dents de la vie des familles, avec les modifications appor¬
tées par le temps dans leur existence et dans le caractère de
leurs membres.
Si le récit que nous allons faire n’a rien en lui-même de
bien extraordinaire, il a un mérite, celui de dévoiler les
misères non seulement d’une famille, d’un individu isolé,
mais encore de classes entières de la société.
A l’est de Mariembourg et à une lieue de cette ville,
s’élève, sur la pente d'une colline, le château de Roly, vieil
édifice réduit aujourd’hui à l’état de simple ferme, mais
qui eut ses jours d’éclat.
A l’époque où l’auteur des Délices du Pays de Liège le
visita, ce château était déjà en pleine décadence. Voici ce
qu’en dit l’écrivain : « Son enceinte extérieure, flanquée de
quatre tours, lui donne l’air d’une forteresse; ce préjugé
n’est pas démenti par le donjon, qui, quoique ruiné en
partie, montre encore, par la hauteur et la solidité de ses
tours, l’ancienne force de ce château ».
La terre de Roly était une des plus considérables de
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l’Entre-Sam bre-et-Meuse : elle ne comprenait pas moins de
1400 hectares de bois dans son ensemble. Située à l’inter¬
section du Pays de Liège et du comté de Namur, elle rele¬
vait de deux cours féodales différentes et pouvait, indiffé¬
remment, invoquer le conseil provincial de Namur ou la
justice des échevins de Liège.
Anciennement elle était divisée en deux parties, l’une
possédée par une famille connue sous le nom du village et
maîtresse du château, l'autre appartenant aux barons de
Florennes.
En 1340, Jacquemin de Roly déclare tenir en fief du
comte de Namur son manoir de Roly, le pourpris et toutes
ses dépendances, 160 bonniers de terres, 300 de bois et
18 de prés, le moulin, les terrages et la moitié de la hau¬
teur et justice contre le baron de Florennes
Un second relief de la même époque constate que Jacque¬
min résidait à Roly et précise qu’il tenait la cour et la
moitié de la ville de Roly contre le baron de Florennes,
sauf « l’ost, chevalchie, taille, etc 8 .
Un peu plus tard, il est signalé comme tenant une # char-
» ruée de terre, valant par an 40 muids d’épeautre, trois
« seigneuries en la ville de Roly, le manoir, etc » 1 * 3 4 .
Le 9 juillet 1393, il assiste à un relief de Jamagne par le
sire de Coucy. Le manoir et ses dépendances passent ensuite
dans la famille des Prez. Jean de Fontenelle les relève, le
21 juin 1431, comme mari de Marguerite, fille d’Albert
des Prez, seigneur de Roly et de sa première femme *.
Il les vend ensuite à Jehan, dit Boulier de Wanlin, contre
1 Bormans, Les fiefs du comté de Namur, t. I t p. 40.
* Idem, p. 44.
* Idem, p. 113.
4 Idem, p. 267.
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soixante muids d'épeautre par an et ce dernier en fait relief
le 8 juin 4438 *.
Boutier de Wanlin étant mort, Jeanne de Javelon, sa
femme, épousa en secondes noces Jean de Créhen qui, le
3 février 4456, releva l’usufruit de ladite Jeanne sur Roly®.
Comme Boutier n’avait pas laissé d’enfants. la succession
fut recueillie par sa sœur aînée, Ide de Wanlin, mariée à
Geoffroy Lambert. Le 21 août 4489, après le décès de
Jeanne de Javelon, elle releva le fief de Roly et le trans¬
porta à son fils aîné Geoffroi Lambert 1 * 3 4 .
Elle testa en 1505 et laissa deux fils.
4. Geoffroi, qui entra dans les ordres et fut doyen du
concile de Florennes ;
2. Jean, qui releva la tour de Roly, le 45 avril 4499, par
succession, est-il dit, de son père *.
Il est à remarquer que nulle part jusqu’ici les Lambert
ne sont qualifiés noble homme ou écuyer.
Jean épousa Amphilie de Hollogne, dite de Luxembourg,
fille de Gérard et d’Anne de Créhen. Il mourut le 10 jan¬
vier 4553 et sa femme le 42 octobre 1560 5 .
Jean Lambert, dit de Roly, eut deux fils :
4. Antoine,
2. Jean.
Ce dernier épousa Marie de Ponthière, qui, devenue
1 Dormans, Les fiefs du comté de Natnur , p. 276.
* Idem, p. 310. Une lettre du magistrat de Dînant, écrite à ce seigneurie
24 mars 1456, est adressée à Jéhan Gilaine, dit Créhan, seigneur de Roliers.
3 Idem, p. 363.
4 Idem, p. 382.
8 11 furent enterrés dans l’église de Roly où se voyait leur épitaphe ; Jcy gist
Dumoiseau Jean de Roly, escuyer, s r de ce lieu, mourut le X a jour de l’an MDLIII
et demoiselle Amphilie de Hollogne, dite de Luxembourg, morte MDLX le 12* d’oc¬
tobre.
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359
veuve, se remaria avec Jean le Liégeois. Elle n’eut pas
d’enfants.
Antoine Lambert, dit de Roly , seigneur de la Tour de
Roly, épousa, en 1541, Jeanne Chevalier, fille de Gérard,
écuyer, seigneur de Seur, capitaine des ville et château de
Dinant et de Jeanne de Han, dite Mathys. Il releva le fief
de Roly, le 42 juin 1554 *.
A son tour, il laisa deux fils.
1. Jean, qui lui succéda.
2. Léonard, chanoine de St. Martin, à Liège.
Jean Lambert épousa, par contrat du 9 juillet 1566,
Barbe Porkin, qui lui apporta, à défaut de quartiers de
noblesse, une fortune considérable. Il fut bon ménager,
car, le 11 mars 1580, il acheta de Charles de Glymes,
pair de Liège, baron deFlorennes, gouverneur de Philip-
peville et colonel d’un régiment d’infanterie wallonne, la
juridiction de la seigneurie de Roly, avec partie de
l’avouerie de l’abbaye de Florennes, le tout pour 10,000 fl.
de Brabant. 11 en fit relief le 26 juin 1581.
Charles de Glymes donna pour motifs de sa vente, la
nécessité de dégager la terre de Florennes d’une rente de
875 fl. de Brabant que son père, Jean, avait constituée afin
de subvenir aux clauses de l’arrangement conclu avec
Henri de Ghoor, son beau-frère, au sujet de la succession
de M. et M me de Vaudémont.
Dans l’acte, le nom de Lambert n’existe pas. Il n’est
question que de « Jean de Roly, écuyer, seig* en partie de
Roly. » Le Lambert avait donc disparu noyé dans le pac¬
tole du Porkin.
Au siècle dernier, la partie de cette généalogie où
* Bormans, Les fiefs du comté de Namur, p. 4U2.
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360
figurent les Lambert, (ut très vivement attaquée par les
dames chanoinesses d’Ardenne, examinant et pesant la
valeur des quartiers produits à l’appui de la demande d’une
prébente du chapitre par la demoiselle de R..., apparte¬
nant à l’une des plus nobles familles du Hainaut.
Ces dames déclarèrent que le quartier de Roly, qui
figurait parmi ceux de M eUe de R..., était essentiellement
roturier ; que les Roly modernes avaient usurpé ce nom,
sans le moindre apparence de droit ; qu’ils s’appelaient
tout simplement Lambert ; qu'ils procédaient d’un certain
Jean Lambert, lequel ayant acquis, en 1580, la partie de v
la seigneurie de Roly appartenant aux barons de Florennes,
s’était d’abord appelé Jean Lambert, dit de Roly ; que ce
Jean Lambert, primitivement dit de Roly, puis Jean de
Roly, et présenté comme petit fils de Jean de Roly, écuyer,
seig r de Roly et d’Amphilie de Hollogne, leur était absolu¬
ment étranger ; enfin que, roturier par tous les bouts, il
avait épousé une autre roturière, Barbe Porkin.
Elles s’appuyaient sur deux actes authentiques, dont les
données contredisent en effet la généalogie qui précède.
Le premier, daté du 7 novembre 1532, est l’instrument
officiel d’acquisition de la seigneurie de Sart-en-Fagne, par
vénérable messire Godefroid Lambert, doyen au concile de
Florennes.
Le vendeur est « noble escuyer, Guillaume de Glymes,
» seigneur de Haulte-Roche, qui, pour subvenir à ses
» nécessités et affaires », se défait de ce bien, moyennant
le prix de 628 fl. Bb l , lesquels lui sont payés sur l’heure,
en une foule de monnaies diverses, le tout « en présence
» et de l’agrément de mademoiselle Cécile de la Marck, son
» espeuse, fille naturelle d’illustre et noble seigneur, feu
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361
» monsieur le comte de la Marck, comte de Montaigu, de
» Rochefort, d’Agimont, etc.
La vente accomplie sire Godefroid Lambert « dist et
> remontra à la cour (de Sart-en-Fagne) que, considérant
» que le dit seigneur de Haulte-Roche et Mademoiselle
» son espeuze estoient venus descendus de noble maison,
» mesme qu’ilz avoient de beaux hoirs procréez de leurs
» corps, en léal mariage, il leur donnoit et octroyait à eulx
» et à leurs dits hoirs vingt ans de rachapt, datés du
» jourd’huy, en luy rendant la dite somme en mesmes
» pièces et nature qu’il leur avoit furny ».
Le doyen Godefroid étant mort peu d’années après, un
second acte est dressé devant la cour de Florennes, prési¬
dée par Jehan Lambert, bailli du château du dit Florennes.
Les contractants sont Jehan Lambert, dit deRoly, d’une
part, Watier Dunam, châtelain et grand mayeur deDinant,
et Guillaume de Glymes, seigneur de Hauteroche, associés,
de l’autre. Les deux derniers usent du droit de rédemption
et rachat, stipulé dans le premier acte, droit que le s r de
Hauteroche avait cédé à Watier Dunam, moyennant cent
florins une fois donnés.
Dans cette pièce, il est dit que la succession du doyen
Godefroid Lambert était dévolue à sa mère Marie, relicte
de feu Godefroid Lambert, laquelle en faisait don à son
second fils, Jean Lambert.
Il résulte effectivement de ces documents que Jean
Lambert, dit de Roly, est fils de Godefroid ou Geoffroy
Lambert et d'une demoiselle Marie, non autrement désignée.
Y a-t-il identité entre cette demoiselle Marie et Yde de
Wanlin? Ce n’est guère admissible. Yde de Wanlin testait
en 1505, Marie héritait de son fils Geoffroi quelques années
après 1532.
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362
Il fallut constituer, selon l’usage, un tribunal arbitral
chargé de décider, en dernier ressort, si les objections du
chapitre étaient sulfisantes pour invalider le quartier de
Roly, grosse question pour la famille de R***, dont l’amour-
propre et les intérêts se trouvaient en jeu.
Le chapitre choisit pour ses arbitres, Jean-François de
Tavigny, baron de Douren, grand prévôt de Luxembourg
et conseiller d’état du Prince-Évêque, et Adrien-Charles
de Glymes-Brabant, seigneur de St.-Martin.
La demoiselle de R*** confia ses intérêts à Jean-François,
marquis de Roisin, aussi conseiller d’état, et à Maximilien
Henri, comte de Poitiers, chanoine, grand-trésorier du
chapitre de St.-Lambert et membre du conseil privé.
Après mur examen, les arbitres déclarèrent le quartier
de Roly bon et valable, et leur décision fit tomber tout
obstacle à l’admission de la Demoiselle de R***.
Comme la sentence arbitrale n’est pas motivée, il est
difficile de l’apprécier et de se rendre compte des lumières
à l’aide desquelles les éminents personnages chargés de
résoudre le litige parvinrent à dissiper les nuages qui en¬
tourent le point de transition d’Ide de Wanlin à Jean
Lambert.
On peut toutefois se demander s’il était bien nécessaire
d’éclairer ce point noir de la généalogie des Roly. Les
conséquences du refus d’admission du quartier étaient
infiniment plus graves que celle d’une décision favorable qui
ne faisait en réalité tort à personne , car quantité de familles
d’incontestable noblesse et de grande illustration eussent
ressenti le contrecoup de ce refus et se fussent trouvées non
chapitrales. N’était-ce pas suffisant pour déterminer le vote
approbatif des sages arbitres ? Respectons leur jugement
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363
et revenons à Jean de Roly, le premier possesseur de
l’entière seigneurie de Roly. 1
Il continua à grandir.
En 1587, il acquiert, et cette fois définitivement, la seigneu¬
rie de Sart-en-Fagne du comte de Berlaymont, baron de
Hierges, héritier ou acquéreur des biens de Guillaume de
Glymes, depuis l’année 1582.
Il achète plus tard les seigneuries de Villers-en-Fagne et
de Merlemont, autres démembrements de la baronnie de
Florennes.
Jean de Roly et Barbe Porkin eurent dix-sept enfants,
entr’autres :
1. Gérard, seigneur de Roly, né le 10 juillet 1572, qui
épousa Cathérine de Croliin, dite d’Orgemont. Il mourut
le 27 octobre 1648.
2. Charles, qui s’allia à Jeanne de Croy, fille de Michel,
seigneur de Corry-le-Grand, et de Jeanne de Tenremonde
dame de Neerische. *
3. Florent, seigneur de Merlemont, gentilhomme de
l’état noble de Liège en 1613, marié, le 1 er septembre 1609,
à Gertrude de Huldenberghe, dite van der Borght, fille de
1 Bernard Porcquin, mort le 20 juillet 1579 et Dorothée Rustique, sa femme,
morte en 1584, furent enterrés à St.-Nicolas-outre-Meuse, à Liège, laissant sept
filles, toutes très-bien mariées.
1. Barbe, alliée à Jean Lambert, dit de Roly.
2. Marguerite, femme de Gérard de Tollet, seigneur d’Otranges.
3. Dorothée, alliée à Godefroid de Wasservas, seigneur de Marche, fils du
grand-maleur de Namur.
4. Cathérine, mariée à Guillaume Schoofs, fils de Philippe, bourgmestre de
Malines et d’Anne Roelants, sa seconde femme.
5. Lucrèce , femme de Thierry de Rifflart, tige des marquis dTttre.
6. N***, mariéé à N*** Roelants.
7. N***, mariée au capitaine Jacques Massi, dit Bolloy ou Boullon.
* Elle était arrière-petite fille de Michel de Croy, fils naturel de Michel de Croy,
seigneur de Sempy, chevalier de la Toison d’Or.
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364
Jean, seigneur de Moerselle, Castelle et dans Olmen et
d’Odile Roelandts, sa première femme.
4. Jeanne, mariée à Joachim de Tenremonde, seigneur
de Sart-messire-Guillaume.
5. Barbe, alliée 1° à Jean de Crohin, dit d’Orgemont ;
2° à Guillaume de Masnuy, seigneur de Bois-Griffon, de
Raduelz, Beaufort et Senzeilles, capitaine de 300 hommes
haut-allemands.
6. Jacques, seigneur del Saux, capitaine de 300 hommes
haut-allemands, qui époussa Anne-Sophie de la Mark.
7. Bernardin, chanoine de Tongres.
8. Léonard, chanoine de St.-Martin à Liège.
A sa mort, arrivée le 41 décembre 1601, Jean de Roly
avait conquis un des plus hautes positions et une des plus
grandes fortunes du Pays de Liège. Il était seigneur de Roly,
Bruille , Merlemont, Villers-en-Fagne , Sart-en-Fagne,
etc., grand maître-d’hôtel du prince évêque, président de
sa chambre des comptes, député du quartier d'Entre-
Sambre-et-Meuse, etc. Tous ses enfants, malgré leur nom¬
bre, furent noblement partagés tant en bien réels qu’en
argenterie.
Sou testament est le meilleur exposé que nous puissions
faire de la situation à laquelle il avait élevé sa famille et la
fortune qu’il laissait.
Il est daté du 3 novembre 1599. En voici la teneur :
a In nomine Domini, Amen.
Comme il n’est rien plus certain que la mort et rien
moins certain que l’heure d’icelle et comme je désire de
pourveoir premier à mon salut et de là au bon nombre
d’enfants que Dieu m’a donnés, je fay et déclare par cet
écrit ma dernière volonté.
1. Ayant recommandé mon âme à Dieu, j’eslys ma sépul-
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365
ture en l’église de Roly, en cas que je sois illecq, mais
comme je suis au service de S. A. et incertain du lieu de
ma mort, je m’en rapporte à sa discrétion.
2. Je laisse à la fabrique M. S 1 Lambert un Ernestus,
en oultre je désire que, en l’abbaye de Florennes et les
frères pieds chaux de l’hermitage de Couvin, me soit célé¬
bré un service à dévotion et qu’aux religieux soit donné
quelque pièce d’or pour récréation à la volonté de ma femme
comme aussi les aumônes qui se feront à mon service.
Item, je laisse à ma femme tout mon bien meuble et
immeuble en usufruit. Néantmoings les meubles icelle
en pouldrat disposer à noz enfantz, comme bon luy sem¬
blera, à l’ung plus, à l’autre moings, selon qu’ilz luy seront
obéyssants, voire desdits meubles qui ne seront icy comprins
par mes legs, m’asseurant que ma dite femme userat de
bonne mère quand mes dits enfants trouveront partis pour
s’en allier par mariage, moyennant que ce soit avecque le
consentement d’icelle, autrement poinct
Et après le décès de ma dite femme je laisse à mon fils
Gérard ma terre et seigneurie de Roly, mouvant tant d’un
prince-évêque de Liège que d'un comte de Namur, bois,
terres, prairies, chappons, cens, rentes, mollin, joinct la
banalité du mollin de mes subjetz de Willenfagne, à con¬
dition de payer annuellement à Charles son frère 200 florins
de rente rédimible au denier quinze, à condition que ledit
Gérard ne poldra vendre ou engager son bien, ne soit qu’il
ait enfants de légitime mariage, agéz de douze ans.
Item, je laisse et légale encore audit Gérard, ma terre
et seigneurie de Bruille, relevant de M. le comte de Ligne,
comme baron de Bailleul.
Item, quatre florins de rente sur la hauteur de Mariembourg
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et treize florins sur les héritages Colson et Charly à Aublin.
Itéra, encore audit Gérard un bassin et ung aiguier d’ar¬
gent avecque ma plus grande coupe d’argent doré.
Item, je laisse et légate à mon fils, M e Bernardin de Roly,
licentié en droit et chanoine de Notre-Dame de Tongres,
1° ma terre et seigneurie de Villenfagne, avec ses dépen¬
dances, sauf la banalité du mollin que je veux qu’ils-voisent
mouldre à Roly comme dit est cy dessus ; 2° le fief que je
tiens d’un comte de Hainaut scituez aux environs de Binse
et Bruille ; 3° 127 florins de rente hypothéquez sur la maison
de Bavière en la paroisse de St. Nicolas de Liège, outre-
Meuse ; 4° encore 31 florins de rente hypothéquez sur le
fief de Rougrave, au lieu de Stevort, près Hasselt ; 5° encore
un bassin et ung aiguier d’argent avec les bords dorés,
deux grandes tasses, une payre de sallières avec les bords
dorés et une coupe dorée avecque les armoiries de Brande-
borgh.
Item, je laisse à mon fils Charles les 200 florins sur la
terre de Roly ; 2° encore ma cense de Hemptinne avecque
quelque petite rente que j'ai audit Hemptinne et de cette
portion aura-t-il patience pour m’avoir esté et à sa mère
tousjours désobéissant et fait à sa teste. Et ne les pourra
vendre ou engager comme dict est à l’article de Gérard.
Toutefois si Gérard venait à morir sans hoirs, il succé-
drait au dit Gérard à l’exclusion de Bernardin en toute la
part d’iceluy Gérard, parce que ma volonté est que ledit
Bernardin demeure à l’église comme il a choisi.
Item, je laisse et légate à mon fils Florent ma terre et
seigneurie de Merlemont avec toutes les appendices, boys,
terres, prairies, mollin, furneaux, cens et rentes.
Item, audit Florent 20 fl. de rente que j’ai au lieu de
Matagne la Petite, 10 florins à Surice, 6 florins à Sart
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en Fagne, trois muids d’avoine sur les héritages Daniel
Pruvost et dix patards sur Denis, de Fescheroul, hauteur
de Villers le Gambon, et 7 florins à Dourbes, sur les héritages
Anthoine Noizot, à condition qu’il ne les pourra vendre ou
engager, comme dit est pour Gérard.
Item, je laisse audit Florent, une coupe dorée que m’a
donnée le feu Sérénisme Ernest, archiduc d’Autriche.
Item, je laisse et légate à mon fils Jacques ma cense
delle Saulx, scituée à Florennes. Item 18 postulats de
Horne hypothéquez sur la cense de Boys, à Doyen près
Florennes. Item 5 fl. 15 pat. sur la cense Gilles Champs,
d’Anhée, à Forennes. Item 4 vieulx gros sur la maison
Jean Servais et un florin sur le jardin M™ Éverard Tilman,
audit Florennes. Item une tasse dorée avec l’histoire de
Rebecca.
Item je laisse et légate à ma fille Jehenne 350 florins de
rente que j’ai des premiers aquestz sur la seigneurie de
Haultepenne et autres 150 florins de rente que je veulx que
ma femme luy fasse bon sur mes meubles, ne soit que icelle
soit mariée avant notre mort et soit autrement pourveue,
désirant que icelle soit toujours pourveue pour le moins de
500 fl. de rente, de tant que icelle nous at toujours esté
très obeyssante et vertueuse fille. Item je luy laisse encore
deux tasses avee les bords dorés , hors des qualtre sem¬
blables l’une à l'autre, les deux grandz goubeletz à la cer-
voise et deux grandes sallières.
Item je laisse et légate à ma fille Barbe 318 florins
45 pat. de rente que j’ai des deniers acquis sur la terre de
Haultepenne et veux que hors de mes meubles luy soit
assignée aultre rente au denier quinze pour luy faire tout
ensemble 450 florins de rente. Item laisse encore deux
tasses d’argent avec les bords dorés semblables aux
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autres de sa sœur Jehenne, deux gobelets à cervoise et une
salière.
Item, je laisse et légate à mes trois filles religieuses à
Ste-Aldegonde de Huy et à la Turre 50 florins de rente
viagère, pour les partir également pour leurs petites néces¬
sitez, iceulx hypothéquez à Biesme la Colonoise, sur la
maison et héritage Michel del Chinne, lesquelz 50 florins
seront annuellement receuz et distribuez par mon fils
Bernardin, et survenant la mort d’une de ses sœurs, il aura
la part de ladite décédée pour ses paynes et aussy de la
seconde pour par aprez départir lesditz 50 fl. par mon fils
le chanoine à ses frères et sœurs ou l’ung d’eulx, ou leurs
représentantz selon que sa conscience luy enseignerat y
estre expédient. Et quant à la reste non icy exprimée, je
veulx que le tout soit distribué selon que ma femme l’or¬
donnera.
Je choisis pour mes exécuteurs mon frère Léonard de
Roly, chanoine de St.-Martin de Liège, le s r Thiry de
Riflart, mon beau-frère et le sieur Pierre Chevalier, mon
cousin 4 .»
Jean mourut, comme nous l’avons dit, le 11 décembre
1601. On voit, d’après le testament que, loin de charger ses
terres de renies, il n’avait cessé de faire des économies et
des placements. Gérard, qui lui succéda dans la seigneurie
de Roly, ne suivit guère ses traces, tout en augmentant
le lustre de sa famille. Entré très jeune au seivice, il par¬
courut l’Europe à la suite des années espagnoles ou impé¬
riales. Ce début militaire ne fut pas heureux pour sa
fortune. Il rentra dans ses foyers blessé, obéré et n’ayant
pour toute compensation que des créances sur les galères
du roi d’Espagne.
1 Registre de la cour féodale de Liège t n« 19, p. 72.
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A son retour, il trouva la seigneurie de Roly dans un
piteux état. Malgré la neutralité du pays de Liège, la guerre
y avait étendu ses ravages. Le voisinage des garnisons,
souvent affamées, rarement payées, toujours promptes à ra-
piner,de Mariembourg, Rocroy, Chimay et Philippeville,
pesait lourdement sur les terres comprises dans cette partie
de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Un document du temps nous
apprend que le village de Roly n’était composé que de
27 bourgeois ou manants, parmi lesquels dix vivaient
exclusivement de mendicité. Le village de Sart-en-Fagne,
autre seigneurie de Gérard, n’était pas en meilleure si¬
tuation; naturellement les droits seigneuriaux, dans de
telles situations , équivalaient à néant. A la vérité, le
seigneur avait en propriété quantité de bois, beaucoup
plus même que les seigneurs voisins, mais il en tirait peu
de profit, faute de chemins pour l’exploitation. Pour se
tirer d’embarras, Gérard se mit au service du Prince-Évêque.
Il se distingua par son intelligence, ses capacités, son
travail et monta rapidement jusqu’aux premières charges de
la cour épiscopale. Nous ignorons l’époque de son mariage
avec Cathérine de Croliin, dite d’Orgemont. Il construisit
avec un luxe, considérable pour le temps, le château actuel
de Roly et prit le titre de baron. Malheureusement ses
bâtisses et son train de maison l’obligèrent à une série
d’emprunts qui devaient ruiner ses descendants. Cela s’ap¬
pelait alors vendre une rente. Un seigneur avait-il besoin
d’argent, il trouvait toujours à Liège ou à Namur un riche
bourgeois prêt à lui acheter une rente, soit perpétuelle,
soit le plus généralement rédimible , qui prenait sa garantie
dans les biens meubles et immeubles du vendeur.
Le taux de l’intérêt dépendait des circonstances. Il était
41
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370
rarement au-dessous de 7 % e * atteignait souvent dix.
Qu’importait au seigneur ? il recevait un capital que le
créancier ne pouvait jamais lui réclamer, sinon en cas de
non payement continu de la rente. Une rente à payer ne
lui semblait pas un point fort noir dans les perspectives
d’un horizon émaillé de traitements, d’émoluments et de
pensions ou gratifications. Les accidents imprévus , monnaie
quotidienne des emprunteurs , dérangeaient-ils ses calculs,
il omettait de payer sa rente et ne s’en inquiétait pas autre¬
ment , estimant, toujours qu’il en serait quitte plus tard pour
vendre une nouvelle rente, afin de payer d’un coup son
arriéré, ou que, vu la lenteur des procédures, il ne vivrait
jamais assez vieux pour assister à son expropriation. Puis,
d’habitude, les prêteurs étaient patiens : ils savaient atten¬
dre. Un beau jour, lorsqu’ils jugeaient le tas de l’arriéré
suffisamment gros, il montraient les dents, devenaient in¬
traitables, usaient de leurs droits d’expropriation et s’em¬
paraient judiciairement de la seigneurie, à la grande mor¬
tification des héritiers des emprunteurs , payant ainsi pour
leurs prédécesseurs.
Gérard de Roly usa largement de la faculté de vendre
des rentes. Il semble avoir servi de caissier d’épargne à
quelques bourgeois de Liège, ses amis ; c’est ainsi qu’il
constitue successivement au profit de Jacques Massy, dit
Bolloy, son oncle, le 15 octobre 1614, une rente de200tl.
Bb l ; le 5 février 1615 une seconde de 86 fl. 13 pt. et 8 deniers,
et le 6 mars 1615, une troisième rente de 80 fl.
Il est, on le voit, plein d'obligeance envers cet excellent
Massy, probablement fort embarrassé de placer ses écono¬
mies et fort heureux de les confier, moyennant honnête
intérêt, au s r de Roly, alors au début de sa carrière.
Quelques années plus tard, en 1626, sous prétexte de
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dégager ses propriétés, Gérard fit un emprunt plus sérieux.
Il créa en faveur d'Antoinette de Savoye, veuve de Michel
de Gozée, une rente de mille florins 1 pour un capital de
14000 florins.
C’était assurer la ruine de ses héritiers, car la seigneurie
de Roly, grevée, en dehors de ses charges antérieures, de
près de 1400 fl. de rente, était à l’extrême limite de ce
qu’elle pouvait rendre. Comme Gérard, grâce à sa situation
personnelle, put faire honneur à ses engagements, jusqu’à
sa mort il ne s’inquiéla guère de ceux qui devaient y
pourvoir après lui *.
1 Cette rente fut vendue en t65t à Herman de Lierneux, s r de Preste, qui la
partagea entre ses huit enfants.
* En 1607, Roly eut, comme presque toutes les communes du pays de Liège et
du comté de Namur, ses procès de sorcières. Deux femmes de Sautour, exécutées
pour crime de sorcellerie, ayant accusé un certain Hubert Colin, de Sart-en-Fagne,
celui-ci fui déclaré appréhensible par le tribunal des échevins de Liège et ren¬
voyé devant la cour de justice de Sart-en-Fagne. Hubert fut arrêté; mené devant
la cour, il déclara n’avoir rien à dire pour sa défense et qu’on fit de lui ce
qu’on voudrait. Là-dessus , il fut mis à la torture froide et chaude et « tout sou¬
dainement fit confession d’avoir été sorcier depuis cinq ans», à dater d’un certain
soir, où revenant d’un cabaret de Villers-le-Gambon, fort triste d’avoir perdu cin¬
quante patards au jeu , il rencontra sur le bord du bois une femme a accoustrée
de noir » qui lui promit, s’il voulait être son galant, de lui « donner de l’argent
assez ». 11 succomba, renonça à Dieu et à son baptême , reçut de sa maîtresse le
nom de Pirocquet et apprit que celle-ci s’appelait Scorroelie. 11 conta longue¬
ment comment Scorroelle le venait chercher chez lui, l’emmenait aux danses
à tel ou tel endroit, lui donnait une poudrette à l’aide de laquelle il empoisonnait
bêtes et gens et, chose plus grave, nomma différentes femmes qu’il prétendit
avoir vues aux danses.
Le procès-verbal de cet interrogatoire fut envoyé pour rencharge aux échevins
de Liège, qui condamnèrent Hubert Colin à être étranglé et ordonnèrent l’appré¬
hension des femmes dénoncées par lui.
Le 12juin, la cour de Sart-en-Fagne se transporta au château de Roly où
Colin était détenu et, en présence du seigneur, lui demanda s’il persistait dans
ses confessions. Colin répondit que tout ce qu’il avait dit était véritable et qu’il
voulait librement mourir, il réitéra à plusieurs reprises ses affirmations. « Or,
» dit le procès-verbal de la justice, comme ainsy fust qu’on avoit fait courir un
» bruict, que, nonobstant ce, quand il viendroit au lieu de supplice, il révocque-
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Gérard décéda le 28 octobre '1648, plus chargé encore
de dettes que d’années. Il eut pour successeur dans la
seigneurie de Roly son fils Jean-Pierre, qui ne fut pas
» roit le tout, lui demandasmes, sy ainsy estoit, qu’il pensast au salut de son
» âme, veu qu’il luy convenoit endurer la mort. Iceluy dit Hubert respondit,
* voyant liecq le maislre des œuvres, qu’il fulloit qu’il dist la vérité, et que,
» quant au faict d’estre vaudois et sorcier, il ne l’e>toit, ny confessé que par
» force et craincte de torture, que partant révocquoit le tout, disant qu’il
» était homme de bien ».
En présence de ces rétractations, Gérard et sa justice jugèrent prudent de sur¬
seoira l’exécution et envoyèrent demander l’avis des échevins de Liège. Ces der¬
niers maintinrent la condamnation capitale et modifièrent leur premier arrêt
sur un seul point, se bornant à vouloir qu’on demandât à Colin s’il persistait dans
ses révocations au sujet d’une des femmes qu’il avait prétendu avoir vues aux
danses.
Le 30 juin, llubeit « étant mis et lié à une estocque , ayant la corde au cou ,
» prest à estre estranglé, persista hautement et publiquement en la révocation
» de ses confessions et accusations faictes à la torture, protestant et disant qu’il
» n’estoit de rien coupable ». En vain la justice, le s r de Roly, le confesseur lui-
même , qui tous étaient convaincus de sa culpabilité, l’exhortèrent-ils tour à tour,
à dire la vérité et à penser à son salut, il persista dans ses protestations avec tant
d’énergie que Gérard de Roly, finalement ébranlé, prit sur lui de le faire ramener
en prison et de demander de nouvelles instructions à Liège.
Les échevins commandèrent que Colin fut amené à Liège pour être examiné par
eux.
Le 27 juillet, Colin comparut devant le haut tribunal. Il renouvela d’abord ses
déclarations a de n’étre sorcier»; mais, élevé à la poulie, il demanda qu’on le
descendit et confessa d’autres crimes, dont il donna tous les détails.
€ Admonesté sérieusement de dire la vérité touchant le faict de la sorcellerie,
» il dict enfin et déclara estre sorcier, a et répéta exactement les aveux qu’il avait
faits à Roly. »
Le lendemain, dans un nouvel interrogatoire, il confessa ses vols, mais révoqua
ses aveux de la veille, quant à la sorcellerie, les attribuant à la crainte de la tor¬
ture et disant « qu’encore qu’il fut bien content de mourir, il ne pouvait blesser
sa conscience et dire chose non véritable. »
Il persista, malgré toutes les admonitions.
Le 3 août, le tribunal, considérant ses variations, le condamna à être banny
perpétuellement et marqué au dos de la marque ordinaire.
Ainsi se termina ce curieux procès, qui se distingue heureusement des autres
du même genre par son issue et confirme l’opinion que nous avons souvent expri¬
mée sur leur caractère.
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373
meilleur ménager que lui *. En 1699, Charles, titré baron
de Roly, fils de Jean-Pierre, vend à Nicolas Darche, maî¬
tre de forges, la seigneurie de Blokus avec un vivier et des
facilités pour son fourneau de Mariembourg. Cette réalisa¬
tion ne l’empêche pas de se trouver, en 1705, hors d’état
de payer les rentes créées par Gérard en 1614 et 1615,
rentes qui avaient été léguées par le prêteur aux chanoines-
ses régulières de St«-Aldegonde, à Huy.
Les hommes d’affaires du couvent obtinrent saisie de la
terre de Roly, par arrêt de la cour féodale de Liège, le
14 décembre 1707.
Mais une saisie antérieure existait depuis le mois de
juin 1706, au profit de la veuve du sieur Louis Van Schier,
pour non payement d’une rente de 113 fl., tirés hors de
150 florins, constitués le 26 avril 1640, par Gérard de
Roly, en faveur de Pierre Colin. Il importait aux deux
créanciers de s’entendre pour procéder à l’exécution, sans
soulever de conflit entr’eux. Pendant que leurs hommes
d’affaires négociaient ensemble, survint l’année 1709, mar¬
quée par le désastre complet des récoltes. Le baron profita
de la circonstance pour solliciter du Prince-Évêque un
sursis aux poursuites de ses créanciers.
« Remontre, écrivait-il, le s r baron de Roly que, se
» trouvant réduit dans la nécessité de vendre ses princi-
» paux meubles pour acheter du grain, pour sa subsistance,
1 Jean-Pierre se titrait baron de Roly, seigneur d'Asquilies, Sart, Ville-en
Fagne, Hauehin. Il était gentilhomme de U chambre du Prince-Évêque, il avait
épousé Jossine-Marie de Furnet, dont il eut dix enfants, parmi lesquels :
1. Charles, lui succéda à Roly.
2. Ferry, seigneur de Mercy-le-Bos, qui de Marie-Christine de Pouilly eut
deux filles : 1° Françoise-Josèphe, mariée le 21 novembre 1715, à Jean comte de
St. Igtion, capitaine de cavalerie, mort sans enfants en 1732 ; 2° Marie-Antoin-
nette, mariée, en 1725, à Albert-Hyacinthe d’Everlange, seigneur de Païen.
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9 et celle de sa famille, pendant cette grande rareté et
» disette de grains, qui réduit la plus grande partie des
» habitants de l’Entre-Sambre-et-Meuse dans une espèce
» de famine, ses créanciers plus encore que jamais ne ces-
» sent leurs poursuites et exécutions pour le payement de
» leurs rentes et le défilent en fray et arrestz, tellement
» que cette persécution cruelle, pendant un temps si néces-
» siteux et calamiteux, le réduit dans un désespoir, se
» voyant hors de puissance d’arrester ces poursuites, dans
» un temps où il n’a que trop besoin du revenu de sa terre,
» pour se sauver la vie à luy et à sa famille, le pays estant
» complètement dépourvu de grains, qu’il ne s’en trouve
» pas à aucun prix pour argent. »
Il concluait en demandant suspension pour un an des
actions et arrêts faits ou à faire par ses créanciers, tant sur
le personnel que sur le réel, comme cela lui avait déjà été
accordé autrefois.
De fait, une apostille du 1 er juin 1709 lui accorda la
suspension demandée, en considération de la misère et de
la détresse du temps présent.
Malheureusement pour le baron, il n’était pas au pouvoir
de ses protecteurs de prolonger l’année de grâce au-delà
de ses limites naturelles. Vint un jour, qui fut le dernier,
et la récolte de 1710 compensa largement par son abon¬
dance la misère de celle de 1709. Les créanciers ne se
montrèrent cependant pas bien farouches. Depuis quatre ans,
ils se bornaient à lui demander un simple à compte. Ils
renouvelèrent leurs propositions conciliantes, après l’échéan¬
ce de la suspension. Mais le baron ne put ou ne voulut
pas faire le moindre effort pour les satisfaire et, enfin, à
bout de patience et de longanimité, les chanoiuesses, d’ac-
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375
cord avec les autres créanciers, firent procéder à l’exécu¬
tion de la saisie, le 14 juillet 1711.
Le baron de Roly avait fait mine d’évacuer le château
avec sa famille et ses effets, dès le 14 juillet, et il avait été
se loger dans une maison qu’il possédait dans le village,
proche d’une sorte de grotte ou de souterrain, qui con¬
tenait une chapelle et un escalier pour monter à l’église,
alors perchée à la pointe extrême de la montagne domi¬
nant le village. Mais bientôt il se ravisa et, après deux mois
de séjour à la maison de la grotte, il supplia les chanoines-
ses de le laisser rentrer au château pour quelque temps,
ce qu’elles lui accordèrent de bonne grâce.
A cette occasion, il écrivit au s r Bodart, receveur des
ehanoiuesses, la lettre suivante, sous la date du 16 octo¬
bre 1711.
« Je vous prie d’assurer Madame de mes obéissants
» respects et que nous sommes tous obligés de la charité
» qu’elle a de nous donner le logement dans son château,
» et de nous, laisser prendre la vie ; nous ne manquerons
» tous les jours de prier Dieu pour la continuation de sa
» santé et de le remercier de ce que par sa bonté infinie
t il nous a donné une personne aussi bonne et aussi rai-
» sonnable qu’elle dans noz disgrâces. Je la prie très
» instamment de vouloir continuer ses bontés pour une
» pauvre famille qui lui en sera toute sa vie très redevable
» et à vous particulièrement, mon cher et bon amy, qui
» avez, par vos soins, mis toutes choses en bon état, que
» je vous prie de continuer, j
Le 25 octobre nouvelle lettre à Bodart, dans laquelle,
après avoir signalé l’urgence de vendre les coupes du bois
de Roly et offert ses services, il ajoute :
« Si vous étiez icy, je vous ferais voir plusieurs chesnes,
J
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376
» qui sont crevez du gros hyver, que je vous prierais de
» me laisser couper, pour du corps en lirer un peu de
» douceurs pour le ménage et des branches en faire du
» feu, c’est une grâce que je vous prie de m’accorder et
» dont je ne mésuseray pas. »
Le 43 novembre suivant, autre lettre :
« J’ay vu avec un sensible déplaisir dans la lettre que
» vous écrivez à M. Donquier, que vous luy défendez de
* nous donner du pain, par l’ordre que vous luy donnez de
* vendre entièrement la despouille, ce qui met dans un
» désespoir à n’estre plus capable de rien. Je vous prie de
» l’amour de Dieu de nous vouloir rendre la vie que vous
» nous ostez par cette lettre, et d’ordonner à M. D... de
» nous subministrer le nécessaire, parmy une notte qu’il
» en tiendra, si nous avons le moyen de le payer un jour,
» je vous promets de le payer.
» J’ay remarqué dans votre lettre que vous luy ordonnez
» de ne laisser couper aucun bois de ehesne sans votre
» ordre. Vous en estes le maistre, mais je vous prie de
» considérer que le feu est aussy nécessaire à la vie, en
» ce temps icy, que le pain, ce pourquoy je vous prie avec
» instance de me vouloir permettre de faire couper à nou-
® veau de mauvais bois de raspes qui tombent hors des
» coupes mesurées destinées pour le chauffage et quelques
» autre mauvais chênes crevez du grand hyver pour faire
» du bois à bruller. Vous devez estre asseuré que sy je
» pouvais m’en passer, je le ferais volontiers. Employez
» vous près de Madame, je vous en prie, pour qu’elle
® veuille accorder ma prière. »
Cinq jours après, le 18 novembre, il s’adressa à la mère
supérieure directement.
« Ma petite femme et nos filles, lui écrit-il, je dis nos
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377
» filles pour le pain que vous leur avez accordé jusqu’à
» présent, vous asseurent de leur obéissance très humble
» et toute vostre noble communauté que j’honore de tout
» mon cœur, aux pieds de laquelle nous nous jetons, les
» larmes aux yeux, pour lui demander du pain pour l’hon-
» neur de Dieu. C’est la grâce que je vous demande à
» à mains jointes, vous asseurant que je vous considère
» comme la personne que le Seigneur a suscitée pour
» empescher ma famille de tomber dans l’abyme ou
» M. Duchateau veut la plonger par des procédures sans
» raison. Faites-moi connaître, je vous prie, madame, ce
» que vous voulez que je fasse pour votre satisfaction. Je
» suivrai de point en point votre volonté, autant qu’il me
» sera possible, ma vie et mon honneur étant entre vos
» mains.
» Dans l'état où je suis, je ne suis pas capable de vous
» donner des conseils, mais il me semble que si vous pou-
» viez rembourser entièrement les rentes des héritiers
» Haucour, que vous n’y perdriez rien et que nous évite-
» rions tous les frais qui nous vont abymer. Je vous prie,
» au nom de Dieu, d’y faire un peu d’attention, avec M. de
» Bodàrt, ce sera un surcoît d’obligations éternelles que
» toute ma famille vous devra.
« Proposez la chose à vostre chère communauté, je vous
» en prie et l’assurez que moy et ma famille chercherons
» tous les moyens imaginables de leur en donner des
» marques de reconnaissance éternelle. Que la pitié qui
» vous est si naturelle, ma bien chère dame, ne nous
» abandonne point en ce rencontre et qu’elle vous pousse
» au soulagement. »
Ce singulier débiteur qui se mettait lui et les siens avec
une si parfaite désinvolture à la charge de ses créanciers
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commençait à peser singulièrement aux chanoinesses. La
pitié les empêchait d’avoir recours à la rigueur et les huis¬
siers que leurs hommes d'affaires avaient envoyés au
baron n’avaient pu réussir à le faire déguerpir.
Pour y parvenir, il aurait fallu lui couper les vivres et
ses supplications leur touchaient le cœur. La supérieure eût
une idée, celle d’annoncer sa prochaine arrivée à Roly pour
certaines dispositions à prendre. Le baron fut invité poli¬
ment à vider les lieux, la supérieure devant être accom¬
pagnée.
Mais Bodart eut beau user de tous les moyens de per¬
suasion , le baron fit la sourde oreille et affirma qu’il ne
voulait laisser à personne le soin de faire à sa bienfaitrice
les honneurs du château et de la terre. La supérieure vint
en effet. La famille de Roly l’accabla de témoignages de
reconnaissance et de dévouement. Elle prolongea son
séjour, se promettant chaque soir d’être impitoyable le
lendemain ; elle n’eut jamais le courage de trancher dans
le vif et de chasser elle-même des gens qui ne cessaient
de l’entourer de tendresses et de respects. Elle s’en alla
finalement comme elle était venue.
Le 30 janvier 1712, le baron écrivait à Bodart :
« Toute ma famille vous assure de ses amitiés et vous
» prie autant que moy de nous laisser suivre ce petit reste
» de grain qui est provenu de la grange.... que je pré-
» tends de payer, moyennant quelques mois de crédit.
» Obtenez moi cette grâce, je vous en prie, les larmes aux
» yeux, satis quoy vous perdez d'honneur vostre très hum-
» et très affectionné serviteur. »
Fatiguées d’une situation dont elles ne pouvaient sortir
et que les poursuites des autres créanciers du baron ren¬
daient très-onéreuse, les chanoinesses cherchèrent à vendre
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leur créance. Le comte de Groesbeck, à qui la terre
de Roly convenait fort, se fit subroger à leurs droits le
14 mars 1714, moyennant la somme de 16000 florins. Il
constitua aussitôt le s r lîrunet, greffier de sa cour d’Au-
blain, son receveur, et lui donna pouvoir de nommer
mayeur et échevins.
Avant d’agir avec rigueur vis-à-vis du baron, il chercha
à l’attirer par de bons procédés et commença par lui ache¬
ter sa renonciation au droit de purgement, moyennant une
rente annuelle de 200 écus, réversible sur la tête de la
baronne.
Il pensait que M. de Roly, mis ainsi hors du besoin,
quitterait spontanément le château où il n’avait aucun
prétexte de s’éterniser. C’était bien le moins que ce gen¬
tilhomme lui dut, car il était notoirement hors d’état de
purger lu saisinne de son domaine.
De fait, tant que dura la négociation, le baron promit de
se retirer à sa maison de la grotte ; mais l’acte passé, il
refusa de sortir du château. Voici les raisons qu’il en donne
le 8 mai 1714, dans une lettre au comte.
c Estant fortement pressé par M. Brunet de sortir du
» chasteau, je me trouve obligé de me donner l’honneur
» de vous écrire pour céans faire connaître qu’il m’est
» impossible de me résoudre si promptement à nous aller
» confiner dans des rochers où l’on ne trouve ny pain, ny
» eau, ny bois, ny jardin. Quel moyen, Monsieur, tout cela
» manquant, d’attendre la St. André (jour d’échéance de la
» rente) et supposant que vous voudriez bien l’avancer, ne
» serait-ce pas manger son pain blanc en herbe ?
» Je vous prie, Monsieur, de ne pas prendre de mauvaise
» part ce que j’ay l’honneur de vous écrire. Daignez, je
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» vous prie, de vous mettre à ma place, et vous verrez
» qu’il est naturel d’en agir comme je le fais.
» Je vous prie néanmoins avec instance de me vouloir bien
» considérer dans ma misère. »
Le 23 mai, il revenait à la charge.
« Je vous supplie, Monsieur, d’avoir pitié de vostre
» semblable et de me laisser les proffictz que d’autres que
» vous pourraient avoir, je vous prie de m’en remettre
» l’admodiation à prix, je ne vous demande que quatre
» mois ou environ pour vous en avancer le premier paye-
» ment, à quoy je vous prie de faire une sérieuse attention
» et ne pas pousser à bout un pauvre gentilhomme. »
Mais le comte était lui-même poussé à bout par la mau¬
vaise foi de ce pauvre gentilhomme. Furieux de se voir
dupé, il obtint un décret de déguerpissement.
Le baron fit appel au conseil privé de Liège et fut con¬
damné.
11 recourut alors aux tribunaux de Namur.
Sur ces entrefaites Jean-Frédéric de Lierneux, seigneur
de Presles, qui avait épousé une sœur du baron, intervint,
sous ombre de faire valoir une hypothèque d’une rente de
125 florins sur la terre de Roly.
Le comte lui offrit de rédimer sa rente. Lierneux refusa,
mais embarrassé de son rôle vis-à-vis d’un adversaire loyal
et généreux, il retira son intervention.
Alors le baron reparut sur la scène, réclamant le droit
d’exercer le retrait linager au nom de son fils Jean-Louis-
Frédéric.
Le comte exaspéré envoya, en 1716, deux crinqueniers à
Roly avec ordre d’expulser le baron. Mais lorsque ces exé¬
cuteurs de la justice se présentèrent au château, ils trou¬
vèrent la porte close et le jardinier du baron à une fenêtre,
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381
brandissant un fusil et criant qu’il se moquait d’eux et de
leur décret.
Le bailli et le mayeur, prévenus aussitôt, s’emparèrent
du jardinier, qui fut mené en prison à Liège.
Les crinqueniers se présentèrent de nouveau à la porte
du château, mais ils furent repoussés, maltraités et finale¬
ment chassés par le baron et les siens.
Pour achever l’imbroglio, le conseil provincial de Namur
déclara la saisinne faite par les chanoinesses nulle et non
avenue comme n’ayant pas été prononcée par lui.
Le comte de Groesbeck ne se découragea pas, mais il
prit une autre voie.
Par actes des 2 et 9 septembre 1716, il racheta à F. A. de
Fléron, puis aux enfunts de François de Jamblinne et de
Marie de Lierneux les rentes qu’ils avaient sur Roly, se
rendit acquéreur d’autres créances et recommença ses pro¬
cédures. Le baron crut lui échapper en cédant tous ses
droits au chàtepu et à la terre de Roly à son beau frère
Lierneux, le 5 février 1721. Le comte de Groesbeck actionna
Lierneux et, après une foule de péripéties judiciaires, il
réussit enfin à faire avec ses adversaires une transaction,
qui lui assura la tranquille possession des terres de Roly et
de Sart-en-Fagne.
Cette transaction est du 25 août 1723 et nous apprend
que Charles de Roly, Erasme de Roly et Marie-Cathérine
de Roly, femme de Jean-Baptiste de Lierneux, baron de
Presles, étaient enfants de Jean-Pierre , baron de Roly et
de Josine de Furnet.
Le comte de Groesbeck fit relief de Roly et de Sart-en-
Fagne, le 4 septembre 1723.
A peine était-il en possession de cette dernière seigneurie,
qu’il reçut la supplique suivante, qui nous montre en tyran-
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neau et une tyrannesse de village en plein exercice de leurs
fonctions.
« Remontrent les pauvres bourgeois de Sart-en-Fagne
» que depuis longtemps ils sont chagrinés de Jacques Le Roy
» leur mayeur et de la mairesse, sa femme.
» En premier lieu, nous déplaignant que pendant que les
» bourgeois sont assemblés pour tenir les plaids généraux
» dans la maison du dit mayeur, on n'entend parler que la
» mairesse de toutes les affaires du tiers et du quart, me-
» naçant l’un et l’autre du dit village, s’il ne parle à sa
» fantaisie, et les pauvres bourgeois, de crainte d'être
» chagrinés négligent de parler des affaires de la commu-
» nauté.
* Secondement, nous plaignant du dit mayeur que, après
» avoir fait passée des portions de raspes, etc.appar-
j> tenant à la communauté, les payements étant tombés
» entre ses mains, durant l’espace de deux ans et demi,
■» nos échevins luy demandant renseignement de l’argent
» qu’il avait entre les mains, il leur répond avec ambition
» qu’il le renseignerait quand bon luy semblerait et même,
» que si on le voulait contraindre de rendre les dits
» comptes, il ferait venir un avocat pour les régler aux
» dépens de la communauté
» Troisième, nous plaignant que le dit mayeur fait des
» voyages à droite et à gauche pour les affaires de la com-
» munauté, sans avertir ni échevins, ny bourgeois. Quand
» on luy parle pourquoi il n’advertit pas la justice ou les
» bourgeois, il les menace, poussant la main et le doigt,
» comme s’il était un homme de grande foi.
» Quatrièmement, nous plaignant que depuis qu’il tient
» des chevaux, il n’épargne, ny prairie, ny avoine, prin-
» cipalement les mangeant tant de nuit comme de jour.
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» sans crainle de l’un ni de l’autre, et, pour toutes répara-
» tions, il charge la personne de menaces, sa femme les
» menaçant et les injuriant.
» Cinquièmement, nous plaignant que, en mars dernier,
» par un jour de dimanche, après la messe paroissiale, il
» cherche chicane et fait un bruit aux pauvres bourgeois,
» les voulant empêcher de ressemer leurs pauvres sartages,
» en menaçant de les manger avec ses chevaux et, non
» content, cherchant le bailly et les menaçant. »
Pour conclusion, les « pauvres bourgeois » réclamèrent
un autre mayeur.
Le comte de Groesbeck envoya le despotique mayeur
devant la cour de Sart-en-Fagne, qui en fit justice.
Terminons notre épilogue en disant que Charles de
Roly avait épousé à Groningue, en Frise , Anne Elisabeth
Conders Van Hulpen, fille de Frédéric et de Jeanne de
Spiuosa.
Il en eut plusieurs enfants, qui le précédèrent dans la
tombe.
Il mourut, en 1748, à Villers-en-Fagne, chez le baron
de Lierneux, qui lui avait donné asile.
Une note d’un curé de Roly fait mention de Simon de
Roly, frère de Charles, mort en 1766, le dernier de sa
race.
On trouvera à l’appendice une pièce qui nous révèle
l’existence d’une seigneurie d’Aubry v< eus et lez Cerfon-
taine, » mouvante de la principauté de Brabançon et
appartenant aux Roly. Ce fief ample fut vendu, en 1725,
à un sieur Dromaux, bourgeois de Cerfontaine, au prix de
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3000 livres,. par Charlotte de Roly, fille du feu baron de
Roly et veuve du s r Isaïe de Pouilly, seigneur de Voleange,
et par le baron François de Mesnil à titre d’époux de Marie-
Christine de Pouilly, leur fille unique. Le frère de Charlotte
de Roly, appelé le s r de Grandmont de Roly, prétendait
exercer son droit de retrait linayer, et la pièce n’est autre
qu’une sommation faite à l’acquéreur Dromaux.
\
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APPENDICE D’AUBLAIN.
N" 1.
Nous, le Maire et les eschevins de la haute'Cour des communes sei¬
gneuries d’Auhlaing ci-dessous nommée , salut, savoir-faisons que le jour
Ste-Catherrinne en Tan de la Nativité du Sauveur Jésus-Christ mille III1 C
et quatre-vingt, vîmes venir et comparaître par devant nous que pour
faire ce qui s'ensuit : y fûmes huchiez et appellé un nommé Jehan Pety,
alors maire de Dailly et Collar Jehenot dit petit Jehan , bourgeois du dit
Aublaing, lesquels ensemble demandèrent à avoir de nous un bon certain
et juste record et par lettres de toutes et de quant que estions sauwans
et wardant et que nous avons vus et ouy à la cause d’une place qui a été
criée et publiée à l’Eglise d’Aublaing pour faire un moulin environ les
wez du Cheniaux et que eussîmes une mémoire et souvenance, quant
il y avait été fait, que pour faire ledit record en la meilleure forme et
manière que faire se peut, gardé le droit d’un chacun, le maire se tournant
à nous échevins et nous parlant ensemble dissimes à notre mayeur que
les communes seigneuries et leurs comls par eux, constitués pour cette
cause et autres et mons** l’advoué et aussi tous les bourgeois de la dite
ville d’Aublaing fussent signifiés à scavoir : Jacque Colle pour et en nom
du comte de Waudemon, maître Jehan le Mareschal, et Jehan Magotiaux,
pour et en nom de madame d’Aublaing, Collar Martin et Jaspar son fils
pour leurs parts, lesquels devant nomez tous ainsi signifiés par notre
sergeant sermenté , sont venus par devant nous et ont bien accordé ledit
record, parmy retenant les copies, attendu que monsg<* l’advoué ne comis
de par lui n’y a point esté pour accorder ledit record , mais l’y signifié
comme les autres par le rapport de notre sergeant, l’a bien accordé, et aussi
ont les bourgeois de la ditte ville d’Aublaing , adonc nous justice sur ce
mûrement conseillé ensemble demeurant de suite et d’accord et tous
d’une môme voix avons dit et recordé, disons et recordons que nous étant
bien mérnoratisé que le deuxième jour de Janvier en l’an mil 1111*= septante-
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neuf vîmes venir et apparoir par devant nous les communs seigneurs
d’Aublain et leurs comis, é scavoir honorable et sage, Jacque Colle, rece¬
veur à Claude de Waudemont, maître Jehan-le-Mareschal et Jehan Mago-
tiaux, pour et en nom de Madame d’Aublain, Collart Martin et Jaspar son
fils, pour leur part, lesquels communs seigneurs et comis souffrent et
laissent mettre à prix pour le gré l’un de l’autre à cris et à semons une
place étant sur le cours de l’eau à dessein du wez du Cheniaux en la mairie
d’Aublaing, sauf le droit d’un chacun, où point et en la manière que les
criées font mention lesquels furent criées à l’église d’Aublaing en la manière
qui suit : on vous fait à scavoir de part les communs seigneurs d’Aublain ,
que on a mis à cris à proclamation et à semons une place sur le cours de
l’eau d’Aublaing pour faire un moulin gissant et étant la dite place au des¬
sus du chemin qui va del rosiere ens el voyaux tenant à l’aisement du coté
vers Aublain et de l’autre côté vers le rosiere tenant à preit madame d’Au¬
blaing du côté vers Dailly, et du côté vers Aublaing, tenant à l’aisement :
et ont mis les premiers marchands de la dite place du premier denier Dieu
à dix-huit melles d’espaulte de rente par an , mesure du lieu , à savoir aux
communs seigneurs douze melles et à savoir à monsg** l’advoué les six
autres melles par an pour les manières et conditions qui s’en suivent et
à savoir que le dit marchand à qui la marchandise demeurera sera tenu
en nom de bans et de contrepand de faire un moulin sur la dite place dans
le terme de trois ans après la demeurée faite réservé fortune entendu que
si le dit moulin était mis à moulage avant les dits 3 ans de la vente, à
l’advenant de l’année, on y commencerait à moudre et devera on aller
au moulin par Jes voyaux et sera encore tenu le marchand à qui la mar¬
chandise demeurera moyennant qu’on fera le dit moulin à dessein du wez
de faire un pont entrevers de l’eau pour passer à chariot, à pied et à cheval
et toutes les bêtes et le dit pont entretenir et faire payer è deux côtés sans
malengiens et avec ce doivent faire les dits marchands meunier un jocquet
parmi la fange d’eau et entretenir et aussi doibvent les meuniers livrer tout
habillement tel qu’il appartient à un moulin pour servir les bourgeois et bour¬
geoises de la dite ville d’Aublaing à savoir: un reige, un tamis, deux
vangs, une nielle, un sotiau et un demi sotiau , ruinons, esconvettes et
aussi conditionné que le meunier sera tenu d’aller quérir les mognées des
dits bourgeois et bourgeoises en leurs maisons pour mener à moulin,
myeur et remener et la parmy aura et doit avoir le meunier de esqueure
et myeure de douze melles descouasys une melle et toujours à l’avenant et
du menu grain qu’il ne faut point esqueure de dix huit melles un et le
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l’huissinier qui tenrat ledit moulin sera tenu d’étre bourgeois de la ville
d'Aublaing et de faire serment que de aourner chacuns bourgeois et
bourgeoises à son orne et faire communauté et règle de bourgeois comme
les autres bourgeois de la dite ville d’Aublaing comme dit est et toujours
le droit de un chacun gardé ; entendu que ce soit fait par les manières et
conditions desseur dites, les bourgeois et bourgoises de la ville d’Aublaing
devront et seront tenus d’aller myeure au dit moulin par ban , ainsi qu’il
a été d’usage et de coutume du temps passé et sur l'amende de VIII
aidans à savoir la moitié aux seigneurs qui seront iller.q et l’autre moitié
à l’huissinier qui se complaindrait la faute bien prouvée et aussi que
toutefois et chaque fois que le bourgeois ou bourgeoise sommeront le
meunier d’aller quérir leurs mognées qu’il en soit tenu le jour là ou le
lendemain au plus long ou selon se qui leur sera mestier et sur l’amende
de VIII aidans comme desseur dit est, si le meunier ne le faisait, le
bourgeois ou bourgeoises pourrait aller myeure autre part sans rien
méfaire après que la faute serait bien prouvée ; et aussi entendu que les
bourgeois ou bourgeoises de la dite ville doivent être aournés au dit
moulin, l’un après l’autre, à savoir après ceux qui trouveront sur le moulin,
conditionné que si le curé de la dite ville d’Aublain va au moulin, qui
peut myeure devant tout s’il y plaît après ce qui trouvera et ainsi les
seigneurs de la dite ville d’Aublaing et aussi pareillement myeure pourra
une femme gissant après ce qui serait sus par nécessité et de là en avant
tous bourgeois et bourgeoises à son orne comme dit est et aussi s’il y a
aucun qui vienne mettre empêchement à la dite marchandise ce le dise
devant le recours passé, afin , que le marchand à qui la dite marchandise
demeurera, puisse demeurer paisible , car, on n’yquiert point malengien,
mais desservir et bien faire et à cest marchandises ici mettre à prix en fut
but 3 florins de vin pour ravoir thiers vin, si on y reflert, et si aucun y
referait qui bien accomplir la marchandise ne pourrait, il serait alhanlé
de son corps et à tout coût et frais que à celui cause en serait fait et rece¬
vrait la marchandise en la main celui qui bien accomplir le pourrait,
qui y voit son profit et part aux dits communs seigneurs et commis qui
en tiendront le recours, le jour des grands feux au lieu d’Aublaing à
l’heure accoutumée, présent justice, l’an mil II1I LXXIX et payer les
vins là au jour de demeure , laquelle criée deseur écrit a été proclamée
et publiée à l’Église d’Aublaing par trois jours solennels et passée en
pleine église au plus offrant présent nous justices d’Aublaing et tous les
bourgeois de la dite ville et demeura et est demeurée la dite place à Jehan
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Pely et Collar Jehenot desseurs nommés pour le prix et somme qu’il avait
été mise à prix à savoir à 18 melles de rente espeaultre par an mesure du
lieu comme dit est par desseur , les douze melles aux communs seigneurs
d’Aublaing et les autres six melles à Mgr. l’advoué, item la justice de
Covin cogneult par devant nous qu’ils ont ouï crier à l’Église de Covin ,
une place sur le cours de l’eau d’Aublaing à tel prix que la criée desseur
écrit fait mention, sauf le droit de un chacun et n’y ont ouï nul
débattant, item pareillement a été la justice de Dailly pardevant nous
et ont dit qu’ils ont bien ouï crier une crié»* à l’église de Dailly faisant
mention d’une place étant sur le cours de l’eau il’Aublaing à tel prise
que la criée fait mention sauf le droit de un chacun , item en outre
avons vus venir et apercevoir par devant nous honoré écuyer Roland de
Senseille comme mambonr, gouverneur et administrateur de madame
d’Aublaing et de ses hoires qui accordent bien ce qui faite nétait de ce que
à eux en appartenait ou point et en la manière que la criée desseur écrit
fait mention ; adonc les choses ainsi faites criée, passée et graciée, se
tirent par devant ncus les dits Johan Pety et Collar Jehenot requérant au
maire qu’ils eussent bonne œuvre de loi de la ditte place à eux ainsi
demeurée ; sur ce furent les communs seigneurs et leurs commis et le
receveur de Mgr. l’advoué sommés les sommations faites, vinrent pardevant
nous les dits communs seigneurs et les comis à savoir : Jacques Colle pour
et au nom du comte de Waudemon, maître Jehan le Mareschal et Jehan
Magotiaux pour et en nom de madame d’Aublaing, Collar Martin et Jaspar
son fils pour leurs parts et Thomas Gayemant pour et en nom de Mgr.
l’advoué, les communs seigneurs et comis furent si conseillés de leur
pure pleine et libre volonté qui reportent la ditte place en les mains du
mayeur, pr ésents nous échevins comme mambours aux dits seigrs de telle
puissance qu’ils y avaient, sauf le droit de un chacun pour et en nom et
aveu des dits Jehan Pety et Collar Jehenot pour les XVlll melles de rente
desseur dit lesquels se doivent payer tous les ans à jour St. Stéphani d’an
en an à tous les jours perpétuellement à savoir Xll melles aux communs
seigneurs et à l’advoué VI melles. A donc le rapport ainsi fait à la requête
des dits Jehan Pety et Collar Jehenot fut mis en notre warde et retenance
et la présent demandent les dits Jehan Pety et Collar Jehenot à avoir bans
et vesture de la dite place ainsi rapportée au nom d’eux, lesquels Jehan
Pety et Collar Jehenot à l’enseignement de nous échevins et par le gré des
dits seigneurs et comis en furent vestis et adhérités à l’usage de la cour et
sauf tous droits, la mesme le dit Jehan Pety et Collar Jehenot ainsi vestis
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389
et adhérités furent si conseillés qui reportent la dite vesture en le main du
mayeur que pour la dite rente être bien payée d’an en an comme dit est
afin que sy faute de payement y avait que les dits communs seigrs ou les
comis et autres ayant causes se [missent retraire sur la ditte place à ban
etcontrepans par plainte et par loi, item en outre les dits Jehan Pety et
Gollar Jehenot ainsi vestis et adhérités de la ditte place et moulin furent
si conseillés que de leur pure et libre volonté qui donnent et ont donnés et
graciés à luminaire de l'église Saint Lambert d’Aubfaing six melles des-
coussy de rente par an lyal rente à payer tous les ans d’an en an à Noël
à toujours perpétuellement sur leur dit moulin sans malenghn et en nom
de seûreté dite pour ceste rente être bien payé d’an en an comme dit est,
lesdits Jehan Pety et Collar Jehenot reportent leur dit moulin d’Aublaing
étant dessein* le wez du cheniaux en le main du mayeur présents nous
échevins s’en dévestissent et deshéritent, quittent, werpissent en nom
de bans et de contrepans pour au nom et à proflit du dit luminaire delle dite
église d’Aublaing pour les dits VI melles descoussy de rente, le raport ainsi
fait à la requette des mambours constitués pour le dit église d’Aublaing
fut mis en notre garde et retenance, et demandent lesdits mambours pour
et en nom pour ledit église à avoir ban et vesture des dits VI melles de
rente l’escoussy abans et contrepans lesquels mambours à l’enseignement
de nous échevins et par le gré des meuniers pour et en nom dudit
luminaire en furent par notre mayeur vestis et adhérités bien à droit et à
loy à l’usage delle court et sauf tous droits et là les dits mambours ainsi
vestis et adhérités furent si conseillés qui reportent en main du mayeur
la dite vesture en cas de l’usage, atin que se faute de payement de la ditte
rente y avait d’an en an comme dit est que les mambours de le dit église
qui fussent mambours pour et en nom dudit luminaire et église se puissent
retraire sur le dit abans etcontrepans par plainte et par loi, a adonc les choses
ainsi cogneult, graciées et œuvres faites furent et ont esté sommés les
bourgeois d'Aublaing de eux asservir de aller audit moulin et par ban
et orne et en la manière que ledit recors fait mention , item adonc
mesme vismes venir et apercevoir par devant nous honorables et sages;
maistre Jehan le Maréchal receveur à très-honoré seigr Monsgr de Boussut
et Jehan Fachon dit Marteleur d’Aublaing pour sa part et pour le part de
l'orpheline de Pierrhon le Beghe comme mambours lesquels requerent
ensemble a meunier a savoir à Jehan Pety et à Collard Jehenot que l’eau
de leur moulin fut mise si basse et entretenir qu’elle n’encombre point
à marteau du dit Aublaing devant fait pourtant qui disent que ce soit la
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390
anchienne huissine, et les dits meuniers à savoir Jehan Pety et Collar Jeheno
promirent et eurent en courent par devant nous audit m^e Jehan et Jehan
Fachon que de tenir leur fausse eau si large et si bas qu’il n’encombrait
point ledit marteau réservé fortune sans malangen item doivent être les
mesures dudit moulin visitées et justifiées par la justice d’Aublaing et ce
aucuns bourgeois ou bourgeoise de la dite ville d’Aublaing se complain-
droit à maire et qui se tenisse mal contents dudit moulin, le mayeur peut
prendre les échevins de la dite ville et aller au dit moulin et faire tous
visentement par justice et faire lever pierres et vannes, et se fourfasson
trouvé y était sur l’amende de ung florins de vins, la moitié aux communs
seigneurs et l’autre moitié a complaignant et les frais de justice entendus
avec che sauf et réservés la hauteur du Prince , item s’il il y avait aucune
chose mal entendue ou mal déclarée, s’en voulons nous faire déclarement
a) correction de notre souverain chef, nos seigneurs et maîtres les échevins
de Liège toutes lesquelles choses desseur escriptes ainsi faites cogneult et
graciées et chacuns appelés furent par le mayeur bien mises en notre
garde et retenance et en fûmes bien payés de nos droits et en avons donnés
par le gré desdits communs seigrs et les commis et aussi de tous les bour¬
geois d’Aublaing aux dits Jehan Pety et Collar Jehenot cette présent lettre
chyrographée dont nous usons en notre ferme la contre pareille qui furent
faits passés et données du mois de Février le XIII e jour en l’an mille quatre
cent quatre-vingt-et-un et y fut a ce faire comme maieur Pierar Jehenot
et comme échevins Jehan Flachon, Jehan Magotiaus, Jehan Jehenot, Pierar
le vieux Jehan Bonne et Jehan Penneriau tous échevins de la cour à ce
dit jour.
Par extrait d’une copie reposant à la Chambre
des Comptes de S. A. S«n« à Liège
ce 22 X*re 1713.
N° 2.
En mille sept cent soixante-deux, qu’il fut question de rebâtir le cœur
de l’Église paroissiale d’Anthée, il fut trouvé dans l’ancien cœur trois
tombes de pierres.en bosse qui se trouvant toutes brisées et usées
ne pouvaient être remplassées, en conséquence de quoy nous avons taché
d’en tirer en présence de la justice du dit Anthée, les inscriptions qu’il a
été possible dans déchifrer.
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- 391 —
A la tombe placée a droite du cœur en entrant se trouve écrit :
Cij gist Noble jehan de Senseilles , vicompte d’Aublain , seigneur
d’Ausoy, Fontaine (ensuite se trouvent quelques mots qu’on ne peut
déchifrer, il parait néanmoins que c’est Gochenée) ensuite on lit : Ban
d’Anthée, qui trépassât, (le reste est usé) et après on lit demoiselle
Jehen d’Eve son epeuse qui trépassât, tout le reste est effacé.
Au pied du mari sont les quatre quartiers Senseilles, Eve, Longhamps,
Chevier. Au pied de la femme se trouvent quatre quartiers Eve, Valsin,
Janmar, et un caractère effacé.
Au pied de la susdite s’en trouve un autre d’un enfant dont tous les
caractères sont effacés, avec huit quartiers, quatre à droite et quatre (4)
à gauche, le tout effacé qui paraît être un enfant de la maison des Sen¬
seilles des susdits.
A celle de la gauche en entrant se trouve écrit :
Cy gist Jehan de Senseilles ensuite effacé et après est écrit d’Aussoy,
d’Anthée se trouve une cassure à la pierre , ensuite, et d’Aublin, Fon¬
taines et de la moitié du ban d’Anthée qui trépassa l’an mille quatre
CENT CINQUANTE SIX DU MOIS DE JUIN , LE 24.
Ensuit est dit :
Cij gist noble demoiselle Jehenne d’Ognies , son épeuse qui tré¬
passa l’an mille quatre cent. Le reste est effacé.
Voicy tout ce qu’on a put découvrir, le 23 may 1762.
(Signé) J. C. Defoue, curé d’Anthée.
(Signé) le baron de Rosée. J h Thomas (bailly).
(Signé) H. Minet, échevin.
(Signé) Jean Delobbe, id.
(Signé) Gaspar Ghislain, id.
(Signé) Gaspar Lekeux , id.
N° 3.
A tous cheux quy cest prnte lire veront ou oront, Nous Mayeur et
Eschevins de la haulte cour des communs seigneurs d’Aublaing cy dessoubs
noraez, salut :
Sçavoir faisons que le xxip jour du mois de febvrier mil chincq cent XV
comparurent en leur ppre psonne pardevant nous Assavoir noble homme
et honoré Anthoine Dubois, demorant à Nonlin, en la chastellenie de Lille,
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392
emprez Carvin en Carabon, d’une part et noble et très honorée dame
Catherine de Boussu, dame d’Aublaing , etc., d’aultre , accompaignée de
Denys Brous, son mambour, et là demanda le devant nomé Anthoine
Dubois à Maire s’il avoit justice, et le maire dist s’yl qui en avoit affaire,
adonc dist le devant nomé Dubois : Mail* et vous, Messieurs de justice,
c’est bien vrai et vériteit que Madame d’Aublaing, ma belle mère, qui cy
est et moy avons eu de grands différents l’ung à l’aultre touchant le mariage
de sa fille que j’ay espousée, mais par le moyen de Denys Brous, son
mambour et procureur, qui est tant alleit de l’ung à l’aultre que traicté et
appoinctement est faict entre ma dame belle mère et moy, et par ce dict
moyen de traicté et d’appoinctement toutes choses faictes par cy devant
entr’elle et moy sont anynnilliez et moindres que de valloir, par les maniers
cy déclarées, et toutes 1res quy en estoient faictz ars et bruslez là pnt nous
et les parties. Et là en droict parla vertu du dict traité et appoinctement,
la dite dame belle mère au dict Anthoine, de sa pure, pleine et franche
volonté, par son mambour, dist et cogneut pardev* nous, la Cour, que par
la vertu du dict appoinctement faict, elle estoit tenue et redevable envers
le dict Anthoine, son beau fils, de la somme de dix florins du Rhin, par
an, sa vie durant, xx patards pour le florin.à prendre et lever sur
ses plus apparents biens où qu’y soient, à Chimay , corne à Aublaing ou à
Daussouet.et ce faict, recheut le dict Anthoine du dict Denys Brous,
pour et au nom delà dame, sa belle mère, pour tous les arrerages et
affaires qu’ilz avoient eu l’un à l’aultre jusqu’à ce jour, la somme de quinze
florins, paiement de Brabant at là endroict quicta le dict Anthoine.et
après le trespaz de la dicte dame le dict Anthoine ne peult jamais plus rien
demander à elle ou à ses hoirs touchant le mariage.
N° 4.
Cour d’Aublain, le 20 mars 1535.
« Philippe de Seinzeilles, seigneur de Moisnil église, Daussoulx,
» Aublaing, etc., requiert un record , comment la place du moulin d’Au-
» blaing a esté arenté pour faire le marteau et quant et quel , et ossy
» depuis le dict arentement faict, quelz courts, quelz transports il y en at
» esté faict, et à quy jusqu’à ce que ledict Philippe en at esté advesty et
» principalement comment messire Lancelot de Boussu en fust advesty,
» et combrien il a acheté le dict marteau et à quy, et en quel point la
» forge polloit estre et en quel estât dedans et dehors. »
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La cour, visitant son ferme y trouve divers parchemins dont la substance
suit.
« Le jour de St.-Jean-Baptiste an mi! quattre cent XC1V, Jean
« Fanchon dict Marteleur demorant à Aublaing, vend sa part du marteau
» et affinoir, avecq les ostilz y appartenants d’Aublaing, assavoir le tiers
b du dict marteau â Noble et très honoré seigneur , monseigneur Lance-
b lot, chevalier, seigneur de Boussu delez Couvin, pour le prix et somme
b de XXV11I florins du Khin, francq argent et avecq ce une somme
b d’argent que ledit Marteleur devait au dict seigneur.
b Ce faict, vinst Jehan Barbe, demorant à Couvin, devant la court,
b disant que la part du marteau affinoir et ostilz que Jehan le Marteleur
b avait vendue au seigneur de Boussu estoit obligée envers maistre Jehan
b Le Marisoulx, dont il se disoit héritier et hoire et que le vendage que
b le dict Marteleur avoit faict estoit de nulle valeur, à moins quej’obli-
b gation ne fust payée, b
Sur ce intervint la transaction suivante :
a Je Lancelot de Boussu , chevalier, fait savoir à tous ceulx qu’il appar-
b tiendra, comme depuis Xll à XUI ans en ça ung nommeis maistre Jehan
b Le Mareschal, demorant à Couvin, eust à la charge et entremis de par
» moy d’estre mon recepveur de mes terres que j’ay au Pays de Liège et
b pour ce que le dict maistre Jehan n’avoit pas s’y bien fait ses comptes à
b mon apaisement dont procez s’en puissent estre meuz entre les héritiers
b du dict feu maistre Jehan et moy, toutefois à la poursuite d’aucuns ainys,
b ung nommeit Jehan-Barbe, héritier du dict feu maistre Jean Le Mare-
b schal ont appointez avecq moy et aussy avecq le dict Jehan Barbe, pour
b aulcuns droictz que le dict Barbe demandoit à un tiers du marteau
b d'Aublaing que j’avois acheté et bien payé à ung nommeit Jehan
b Faschon, dict Marteleur, pour la cause desseus dicte, ay, parmy que
b le dict Jehan Barbe doibt venir à la justice d’Aublaing luy dévestir que
b luy et ses hoirs et ayant cause renoncent au dict droit qu’il povoit avoir
b au dict marteau, parmy que j’ay ordonneit à mon recepveur de luy
b bailler deux milliers de fer à (Lacune) je , comme dessudict, quicte le
b dict Jehan Barbe et tous autres à quy quictance peult appartenir de la
b recepte que le dict Jehan Le Mareschal a faict pour moy, pourveu qu’il
b faict ainssy que dict est touchant le marteau et me legarandis contre
b toutz et envers toutz, tesmoings mon signe manuel mis le XX® jour
» d’apvril mil 1111 e 1 îll“ et seize.
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N° 5.
Déclaration faite par Gaspard Le Lorrain et Godefroid Bourlard
bourg. d y Aublain de la Despense extraordinaire faite par les soldats
estant audit Aublain.
1° Le capitaine de la compagnie logée à Nismes a fait donner
pour ung soldat n'estant audit Aublain , qu'il appelait place
morte, quarante patards monnaye du Roy par jour et ce pour
15 jours entiers ce qui fait pour ces 15 jours en monnaye de
ce pays.....79 fl. 4 pat.
Item comme le capitaine avait retiré deux soldats hors de
Aublain et fait aller à Nismes auprès de luy, dist qu'ils était
pour sa garde et il fit donner pour la nourriture pour un, cinq
realle^par jour et ce pour quinze jours entiers quy font en tout 75 fl
Item ayant fait rester à Aublain ung caporal , soubs titre
d’officier at ordonné oultre ses despens de bouche de luy donner
ung pot de vin par jour pour dix neuf jours.77 fl.16pat.
Item comme il y at un soldat qui n’a pas de cheval, le capi¬
taine néantmoins at voulu la nourriture que feroit le cheval
s’il y estoit, ce qui fait par jour deux reailes.
Sans compter ny comprendre les despens de bouches et de leurs che¬
vaux faites par les soldats logis à Aublain quy sont grands et importants ; sy
avons à la requeste des prenomés Bourg 1 » 6 et suivant leur attestation de
serment pour ce presté, ordonné à notre greffier de signer.
REGNIER.
Déclaration faite par Philippe Baudart et Laurent Giloteau bourg i .
de Dailly de la despense extraordinaire faites par les soldats estant à
Dailly.
Le capitaine estant logé à Nismes se fait donner pour ung
soldat n'estant à Dailly trengte pat d * par jour disant l'avoir payé
pour 14 jours....... xxi pat.
Item comme il y avoit l'ung des soldats estant logé en ce lieu
quy avoit pris ung cheval au sg** de Biémerée, et estant iceluy
recognu et repris on at esté çonstraint de donner trois pata-
gons, 10 fl. V pat.
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Item le caporal estant en ce lieu de Dailly soubs ombre d’estre
officier, les at constraint de luy donner oultre ses despens... x fl. xv pat.
Plus corne il y at ung soldat lequel n’at point de cheval il se
fait payer par jour pour la nourriture. xv pat.
Déclaration faite par Hubert et Jean Sautonier bourg* r*»* de Nismes le
15* janvier 1624 de la despense faite par Don Diego De Luna et sa
suite avec ses soldats logés à Nismes.
Ont payé pour vin ou pardessus des vivres qu’il at
convenu fournir à grandissimes frais. le v fl. xivpt.
Item pour six places qu’il demande luy payer.1 e xvm fl. xviii pt.
Et voyant les dépenses si exborbitantes on at traité
avecq ledit capit ne . seulem* pour sa suite et luy donné par
jour 5 patagons surquoy il a reçu trente deux..,. xxxii pt.
Adjoustant au surplus que comme il y at 6 soldats en¬
tretenus parle villaige, l’ung se fait donner argent par¬
dessus la nourriture, aultres, n’ayant point de cheval,
se faict donner par jour 12 pat. et autres oppressions
quy seroient trop polixe à rédiger.
Déclaration de VEstât du règlement des Espagnols logez au village de
Dourbe Le Mont et Vaux depuis le 10* de Décembre de l'an 1623 qu r il
y sont venus.
Est-il que l’ordre donné par s» 1 Bailly de Pesche estoit de douze et ne
sont arrivés qu’à six avecq six chevaux, contributions jonrnalières pour les
six aultres.
Au-dessus de la nourriture d’eux et de leurs chevaux leur ont les bour-
gois et habitants dudit village contribué en somme jusqu’à ce jour 9 jan¬
vier 1624 trois cent trente-trois florins 12 pat.
La cornette d’entre eux ayant mandé trois bourgeois un à une fois et à
aultres fois lésât détenus en sa chambre pour les constraindre à luy don¬
ner de l’argent.
Fait et passé ce 9« de janvier 1624 prés 1 le mayeur Dumont Nicolas
d’Angin, Anlhoin • d’Engin, Evrard de Cassoul, Sacquet Toussaint, Arnould
Gérard eschevins cl aultres bourgeois de la part de leurs envoyés par les
mayeurs Nicolas Jacqmar eschevins, bourgeois, Nicolas Maillard et aultres.
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N» 6.
Nous, Gérard de Roly, seigneur du dit lieu , Bruyle, Ville-en-Faigne,
Sart-en-Faigne etc., certifions par ceste d’avoir, pour certaine bonne con¬
sidération et fidélitez qu’avons trouvé et trouvons à nos mayeur, justice,
bourgeois et habitants de nostre village du dit Sart-en-Faigne , accordé et
par ceste accordons nous et les nostres perpétuellement et à toujours les
bois communément et vulgairement appelez les bois du dit Sart, ainsi
et comme il s’entend et qu’ils en ont uzé et possessé d’ancienneté eulx et
leurs devanciers.
Item , encore leur accorde et octroyé aussi à tousjours le bois, trieulx
et respe de Grandmont y pouvant librement tous bourgeois et habitants sarter
à leur bon plaisir et volonté. Lesquelles gréation , accord etappoinctement
a esté faict voire moyennant que tous bourgeois et manants du dit Sart-
en-Faigne seront tenus et obligez payer annuellement au dit seigneur et
à ses héritiers et successeurs, au jour de sa recepte ordinaire, sur
l’amende, chacun demy réez d’avoine , bien entendu que nous leur quic-
tons deux patards, trois deniers qu’ils nous estoient tenus payer annuel¬
lement au dit jour de notre recepte. Et quant touche le sartage, seront tenuz
payer à moy et aux miens la vingtiesme jarbe de tout ce quy se sarterat
que l’on dit communément le terrage.
Lequel accord et appoinctement at esté faict en la présence de Philippe
de Hambrenne, mayeur et échevin du dict Sart et Frère François Simon ,
curé du dit lieu,ayant commission expresse des dictz habitants et surcéeants
lesquelles après leur avoir monstre et donné lecture y ont unanimement
accordé et par ceste accordent le dict appoinctement, sans voulloir aller
allenconstre directement et indirectement et pour plus grande asseurance
et confirmation de vérité, avons à cest mis et apposé notre cachet ordinaire
avec notre nom et surnom icy mis, en notre chasteau de ltoly , le quin-
ziesme du mois d’octobre de l’an de grâce mil six cent et huict.
(Signe) Gérard df. Rolt.
Mayeurs de Sars. Je croy que vous aures bien entendu â quelle efTect
monseigneur nre mre auroit renvoyé le s' Mintz, Bourg»" 1 '® de Namur
sur la terre de Hierges et Beauren, cest semainne passée, avecq lettres
d’icelny, contenant d’avoir secours de quelques déniers tant pour son
voaige qu’iceluy faict en brief jour pour Espagne vers Sa Majesté que pour
délivrer quelque bonne some d’argent à monsieur de Lindan pour son
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yssut du gouvernement de Charlemont et pour aultant que tous les
vilaiges de la baronnie de Hierges, meisme aussy Dourbe-le-Vaulx ont
accordé à son exc ence à i’effect que dessus quelques dîmes que port environ
de quatlre tailles ordinaires, je n ? ay failly suyvant la charge que j’ay de
moy dict seigneur et du dict Bourgm tre de vous advertir de ce que
dessus, affin que soyez diligent de solliciter vers les bourgois d’avoir le
contingent du dict vilaige de Sai t pour le jour de la foire de Hierges que
serat mercredy prochain, portant quatre taille ou environ affin d’envoyer
pour lendemain la dicte sorae conjunctement avecq celle de Hierges et de
Vireux s* Walran. Et ne fauldrez aussy remonstrer aux dictz bourgoys
qu’ilz n’ont encor donné les esplaigues de madame, de quoy peur eulx
acquicter de leur debvoir, je m’asseure qu’ilz ne fauldront de augmenter
grandement les dictes quatre tailles ordinaires et sur cest asesurance finira
la présente, priant Dieu vous avoir en sa garde.
Du chasteaux de Hierges en septembre , 154....
Vre bien bon ami ,
Rouy de Corioule.
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AUBRY-MORTEMAIN.
Le dix d’octobre mil sept cent et six, Philippe Nicolas, mayeur de la
ÿ>ur d’Aubry écrit au soussigné greffier que Jacques Balleux mayeur de
Üerffonlaine, est décédé et que pour droit de morte main dudit Balleux,
ffavoit touché une petite armoire qui a été rendue à sa veuve pour deux
feus qui ont été comptés à Madame la baronne de Roly la douairière,
(lame dudit Aubry à Presle, avec N. B cent septante deux florins de la
ÿofisée des Terrages dudit Aubry, conformément la passée de la présente
année 1706. Il est ainsi signé : Dubuisson, Greffier.
EXTRAIT
du relief du sieur G...... pour Madame la baronne de Roly fait parde-
vant la cour féodale de Barbançon le dix mars mil sept cent et trois et
autres précédents où est porté ce qui s’ensuit :
Item, le fief et seigneurie d’Aubry ens et lez GerfTontaine consistant en
droit de Terrages, un bois d’environ quinze bonniers nommés Barban-
çonneau , rente en plumes et abrocage, morte main , et en toute justice,
haulte, moyenne et basse, au relief de quelque fief, et requis d’être admis
et reçu en la fidélité et hommage. A tout quoi il a été admis il est ainsi et
enregistré le dit extrait à la requête de ladite dame pour y avoir recours
en cas de besoin pour moi signé : Dubuisson , greffier.
A dorso de la copie retenue est écrit de la main de Monsieur Emanuel
Dromaux, mayeur actuel de Cerffontainc le suivant :
Par extrait du registre des cours St. Jean et d’Aubry tiré du ferme de
la cour St. Jean.
ÜERFONTXINE. — HISTOIRE ET ADMINISTRATION ;
Archives de l'Etat à Namur.
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THIÉRACHE MILITAIRE
ÉGLISES FORTIFIÉES
PAR
M. le Comte de MARSY
Membre correspondant.
La Thiérache est une petite contrée de la Picardie, qui
s’étend vers le nord du département de l’Aisne et com¬
prend principalement l’arrondissement de Vervins et ses
environs. Guise et Vervins en ont été tour à tour considérées
comme la capitale. Outre ces deux villes, elle renferme
La Capelle, Ribemont, Montcornet, Marie, Aubenton,
Hirson, etc.
L’histoire de ce pays présente un triste tableau de
guerres et d’invasions continuelles, surtout pendant l’époque
de l’occupation des Pays-Bas par les Espagnols. Les évé¬
nements dont il a été le théâtre ont amené dans la con¬
struction de ses monuments des modifications intéressantes
à signaler et qui tendent surtout à leur donner un carac¬
tère militaire , principalement dans les édifices religieux *.
1 En 18G4, j’ai donné, à la Revue de l’Art Chrétien , un premier travail sur les
églises fortifiées de la Thiérache. Cette étude, reproduite dans le Journal de
Vervins y a fourni à M. Léandre Papillon l'occasion de remarques, dont je suis
heureux de profiter aujourd’hui, ainsi que des études publiées par M. Mennesson,
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400
Guise et La Capelle, villes fortes, furent assiégées et
prises à plusieurs reprises pendant la Ligue et lors des
guerres du dix-septième siècle. Nous ne nous arrêterons
pas à en rappeler le souvenir, renvoyant aux historiens
spéciaux : pour Guise, à l’ouvrage de l’abbé Pêcheur et au
Triomphe de Guise, du P. dp Verdun, pour La Capelle, à
PalmaCayetetàl’iîîs/otre de La Capelle, par M. Mennesson 1 .
Entourées de remparts, protégées par des citadelles, con¬
sidérées alors comme de redoutables défenses, elles eurent
à subir de véritables sièges de la part de corps d’armées
considérables, accompagnés d’artillerie et munis des engins
nécessaires.
Mais, à côté de ce que nous appellerons les opérations
régulières, les guerres de cette époque nous offrent de
nombreux exemples de ce que l’on désignait sous le nom
de courses, dans lesquelles des corps de partisans, plus
ou moins nombreux, bien montés et légèrement équipés,
venaient par surprise, ou par quelque hardi coup de main,
mettre à contribution une ville ouverte ou un simple vil*
lage. On obtenait, par menace ou par violence, une somme
d’argent ou une certaine quantité de vivres, et l’on se hâtait
depuis quelques années , dans la Thiêrache, bulletin de la Société Archéologique
de Vervins (8 vol. in 4°), sur quelques-unes de ces églises sur lesquelles je crois
avoir le premier appelé l’attention des archéologues. Il m’est donné aujourd’hui
de reprendre ce travail en l’accompagnant d'un certain nombre de gravures
exécutées, il y a quelques années, par les soins de Peigné-Delacourt, et qui,
pour la plupart, reproduisent des dessins publiés par mon ami J. L. Papillon
dans des feuilletons illustrés, réunis après sa mort sous le titre d'Album du
Journal de Vervins et tirés à vingt-quatre exemplaires seulement. J’ai mis aussi
à profit les articles sur les églises de Burelles, Hary, Englancourt et Prisces,
rédigés par M. Léandre Papillon, pour accompagner les dessins de son fils;
quelques autres dessins sont empruntés aux albums de M. Ferdinand Papillon
et à ceux de mon père.
1 M. Mennesson a décrit dans la Thiêrache , année 1877, p. 145, l’église de
La Capelle.
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m
de repartir avant que des secours envoyés d’une place forte
du voisinage pussent arriver pour reprendre le butin.
Nous pourrions citer de nombreux exemples de ces
courses qui continuèrent jusqu’au commencement du dix-
huitième siècle 1 . Nous nous bornerons toutefois, pour en
donner une idée, à analyser, d’après un récit contempo¬
rain , l'une des dernières, dans laquelle la ville de Vervins
fut ainsi mise à contribution *.
En 1712, les fortifications de Vervins étaient en fort
mauvais état ; de nombreuses brèches y étaient pratiquées
et l’accès en était rendu facile. Il n’y avait point de parapet
pour se mettre à couvert derrière le rempart, et les portes,
vieilles et plusieurs fois raccommodées, pouvaient être
enfoncées sans aucun effort.
La ville n’avait pour toute garnison que six compagnies
bourgeoises et une compagnie de la Jeunesse, le tout for¬
mant au plus cent soixante-quinze hommes, la plupart
inexpérimentés et dont la moitié, vu leur pauvreté, ne pos¬
sédaient ni armes à feu, ni munitions ; les troupes du roi
les plus rapprochées se trouvaient à Guise, à environ six
lieues.
On peut donc juger de l’émoi dans lequel furent jetés
les habitants de cette place si mai fortifiée et si peu défen¬
due, lorsque, le 11 juin 1712, un paysan des environs vint
donner l’alarme, annonçant que le major général hollan¬
dais Growestein, gouverneur de Bouchain, suivi d’un corps
1 Voir notamment: Désordres de Marie , par Lehault , Vervins, Papillon,
1851, in-8°, Mémoires du cardinal de La Valette. Un partisan dont le nom est
resté célèbre est Drongard , qui s’est conservé dans le vocabulaire Vervinois
pour désigner un homme de mauvaise mine.
* Ms. de Le Comartin, sur Vervins , 1766. M. Édouard Pielte a donné dans
la Thiérache (1873, p. 12-17) le récit complet de ces épisodes, que nous nous
contentons de résumer en quelques lignes.
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402
de cavalerie et de dragons que l’on pouvait évaluer à trois
mille hommes, s’avançait pour rançonner la ville et n’était
plus qu’à une faible distance.
En effet, pendant que ce corps se divisait en vingt-huit
escadrons et cernait les différentes routes, un officier arri¬
vait et demandait que deux notables fussent désignés
pour venir à Fontaine, petit village situé à une lieue de la
ville, traiter de la rançon de la place avec le commandant.
Le curé et le premier fonctionnaire civil, Dupeuty, sub¬
délégué, furent désignés par leurs concitoyens pour répondre
à cette injonction. La ville, on l’a vu, n’était point suscep¬
tible d’être défendue et tout essai de résistance ne pouvait
amener d’autre conséquence que le massacre des habitants
et le pillage de la cité. Growestein l’avait compris ; aussi
demanda-t-il de suite cent mille livres aux envoyés d’une
ville de deux mille habitants, au plus. Après une longue
résistance, racontée avec grands détails par un témoin ocu¬
laire, Growestein et quelques officiers vinrent seulement
se raffraichir chez le curé, laissant la cavalerie hors de
la ville. Les soldats, du reste, mirent ce peu de temps à
profit, car ils pillèrent deux des faubourgs, ainsi que
l’Hôtel-Dieu, dont ils profanèrent la chapelle, tirant les hos¬
ties du ciboire , mangeant sur l’autel et se livrant à une
foule d’autres actes déplorables.
Après avoir entendu les supplications des habitants, le
général hollandais consentit à réduire sa demande à
10,000 livres pour la course et 15,000 pour la contribu¬
tion ; et comme ou n’en avait pu réunir que 4,200 dans la
ville, il partit, emmenant deux notables comme étages,
après être resté cinq heures à Vervins.
La Thiérache, et principalement toute sa partie septen¬
trionale , était plus exposée que toute autre aux courses
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403
des Espagnols et des Soudiers des Pays-Bas. En effet, la
frontière n’était que faiblement défendue et il n’y avait
guère d’obstacles que dans quelques petites fortifications,
à Aubenton, dont le château ruiné n’offrait [dus la résis¬
tance qui l’avait signalé lors des guerres des Anglais, et
dont Froissart nous a conservé le souvenir; à Saint-Michel
et à Elirson, localités susceptibles tout au plus de se défen¬
dre pendant quelques heures et nullement dans la possibilité
de lancer au dehors une troupe suffisante pour mettre en
fuite un corps d’armée envahissant, ou l’arrêter dans sa
marche.
Tel est, en quelques mots, le tableau du nord de la
Thiérache pendant plus de deux siècles. Cet état de choses
amena, dans l’architecture des églises, principalement de
1550 à 1650, une particularité remarquable.
La plupart des églises furent fortifiées et servirent de
refuge dans les villages. Aussi les voit-on encore aujour¬
d’hui flanquées de deux, quatre ou six tours, et présenter
les caractères d’une citadelle ou d’un donjon susceptible
d’opposer une certaine résistance. Les murs, généralement
en grès ou en maçonnerie solide, portent l’empreinte de
nombreuses balles ; on y trouve des meurtrières et des
mâchicoulis.
Ces moyens de défense étaient suffisants ; lorsqu'un gros
de partisans, un bataillon venait fondre sur un village, on
se réfugiait dans l’église, y apportant les objets les plus
précieux, et, après avoir échangé un certain nombre de
coups d’arquebuse, les partisans s’éloignaient, ne pouvant
ou ne voulant pas faire un siège en règle, lorsqu’il ne
s'agissait que de quelque pauvre bicoque qui ne pouvait
présenter aucun avantage sérieux.
Certaines fermes isolées étaient devenues aussi de véri-
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404
tables forteresses et nous ne doutons pas que notre savant
confrère, M. Édouard Fleury, ne leur consacre un chapitre
dans le dernier volume de ses Antiquités et monuments du
département de l'Aisne, dont une partie doit être consacrée
à l’architecture militaire. Parmi les plus complets spéci¬
mens de ces fermes fortifiées, il faut mentionner, en
Thiéarche, la Reinette, auprès d’Hirson, propriété, au
XVII e siècle, de la famille Pétré et dont chaque angle se
trouve défendu par une tourelle percée de meurtrières. Ces
types d’architecture se continuent jusque dans le Soisson-
nais et notamment à Gonfrecourt, aux limites du départe¬
ment de l’Oise. (1 existe même, dans le canton d’Attichy
(Oise), un échantillon curieux de ces défenses locales,
c’est le cimetière fortifié de la commune de Croutoy. Il est
évident que là, comme en Thiérache, pendant la Ligue et
plus tard lors de l’invasion des Espagnols en 1636, les
habitants se retiraient dans l’église, rentraient dans l’en¬
ceinte du cimetière leurs animaux et leurs récoltes et s’y
retranchaient. Le cimetière de Croutoy est du reste placé
sur une éminence qui en fait un point stratégique de
quelque importance, surtout à l’époque où l’on n’avait pas
d’artillerie à longue portée.
Nous rappellerons, du reste , que les églises fortifiées se
rencontrent dans plusieurs parties de la France et notam¬
ment dans le Midi, en Languedoc où elles datent des guerres
des Albigeois, sur les bords de la Loire où elles ont
été élevées comme défenses contre les Normands et plus
tard contre les Anglais, en Bretagne où, sur le littoral,
on en rencontre un certain nombre qui servaient de
refuges aux habitants lors des descentes des corsaires. En
signalant à nos confrères de l’Académie d’Archéologie de
Belgique les églises fortifiées du nord de la Thiérache,
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405
notre but a été surtout d’appeler leur attention sur des
monuments situés à leur frontière et de leur demander de
rechercher, si toutefois cela n’a déjà été fait, si le Hainaut
renferme des édifices similaires, ainsi qu’il en existe, nous
dit-on, dans la Campine.
Plusieurs des églises de la Thiérache dont nous voulons
parler sont fort anciennes et quelques-unes d’entre-elles,
comme celles d’Origny en Thiérache, Hary, Prisces , etc.,
remontent à l’époque romane ; mais leur transformation en
édifices fortifiés,• par l’adjonction d’un donjon, date sur¬
tout des premières années du dix-septième siècle, ainsi
que le confirment les dates relevées sur plusieurs d’entre-
ell es par M. Mennesson. Le donjon d’Hary est de 1619,
celui de Leizy, est de 1632, les tours d’Origny sont
de 1606 *.
C’est, en général , après la paix de Vervins en 1598 que
les habitants du pays , profitant des quelques années de
répit qui semblaient leur être données, s’empressèrent de
réparer leurs églises à demi-ruinées et d'en construire de
nouvelles. en ayant soin de les fortifier, afin de mettre au
moins leurs personnes à l’abri des malheurs des guerres
qui devaient fondre sur eux pendant encore plus d’un
siècle.
Les églises que nous mentionnerons rapidement sont au
nombre d’une vingtaine et il serait possible d’augmenter ce
chiffre, d’autant que toutes n’ont pas été étudiées avec soin
1 Sur les nombreuses constructions en briques que Ton rencontre en Thiérache,
les ouvriers ont généralement indiqué la date de la construction en formant
une série de chiffres à l'aide de briques vitrifiées. On voit aussi sur plusieurs
édifices et notamment sur les murs de l’abbaye de Thenailles, les armes parlantes
de cet établissement figurées en briques diversement coloriées. Les dates inscrites
ainsi sur les constructions de briques ne sont pas jusqu’ici antérieures aux
premières années du XVII* siècle.
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et que, dans quelques-unes, les caractères défensifs ne sont
plus assez apparents pour être utilement décrits.
Ce qui constitue principalement le type de l’église fortifiée
de la Thiérache, c’est le lourd bâtiment, qualifié de don¬
jon, placé le plus souvent en avant de l’église ou au-dessus
du portail et flanqué généralement de deux tours.
Au premier étage de ce donjon, percé de meurtrières et
souvent garni de mâchicoulis, se trouve une vaste pièce
munie d’une cheminée et quelquefois d’un four. Dans quel¬
ques-unes, croyons-nous, on a aussi reconnu les traces
d’un puits.
Dans quelques édifices, mais rarement, à Englancourt,
par exemple, le donjon, au lieu d’être à l’entrée delà nef,
domine le cœur.
Le nombre des tours, ordinairement de deux, est quelque¬
fois de quatre, même de six.
La plupart de ces constructions sont en grès, d’autres
en briques. Dans quelques-unes, le donjon est construit
en moellons, mais revêtu à l’extérieur d’une épaisseur de
briques. Ce mode de construction parait avoir été employé,
parce que la brique souffre moins que le moellon du choc
des balles.
Nous donnerons maintenant la description des plus
intéressants de ces édifices, complétant nos notes person¬
nelles par les détails donnés par MM. Mennesson et
L. Papillon, dans les articles que nous avons déjà eu l’oc¬
casion de citer :
Autreppes , (canton de Vervins). Donjon flanqué de tours,
à la façade de l’église. Deux fenêtres étroites touchent à la
corniche et entre-elles s’avancent deux longs corbeaux
de bois, destinés à recevoir jadis un mâchicoulis de bois.
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407
Édifice, sans intérêt, du commencement du XVII me siècle,
analogue à l'église de Gronard *.
Beaurain , (commune de Flavigny-le-Grand, canton de
Guise) ; édifice de la fin du XVI e siècle ou du commen¬
cement du XVII e . En avant, dit M. Mennesson, se dresse
un donjon quadrangulaire aux formes ramassées, appuyé en
arrière de deux tourelles, dont une est ornée d’une ceinture
de faux mâchicoulis. Quatre pans d’ardoises, percés de
larges ouies, recouvrent le donjon, dont deux contreforts
soutiennent la façade ; derrière le donjon, la nef, éclairée
de fenêtres ogivales de construction moderne. Le chœur est
plus bas et plus étroit que la nef. Il se termine carrément
(ainsique dans la plupart des églises de la région), mais il
est flanqué de deux tours avec toit de briques disposées en
pyramide.
Au premier étage du donjon, une grande salle, dont les
murailles nues, en pierre tendre, sont recouvertes à l’ex¬
térieur d’un parement de briques. Une cheminée sert à
chauffer ce sombre réduit, éclairé seulement par des meur¬
trières. Cette cheminée est desservie par un conduit ménagé
dans l’épaisseur de la muraille et ne s’élevant pas au-dessus
de la toiture. Le cimetière qui entoure l’église était envi¬
ronné de hautes murailles formant rempart 8 .
1 Mennesson, Thièrache, 1878, p. 8. Dessin dans les albums de M. E. de
Marsy.
* Jd,, Thièrache, 1878, p. 57-59.
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LA BOUTEILLE.
La Bouteille (canton de Vervins). D’abord simple chapelle
en bois, an commencement du seizième siècle, à l’époque
où une verrerie, qui a donné son nom au village, y fut
établie, l’église de la Bouteille fut élevée en grès vers
1547 et cet édifice, sans caractère, fut construit avec les
matériaux de la cense de Landouzy-la-Cour. C’est un
parallélogramme de 95 pieds de long sur 23 de large,
flanqué d’une tour à chaque angle. Trois de ces tours
avaient seules été élevées lors de la construction primitive et
la quatrième ne le fut qu’en 1860*.
Burelles (canton de Vervins). Édifice dont le chœur parait
appartenir à l’art hybride dont on trouve quelques spéci¬
mens au commencement du XVI e siècle et qui tient à la
1 Abbé Vièville. Note sur la Bouleille , Thiérache , 1876 , p. 152 et suiv.
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fois du style gothique dans ses formes et de la renaissance
dans sa décoration ; chœur carré, protégé par une tour ; don¬
jon, à l’entrée du transept, remplaçant la nef, flanqué d’une
tour et de trois échauguettes renfermant trois étages, dont
le premier voûté, en briques, conserve une cheminée. Cette
partie paraît dater des premières années du XVII e siècle 1 .
ENGLANCOURT
Englancourt (canton de La Capelle). Ce qui constitue la
•principale particularité de cette église, dont la construction
remonte au seizième siècle, c’est que son donjon est placé
au chœur de l’église, tandis que le portail est simplement
défendu par deux échauguettes en encorbellement, enga¬
gées dans les angles de l’édifice 2 .
1 Papillon. Album du Journal de Vervins et Mennesson, Thiérache, 1876,
p. 129-135.
* Papillon. Journal de Vervins , 10 juillet 1864, article accompagnant la
vue dont nous donnons la reproduction.
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Fontaine (canton de Vervins). Édifice en grès, remanié
en briques ; donjon carré, au-devant de la nef, soutenu
par des contreforts, supportant des tourelles, ajoutées après
l’édification du donjon. La date de 1633, plusieurs fois répétée
sur les murs, avec des initiales qui semblent être des
monogrammes d’ouvriers, parait donner la date de la
reconstruction de cet édifice, dont quelques parties remon¬
tent au XII e siècle
FROIDKSTRÉES.
Froidestrées (canton de La Capelle). Édifice sans carac¬
tère, placé sur un monticule, portail flanqué d’une grosse
tour.
1 Mennesson, Thiéraehe , 1878, p. 9-13.
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41i
G R 0 N A R U .
Gronard (canton de Vervins). Donjon, en avantjie la nef,
flanqué de deux tourelles ; édifice offrant une grande ana¬
logie avec l’église d’Autreppes.
IIARY .
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412
Hnry (canton de Vervins). Edifice intéressant de l’époque
de transition, auquel on a soudé, en 1619, un solide donjon
carré qui le domine et offre, suivant l’expression de
M. Mennesson, le modèle de la résistance passive. En effet,
il n’a ni mâchicoulis, ni créneaux, ni défenses d’aucune
sorte et n’a d’autre but que d’offrir un asile sûr aux habi¬
tants du pays *.
Lavaqueresse (canton de Guise). Édifice qui avait été
jugé assez intéressant pour être classé parmi les monu¬
ments historiques, comme type d’église fortifiée, mais qui,
sur de nouvelles propositions, a cessé de l’être pour faire
place à celle d’Origny-en-Thiérache.
Lerzy (canton de La Capelle). Donjon carré, avec une
tour d’angle au nord, construit en briques, sur un soubas¬
sement en grès et portant au portail, au milieu d’un écusson
de pierre bleue, la date de 1632. L’église reconstruite à la
même époque a conservé cependant quelques traces du
XII e siècle *.
Lesquielles-Saint-Germain (canton de Guise). Église fort
ancienne d’origine, but d’un pélérinage suivi aux reliques
de Ste. Grimonie et de Ste. Preuve, depuis 1231, mais recon¬
struite à diverses reprises et ne conservant que de rares
vestiges du XIII e siècle ; donjon carré en briques et pierres
d’appareil, percé d’ouvertures rares et caractéristiques,
soutenu de contreforts et surmonté d’une flèche en ardoise *.
Marly (canton de Guise). Solide construction soutenue de
nombreux contreforts, flanquée de quatre tours, deux au
1 Papillon , Album du Journal de Vervins ; Mennesson, Thiérache , 1876,
p. 122-129.
* Mennesson, Thiérache, 1877, p. 148-149.
* Id., M., 1877, p. 59-61.
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portail et deux aux extrémités de la nef, avant le chœur.
Celles du portail, construites en quelque sorte en échau-
guette, sont supportées par deux gros piliers de maçonnerie
encastrés dans le mur.
Origny en Thiérache (canton d’Hirson). Cet édifice a été
considéré comme étant celui qui présente le type le plus
complet de l’église fortifiée de la Thiérache et il a été, à ce
titre, compris en 1873 sur la liste dressée par la commission
départementale de l’Aisne et soumise à l’approbation du
gouvernement pour être classé comme monument historique.
Sa façade, dit M. Mennesson, offre l’aspect d’une forteresse
imposante, élevée sur une légère éminence. C’est un donjon
rectangulaire en pierre, avec des restaurations en briques,
accompagné en avant de deux tours également en briques,
dont le soubassement en grès ne mesure pas moins de
cinq mètres de diamètre au ras du sol et est surmonté d’un
toit pointu à quatre pans. Les constructions qui s’étendent
derrière le donjon affectent la forme de la croix.
Le chevet est carré. L’église, à l’exception du donjon,
appartient à l’époque de la transition, mais avec de nom¬
breuses restaurations; le donjon est du commencement du
dix-septième siècle et la date de 1606 est figurée sur une de
ses tours
Plomion. (canton de Vervins). Édifice construit en briques,
avec donjon carré à la façade entre deux tours. Une tourelle
à base tronquée est suspendue à chaque extrémité du
transept. Au flanc nord de la nef, tient une autre tour, à
laquelle le toit de l’édifice a enlevé sa hauteur primitive. Le
donjon forme porche intérieur, au rez-de-chaussée. Au
» Thiérache , 1877, p. 151-158.
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premier étage, se trouve une salle voûtée, à laquelle on
accède par un escalier en bois, élevé dans la tour qui
flanque la façade du côté du nord '.
p n i s c e s
Prisces. (canton de Vervins). Le donjon de Prisces, con¬
struit en briques , peut être considéré, par ses dimensions,
comme un des plus considérables de ceux de la Thiérache ; il
mesure du sol à la corniche 17 mètres et de la corniche au
sommet du toit 3 m. 50, soit pour la hauteur totale 20 m. 50.
Il est'flanqué de deux tours , placées aux angles opposés,
les autres angles s’appuyant à des contreforts. Des cordons
de briques saillantes indiquent la naissance de plusieurs
étages, dont le dernier supporte un toit à quatre pans.
Sur la face nord, au pied d’une des bases du second
étage, on voit deux corbeaux de pierre qui servaient à
1 Thiérache 1878, p. 64-65.
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supporter une guérite. L’ornementation de ce petit ouvrage,
fait remarquer M. Mennesson, prouve que l’ennemi venait
toujours du nord et que les habitants avaient grand intérêt
à surveiller, en amont et en aval, la rivière qui coule en
avant du village et formait ainsi leur ligne de défense.
Le donjon de Prisces est aujourd’hui dans le plus déplo¬
rable état ; on voit encore cependant les cheminées placées
à deux étages différents, et, dans un réduit de la tourelle
du nord, on trouve une niche au fond de laquelle était
scellé le coffre-fort de la communauté, qui, encore bardé
de fer et de gros clous, git au milieu des décombres L
L'église de Prisces, comme celle d’Hary, est un édifice
de la fin du XII e siècle. Sa description complète, avec le
dessin des corbeaux et des modifions qui le décorent, a
été donnée par M. Papillon *.
Saint-Alyis. (canton de Vervins). Encore un donjon carré,
écrasé, de 10 mètres de large, flanqué de tourelles et
précédant la nef. Cette construction en briques porte la
date de 1634 et, sur un autre endroit, celles de 1639
et 1684. A l’intérieur du donjon, au premier étage, se trouve
une cheminée ; il y en avait, dit-on , une autre, dans l’église
même, à l’endroit où se trouvent les fonts baptismaux 1 * 3 .
Wimy (canton d’Hirson). Cet édifice , par lequel nous ter¬
minerons notre revue des églises fortifiées de la Thiérache,
est un des plus remarquables, avec l’église d’Origny.
Placé comme celle-ci sur une légère éminence, il a
pour façade une véritable forteresse carrée, flanquée en
avant de deux tours de cinq mètres de diamètre , le tout en
1 Thiérache, 1876, p. 135-139.
8 Album du Journal de Vervins.
3 Thiérache , 1878. p. 67.
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416
briques, sauf un soubassement en grès aux tours. Au pre¬
mier étage se trouve une grande salle de huit mètres de
longueur, avec deux cheminées et un four. Ce donjon, qui
ne porte pas de date, mais appartient au commencement
du dix-septième siècle, précède une église à trois nefs
qui peut remonter au treizième siècle '.
1 Thiérache 1878. p. 56.
Nota. La mort de M. Edouard Fleury, arrivée de la rédaction depuis cet article,
nous fait craindre que le dernier volume de son grand ouvrage ne voie jamais le
jour. Les nombreux dessins qu'il avait réunis ont été donnés par lui à la Biblio¬
thèque nationale de Paris.
Août 4885 .
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TABLE DES MATIÈRES.
Origine d’Anvers; par H. Wauwermans . 5
Mille inscriptions des Vases de Grès, dit Flamand ; par M. H. Schuer-
8IANS.... . 41
Trazegnies, son Château, ses Seigneurs et son Église ; communica¬
tion de M. Léopold Devillers . 193
Aublain ; par M. le comte de Villermont. . 169
La Thiérache militaire, Églises fortifiées ; par M. le Comte de Marsy. 395
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